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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 12 février 2007
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*** Jusqu’où s’arrêtera-t-il ?
Nouveau record pour le CAC 40 vendredi…
*** La Silicon Valley de l’eau
Dan Denning met Jim Rogers à la question…
*** Desert Storm, troisième du nom
Le marché de l’immobilier US n’est décidément pas en forme…
*** Une théorie générale de la stupidité (1)
Stupidité restreinte et générale par Bill Bonner
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N’attendez plus des années pour faire des profits !
Des gains de +50%… +69,77%… +67,86… +88,10% depuis début mai 2006… et des plus-values de 106,90%… 100%… 104%… 91,80%… 117,10% et même 679%… engrangées durant la première partie du 1er semestre 2006 !
Parfois, c’est encore le court terme le plus performant. Découvrez pourquoi…
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Bonjour,
*** JUSQU’OU S’ARRETERA-T-IL ?
** Je dois le titre de ma chronique d’aujourd’hui à Philippe Béchade, qui me commentait vendredi matin l’évolution du CAC 40 avec un mélange d’ironie, d’incrédulité et de fatalisme (si si, cher lecteur, tout ça à la fois !). Et vendredi soir, une fois encore, le CAC 40 a clôturé la journée sans sortir du canal 5 600-5 700 points — cela aura été la sixième séance consécutive, soit un nouveau record… et Philippe ne manquera sans doute pas d’aborder le sujet plus en détails dès demain.
Notre indice national a donc terminé la semaine à 5 692 points, soit une hausse de 0,48% sur la journée. Dans le reste de l’Europe, on clôturait aussi dans le vert : +0,56% pour le Footsie à Londres, et +0,55% pour le Dax à Francfort.
Et puisqu’on y est, je remarque au passage qu’à l’heure où j’écris ces lignes, le CAC 40 semble être plus "à la peine" et perd 0,7% — sans toutefois sortir de son canal… pour l’instant.
** Côté américain, par contre, on a trouvé jusqu’où les marchés s’arrêtaient : la journée de vendredi a été marquée par une baisse générale sur les places US. Le Dow Jones a ainsi perdu 0,45%, pour terminer à 12 580,83 points. Le S&P 500 souffrait lui aussi, avec une chute de 0,71% qui a mené l’indice à 1 438,06 points… mais c’est encore le Nasdaq qui a été le plus durement touché, dégringolant de 1,16% pour rejoindre les 2 459,82 points.
Aucune statistique n’était pourtant prévue, et le seul commentaire notable provenait de la Réserve fédérale de Saint-Louis ; il était d’ailleurs d’une banalité tout à fait ordinaire : "le président de la Réserve Fédérale de Saint Louis a indiqué que la croissance américaine devrait être de l’ordre de 3%", nous apprenait le site investir.fr. "William Poole précise également que l’inflation semble sur la bonne direction et devrait baisser à un niveau raisonnable. Le banquier précise qu’il se montrera vigilant en cas de dérapage des prix hors alimentation et énergie. Il souligne également que d’autres resserrements monétaires pourraient s’avérer nécessaires si la croissance de l’économie américaine apparaît plus forte que prévu".
Rien de bien spectaculaire à signaler, donc… C’est à se demander quelle mouche a piqué les investisseurs américains vendredi…
** Au rayon des autres nouvelles macro-économiques mineures et inintéressantes, notons que le déficit commercial français était à 29,21 milliards d’euros pour 2006, soit un nouveau record historique. Mais bon, ce n’est pas comme si cela signifiait quelque chose quant à l’état de l’économie nationale, n’est-ce pas ?…
** Du côté obligataire et monétaire, la fin de semaine a été plutôt positive pour le dollar : le billet vert s’est légèrement repris face à l’euro, terminant vendredi à 1,3008 pour un euro (contre 1,3040 jeudi). Le bon du Trésor US à 10 ans, quant à lui a vu son rendement se tendre de cinq points de base, pour atteindre les 4,78%.
Et l’or, eh bien… il va beaucoup mieux : une once de notre métal favori valait 664,5 $ au deuxième fixing de Londres vendredi soir — soit six dollars de mieux qu’au premier fixing.
** Nous terminerons avec un petit mot du pétrole, qui a fini la semaine sur une petite hausse : 59,89 $ le baril de WTI à New York, contre 59,71 $ la veille… et la barre des 60 $ dépassée en séance avec un petit pic à 60,42 $. La faute de cette poussée de fièvre revient à Occidental Petroleum : la société a annoncé devoir suspendre sa production sur un champ californien à cause d’un incendie.
