La Chronique Agora

Les diamants sont eternels (1)

Par Emmanuel Gentilhomme (*)

Le You Koun-Koun est de retour. Pardon ? Serait-ce un cousin du chicungunya ? Ou aurions-nous perdu la raison ?

Pas encore, du moins pas tout à fait. Rappelez-vous Le Corniaud, ce film de 1965 où Louis de Funès — alias M. Saroyan — campait un trafiquant international de drogue et de pierres précieuses, dont "le plus gros diamant du monde" : le You Koun-Koun. Dans ce film, le diamant était censé être vrai. Dans notre histoire aussi, du moins au début… 

Retour sur le canular minier de l’année !

Faire du faux avec du vrai
C’était le 28 août dernier. En pleine crise du subprime et vers la fin d’un été pourri, la nouvelle était séduisante : d’obscurs mineurs sud-africains, André Harding et Oom Tienie, annoncent par l’intermédiaire de leur représentant Brett Jolly, homme d’affaires anglais et promoteur immobilier de son état, la découverte d’un diamant gigantesque de 7 000 carats — soit 1,4 kilogramme.

7 000 carats !
Ce serait le plus gros diamant brut au monde depuis la découverte du Cullinan, toujours en Afrique du Sud, en 1905. Le Cullinan, du haut de ses 3 100 carats (soit 621 grammes), tirait son nom du propriétaire de la mine.

Ce gros caillou est toujours visible aujourd’hui, en pièces détachées : il a été taillé en plusieurs morceaux dont le plus gros, le Cullinan I (530 carats), orne le sceptre des rois d’Angleterre. Le Cullinan II (320 carats) a été monté sur la couronne impériale de Sa Majesté britannique, qui régnait alors sur l’Afrique du Sud et ses "Boers" récalcitrants…

L’effet d’une traînée de poudre…
La nouvelle est joyeusement reprise par la presse dans le monde entier, même si personne n’a vu le fameux diamant. Peu importe : dès le 2 septembre, le président de la Fédération mondiale des Bourses du diamant d’Anvers, Ernest Blom, propose de soumettre le caillou à des tests d’authenticité.

Dès le 7 septembre, Ernest Blom inscrit provisoirement la pierre sur le registre des diamants d’Anvers, sous réserve de vérification.

Brett Jolly n’a pas vu la pierre. Il fait confiance à Harding, qui lui a déjà vendu 10% de sa mine de Potchefstroom, à 110 km de Johannesbourg. La première rencontre des deux hommes n’intervient que le 25 septembre. Manifestement, la confiance règne, mais pas pour longtemps… comme nous le verrons demain.

Meilleures salutations,

Emmanuel Gentilhomme
Pour la Chronique Agora

(*) Journaliste et rédacteur financier, Emmanuel Gentilhomme a déjà collaboré à plusieurs reprises avec le Journal des Finances et la Société Générale. Il suit de près les marchés boursiers européens et étrangers, mais s’intéresse également à la macro-économie et à tous les domaines de l’investissement — et notamment aux ressources naturelles. 

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