La Chronique Agora

En attendant l’assouplissement quantitatif…

▪ Nous avons besoin de clarté. D’un jour du jugement. Mais il semble encore loin. La semaine dernière, le monde attendait que M. Bernanke nous révèle ses intentions. Au lieu de ça, il a déclaré qu’il n’excluait rien.

Cela a suffi à alimenter un peu les marchés boursiers… mais pas à continuer de faire grimper l’or.

Tant les fanatiques de l’or que les haussiers des actions comptent sur la Fed. Et elle ne décevra probablement pas leurs attentes.

Nous avons vu la semaine dernière comment les 1% sont devenus si riches. Les autorités — aidées et encouragées par les consommateurs et l’industrie financière — ont mis en ébullition une grande quantité de cash et de crédit aux Etats-Unis, la multipliant par 50 en 50 ans.

« Cette explosion de crédit a changé le monde », écrit Richard Duncan dans son nouveau livre, The New Depression [« La nouvelle dépression », ndlr.].

Oui… à défaut d’autre chose, ça a rendu les riches plus riches. Cet argent n’est pas allé à ceux qui gagnaient un salaire. Il est allé dans les actions et les obligations — les actifs détenus par les 1%.

Le marché boursier a entamé sa marche épique vers les sommets en 1982. Depuis, il a été multiplié par 13 (si l’on se base sur le Dow).

Le PIB américain a lui aussi augmenté 13 fois.

Sauf qu’une bonne partie de la « croissance » des actions et du PIB sur cette période était bidon. Le mètre-ruban utilisé pour mesurer la croissance était calibré en dollars. Et les dollars — truqués par les autorités — ont menti.

▪ Le pétrole et l’or ne mentent pas
Il suffit de regarder ce qui s’est passé ces 10 dernières années. Depuis leur plancher au début des années 2000, les actions ont grimpé d’environ 50%. Les investisseurs pourraient penser qu’ils ont une longueur d’avance.

Mais si l’on mesure cette augmentation en termes d’or… les gains disparaissent. Les actions sont en baisse de 16%. En termes de pétrole, elles ont baissé encore plus — de 43%.

A présent, les autorités nous disent que l’économie connaît une « reprise ». Oui, admettent-elles, ce n’est pas une super reprise. Mais l’économie américaine se développe. Et si on attend assez longtemps, tout finira par s’arranger.

Ah oui ? A ce rythme, les Etats-Unis n’atteindront jamais le plein emploi. Parce que chaque mois, on trouve plus de gens qui cherchent un emploi que de gens qui en trouvent. Pourquoi ? Parce qu’une très petite partie de cette « croissance » est réelle. C’est juste ce qu’on obtient quand on injecte 2 000 milliards de dollars supplémentaires de cash et de crédit dans le système.

Mais les investisseurs ne semblent pas se soucier de savoir si la croissance est réelle ou pas. A la place, ils attendent… prient… et espèrent une nouvelle distribution d’ARGENT ! Ils veulent le vieil élixir : plus de liquidités et de crédit. Cet engrais miracle que les autorités utilisent pour faire passer l’économie dans le vert.

Oh oui, cher lecteur, la crise de la Grande correction dure depuis cinq ans… et une fois encore, le monde (et en particulier Barack Obama) tourne ses yeux fatigués vers le Dr Bernanke.

« Posez les mains sur nous… Guérissez-nous… Enlevez-nous toute douleur. Emmenez-nous au Paradis ».

Ou, à tout le moins, remettez-nous à la Maison Blanche.

▪ La Fed à la rescousse une fois de plus ?
La rumeur veut que Ben Bernanke soit en train de se préparer.

« La Fed réfléchit à de nouvelles mesures »… déclare le Wall Street Journal.

« Les actions ont grimpé grâce aux espoirs de nouvelles relances », rapporte le Financial Times.

Mais il n’y a pas unanimité dans l’équipe de la Fed. Richard Fisher, de la Fed de Dallas, n’est clairement pas de l’avis de son patron :

« Je pense que si nous choisissions plus de souplesse en ce moment, non seulement cela serait en vain, mais nous serions considéré comme les complices des méfaits dont Washington est devenu le synonyme ».

Nous sommes d’avis que l’avis de M. Fisher sera ignoré. Si non aujourd’hui… plus tard.

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