Un incendie en Californie et le cours de référence mondiale du pétrole flambe : en matière de finance, il suffit parfois de peu de choses pour faire basculer la situation. Une chose que les investisseurs devraient garder en tête dans les semaines qui viennent…
Françoise Garteiser,
Paris
PS : N’oubliez pas que vous pouvez retrouver Philippe Béchade dès 15h45 au 0899 707 009*. Il décortique pour vous la séance en cours, analyse les enjeux de la journée, vous livre un suivi de nos positions et stratégies… sans oublier de vous donner son conseil du jour !
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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Dan Denning nous rapporte les dernières nouvelles des matières premières
*** LA SILICON VALLEY DE L’EAU
** La semaine dernière, j’ai interrompu le discours de Jim Rogers au Federation Square pour lui demander ce qu’il pensait de l’investissement d’un milliard de dollars fait par General Electric (GE) dans la société française de traitement et gestion des eaux Idex Aquaservices. Idex traite l’eau destinée à des utilisations industrielles. GE considère qu’il y a de nombreuses opportunités pour les infrastructures de l’eau dans le monde entier.
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** DESERT STORM, TROISIEME DU NOM
** On est en plein milieu de l’hiver, à Paris, et ce n’est pas très joyeux.
* Dans les journaux, les marchés sont eux aussi frigorifiés. Le Dow a à peine évolué. Pas un dollar… ni une obligation… ne bouge.
* Une chose, cependant, refuse de rester silencieuse : les craquements et les grincements du marché immobilier. Il glisse — comme un glacier — vers le bas.
* Nous avons appris la semaine dernière que New Century Financial Corp. — la deuxième plus grande société de prêts sub-prime des Etats-Unis — avait des difficultés. Lorsque ses prêts tournent mal, l’entreprise doit les racheter. C’était à prévoir : elle découvre à présent qu’elle n’avait pas mis assez de côté pour le faire. Lorsque les investisseurs ont eu vent de la chose la semaine dernière, ils ont fait baisser le cours de l’action de plus d’un tiers.
* Ca a dû être une mauvaise journée pour les initiés et les grands actionnaires. Ils auraient dû se débarrasser de cette action il y a longtemps, en la revendant à un public ignorant. Ce qu’ils ont d’ailleurs peut-être fait.
* "Les refinancements deviennent plus difficiles", déclare le Wall Street Journal.
* "Les prêteurs mis à mal par les retards de paiement", ajoute l’agence Associated Press.
* Qui aurait pu penser, cher lecteur, que prêter de l’argent à des gens qui ne peuvent pas se permettre de le rembourser provoquerait de tels problèmes ? La vie est vraiment pleine de surprises, non ?
* Selon le site Mortgage Lender Implode-O-Meter, 20 organismes de prêt ont rendu l’âme depuis décembre 2006.
** Pendant ce temps, les Toll Brothers occupent à leur tour le devant de la scène. Ils ont déclaré que les commandes, pour le premier trimestre de l’année, avaient chuté de 33%. Leurs revenus ont baissé de 19%.
* Et voilà qu’arrive Desert Storm troisième du nom. La ville de Phoenix, en Arizona, aussi chaude soit-elle, semble heurtée de plein fouet par les vents glaciaux de l’effondrement des quartiers résidentiels. Le constructeur immobilier Pulte a perdu de l’argent au dernier trimestre 2006, en grande partie à cause de ces faiblesses dans le désert américain. En 2006, les ventes dans la région de Phoenix ont chuté de 26% par rapport à l’année qui précédait. Le constructeur local, Fulton Homes, a déclaré que ses résultats avaient été divisés par deux l’an dernier.
* Derrière tout ça arrivent les agents immobiliers, les courtiers et les entrepreneurs chargés d’installer les revêtements de sol en ardoise. Eux aussi sont stupéfaits par ce soudain revirement de situation. On dit que les agents immobiliers abandonnent, leur revenu moyen ayant diminué de 20% entre 2005 et 2006. Les prix n’étaient guère plus bas, dans la majeure partie des cas, mais il y avait moins de ventes… et moins de commissions.
* Et que voyons-nous ? L’une des plus grandes sociétés financières — Merrill Lynch, qui a profité d’un boom parallèle au boom mondial des liquidités — conseille désormais à ses clients d’être prudents. Une inflation globale des liquidités est inévitablement suivie d’une déflation globale des liquidités, déclare Merrill, recommandant à ses clients de se mettre à l’abri.
* Selon Merrill, les taux d’intérêt pourraient grimper plus tôt que la majeure partie des gens s’y attend.
* "Selon un officiel de la Fed… les taux pourraient grimper", déclare le titre d’un article du Philadelphia Enquirer.
