Une trinité hystérique

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La Chronique Agora
Paris, France
Jeudi 07 juin 2007
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*** Des marchés "bien enchères" !
Marché de l’art, marchés actions… les similitudes sont frappantes

*** Une trinité hystérique
Le monde entier profite d’une Super Bulle… qui ne ressemble à rien de ce qu’on ait jamais vu

*** Se payer un puits de pétrole ? (1)
C’est possible. Mais gare au risque…

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Bonjour,

*** DES MARCHES "BIEN ENCHERES" !

** Commenter un marché en perpétuelle expansion (avec des séries jamais vues de 30 séances de hausse sur 35 et aucune correction intermédiaire dépassant les -1% en l’espace de deux mois et demi) doit finir par apparaître extrêmement fastidieux, y compris pour les économistes les plus influents de Wall Street. Ces derniers jouent d’ailleurs sur du velours en récitant semaine après semaine leur catéchisme du parfait investisseurs bien-pensant.

Un peu comme une ménagère des Trente Glorieuses telle que la concevaient des publicitaires un peu rétrograde, les sherpas de la finance de ce début du 21ème siècle semblent avoir adopté une sorte de planning — ou de rituel — hebdomadaire de réactualisation des arguments haussiers les plus mobilisateurs.

** Lundi (le week-end porte conseil… et amène son lot de vraies ou fausses révélations) : OPA, fusions et rumeurs en tous genres.

** Mardi : relèvements de recommandations (d’"achat" à "achat fort", pour rester dans l’air du temps) et gonflement des objectifs de cours : plus c’est spectaculaire, plus le marché y croit !

** Mercredi : rachats massifs de titres, afin d’accroître artificiellement la rentabilité du dividende par action sans que l’entreprise n’ait à prouver qu’elle peut réussir à engranger un sou de recette supplémentaire.

** Jeudi : bonnes, excellentes, ébouriffantes (il y a toujours un motif de se réjouir en creusant bien) statistiques économiques — meilleures que prévu le plus souvent… ou moins pire quand c’est franchement mauvais.

Une des variantes les plus appréciées, qui se présente une fois par mois en Europe et une fois toutes les six semaines aux Etats-Unis, réside dans le commentaire du diagnostic économique de la BCE ou de la Fed.

Le discours de nos banquiers centraux conforte — c’est quasi-systématique — l’analyse et les anticipations des marchés… Ces derniers se réjouissent naturellement de faire preuve de tant de sagacité ; la BCE, qui se réunissait exceptionnellement ce mercredi 6 juin pour ne pas "mordre" sur la réunion controversée du G8 en Allemagne, a relevé "comme prévu" son taux directeur à 4% et confirmé "sans surprise" que les risques restaient équilibrés, la croissance robuste et les liquidités abondantes.

** Le vendredi n’est pas seulement le jour du poisson, c’est aussi celui de la pêche aux bonnes idées d’investissement.

Lorsque les indices ont globalement bien progressé au cours des quatre précédentes séances (ce qu’ils ont fait neuf fois sur dix depuis la mi-mars), il faut entretenir la flamme haussière… Il y a toujours un secteur qui a sous-performé — la bourse est le royaume de la relativité –, il y a toujours un titre qui n’a pas suffisamment profité, par contagion positive, de l’envolée d’un de ses concurrents basé au Canada, en Australie ou dans une contrée encore plus lointaine.

Par ailleurs, une fois par mois (chaque troisième vendredi pour être exact), les investisseurs peuvent compter des rafales d’achats techniques destinés à maximiser les profits sur les instruments dérivés (options, warrants, contrats sur indices…).

Enfin, au besoin, il est toujours possible de ressortir des cartons une étude bien documentée qui souligne la montée en puissance financière des fonds de private equity, et qui met l’accent sur les montants — toujours considérables — levés auprès de richissimes investisseurs internationaux (y compris chinois) ou des grandes banques d’affaires anglo-saxonnes.

** Il n’est pas inutile de marteler — au moins une fois par quinzaine — cette réjouissante évidence : il n’existe pratiquement aucune société cotée (à l’exception des 50 titans planétaires pesant plus de 150 milliards de dollars de capitalisation) qui soit hors de portée des spécialistes des LBO (rachats à crédit suivi du démantèlement des activités).

Ce même genre d’étude pourrait servir à justifier la phénoménale envolée de la cote des artistes dits contemporains (si possible déjantés et imprégnés de culture américaine) : depuis 2003, chaque année voit émerger de par le monde des milliers de nouveaux multimillionnaires et de centaines de nouveaux milliardaires.

