La Chronique Agora

Les services à la personne entrent en Bourse

▪ Coup de balai sur nos économies poussiéreuses. Pourtant, la crise n’aura pas perturbé nos femmes de ménage, nounous et professeurs à domicile. Les services à la personne ne cessent de se développer, largement soutenus (financés) par l’Etat, qui y voit un amortisseur du choc socio-économique. Preuve de la maturité de ce secteur, la première société spécialisée arrive en Bourse.

A saisir ! Portés par une démographie unique en Europe (vieillissement de la population et forte natalité) et par l’évolution de nos modes de vie (féminisation du travail, essor des familles mono-parentales, maintien à domicile de populations de plus en plus âgées), les services à la personne ont de beaux jours devant eux.

__________________________

Nos analystes avaient prédit la catastrophe des subprime… la crise de l’immobilier US… la hausse spectaculaire de l’or… le krach boursier de 2008… l’effondrement du système bancaire et financier…

A présent, il vous révèlent comment sortir gagnant de la crise :
découvrez vite leur stratégie anti-dépression…

__________________________

Trois services : à la personne (garde d’enfants, soutien scolaire, assistance informatique…), à la vie quotidienne (ménage, bricolage, préparation des repas…) et aux personnes dépendantes, âgées ou handicapées. En tout, vingt-six métiers qui représentent 1,9 million d’emplois, dont 16 000 ont été créés l’an passé, selon l’Agence nationale des services à la personne (ANSP).

En période de récession et de hausse du chômage, le gouvernement compte bien développer ce secteur. Il vise la création de 100 000 emplois chaque année. Si chaque foyer avait recours à deux heures de ménage hebdomadaires, ce chiffre atteindrait un million. Les services à la personne ont réalisé un chiffre d’affaires estimé à 15,9 milliards d’euros. Entre 2005 et 2008, il a augmenté, en moyenne, de 12% par an, d’après l’ANSP et le Bipe. Bien évidemment, tout repose sur la générosité de l’Etat, qui a mis en place des incitations fiscales. C’est notamment le Cesu, ou chèque emploi service universel, bancaire ou pré financé, c’est-à- dire abondé par l’employeur, à la manière des Ticket-Restaurant.

Pour le particulier employeur, le Cesu signifie moins de tracasseries administratives. Pour l’employé, cela veut dire régularisation, cotisation, retraite. La Commission européenne estime qu’en France 200 000 personnes font le ménage au noir.

▪ Des activités sponsorisées par l’Etat
Autre mécanisme fiscal : un crédit d’impôt de 50%, dans la limite de 12 000 euros de dépenses par an et par foyer (ce qui donne 6 000 euros de crédit d’impôt), sauf majoration particulière (de 1 500 euros par enfant, deux au maximum).

Aujourd’hui, difficile de remettre en question ces incitations. "La crise actuelle et ses conséquences économiques et sociales montrent l’urgence à soutenir ce secteur, véritable gisement d’emplois de proximité non délocalisables", justifiait le secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi, Laurent Wauquiez, en mars 2009. Emplois également peu qualifiés.

Véritablement né avec le plan Borloo en 2005, le secteur est encore jeune. Il devra nécessairement se structurer et se professionnaliser. Les particuliers employeurs restent majoritaires, à 80%, selon la Dares, qui émane du ministère du Travail. Pourtant, de 5 500 en 2005, le nombre des organismes agréés est aujourd’hui passé à 19 000. Ce sont principalement des associations, puis des entreprises privées.

Si la concurrence est forte, c’est parce que les barrières à l’entrée sont quasi inexistantes. Du coup, la plupart des entreprises sont de petite taille (moins de vingt salariés, selon une étude de Rexecode), centrées sur un marché à l’échelle d’une ville, voire d’un département.

Dans cette offre très fragmentée, quelques grands noms se détachent : Acadomia, Complétude, Cours Legendre (Axa Assistance), etc., pour le soutien scolaire ; O2, Shiva (du groupe Acadomia) ou le groupe Merci+ (avec ses marques Merci+ et menage.fr) pour l’entretien de la maison. Votre banque ou votre assureur s’y sont mis également : fourmiverte. fr est la filiale de Groupama, ca-servicesalapersonne.fr du Crédit Agricole, tandis que la Société Générale a mis en place un service téléphonique.

C’est avec les objectifs de contribuer à la consolidation de cette offre, mais surtout d’accroître sa notoriété et son rayonnement national, que Merci+ s’introduit à la Bourse de Paris. Une grande première pour ce secteur, qui devrait rendre de bons et loyaux services à l’investisseur.

Recevez la Chronique Agora directement dans votre boîte mail

Quitter la version mobile