La Chronique Agora

La Fed prise entre le marteau et l’enclume !

richesse

▪ Depuis le début de la crise économique et financière en 2008, tous les espoirs ont été placés dans la capacité des banques centrales à tout normaliser via leur politique monétaire ultra-expansive.

La première d’entre elles, la Fed, a essayé d’utiliser les taux zéro, QE et autres instruments non-conventionnels aventureux pour soutenir les marchés financiers dans l’espoir que la hausse des cours, provoquant un "effet de richesse", stimule la consommation et conduise à des investissements plus importants.

La croyance en la toute-puissance des banques centrales se révèle n’être rien d’autre qu’une illusion

Toutefois, la croyance en la toute-puissance des banques centrales se révèle n’être rien d’autre qu’une illusion tant que la politique monétaire ne sera pas accompagnée par la mise en oeuvre des réformes budgétaires nécessaires. Néanmoins, les appels se multiplient pour de nouveaux financements et des programmes de relance économique. L’exemple du Japon (dettes publiques se montant à 245% du PIB malgré d’innombrables programmes de relance) est tout simplement ignoré.

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Les prévisions aux Etats-Unis ont été particulièrement optimistes jusqu’à présent. Mais les espoirs ont été déçus et les prévisions d’augmentation des taux d’intérêts ont dû être remises à plus tard. Ainsi, les rendements des bons du Trésor à 10 ans ont de nouveau baissé. Est-il encore possible de prolonger la politique monétaire ultra-expansive après six années de taux zéro ? Ceci pourrait entraîner une multitude de problèmes.

▪ Quand la politique monétaire ne suffit plus
La politique monétaire seule n’est pas en mesure de gérer les crises systémiques provoquées par les bulles financières. Il est devenu impossible à la Fed de relever les taux directeurs : cela pourrait déclencher un nouveau krach sur les marchés financiers et pousser les finances publiques surendettées dans le chaos.

Mais si la Banque centrale américaine poursuit la politique de taux zéro, la consommation privée (représentant 70% du PIB américain) ne sera pas plus stimulée tant que la volonté de réformer sera absente. Quand faire de nouvelles dettes ne coûte presque rien, les politiciens choisissent ce chemin indolore dans le court terme. Pendant ce temps, la dette publique américaine a atteint un nouveau record, à 19 400 milliards de dollars.

Le bilan total de la Fed a augmenté de 3 600 milliards de dollars depuis fin 2008, mais le PIB nominal n’est monté que de 2 500 milliards entre le troisième trimestre 2008 et le deuxième trimestre 2014. Pour obtenir 1 $ de croissance, il faut "imprimer" environ 1,45 $ avec le QE.

La Fed est bel et bien coincée entre le marteau et l’enclume, ne pouvant éviter, sur le long terme, le piège mortel de la trappe à liquidités

En fait, la Fed est bel et bien coincée entre le marteau et l’enclume, ne pouvant éviter, sur le long terme, le piège mortel de la trappe à liquidités — il en va d’ailleurs de même pour la Banque du Japon et la BCE. La seule issue semble être un retour lent et prudent à une politique monétaire normale, similaire à celle de 2004 – 2006. Notons cependant que cette phase s’est terminée par un krach et une grave crise économique.

En conclusion, les achats de titres aux Etats-Unis semblent toujours trop risqués. Sur le marché des devises, le dollar américain n’est pas du tout un "refuge sûr".

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