Vendez des actions… Achetez de l’or

Rédigé le 21 septembre 2016 par | Article, Bill Bonner, Investissement, Or & Matières Premières, Or et Argent Imprimer

Même en l’absence de hausse des taux de la Fed, l’hiver monétaire semble approcher. Si tel est le cas, vous avez intérêt à vendre des actions pour acheter de l’or. Une opportunité comme il s’en est présenté cinq fois dans les cent dernières années.

On dirait que les marchés se sont figés, lundi.

Telles les feuilles d’automne d’un arbre, ils attendent que s’abattent un vent vif et un gel mordant.

Cette semaine, la Fed doit établir ses prévisions météo.

D’après Bloomberg, seuls deux des 23 primary dealers de la Fed – banques spécialistes des valeurs du Trésor, qui achètent directement ces titres à l’État – pensent que la Réserve fédérale décidera de relever les taux lors de sa réunion ce mercredi.

Bien sûr, tout est possible.

Mais la position de la Fed est claire : elle va peut-être relever les taux aujourd’hui, ou pas.

Peu importe. Dans les deux cas, elle ne maintiendra pas – elle ne le peut pas – le cycle de resserrement face au risque d’un inévitable sell-off à Wall Street et d’une récession.

Une vraie hausse des taux

L’époque de l’ex-président de la Fed, Paul Volcker, « le Grand Paul », est révolue.

Lorsque Paul Volcker est devenu président de la Fed, en 1979, l’économie pouvait encore survivre à une forte période de gel. Le nouvel argent fondé sur le crédit n’avait pas encore commis ses méfaits.

En 1980, première année complète du mandat de Volcker à la tête de la Fed, la dette nationale américaine était inférieure à 1 000 milliards de dollars (à présent, elle s’élève à plus de 19 000 milliards de dollars). Si vous vouliez acheter une maison, les intérêts de votre crédit étaient de 12%. Par ailleurs, le marché actions baissait régulièrement depuis 14 ans et enregistrait des niveaux de valorisation jamais vus depuis les années 1930.

Les prix à la consommation augmentant en plus au rythme annuel d’environ 14%, il fallait que Volcker fasse quelque chose.

Contrairement à son dernier successeur, Janet Yellen, il n’a pas annoncé un programme de relèvement des taux frileux – un quart de point de pourcentage tous les trois mois – pour ne pas l’appliquer ensuite.

En revanche, il a boosté les taux d’intérêt à court terme, en les relevant de 11% à un pic de 20% en juin 1981.

L’hiver monétaire

Du gel ? Volcker, lui, a déclenché un blizzard.

Pour cette raison, les politiciens ont voulu sa tête.

Un groupe d’éminents économistes a réclamé son départ. Son effigie a été brûlée sur les marches du Capitole.

Mais le programme de Volcker a été maintenu. Et il a fonctionné. Deux ans plus tard, l’inflation des prix n’était plus que de 3% par an. Volcker a pu abaisser les taux d’intérêt. L’économie a prospéré.

Aujourd’hui, personne ne se préoccupe de l’inflation. Les actions américaines sont proches d’un plus-haut historique. Les taux d’emprunt immobilier enregistrent un plus bas historique. Le taux de base – qui sert de référence aux prêts immobiliers – est de 3,5%. Nous sommes loin des 21,5% de 1981.

Et ni les investisseurs, foyers, banques, État, ni les entreprises américaines, ne pourraient survivre à un petit hiver monétaire.

Bien sûr, le climat change sans que quiconque ait son mot à dire, de même que les marchés, finalement.

En 1980, par exemple, le cours des actions était si bas que vous pouviez acheter toutes les actions cotées sur le Dow Jones avec une seule once d’or. Aujourd’hui, les cours sont si élevés qu’il vous faudrait 14 onces d’or.

Un modèle simple

Autrefois, nous avons proposé un modèle de trading tout simple…

Lorsque le Dow vaut moins de 5 onces d’or, achetez des actions et vendez de l’or. Lorsque le Dow vaut plus de 10 onces d’or, vendez des actions et achetez de l’or.

L’or est une monnaie réelle. Il est relié à la richesse réelle. La quantité d’or augmente, mais uniquement au rythme des biens et services qu’elle permet d’acheter.

Les actions représentent de la richesse réelle, aussi. Il est logique, du moins pour nous, qu’il y ait une relation plus ou moins prévisible entre l’argent réel et les sociétés qui produisent de la richesse réelle.

En jetant un coup d’œil au graphique, ci-dessous, on constate que les actions ont des hauts et des bas. Mais un schéma s’en dégage, également.

En vous tenant strictement à notre modèle de trading, vous auriez eu cinq occasions de doubler votre mise au cours des cent dernières années.

Vous auriez pu transformer 10 onces d’or – qui, en 1917, valaient environ 180 dollars de l’époque – en 320 onces valant 400 000 $ actuels.

En partant du principe que le dollar a perdu 95% de son pouvoir d’achat, cela représente un gain réel de près de 1 000%.

Que devriez-vous faire à présent ?

Ce graphique est sans ambiguité : vendez des actions et achetez de l’or.

Et allez fouiller dans vos placards, à la recherche de vos moufles.

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Laissez un commentaire