Des déficits qui explosent, des ménages qui s’appauvrissent et des gouvernements qui cherchent des ennemis à combattre… Derrière ces crises apparemment distinctes se cache, selon Bill Bonner, une même erreur que les dirigeants occidentaux refusent toujours de reconnaître.
Les mauvaises nouvelles affluent de toutes parts. Et toutes semblent graviter autour d’un même tourbillon : celui d’un système financier nourri à la monnaie de singe.
Le Financial Times rapporte :
« Le FMI avertit que les grandes économies se dirigent vers leurs déficits budgétaires les plus importants depuis le COVID. »
Lors de son assemblée annuelle, le Fonds monétaire international a appelé les gouvernements à prendre des mesures « urgentes » pour redresser leurs finances publiques.
Newsweek, de son côté, nous donne une idée plus concrète des conséquences pour les ménages :
« Huit mois après le début de la guerre en Iran, chaque foyer américain s’est appauvri de près de 2 000 dollars en moyenne, selon l’économiste Mark Zandi. Un nouveau coup dur pour les ménages, alors que les élections de mi-mandat approchent.
‘Près de 2 000 dollars. Selon mes calculs, c’est ce que la guerre en Iran a coûté à chaque ménage américain depuis son déclenchement, il y a bientôt huit mois. À l’échelle du pays, cela représente 265 milliards de dollars’, a écrit sur les réseaux sociaux Mark Zandi, économiste en chef de Moody’s Analytics.
Cette somme est sept fois supérieure au coût de la guerre présenté au Congrès par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, pour la période allant du 28 février, date des premières frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, à la fin du mois de juillet. »
Sept fois plus ? Comment expliquer un tel écart ?
The Independent apporte un autre éclairage :
« Selon de nouvelles données fédérales, les familles américaines accumulent des retards de paiement à un rythme inédit depuis la Grande Récession.
Un ménage sur cinq accuse désormais un retard dans le remboursement d’un emprunt, selon l’enquête triennale de la Réserve fédérale menée auprès de 4 367 familles américaines.
‘Entre les enquêtes de 2022 et de 2025, la proportion de familles déclarant des retards de remboursement a fortement augmenté, passant d’environ 12 % à près de 20 %’, indique le rapport.
Le nombre de ménages accusant au moins deux mois de retard dans le règlement d’une facture a progressé de 60 % en trois ans. »
En France, les jeunes sont en colère. Aux États-Unis, leurs aînés sont désabusés. Et entre les deux, beaucoup ne savent plus quoi penser. Mais en regardant de plus près, on découvre que ces mécontentements font partie d’une même tempête. Une immense dépression, dont l’épicentre se trouverait quelque part au-dessus de l’Atlantique Nord, et qui menace désormais de nous emporter tous.
Quelqu’un, quelque part, a forcément commis une erreur monumentale.
Mais les électeurs finissent toujours par faire les bons choix… après avoir épuisé tous les mauvais, n’est-ce pas ?
« Les républicains ont vraiment tout gâché », diront probablement certains.
« Ah oui ? Et si on vous laisse gouverner, vous les démocrates, le pays sera en faillite avant Noël ! »
À l’approche des élections de mi-mandat, les électeurs américains se préparent donc à une bataille sans merci. Ils espèrent corriger une grave erreur et remettre le pays sur les rails. Ils réussiront peut-être à se débarrasser d’une crapule. Mais ils ne manqueront pas d’en trouver une autre pour la remplacer.
Car une « erreur », au fond, c’est ce que l’on appelle une décision qui paraissait rationnelle, mais qui a mal tourné.
Tous les grands partis politiques occidentaux ont accepté le système de la monnaie de singe. Mieux encore, ils l’ont accueilli à bras ouverts.
Ce fut le péché originel des démocraties modernes.
Et au début, comme tous les péchés qui valent la peine d’être commis, l’idée paraissait non seulement excellente, mais aussi terriblement séduisante.