Chacun d’entre eux est capable d’enchérir à coup de dizaines de millions de dollars et cela donne lieu à des psychodrames cocasses : "attention au téléphone, j’ai une offre à 70 millions de dollars… monsieur à ma droite, cet affreux tableau minimaliste daté de 1953 vous échappe ! Ah… vous nous dites 71 millions de dollars, qui répond 72 millions — cela fait 24 millions par zone de couleur, elles sont au nombre de trois puisque Mark Rothko venait tout juste de renoncer à en utiliser quatre… Alors, qui répond 72 millions pour cet œuvre d’un ennui visuel incomparable ?"

"Oui, j’ai une offre de 72 millions de dollars à Londres… Monsieur, l’enchère vous échappe à nouveau ! Quoi, vous renoncez ?… Vous vous réservez pour un gigantesque monochrome de Klein incrusté de morceaux d’éponges estimé à 50 millions de dollars ? Ah bon, je comprends, alors rendez vous pour l’adjudication du lot n° 57 (vous avez raison, il devrait passer la barre des 80 millions de dollars)".

Quand il y a autant d’argent dans un circuit, il n’est pas rare que ceux qui sont prix dans la boucle "pètent les plombs". Aujourd’hui, il apparaît honteux, lorsque l’on est riche à ne plus pouvoir compter les zéros, de ressortir de la salle d’enchère — ou de Wall Street — sans une acquisition validée sous le maillet à un prix exorbitant.

Peu importe que l’artiste n’ait utilisé qu’un demi-tube de gouache desséchée, un vieux magazine télé déchiré en deux et un ticket de métro usagé agrandi huit fois à la photocopieuse — pour un montant de 7 $, planche de contreplaqué de récupération comprise : des critiques d’art qui font courir le tout Belgravia et la fine fleur de la Cinquième Avenue ont décrété qu’il s’agit d’une oeuvre "majeure", "incontournable", "peinte dans l’urgence" et définitivement "rare"… Les enchères sont ouvertes à 15 millions de dollars — et deux acheteurs en proposent déjà 25 millions au téléphone.

** Nous avons bien conscience qu’établir une analogie avec le comportement d’entreprises en quête d’élargissement de leur périmètre d’activité ou de fonds d’investissement très pressés d’utiliser les lignes de crédit dont il disposent serait abusive… mais l’actualité récente fourmille d’exemple de raids hostiles où des primes de plus de 50% ont été proposés aux actionnaires des entreprises convoitées — c’est-à-dire bien au-delà de ce que nombre d’analystes auraient envisagé dans leurs rêves les plus fous.

Cela n’est rien par rapport au prix stratosphérique (plusieurs milliards de dollars) payé par Google ou Yahoo pour le rachat d’un spécialiste de la diffusion de contenus en ligne ou de la publicité sur Internet. S’il faut payer dix fois le chiffre d’affaire pour assommer des concurrents moins fortunés, cela ne pose pas de problème de trésorerie… et après tout, à l’image d’un Warhol, sa cote pourrait bien de se trouver décuplée en cinq ans.

Le juste prix pour une entreprise, c’est ce que le marché est prêt à payer. Lorsque la liquidité est surabondante, la conviction qu’il se trouvera toujours un acheteur pour payer plus cher ne tarde pas à éclipser les critères d’évaluation classiques. Réaliser un coup stratégique, c’est comme souffler le tableau vedette d’une vente aux enchères au nez et à la barbe d’un célèbre collectionneur qui jette l’éponge parce que cela va décidément trop vite pour lui.

Soyez assuré qu’à la prochaine vente, il aura prévu une ou deux mallettes de billets de secours… et commencera par enchérir 50% au-dessus du prix catalogue, histoire de marquer son territoire. Ce sera le moment de lui revendre pour 15 millions de dollars un vieux Basquiat au graphisme hystérique arraché de haute lutte des griffes de François Pinault ou des frères Saatchi pour quelques centaines de milliers de dollars (un prix jugé fou à l’époque… au milieu des années 90).

Et qui sommes-nous, à la Chronique Agora, pour juger qu’un prix est "idiot", ou que payer 20 fois les profits estimés pour 2008 sur le S&P 500 est aberrant ? Si le marché se montre d’un avis différent parce que les liquidités affluent de toutes parts, les cours n’ont pas fini de monter… jusqu’à ce qu’ils rebaissent, simplement parce que quelques opérateurs influents décident qu’il y a plus d’argent à gagner ailleurs. Cela n’a d’ailleurs rien à voir avec le sentiment que des excès ont été commis ou que les analystes se sont fourvoyés en se livrant à une surenchère d’objectifs plus inaccessibles les uns que les autres.

