La Chronique Agora

L’économie mondiale confrontée à une phase de stagnation

créditisme banques centrales Carl Icahn

L’OCDE demande aux principaux pays émergents et industrialisés de se mettre d’accord sur les moyens de stimuler la croissance et la demande. Même les Etats-Unis exhortent les 20 plus grandes économies du monde à présenter un front uni afin de parvenir à stimuler l’économie : ces pays, dit-on, doivent utiliser ensemble tous les outils de politique monétaire et budgétaire possibles pour stimuler la demande globale.

Le FMI a maintenant rejoint le choeur de ces demandeurs. Peu avant la Conférence des ministres des Finances du G20 et des chefs des banques centrales à Shanghai, le Fonds a estimé que tous les pays devraient se mettre d’accord pour adopter des mesures visant à stimuler l’économie.

La croissance mondiale est déjà en deçà des attentes pour les deux premiers mois de 2016

Comme l’a observé cette institution, la croissance mondiale est déjà en deçà des attentes pour les deux premiers mois de 2016 en raison des conditions financières défavorables dans les pays industrialisés à la suite des turbulences sur les marchés financiers.

Le FMI note également une pression croissante sur les marchés émergents, qui doivent faire face à la baisse des cours des matières premières. De même, l’agence de notation Standard & Poor’s prévient qu’au cours des quatre prochaines années, les grandes entreprises de la région Asie-Pacifique auront à rembourser des dettes s’élevant à 1 000 milliards de dollars.

Deux cinquièmes de ce montant, le plus souvent libellé en dollars américains, sera à rembourser dans les 24 prochains mois. Du fait des conditions de crédits plus restrictives pour les débiteurs des marchés émergents, le refinancement pourrait devenir plus difficile, ce qui aurait un impact négatif sur le développement économique. A cet égard, la conférence de Shanghai n’a débouché sur aucun accord de fond sur la mise en oeuvre de nouvelles mesures de relance.

Encore plus de déficit budgétaire n’est plus possible au regard d’une dette déjà absurdement élevée dans la plupart des pays

Il y a d’ailleurs un doute généralisé sur les chances de succès de tels accords internationaux. Les banques centrales ont largement utilisé toutes leurs cartouches et de nombreux économistes pensent qu’il serait contre-productif de pousser les taux d’intérêt plus loin en territoire négatif. Encore plus de déficit budgétaire n’est plus possible au regard d’une dette déjà absurdement élevée dans la plupart des pays.

Il faut faire quelque chose !… Mais quoi ? Les dernières tendances suggèrent qu’on assiste à un retour au protectionnisme et aux dévaluations compétitives.

Le ministre des Finances américain Jack Lew a déjà mis en garde contre de telles tendances, notant que certains pays pourraient tenter de stimuler leurs économies stagnantes en rendant leurs exportations moins chères. Il a rappelé aux gouvernements l’existence d’anciens accords, leur demandant ne pas dévaluer leur monnaie artificiellement. Dans la Zone euro, cela se fait déjà par le biais de taux d’intérêt négatifs.

La Chine pourrait également essayer de compenser la baisse de ses réserves de changes, passées de 4 000 à 3 200 milliards de dollars, en manipulant sa devise. Rappelons qu’une des conditions à laquelle le FMI a accepté d’intégrer le yuan dans le panier de droits de tirage spéciaux a été, justement, l’assurance de la Chine de ne pas avantager sa monnaie en la manipulant artificiellement.

On peut en conclure qu’aucune mesure réaliste n’est en vue pour échapper à la phase de stagnation.

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