La Chronique Agora

Adieu, Etat providence

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Assurance vie

Ce tweet n’a jamais été ni envoyé ni reçu :

« Ce menteur d’Otto von Bismarck nous a conduits à la faillite ! Mais à quoi pensait-il ? C’est lamentable !! »

Au lieu de cela, M. Trump a déclaré la semaine dernière que, loin de tenter de limiter les promesses et de réduire les coûts de l’Etat providence, il était quasiment prêt à dévoiler un plan qui remplacerait l’Obamacare par quelque chose de mieux : un plan qui offrirait « une assurance à tout le monde ».

Des factures exorbitantes

L’élite sociale-libérale (et non sociale-libérale) tente encore de tirer cela au clair : n’est-ce pas ce que prévoyait Hillary ?

L’équipe Obama – tout comme les Bush et Clinton avant elle – a déjà laissé des factures exorbitantes, aux frais des contribuables, et offert toutes sortes de prestations trop chères.

Hier, à Baltimore, l’ex-président de la Fed, Alan Greenspan, nous a expliqué lors d’un entretien privé que, désormais, les prestations sociales ne sont plus maîtrisables. Le système instauré par le chancelier allemand Otto von Bismarck au XIXe siècle, va faire faillite au XXIe siècle.

Après la Révolution française, les élites européennes se sont rendu compte qu’elles devaient faire la paix avec « le peuple ». Et c’est ce qu’elles ont fait, Bismarck en tête, en promettant aux gens davantage « d’aides sociales » qu’ils ne payaient d’impôts.

La différence entre ce qu’ils payaient et ce qu’ils recevaient proviendraient de deux sources. D’abord, elle proviendrait des riches, qui paieraient des taux plus élevés. Ensuite, elle proviendrait de la génération suivante.

Goldilocks : Le taux d’imposition idéal

En ce qui concerne les premiers, les élites ont été confrontées à un problème.

Les riches, c’étaient « elles ». Elles ne voulaient pas augmenter leurs propres impôts ! Et c’est là que l’économiste Arthur Laffer est intervenu, avec une théorie bien pratique expliquant pourquoi elles ne devraient pas le faire.

Laffer affirmait qu’il existait un taux idéal – ni trop élevé, ni trop faible – auquel l’Etat pouvait collecter un maximum de recettes.

Un taux marginal d’imposition de 100% décourageait les riches de gagner plus d’argent. Un taux marginal de 0% ne rapportait rien au gouvernement. Le taux idéal devait se situer quelque part entre les deux.

Par ailleurs, il n’y a pas tant de gens riches que ça, après tout. Et il est plutôt difficile de les coincer.

Au XVIIe siècle, Jean-Baptiste Colbert, ancien ministre des Finances, expliquait que « L’art de l’imposition consiste à plumer l’oie pour récupérer le plus possible de plumes avec le moins possible de cris ».

Les riches ont eu tendance à crier. Et comme ils faisaient également partie de l’élite qui contrôlait le système, ils ont étayé leurs cris avec des financements de campagne… leur souffrance a été prise en compte… et les taux d’imposition les plus élevés ont été diminués.

Le taux d’imposition optimal supposé, du moins ici à Baltimore, se situe pile à mi-chemin entre tout et rien : il est de 50%.

La seconde source de revenu était la plus importante. De 1850 jusqu’à ce jour, on pouvait se fier au fait que chaque génération successive serait plus riche et plus importante que la précédente.

Par exemple, selon le Wall Street Journal, en 1970, 92% des Américains âgés de 30 ans gagnaient plus que leurs parents au même âge.

Mais cette source de financement se tarit. L’article du Wall Street Journal indiquait une nouvelle étude menée par Harvard, Stanford, et l’Université de Californie. Cette même étude a révélé que seule la moitié des jeunes de 30 ans, actuellement, gagnent plus que leurs parents.

Autrement dit, cette génération n’a accompli aucun progrès financier, comparée à la précédente. Et si l’on considère uniquement les hommes, la situation est pire en 2014, sur 10 hommes âgés de 30 ans, seuls quatre gagnent plus que leur père.

Un modèle voué à la faillite

Ces résultats se basent sur des statistiques du gouvernement, auxquelles nous n’accordons aucune confiance. Alors nous allons faire nos propres calculs, en les réduisant à leur plus simple expression.

Un travailleur a besoin d’un véhicule. Combien d’heures doit-il travailler pour s’en acheter un ?

En 1970, le pick-up de base exigeait 948 heures de travail, selon les salaires en vigueur à l’époque. En 2016, il fallait 1 190 heures de dur labeur pour s’en acheter un, soit 25% de plus.

Peu de gens se rendent compte que le modèle de gouvernement de Bismarck est déjà voué à la faillite. La dette publique américaine dépassera les 20 000 milliards de dollars ce mois-ci. Au cours des 10 prochaines années – s’il n’y a pas d’allègements fiscaux et d’augmentation des dépenses – elle devrait s’élever à 30 000 milliards de dollars.

Jusqu’à présent, l’argent afflue encore sur les baby boomers. Et les preuves du désastre imminent sont occultées par des taux d’emprunt historiquement bas.

Mais le gouvernement ne compte plus sur la génération suivante pour faire fonctionner l’Etat providence. Il envoie la facture aux futures générations qui ne sont même pas encore nées. Ce qu’elles feront, lorsqu’elles recevront la facture, personne ne le sait.

« Je ne sais pas comment cela va se terminer », nous a dit le Dr Greenspan, l’air sombre.

Probablement que rien de tout cela n’a sauté aux yeux de l’électeur moyen de Trump. Ni même, peut-être, à ceux du citoyen Trump. Mais cela ne va pas tarder.

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