** C’est désormais comme cela que pourrait s’amorcer une marée descendante sur le front des actions. C’est peut-être ce à quoi nous sommes en train d’assister, avec trois séances de repli consécutives (c’est sans précédent depuis le 14 mars dernier) et une brusque rupture du seuil de soutien psychologique et graphique des 6 000 points pour le CAC 40. Les pertes cumulées dépassent à présent les 3% — ce qui est également sans précédent depuis 11 semaines ; les dégagements se sont accélérés en fin de séance hier avec le déclenchement de ventes stop sous les 6 010 puis les 6 000 points.

Toutes les places boursières occidentales ayant atteint leur zénith simultanément, leur recul s’effectue avec la même unanimité… et les chiffres macro-économiques du jour sont peu suspects d’avoir plombé l’ambiance, puisque la productivité au premier trimestre 2007 aux Etats-Unis a été revue, comme anticipé, à la baisse — de 1,7% à 1%.

Non… il a simplement manqué une petite surenchère à 7,2 milliards de dollars (soit une petite centaine d’œuvres de Rothko) sur l’une des vedettes du Nasdaq ou FT-100 à Londres pour continuer d’entretenir la flamme de la hausse… Par ailleurs, Morgan Stanley aurait conseillé à ses meilleurs clients de "réduire la voilure" — et vous pouvez être certain que lorsque ce genre de rumeur se répand dans les salles de marché, c’est que les focs et le spinnaker des meilleurs clients en question sont déjà soigneusement pliés à l’abris des bourrasques et des averses à fond de cale.

Cela signifie qu’une ou plusieurs grandes institutions financières anglo-saxonnes ont déjà –discrètement — "changé d’avis". Les raisons d’un tel revirement ne seront clairement exprimées que lorsque cela leur apparaîtra profitable… En attendant, quelques milliers de gérants et de spéculateurs individuels se consoleront à l’idée de s’être offert le luxe d’avoir fait inscrire un score de 6 150 points sur le CAC 40, 8 000 sur le Dax et pas loin de 13 700 sur le Dow Jones : respect… et bravo aux vendeurs !

Philippe Béchade,
Paris

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Les turbulences boursières sont-elles le seul danger menaçant votre patrimoine ?

Pour en savoir plus — et découvrir comment réagir aux principales tendances qui nous attendent dans les mois qui viennent, continuez votre lecture…

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** UNE TRINITE HYSTERIQUE

** Ce matin, nos doigts se sont immobilisés au-dessus du clavier. Nous avons soudain été frappé d’un sentiment d’ironie si intense que nous avions du mal à respirer — sans parler d’écrire. Ou bien nous avions la gueule de bois. En tout cas, nous avons dû desserrer notre col de chemise… reculer notre fauteuil… et nous arrêter une minute.

* Le monde semble être saisi de trois frénésies en même temps, avons-nous réalisé. Chacune est vertigineuse. Et chacune est une escroquerie monumentale. Chaque élément de cette trinité hystérique comporte trois parties– en d’autres termes, une part de vérité… une part de mensonges… et une part de complète absurdité. Chacune soutient les autres, renforçant une illusion par une autre, plus grande encore.

* Dans le Nouveau Monde, un récent sondage a révélé que les Américains considéraient la Guerre contre la Terreur comme le problème le plus important de la planète. De retour sur le Vieux Continent, une question similaire a apporté une réponse différente : les Européens s’inquiètent du réchauffement planétaire. Pendant ce temps, dans le monde entier, de Manchester à Mandalay, tout le monde pense pouvoir s’enrichir sans travailler ; il suffit d’acheter un actif financier et de regarder son prix grimper.

* C’est ce dernier fantasme qui nous intéresse le plus, à la Chronique Agora. Tous les êtres pensants de cette planète semblent en être venus à croire que c’est l’argent qui importe le plus… et que la manière d’obtenir cet argent, c’est de spéculer. Les prix des actifs ne font que grimper, croient-ils. Et chacun est persuadé d’avoir un don particulier lui permettant de choisir l’actif qui grimpe le plus. Ne voyant ni risque ni erreur dans une telle proposition, les gens continuent ensuite en faisant jouer l’effet de levier — empruntant de l’argent soit pour consommer (les Américains) soit pour spéculer (les Chinois), afin d’en tirer parti.

