La Chronique Agora

Monnaie : quelque chose doit céder

monnaie

Les politiques monétaires sont diverses et variées – et servent des objectifs tout aussi disparates. Certains sont plus « honorables » que d’autres, et la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement est inhabituelle.

Les politiques monétaires peuvent être orthodoxes, c’est-à-dire au service des peuples, gouvernées par les règles prudentielles qui assurent le bon fonctionnement de la monnaie, son honnêteté – bref, elles peuvent maintenir la confiance des peuples.

Elles peuvent être asservies c’est-à-dire dominées par des préoccupations autres que celles de la bonne santé de la monnaie : asservies pour des objectifs militaires ou guerriers, économiques comme la croissance, l’emploi, l’investissement etc.

Elles peuvent cependant aussi être asservies de façon beaucoup plus scandaleuse – mais subreptice – au service et à l’avantage d’une classe sociale comme les débiteurs, dont on souhaite alléger les dettes, pour soutenir le marché financier, soutenir les bulles, soutenir le crédit pourri.

Une monnaie avilie

Bref, ces politiques visent à supprimer le prix de la monnaie, le taux d’intérêt, et à avilir le pouvoir d’achat l’unité monétaire.

On avilit la monnaie pour tromper les classes salariées et pour maintenir la richesse des détenteurs d’actifs financiers.

Nous sommes dans ce type de politique depuis au moins 1987. J’appelle ces politiques des politiques monétaires à dominante financière.

On peut aller plus loin et utiliser la monnaie pour faciliter le financement des déficits budgétaires des gouvernements ; j’appelle ces politiques des politiques monétaires à dominante budgétaire ou fiscale.

Présentement, nous sommes dans un affreux mélange de toutes les dominantes :
– dominante économique pour soutenir une croissance défaillante ;
– dominante financière pour soutenir la fortune des déjà riches détenteurs d’actifs financiers ;
– dominante fiscale et budgétaire pour financer les gouvernements.

Tout cela est évidemment impossible à concilier à long terme avec la bonne santé de la monnaie, avec la monnaie honnête et la confiance des peuples : quelque chose doit céder.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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