* Nous n’accordons guère de crédit à de tels titres. Mais il doit arriver un moment où les prêteurs deviennent nerveux et où les rendements grimpent. Et à ce moment-là, vous souhaiterez avoir levé le nez et vu notre drapeau d’Alerte au Krach flotter… ou avoir prêté attention lorsque Merrill Lynch recommandait de se mettre à sec.
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COMMENT INVESTIR AUJOURD’HUI ?
Eh bien… nous n’avons pas de recette miracle, mais…
… que pensez-vous d’un système qui dépasse les 22% de croissance annuelle moyenne depuis 2003… en accumulant des gains de 74%, 53,8%, 43,17%, 60%… et bien d’autres encore !
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*** La Chronique Agora présente ***
A la Chronique Agora, on n’est pas des flèches, mais on a tout de même une petite idée de ce qui rend les gens ignorants des problèmes majeurs auxquels nous sommes confrontés tous les jours. Comme Bill Bonner nous l’explique, ça n’a rien à voir avec la taille du cerveau… et tout à voir avec le manque d’évolution.
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UNE THEORIE GENERALE DE LA STUPIDITE — 1ère PARTIE
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Par Bill Bonner (*)
Deux choses sont infinies : l’univers et la stupidité humaine ; et je ne suis pas sûr à propos de l’univers
– Albert Einstein
Les grandes nouvelles de la semaine dernière… du moins avant la fin prématurée d’Anna Nicole Smith, starlette trash des tabloids US… concernaient les nouvelles propositions budgétaires américaines. L’administration Bush s’est révélée être — une fois encore — le régime le plus prodigue de tous les temps. Jamais un gouvernement élu n’a dépensé tant d’argent appartenant à ses citoyens — ou tant d’argent que ses citoyens n’avaient pas. Pas plus qu’un gouvernement n’a redistribué autant de richesses — des contribuables vers les entreprises de défense… des classes moyennes vers les classes financières… et (plus important encore) des générations futures vers ceux qui vivent ici et maintenant.
C’est à couper le souffle… et, comme tous les spectacles publics… c’est absurde.
Près d’un demi-millier de milliard de dollars de dettes viendront s’ajouter dans les deux années qui arrivent, selon le plan Bush. Mais, en 2012, les autorités promettent d’enregistrer un modeste surplus — d’un peu plus de 60 milliards de dollars. Bien entendu, cela ne sera possible que si rien ne tourne mal en Irak ou en Afghanistan (comment cela serait-il possible ?), et si l’on est d’accord pour employer des comptables qui sont également des menteurs invétérés.
Même dans le meilleur des cas, il n’y a aucun moyen plausible de voir les Américains rembourser leurs dettes — publiques ou privées. La dette publique à elle seule représente plus de 100 000 $ pour chaque foyer de quatre personnes. Les intérêts seraient d’environ 5 000 $. Combien de familles pourraient ajouter cela à leurs budgets ? Quel genre de politiciens le leur demanderait ? Actuellement, le gouvernement US n’arrive même pas à payer les intérêts. La dette se nourrit donc d’elle-même… et l’ensemble continue de se développer encore et encore. Plus d’argent. Plus de crédit. Plus de dette.
Nous y réfléchissions la nuit dernière… sans nous arrêter ni pour la prière ni pour le petit verre du soir. Nous cherchions la réponse à deux questions liées : jusqu’où peut aller cette bulle du crédit ? Et, plus profondément, jusqu’où peut aller la stupidité des gens ? Ces questions ne cessent d’apparaître, enlacées comme une barre verticale et la jambe nue d’une strip-teaseuse — lorsque nous regardons la télévision ou que nous lisons les journaux, lorsque nous entendons les nouvelles financières, lorsque nous voyons le nouveau budget américain. Les points de vue… les prix… les chiffres — suffiraient à pousser un imbécile à réfléchir… et un homme sobre à boire.
Et pourtant, les gens que nous rencontrons semblent tous responsables… et même intelligents. Ils conduisent des voitures… ils ont des emplois… ils gèrent leurs comptes. Comment peuvent-ils considérer le budget américain sans être choqués et inquiets… ou prêter encore plus d’argent au plus grand débiteur de la planète pour un rendement de moins de 5% ?
Et soudain, ce matin, nous avons trouvé une réponse… ou au moins une théorie. Et quelle théorie ! Elle est merveilleuse — et vous, cher lecteur, en aurez la primeur… dès demain.
Meilleures salutations,
Bill Bonner
Pour la Chronique Agora
(*) Bill Bonner est le fondateur et président d’Agora Publishing, maison-mère des Publications Agora aux Etats-Unis. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (290 000 lecteurs), il intervient dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning. Il est également l’auteur des livres L’inéluctable faillite de l’économie américaine et L’Empire des Dettes
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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