Une petite vue de l’enfer pour les zombies

Rédigé le 9 octobre 2018 par | Dette, Simone Wapler Imprimer

Cinq émissions de dette ont été récemment annulées faute de preneur sur le marché primaire. Les banques ont du mal à se mettre en conformité avec la réglementation.

Voici à quoi pourrait ressembler le début de la fin pour les zombies. Cette dépêche de Bloomberg nous explique que les placements obligataires sur les marchés européens ne se passent pas bien.

Même, disons-le franchement, elles se passent mal. Certaines émissions sont tout simplement supprimées.

placements obligataires - marchés - dette

 

Je vous rappelle qu’un zombie est « une entreprise qui est incapable d’acquitter les intérêts de sa dette avec ses bénéfices courants sur une longue période ». La Banque des règlements internationaux (BRI) s’alarmait récemment de la prolifération des zombies (1).

Il existe de nombreuses banques zombies, déplorait aussi la BRI. Les banques ont des dettes car elles empruntent sur les marchés de l’argent aux institutionnels. Elles ont besoin de gonfler leurs fonds propres et de se créer des « coussins de liquidités » pour se mettre en conformité avec la nouvelle réglementation.

170 €… 140 €… 180 €… 150 €…

Ces quatre plus-values ont été dénouées ce matin même par les investisseurs qui ont suivi les conseils de Mathieu Lebrun.

640 € de gains pour une seule journée… pas mal, non ?

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Si les taux baissent, les perspectives de survie d’un zombie sont correctes. Lorsque sa dette arrive à maturité, il emprunte à nouveau à un taux plus bas. Evidemment, ce n’est plus vrai en cas de hausse des taux. Le nouveau prêt coûte plus cher que l’ancien. Le zombie est démasqué pour ce qu’il est : une entreprise qui aurait dû faire faillite, un vampire de la productivité qui draine de l’argent sans créer de richesse et donc un  ralentisseur de croissance.

Si des banques n’arrivent pas à lever de l’argent pour rentrer dans les cordes de la réglementation de Bâle 3, elles n’ont plus qu’à mettre la clé sous le paillasson ou à faire appel à Mario Draghi et aux contribuables.

Bloomberg nous apprenait hier que la banque hollandaise Van Lanschot Kempen NV n’avait pas trouvé preneur des 100 M€ qu’elle entendait lever (2).

C’est la cinquième émission de ce type qui est annulée. Pourtant Van Lanschot offrait 6,5% et Volksbank Wien (une autre émission annulée) proposait 7,375%.

Sale temps pour les zombies. Mario Draghi va-t-il renier ses promesses de normalisation monétaire et voler à leur secours ?

C’est grâce à lui que les zombies prolifèrent et grâce à ses manipulations à la baisse des taux qu’une assurance-vie rapportait en moyenne 1,5% en 201…

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(1) The rise of zombie firms : cause and consequences, Ryan Banerjee, Boris Hofmann (2) Une émission de Tier 1 Notes qui est la dette bancaire offrant le moins de garantie pour le prêteur.

 

Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

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