* Il en résulte une fièvre acheteuse sans précédent — de pure consommation en Occident… et d’investissement en Asie. Cette frénésie d’activité engendre bien entendu une immense augmentation de la consommation des ressources naturelles — en particulier du pétrole.

* Le plus grand consommateur de pétrole au monde est le Pentagone, dont la dernière mission consiste à maintenir l’ordre sur la planète de manière à ce que le pétrole continue de couler. Depuis 1914, toutes les armées ont deux objectifs principaux : protéger la patrie… et préserver son accès à la première nécessité militaire — le pétrole.

* Pendant ce temps, une hypothèse est née bien à propos : l’utilisation accrue des carburants fossiles augmente les niveaux de CO2 de la planète… faisant grimper la température. Les autorités, bien entendu, se précipitent pour "Sauver la Planète", s’inquiétant — c’est très pratique — des difficultés des ours polaires et des pingouins. Que peuvent-ils faire ? Augmenter les impôts ! Oui, le réchauffement planétaire peut être réparé par une taxe mondiale sur le carburant, afin d’augmenter les prix et de décourager les utilisateurs. Qui va collecter et redistribuer cette taxe ? Si vous pensiez que ce sera du ressort des girl-scouts ou des bonnes oeuvres, vous êtes bien naïf. Les taxes seront engrangées par les gouvernements — dont le plus grand est aussi le principal utilisateur de carburants fossiles… et le plus grand contributeur au danger supposé.

* Mais nous allons laisser cette idée mijoter sur votre fourneau, cher lecteur, et revenir à la bulle financière mondiale.

** Un certain nombre d’analystes que nous admirons et respectons — Jeremy Grantham et Richard Russell, par exemple — pensent que nous sommes au seuil d’un marché haussier encore plus imposant.

* Nous avons remarqué comment une bulle a mené à une autre… les actions… l’immobilier… l’art… les montres et les objets de collection… d’un marché… à un autre… jusqu’à ce que le monde financier se développe à un rythme alarmant. Nous lisions cette semaine dans les journaux que le célèbre artiste Damien Hirst avait créé un crâne incrusté de diamants, apparemment offert à la vente pour 100 millions de dollars. Nous plaignons l’idiot qui l’achètera. Mais après tout, qu’en savons-nous — le prix grimpera probablement ! De toute façon, on peut maintenant acheter des actions chinoises à 40 fois les bénéfices…. et des maisons évaluées elles aussi à plus de 100 millions de dollars.

* Nous avons également remarqué que les dépenses illimitées, les emprunts imprudents et la création d’argent sans frein aux Etats-Unis mènent désormais à des dépenses illimitées, des emprunts imprudents et de la création d’argent sans frein dans d’autres pays également, toutes les banques centrales essayant d’empêcher leurs propres devises de baisser plus rapidement que le dollar… Nous constatons aussi que l’industrie financière a inventé de nouvelles manières d’augmenter la liquidité et l’effet de levier — ce qui, dans les faits, réduit le contrôle des banques centrales sur les marchés.

* Et à présent, il semble que le monde entier profite d’une Super Bulle… qui ne ressemble à rien de ce qu’on ait jamais vu. Nous vivons vraiment une Nouvelle Ere, en d’autres termes. Jusqu’où ira-t-elle ? Combien de temps durera-t-elle ? Nous aimerions pouvoir vous le dire…

* Chaque jour est un nouveau jour… et chaque jour ressemble à celui qui l’a précédé. Les marchés sont complètement inédits… tout en n’étant guère différents de ceux qui sont venus avant eux. Toutes les générations ouvrent la voie aux suivantes.

