Une vérité « en or »

Rédigé le 20 novembre 2015 par | Article, Or & Matières Premières Imprimer

▪ Dernièrement, j’étais en Louisiane, là où le puissant fleuve Mississippi rejoint la mer. J’ai assisté à la New Orleans Investment Conference, ancêtre de toutes les réunions sur les biens durables, fondée par le regretté Jim Blanchard (voir ci-dessous). De tous temps, les centres d’intérêt de la conférence de la Nouvelle-Orléans ont été les métaux précieux et l’énergie. Toutes les interventions furent très intéressantes, j’ai beaucoup de choses à vous dire.

J’ai pu écouter beaucoup d’excellents conférenciers, discuter avec les représentants d’entreprises exposantes et j’ai beaucoup appris sur ce qui se passe dans les domaines de l’or, de l’argent-métal, du pétrole, du gaz naturel, de l’uranium, etc. En général, les conférences à la Nouvelle-Orléans balaient toutes sortes de sujets, des problèmes macro comme la politique des taux de la Réserve fédérale aux idées d’investissement très ciblées dans les minières aurifères prometteuses.

▪ Au moins, nous pouvons posséder de l’or ! D’abord, permettez-moi de féliciter les organisateurs de la conférence de la Nouvelle-Orléans. Elle est depuis longtemps l’une des meilleures dans un monde où les conférences pullulent. La réunion de la Nouvelle-Orléans a été fondée par le regretté Jim Blanchard, dont les efforts herculéens dans les années 1970 ont poussé le Congrès à adopter une loi permettant aux citoyens américains de posséder de l’or physique.

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En 1933, Franklin Roosevelt, fraîchement élu président, signa l’Executive Order 6102, exigeant que les Américains rapportent leurs pièces et lingots d’or aux banques en échange de billets. Puis les banques transférèrent l’or au Trésor américain. En 1934, Roosevelt fit adopter le Gold Reserve Act par le Congrès, dans lequel était déclarée illégale toute détention privée d’or aux Etats-Unis. Ce n’est qu’en 1974 — soit une quarantaine d’années plus tard — que les Américains furent à nouveau autorisés à posséder de l’or.

C’est une longue histoire (que je ne raconterai pas ici) mais en résumé Jim Blanchard fut un acteur clé dans le changement de la loi en 1973 qui autorisa la détention privée d’or. Et dire qu’il y en a qui affirment qu’on ne peut pas lutter contre le destin ! Blanchard affronta l’héritage de Roosevelt, le Congrès US, le Trésor américain et une opinion majoritairement anti-or. Si vous possédez de l’or — ce que j’espère pour vous ! — ayez une pensée reconnaissante à la mémoire de Jim Blanchard.

De quelque façon qu’on y regarde, la prévision long terme pour l’or est à la hausse

De quelque façon qu’on y regarde, la prévision long terme pour l’or est à la hausse. Certes, nous voyons chaque jour le prix de l’or fluctuer vers le haut ou vers le bas. Nous voyons également des tendances plus larges, au-delà de nos observations moyen terme — dans lesquels les prix se mettent à monter pour revenir ensuite en baisse. Mais sur le long terme, l’or physique est un investissement solide comme le roc qui a tendance à suivre a minima l’inflation, voire même à la dépasser durant les périodes de crise monétaire. En d’autres termes, l’or préserve la richesse de manière « générationnelle ».

▪ Du côté de l’offre Etudions d’abord le côté de l’offre. Plusieurs conférenciers à la Nouvelle-Orléans ont souligné l’évidence, à savoir qu’on ne peut exploiter ce que l’on n’a pas découvert. Or les découvertes de mines d’or ont fortement chuté ces dernières années. Les dernières grandes découvertes remontent aux années 1980, avec certaines années «pas mauvaises» au milieu des années 2000. Cependant, il faut compter près de 20 ans entre la découverte d’une mine et son exploitation – cf. graphique ci-dessous.

En plus, nous ne découvrons plus beaucoup d’or. Goldcorp Inc.

On prévoit une baisse de la production mondiale dans les années à venir

Actuellement, nous sommes au beau milieu d’une hausse de la production, ce qui est bien, mais elle est fondée sur les découvertes passées. On prévoit une baisse de la production mondiale dans les années à venir, si l’on se base sur les connaissances agrégées de l’industrie sur les objectifs de production, les ouvertures/fermetures de mines, les investissements de capitaux, etc. En effet, selon le graphique, la production aurifère a connu un pic et la production est à présent sur une pente descendante. C’est triste à dire, mais l’or ne peut être extrait par fracturation.

Ce n’est pas non plus une simple question « d’investir plus ». Je ne répéterai jamais assez qu’avant tout, il faut trouver du minerai dans la terre. Et cela n’a pas eu lieu — du moins, on n’a pas trouvé assez de minerai — depuis plusieurs années.

Par conséquent, la base des ressources — et la base des réserves exploitables — n’est simplement pas là, peu importe combien d’argent on injecte dans le problème. Autrement dit, on ne peut résoudre ce problème d’exploitation/production simplement avec plus d’argent. On a besoin d’or et il n’y a plus eu de grandes découvertes.

Nous verrons la suite dès lundi…

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Byron King
Byron King
Avocat

Byron King est diplômé de l’Université de Harvard et exerce actuellement la profession d’avocat à Pittsburgh, en Pennsylvanie.

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