La Chronique Agora

Les nouvelles règles imposées à votre assurance-vie

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Les taux bas laminent les rendements de l’assurance-vie. Les assureurs sont de plus en plus réticents à proposer des produits à capital garanti, mais la gestion « pilotée » se démocratise.

Nous avons vu récemment que les régulateurs comme les dirigeants politiques ont une vive tendance à dissiper certaines informations en les couvrant d’un rideau de fumée pour embellir la réalité… quand ils n’y vont pas carrément à grand coups de baratin pour présenter comme neutres certaines décisions dont pâtira directement votre porte-monnaie ! Les bonnes nouvelles sont quant à elles présentées comme d’immenses victoires, dans la grande tradition de la communication politique.

Aujourd’hui, j’aimerais revenir sur les stratégies poursuivies par deux acteurs qui ont une influence considérable sur le rendement de votre épargne : les assureurs, au travers de la politique qu’ils mènent en matière de contrats, et le gouvernement, qui impulse les règles du jeu en matière de fiscalité.

Comment les assureurs pallient-ils la baisse des rendements sur les fonds euros ?

Face au risque que représentent les fonds euros, les assureurs ont modifié leurs offres dans plusieurs directions. La stratégie la plus répandue, et que nous avons déjà illustrée dans La Chronique, consiste à ne plus garantir intégralement le capital du fonds euros qui se voit souvent couvert à 98% seulement.

Le fonds euros « le plus risqué du marché » n’est pas à capital garanti

Cette pratique s’est renforcée au mois de septembre en prenant toutefois un visage un peu différent. Cbanque rapporte que le Groupe Apicil va « généraliser la distribution de son fonds Euroflex » qui fait l’objet d’une particularité novatrice lui permettant de revendiquer le titre de fonds euros « le plus risqué du marché ». Il n’est en effet garanti qu’à 96% du capital atteint dans l’année (record battu), en contrepartie d’un objectif clair : afficher un taux de rémunération intéressant en allant chercher un surplus de rendement (entre 0,5 et 0,7%) là où il est, c’est-à-dire en dehors des titres de dette publique des Etats occidentaux. Le fonds pourra intégrer jusqu’à 24% de « produits risqués ».

La gestion pilotée désormais accessible à tous

Une autre tendance forte est la généralisation de la gestion pilotée, c’est-à-dire le fait de confier la gestion de votre contrat à quelqu’un dont c’est le métier. D’abord réservée aux plus gros contrats, cette prestation tend à se démocratiser depuis la fin des années 2000, après son introduction en ligne par Altaprofits et Lazard Frères Gestion en 2006. Ainsi, la banque en ligne ING Direct a-t-elle annoncé en septembre que le seuil qu’elle impose en matière de gestion sous mandat descendait à 300 € (contre 20 000 € à l’origine). Idem pour Generali, Altaprofits Vie et Boursorama Vie qui avaient précédé l’acteur néerlandais.

Source : cBanque*

Détourner les assurés des fonds euros

L’accélération de cette démocratisation est l’une des réponses des assureurs en vue d’offrir à leurs clients une alternative aux fonds euros. La gestion pilotée est une stratégie que je recommande, dans la mesure bien sûr où l’on a pris soin de valider soigneusement la politique de gestion du gérant. Un critère qui me semble indispensable à cet égard est la capacité du gérant à sortir intégralement du marché pour se positionner en cash en cas de retournement à la baisse. Or, tous les gérants ne sont pas en mesure de pouvoir assurer et assumer une telle politique.

Enfin, les incitations des assureurs à l’attention des épargnants pour qu’ils « fourgoussent » leur contrat en euro pour les transformer en unités de compte ont de plus en plus de succès depuis 2013. cBanque** rapporte que « 131 000 contrats ont été transformés de monosupport en multisupports en 2016, soit 46 000 de plus qu’en 2012 ! » Rappelons que ce dispositif adopté en 2005 impose d’investir au minimum 20% du contrat en unités de compte.
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Et la fiscalité ?

Le candidat Emmanuel Macron a été élu sur des promesses de simplification et de baisse de la fiscalité. Au final, l’électeur-contribuable se retrouve avec de nouvelles usines à gaz et surtout avec une nouvelle hausse des dépenses nettes de l’Etat (386,3 Mds€, soit +1,5 Md€ par rapport à 2017) qu’il faudra bien financer (mais « c’est moins pire que si on n’avait rien fait », nous explique-t-on en haut lieu).

Une « flat tax » assez tordue

Une flat tax est un impôt à taux unique qui frappe tous les membres d’un groupe (citoyens ou entreprises) au même taux. Un exemple parfait en est la CSG.

L’un des avantages de ce type d’impôt est de rendre la situation des contribuables particulièrement lisible, au contraire par exemple de l’impôt progressif sur le revenu avec ses cinq tranches et ses wagons de niches fiscales. Face à une situation plus claire et simple, les agents économiques, particuliers ou entreprises, domestiques ou étrangers, sont en mesure de prendre des décisions de consommation et d’investissement plus rationnelles.

C’est ce type de mesure que d’aucuns attendaient d’un candidat qui avait « renoncé au socialisme » et que les médias présentaient volontiers comme « libéral ». Or, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30% n’a rien d’une mesure universelle puisqu’il comporte pléthore d’exceptions, lesquelles, au final, ne rendent aucunement les choses plus simples. Ce serait même plutôt le contraire comme nous le verrons très prochainement.

*http://www.cbanque.com/actu/64311/assurance-vie-la-gestion-pilotee-desormais-accessible-a-tous

**http://www.cbanque.com/actu/64575/assurance-vie-plus-de-130-000-transferts-fourgous-en-2016

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