** Martin Hutchinson, écrivant pour The Prudent Bear explique de quelle manière cette bulle, elle aussi, passera :

* "Une fois que les marchés auront éclaté, le déclin se nourrira de lui-même. L’inflation incontrôlée causera une augmentation des rendements obligataires de long terme — ce qui provoquera en soi une vague de faillites dans le monde du private equity et des hedge funds. En fait, les conséquences, dans ces secteurs, pourraient être plus graves que tout ce qu’on a vu jusqu’à présent dans l’histoire, avec un pic de défauts de paiement dépassant celui de 9,2% atteint en 1932 sur les obligations à un an. Cette comparaison n’est pas tout à fait juste ; les émetteurs ont été bien plus agressifs, ces dernières années, qu’ils l’étaient dans les années 20, si bien que la qualité de notation moyenne des actions émises est bien plus basse. Le taux de défaillance entre 2007 et 2017 sur les obligations de catégorie A pourrait n’avoir rien à voir avec les 12% de la Grande dépression, peut-être à peine plus élevé que les 3,82% de la moyenne 1920-1999. Cependant, aujourd’hui, on trouve un vaste assortiment d’obligations n’atteignant de loin pas la note A, et les taux de défaillance sur celles-ci pourraient être bien plus élevés, de 25%-50% peut-être sur une période de 10 ans sur les obligations notées BB ou au-dessous. Le seul facteur empêchant un effondrement du marché obligataire similaire à ce qui s’est produit durant la Grande dépression sera l’inflation, qui engendrera le déclin de la valeur réelle des obligations de dette plutôt que leur augmentation, comme cela avait été le cas entre 1929 et 1933".

* "Avec le déclin sévère des prix des maisons… les consommateurs, et en particulier les consommateurs aisés, réduiront notablement leurs dépenses. Dans ce cas, les réductions seront concentrées au haut de l’échelle plutôt qu’au bas ; les consommateurs ayant un revenu moyen ou limité — s’ils n’ont pas trop de prêts immobiliers ou de dettes de cartes de crédit — ne seront pas affectés très profondément, au début… du moins s’ils gardent leurs emplois".

* "La réduction des dépenses de consommation aura pour effet de réduire les déficits américains. Hourrah ! Cela portera la déflation dans le reste du monde, en particulier vers des économies comme celles de la Chine ou du Japon, qui dépendent des exportations vers les Etats-Unis. Cependant, la Chine aura ses propres problèmes, à ce moment-là ; il est peu probable qu’un retournement des marchés US laisse la bulle de Shanghai/Shenzhen sans l’affecter".

* "L’autre effet dévastateur d’un ralentissement des dépenses de consommation et des prix des actifs se fera sentir sur les budgets américains, tant fédéraux que locaux. Ils sont déjà en piètre état. Les dépenses, à tous les niveaux de gouvernement, ont augmenté rapidement ces dernières années. Cependant, les plus grandes augmentations ont été constatées dans les dépenses gouvernementales locales, qui ont vu leur contraintes budgétaires normales éliminées à mesure que la hausse galopantes des prix de l’immobilier causait un croissance exponentielle des revenus. La pire solution à cela serait celle choisie par Herbert Hoover : des dépenses publiques sans véritable but afin de lutter contre la récession, suivies d’une augmentation paniquée des impôts à mesure que l’aggravation de la récession creuse un gigantesque trou dans le budget".

* "Ainsi, on a le choix entre une dépression courte mais dure — quoique moins grave que celle de 1929-1933 (sauf si les forces du protectionnisme s’y mettent aussi) –, et une longue période de stagflation comme celle des années 70, avec un creux probablement plus sévère qu’entre 1973 et 1975. Le troisième schéma possible, une période de stagflation prolongée comme celle du japon dans les années 90 semble désormais assez improbable".

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Vous n’y croyez pas ? Allez voir par vous-même…

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*** La Chronique Agora présente ***

De nos jours, n’importe qui peut devenir magnat du pétrole. Pour cela, inutile d’avoir un puits de pétrole dans votre jardin — d’autres s’occupent de tout à votre place. Simone Wapler se penche sur la question… et pèse le pour et le contre.

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SE PAYER UN PUITS DE PETROLE ? — 1ère PARTIE
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Par Simone Wapler (*)

J’ai été démarchée par une entreprise américaine, Ness Oil Corp, qui propose aux investisseurs européens d’investir directement dans des puits de pétrole. Je vous en fais part, car c’est à la fois original et intéressant. Potentiellement rentable, mais avec un risque à la hauteur.

En préambule, je rappelle que les Publications Agora sont indépendantes et tiennent farouchement à cette indépendance. Elle est garante de la liberté des analyses, comme de la liberté de ton, qui sont présentes aussi bien dans les chroniques et lettres gratuites que les publications payantes.

Ces différents textes, gratuits ou payants, ne comportent que des publicités vers les "produits maison". En résumé, les Publications Agora vivent de la confiance que vous leur accordez, et pas de recettes publicitaires.

Maintenant, revenons au pétrole et à Ness Oil Corp. J’ai choisi de vous parler de Ness Oil car je pense que ce type de sociétés peut à l’avenir se multiplier et que les écueils sont importants. Mais mon enquête est limitée et je vous en donnerai les bornes et les raisons.

