La Chronique Agora

Obligations : si même l’Allemagne n’y arrive plus…

▪ Depuis le début de la crise de la dette souveraine en Europe, l’Allemagne se pose en « bon élève de la classe » face à ses camarades à la dérive tels que l’Espagne, l’Italie ou même la France.

Toutefois, depuis quelques jours, le Bund (contrat à 10 ans), traditionnel refuge par excellence, commence à perdre de sa superbe… Et cela n’augure rien de bon pour la Zone euro dans son ensemble.

▪ Les faits
L’élément révélateur est intervenu le 23 novembre dernier lors de la dernière adjudication du pays. En effet, depuis 10 ans que je suis sur les marchés, cette émission a tout simplement été la plus mauvaise qu’il m’ait été donné de constater.

Sur les six milliards d’euros que le pays souhaitait vendre sur l’échéance à 10 ans, seuls 3,6 milliards ont trouvé preneur. Le solde a, du coup, été directement acquis par la Bundesbank (Banque centrale allemande).

Conséquence : le ratio de couverture n’a été que de 1,1… contre une moyenne historique autour des 1,6 !

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La première explication que l’on peut donner est la suivante. Dans le contexte actuel, la plupart des investisseurs institutionnels détiennent déjà beaucoup de papier allemand (rôle de refuge) : le rendement offert (sous les 2%) est désormais trop faible pour motiver de nouveaux achats.

Une seconde implication, plus pessimiste, est d’y voir la défiance des investisseurs vis-à-vis de la Zone euro franchir un nouveau cap. Le fait que le pays le plus solide de la zone ne parvienne plus à susciter l’intérêt du marché traduit son exposition à la crise. Il n’est plus à l’abri.

Comme Philippe Béchade le disait dans son article (l’Allemagne mérite-t-elle encore son AAA ?), le « bon » côté des choses est que cela pourrait pousser madame Merkel à se montrer plus flexible, notamment sur la question du rôle de la BCE et de la création d’Eurobonds.

▪ Le Bund se cale désormais sur les indices actions
En termes d’analyse de marché, la forte corrélation inverse du Bund avec les indices s’est arrêtée il y a quelques jours. Comprenez : le contrat a baissé simultanément avec les indices boursiers.

S’agit-il d’un tournant majeur ? Il est encore trop tôt pour le dire ; il faudra observer si nous assistons à une « recorrélation » inverse du Bund aux indices.

Observer l’évolution de ces deux actifs lors du prochain rebond technique des indices actions nous apportera ainsi de précieuses informations. D’ailleurs, à ce titre, graphiquement, le DAX allemand s’approche désormais de l’objectif de baisse de sa figure de continuation baissière en tête-épaules que j’évoquais auprès de mes abonnés le dimanche 20 novembre.


Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

▪ Le T-Note américain, indicateur d’aversion au risque
Mais — car il existe bien un risque — si le papier américain finissait par avoir le même genre de défiance que la France récemment ou encore que l’Espagne ou l’Italie (même si je pense que nous en sommes encore loin), les semaines qui viennent pourraient alors de nouveau s’avérer difficiles… Car si même les actifs les plus sûrs ne trouvent plus preneurs, où iront ceux, déjà boudés, plus risqués ?

En attendant, dans mon service Agora CFD, je me focalise sur le T-Note américain. La corrélation inverse du papier américain à 10 ans (autre valeur refuge par excellence) avec les mouvements du future S&P 500 reste, elle, conforme aux normes historiques.

Elle continue à nous permettre de « sentir » le retour de l’aversion au risque en intraday (fort utile pour intervenir sur les CFD à court terme). Mais pour tout vous dire, là aussi, à terme, il y a un risque inhérent sur la dette américaine : l’échec dans les négociations du « supercomité » entre républicains et démocrates était là pour nous le rappeler…

Première parution dans le Billet du Trader du  29/11/2011.

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