La Chronique Agora

Dettes des ménages et dette de l'Etat : les Etats-Unis ont-ils terminé leur purge ?

▪ Nous en sommes au quatrième anniversaire de la Grande Correction. Countrywide — l’un des plus grands prêteurs subprime des Etats-Unis — a fait faillite en 2007. C’est à ce moment-là qu’elle a débuté. Après plus de six décennies d’augmentation de leur passif, les Etats-Unis ont commencé à se débarrasser de leurs dettes.

A présent, nous sommes confrontés à une question essentielle : la Grande Correction est-elle terminée ?

Le New York Times nous affirme que la Grande Correction a fait son travail. En faisant défaut sur les prêts hypothécaires et en réduisant les dépenses, les Américains ont ramené leur charge de dette à son plus bas niveau en six ans :

« La dette totale des ménages, y compris les prêts hypothécaires et les cartes de crédit, a chuté pour la deuxième année consécutive en 2010, à 13 400 milliards de dollars, annonçait la Réserve fédérale [jeudi dernier]. Cela représentait 116% des revenus disponibles, en baisse par rapport au sommet de 130% en 2007, et le plus bas niveau depuis le quatrième trimestre 2004 ».

« Avec l’aide de la hausse des prix, le déclin des dettes met la valeur nette du ménage moyen à 505 000 $ à la fin 2010, soit une hausse de 5,1% par rapport à 2009 — ce qui reste bien inférieur au sommet de 595 000 $ atteint au deuxième trimestre 2007, avant le plongeon des prix de l’immobilier ».

« Les défauts de paiement sur les prêts hypothécaires et les cartes de crédit ont joué un grand rôle dans la réduction de la dette des ménages, soulignant l’ampleur des difficultés financières qui affectent encore les familles américaines. Les banques commerciales ont passé en pertes et profits 118 milliards de dollars de prêts hypothécaires, de cartes de crédit et autres dettes de consommation en 2010, selon la Fed. C’est plus de la moitié de la chute totale de 208,8 milliards de dollars de dettes des ménages, qui inclut également les nouveaux prêts hypothécaires et cartes de crédit ».

« Les gens corrigent également leurs dettes ‘à la dure’, en augmentant la part de leurs revenus consacrée au remboursement de la dette. Le taux d’épargne personnel atteignait 5,8% en moyenne en 2010, en hausse par rapport à un plus bas de 1,4% en 2005, de retour vers des niveaux qu’on n’avait plus vus depuis le début des années 90 ».

« Alors que les ménages américains réduisent leurs dettes, les obligations [des Etats-Unis] dans leur ensemble augmentent, avec des recettes fiscales faibles — tandis que les efforts visant à relancer l’économie se traduisent par de grands déficits budgétaires. La dette non-financière totale des Etats-Unis a grimpé de 4,8% à 36 300 milliards de dollars, nourrie en majeure partie par une augmentation de 20% de la dette fédérale. Les dettes des entreprises non-agricoles et non-financières ont augmenté de 5,4% à mesure que les entreprises profitaient des taux d’intérêt bas, mais une bonne partie de cet argent est allée gonfler leur trésorerie, qui est passée à 1 900 milliards de dollars ».

▪ Pauvres Japonais. Il ne suffisait pas qu’ils aient dû subir 21 années de récession par intermittence. Ni que leur économie, leur pays et leur race soient confrontés à l’extinction. Voilà que Mère Nature les balaie eux aussi.

La Nouvelle-Zélande a elle aussi été récemment atteinte par un tremblement de terre désastreux. En réaction, sa Banque centrale a baissé ses taux d’intérêt. Désormais, on ne fait plus appel aux banques centrales uniquement pour maintenir le plein emploi et lisser les hauts et les bas du cycle économique. On les fait intervenir comme si elles étaient l’armée.

La semaine dernière, la Banque centrale néo-zélandaise a baissé son taux directeur de 3% à 2,5%.

Mais que fera la Banque du Japon ? Son taux de prêt est déjà à zéro — il y est depuis 15 ans. Pourtant, le pays aura à coup sûr besoin de cash et de crédit pour reconstruire les infrastructures détruites par le tsunami.

Ah là là… c’est bien le problème, quand on est « à taux zéro ». Il ne reste plus rien. On ne peut pas donner d’aide quand on en a vraiment besoin.

 
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