Dépenser de l’argent qu’on n’a jamais eu besoin de gagner… Quelle merveille !
Puis les nuages ont commencé à s’amonceler.
Et pour tenter de réparer cette première erreur, les dirigeants en ont commis d’autres.
Aujourd’hui, ceux qui prennent encore le temps de réfléchir commencent à comprendre que c’est tout le système de fausse monnaie qui était une erreur depuis le départ.
Mais il est trop tard pour faire marche arrière.
La République est désormais prise dans une tempête dont elle ne maîtrise plus les vents.
La semaine dernière marquait le 25e anniversaire du début de la guerre américaine en Afghanistan.
La première frappe de drone devait éliminer un important chef terroriste.
Elle a échoué.
L’homme a survécu. On l’a surnommé « le fantôme ».
D’autres n’ont pas eu cette chance.
Mais loin de disparaître, le terrorisme a prospéré. Comme le rappelle Consortium News :
« Les frappes n’ont pas seulement créé des fantômes. Elles ont aussi créé de nouvelles recrues.
Chercheurs, journalistes et anciens des villages afghans décrivent depuis longtemps le même engrenage : un village est bombardé, une famille est décimée, et les talibans offrent aux survivants la seule forme de justice qui leur soit accessible.
À la fin de la guerre, des districts entiers avaient fait ce choix, non par conviction idéologique, mais sous le poids du chagrin. »
La guerre était-elle une erreur ? Ceux qui ont décidé de la mener n’en étaient certainement pas convaincus.
Pendant que les États-Unis dépensaient des milliards de dollars pour, en définitive, grossir les rangs des talibans, l’Europe consacrait des sommes excessives aux programmes sociaux destinés à ses propres électeurs.
Aujourd’hui, confrontée à une crise budgétaire imminente, elle semble à son tour puiser dans l’épais catalogue des erreurs américaines.
Après huit décennies relativement épargnées par la guerre, elle ressort ses drones.
Strategic Culture écrit :
« Il ne se passe pratiquement pas une semaine sans qu’Ursula von der Leyen annonce une nouvelle politique extravagante, s’accorde une augmentation de salaire ou réclame davantage d’argent pour l’Ukraine.
Mais ces derniers mois, ces annonces ont pris une tournure de plus en plus radicale, au point de soulever des questions existentielles.
Une nouvelle ère s’ouvre dans l’Union européenne, où la seule solution trouvée pour masquer l’endettement et les dépenses effrénés consiste à provoquer une guerre avec la Russie, avant de faire porter à Poutine la responsabilité de tout ce fiasco. »
Aucune personne dotée d’un minimum de bon sens ne peut sérieusement considérer la Russie comme une menace majeure. Elle peine déjà à prendre le dessus sur l’Ukraine, pourtant située à ses portes. Une véritable guerre contre l’OTAN serait catastrophique pour elle.
Mais, à en croire cette lecture des événements, le véritable objectif d’une telle guerre ne serait pas de protéger l’Europe contre la Russie. Il serait de protéger ses élites des conséquences d’un demi-siècle « d’erreurs ».
Désigner un ennemi extérieur est la plus vieille excuse du monde. Et cela reste l’une des plus efficaces.
Revenons maintenant de l’autre côté de l’Atlantique.
Les États-Unis bénéficient depuis longtemps d’un avantage stratégique considérable. Ils n’ont que deux voisins, l’un au nord, l’autre au sud. Et aucun des deux ne représente une menace sérieuse.
Alors, que font-ils ?
Ils décident d’étendre leur présence à des milliers de kilomètres de leurs frontières, principalement en y installant des bases militaires. Et ils prennent parti dans des conflits lointains, notamment en nouant une relation « privilégiée » avec Israël.
Résultat : les voilà désormais entourés d’ennemis.
Une erreur ?
Peut-être pas.
Après tout, les erreurs des uns permettent parfois aux autres de s’offrir une belle résidence secondaire sur les plages des Outer Banks, en Caroline du Nord.