Des petits puits rentables ?
Ness Oil Corp est américaine, et bien qu’opérant depuis Genève, soumise à la loi américaine. Elle propose aux particuliers d’acheter des parts de puits de pétrole. Il s’agit d’investissements hasardeux, pour lesquels, en cas de succès, la rentabilité serait très élevée et la fiscalité attrayante.

Les petits puits qui n’intéressent pas les majors sont redevenus rentables du fait du prix atteint par l’or noir et sa raréfaction. Or, tous les puits qui débitaient moins de 100 barils par jour ont été méprisés depuis plusieurs dizaines d’années. Mais à 60 $ le baril, certains méritent à nouveau d’être exploités.

Difficile de trouver des financements
Glissez-vous un moment dans la peau d’un propriétaire foncier du Texas ou de la Louisiane.

Vous savez que le sous-sol de votre terrain est très probablement riche en pétrole. Mais pour lever le doute quant à la viabilité de l’exploitation, il faut dépenser un minimum de plusieurs millions de dollars. C’est le prix de la prospection et du forage. Vous ne disposez pas de cette somme. Pas très grave, pensez-vous, il suffit d’aller trouver l’équivalent du Crédit Agricole texan qui prêtera les fonds.

Erreur : de par la loi fédérale américaine, les banques sont tenues de limiter leurs engagements concernant les hydrocarbures, les forêts et les mines.

Et les opérateurs indépendants ? Peu d’espoir de ce côté. La majorité estime que leur métier consiste à rendre un puits opérationnel, puis à le raccorder à un pipe-line ou à effectuer une collecte régulière. Ils n’investissent pas pour un résultat hasardeux. C’est donc pour financer ces opérations dont le risque est trop élevé que des sociétés comme Ness Oil rentrent en scène.

Ness Oil, prête à prendre le risque, souvent très élevé
Ce type de société propose à des investisseurs de prendre des prises de participation dans un ou plusieurs projets. Il s’agit de projets, pas de puit opérationnels. Ness Oil divise les risques entre plusieurs investisseurs pour les atténuer.

En cas de succès, les investisseurs reçoivent les royalties correspondants à la production du puits durant toute sa vie. En cas d’échec, les investisseurs perdent leurs mises.

Des rentabilités exceptionnelles… quand ça marche
En toute logique, la récompense est à la hauteur du risque. Ainsi, selon Ness Oil, le retour sur investissement moyen se fait en 16 mois. Les revenus, qui dépendent de la durée de vie du puits, se perçoivent durant cinq à 15 ans et oscillent entre 0,5 et 5% par mois, avec une moyenne de 2,5% par mois. Les fourchettes annoncées sont liées aux caractéristiques du puits :
- profondeur (de 700 m à 3 330 m)
- débit (de moins de 100 barils par jour à 800 barils par jour)
- nature de production (plutôt pétrole ou plutôt gaz)

Les frais de production en revanche dépendent peu du débit. Consommation d’électricité, contrôles des installations, raccordements aux pipe-lines ou stockage et frais de collecte sont quasi-inchangés que le puits débite 100 barils ou 300 barils.

Mais conservez à l’esprit le risque. Le couple risque/rendement est très élevé. Il existe toutefois un moyen de "limiter" ce risque :

Tablez sur la diversification
Ness Oil affirme que 78% des projets initiés en 2006 ont débouché sur des puits opérationnels et 81% en 2005. Huit projets sur dix aboutissent. Deux projets sur dix échouent. Et dans ce cas, vous perdez 100% de votre mise.

Alors pour limiter le risque pour l’investisseur, Ness Oil propose de prendre des parts de fond. Au lieu de miser sur un seul projet, par tranche de 50 000 $, l’investisseur peut décider d’investir 10 000 $ dans une unité de fond qui concernera huit à 12 projets.

Le retour sur investissement devient plus long : 24 à 48 mois. Mais le risque est bien moindre.

Je vous en dirai plus sur cet investissement demain.

Meilleures salutations,

Simone Wapler
Pour la Chronique Agora

(*) Simone Wapler est analyste, journaliste et ingénieur de formation. Elle a déjà contribué à des publications telles que Le Point, Enjeux, Les Echos, Chart’s… Spécialisée dans les valeurs industrielles, les matières premières, les énergies, l’or, les minières Simone Wapler est passionnée par les investissements "tangibles". Elle analyse chaque mois le secteur aurifère et les marchés étrangers dans la lettre d’investissement Vos Finances – La Lettre du Patrimoine et elle intervient régulièrement dans l’Edito Matières Premières ou dans différents rapports d’investissements.

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