La Chronique Agora

Gaz naturel, une — petite — victoire contre les zombies aux Etats-Unis

▪ Nous avons appris la semaine dernière que les autorités américaines se sont rangées du côté des producteurs de gaz plutôt que de celui des consommateurs. Une victoire contre les zombies, ce n’est pas si souvent que ça arrive.

Comme vous le savez, les Etats-Unis produisent beaucoup plus de gaz qu’autrefois. Les foreurs veulent le liquéfier, le mettre dans des tankers et l’expédier à l’étranger pour être vendu au plus offrant. Mais les gros consommateurs veulent maintenir le prix au plus bas… en interdisant les exportations. Et les autorités se sont réservé le droit de décider.

Oui, l’économie américaine est zombifiée à tel point que les entreprises ne peuvent plus vendre leur production aux personnes de leur choix. Il faut demander la permission. Dans le cas présent, on dirait que les autorités sont tombées d’accord avec les producteurs. Mais seulement après qu’une « étude » ait démontré que l’économie se porterait mieux si l’on exportait le gaz plutôt que de le garder au sein des frontières américaines.

Partout ailleurs, les zombies gagnent du terrain. Un article du Wall Street Journal a confirmé ce que nous savions déjà : les zombies ne travaillent pas très dur. Le Bureau américain des statistiques de l’emploi a compilé des données sur la manière dont les gens utilisent leur temps. Au lieu de simplement poser la question… ou se fier au nombre d’heures que les gens déclaraient travailler… les chercheurs ont suivi eux-mêmes les données. Ils ont mesuré les heures pendant lesquelles les gens dormaient, mangeaient, regardaient la télévision et travaillaient.

Devinez quoi ? Ils ont découvert que les employés du gouvernement fédéral contribuaient 3,8 fois moins aux semaines de 40 heures que les employés du secteur privé. Si on les forçait à travailler les mêmes heures que les employés du privé, le gouvernement économiserait 130 milliards de dollars par an.

▪ Le secteur de la défense n’est pas à l’abri, loin de là…
Parallèlement, au Pentagone, R. Jeffrey Smith garde lui aussi un oeil sur les zombies :

« De nombreux faits ont été mis au jour durant le scandale impliquant l’ancien directeur de la CIA David H. Petraeus ; parmi les plus curieux d’entre eux, on découvre que pendant sa carrière de général quatre étoiles, M. Petraeus a été un jour escorté par 28 motos de police tandis qu’il allait de son quartier-général de Tampa, en Floride, vers la demeure de la mondaine Jill Kelley. Bien que la majeure partie de ses voyages n’aient pas impliqué un convoi de taille présidentielle, le scandale a provoqué une remise en question des attributs impériaux qui accompagnent le style de vie des très hauts gradés [de l’armée américaine] ».

« Les officiers qui commandent les structures militaires du pays et supervisent des troupes partout dans le monde profitent d’une série d’avantages qui ne dépareraient pas chez un milliardaire, avec notamment des jets privés, des demeures grandioses, des chauffeurs, des gardes du corps et des aides pour porter leurs bagages, repasser leurs uniformes et organiser leurs emplois du temps par tranches de 10 minutes. Leur nourriture est préparée par des chefs de talent. S’ils veulent de la musique pour accompagner leurs dîners, leurs équipes peuvent convoquer un quatuor à cordes ou une chorale ».

« L’élite militaire […] n’a pas besoin de se contenter de jets Gulfstream V. Ils ont chacun un C-40, l’équivalent d’un Boeing 737, dont certains comportent de véritables lits ».

Ensuite, même à la retraite… les zombies continuent de se nourrir du secteur productif :

Lors de la mise à jour des données contenues dans un dossier du Boston Globe datant de 2010 donnant des information sur cette pratique, l’association CREW a découvert qu’au cours des trois dernières années, 70% des 108 généraux et amiraux trois et quatre étoiles partis à la retraite « ont pris un emploi auprès de sous-traitants ou consultants de la défense ».

Comme l’a formulé le sénateur démocrate Claire McCaskill durant une audition de 2009 sur la nomination par Obama de l’ancien cadre de Raytheon William Lynn comme sous-secrétaire à la défense, « ce que l’on constate entre les sous-traitants de la défense et du Pentagone et les plus hauts niveaux de notre armée relève de l’inceste ».

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