Une super-affaire planétaire

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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 13 juillet 2007
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*** Petit précis de fuite en avant boursière…
Fuite qui ne désemplit pas le verre à moitié plein

*** Le seul moyen de vaincre la tentation…
… c’est d’y succomber

*** Une super-affaire planétaire (2)
… qui mérite largement le sigle TTTTBA…

—————————– (publ.)

C’est un fait simple et concret :
vous avez tout ce qu’il faut pour investir et vous enrichir

Découvrez comment multiplier votre potentiel d’investissement grâce à des valeurs solides dont la plupart des investisseurs n’ont jamais entendu parler — en fait, même s’ils les connaissaient, ils ne songeraient jamais à y investir !

Tout est expliqué ici…

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Bonjour,

*** PETIT PRECIS DE FUITE EN AVANT BOURSIERE…

** Ah ! Qu’il est facile d’oublier tous ses soucis lorsque le marché fait retentir la flamboyante symphonie des OPA ! Balayées les sinistres angoisses liées à la crise du subprime ! Envolées les craintes de dérapage du dollar vers les 1,50/euro (il vient de pulvériser un nouveau plancher à 1,38/euro et à 2,0350/ livre sterling) ! Laminés les "vadeurs" (vendeurs à découvert) qui se débattent au sein d’un champ de mines depuis mercredi après-midi : les cours d’Accor, Air Liquide, Cap Gemini, Schneider, Vallourec, Vinci ont explosé presque simultanément — sur fond de rumeurs de LBO — au passage du CAC 40 sous les 5 940 points.

Nous avons beaucoup de mal à croire que cette avalanche de bruits de couloirs, qui envahissaient les salles de marché à quelques minutes d’intervalle alors que le CAC 40 menaçait d’enfoncer le très important support oblique moyen terme des 5 950 points, soit le pur fruit du hasard. Nous nous en sommes d’ailleurs expliqué en détail sur le Téléphone Rouge (0 899781 961*) ces dernières 48h.

Ce n’est pas davantage un hasard si le CAC 40 s’est mis à accélérer à la hausse au-dessus des 6 040 points (la moyenne mobile à 50 jours) pour re-franchir à l’arrachée les 6 100 points hier soir (sur un score fleuve de +1,7%). Sans oublier que le DAX, le principal baromètre de la Bourse de Francfort, vient de repasser en 24 heures de 7 800 à 8 050 points.

Et comment ne pas accorder du crédit à ces fameuses rumeurs lorsque le conglomérat minier Rio-Tinto lance une contre offre amicale de 38 milliards de dollars sur l’aluminier canadien Alcan (+9% à l’ouverture jeudi) afin de le soustraire aux convoitises de son rival nord-américain Alcoa (qui bondit de +7%, faisant à son tour figure de cible pour un éventuel prédateur indien, russe, ou pourquoi pas un sidérurgiste chinois cherchant à recycler ses dollars !).

Il n’en fallait pas davantage pour propulser l’indice Dow Jones vers un nouveau zénith historique absolu de 13 770 points (soit +0,5% de mieux que début juin !), ce qui se traduit par un score annuel encore jamais affiché de +10,40%, soit une égalité parfaite avec le CAC 40 !

Même s’il s’agit d’un record "à la marge", cela vaut beaucoup mieux psychologiquement qu’un simple retracement des 13 688/13 692 points. La presse va pouvoir faire ses gros titres avec le nouveau sommet atteint par Wall Street (même s’il manque encore 0,5% au S&P-100 ou au S&P-500 pour égaler leurs récents plus hauts de la mi-juin).

** La seconde bonne surprise de la séance d’hier fut la progression de +2,4% des ventes mensuelles de Wal-Mart, puis la hausse du chiffre d’affaire de JC Penney alors que l’épargne des ménages américains ressortait négative de -1,4% au mois de juin — on n’a décidément rien sans rien ! De quoi éclipser le profit warning de Motorola… ou le trimestre décevant de Texas Instruments (262 millions de dollars au lieu des 266 millions de dollars anticipés).

** La troisième bonne surprise (ce sont les économistes qui l’affirment), c’est l’aggravation (si, si !) du déficit commercial américain au mois de mai (de 58,7 à 60,05 milliards de dollars), avec un nouveau record de déséquilibre des échanges face à la Chine : pas moins de -20 milliards de dollars ! Mais ces chiffres sont conformes aux prévisions et traduisent une embellie par rapport à mai 2006.

Comme vous pouvez le constater, Wall Street trouve toujours un moyen de se rassurer à bon compte, même si l’argumentaire frôle l’absurdité : certes le commerce extérieur US se noie, mais au lieu de dériver au gré des courants par 6,50 mètres de fond, il ne se trouve plus qu’à 6 mètres de la surface. Vous conviendrez sans effort que la situation s’améliore sensiblement –même si la victime a cessé de respirer depuis longtemps.

Réjouissons-nous d’un pire qui est moins pire que prévu : c’est l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein (les investisseurs préfèrent la seconde proposition). Nous concluons simplement que le verre est tout simplement deux fois trop grand et quel que soit son degré de remplissage, le marché s’en tirera avec une bonne gueule de bois !

Moody’s n’exprime rien d’autre en avertissant que de nombreuses dégradations de notations concernant des émissions obligataires adossées à du crédit immobilier "exotique" allaient être annoncées dans les jours qui viennent. Au moins 200 supports de type CDO pour un montant de 5 milliards de dollars devraient en faire les frais, après une première salve de 400 downgrades dévoilés ce mardi.

Et ce n’est qu’un début car les crédits immobiliers résidentiels représentent un marché global de 585 milliards de dollars aux Etats Unis, sachant que le subprime représentait plus de 20% des nouveaux encours l’année dernière : un niveau "sans précédent", souligne Richard Cantor, un des directeurs de recherche de Moody’s.

** Si la chute du prix moyen des logements individuels atteignait effectivement -8%, ce serait le pire scénario observé depuis la crise de 1990/1991. Et la masse totale des prêts était alors incomparablement plus faible, sans oublier le fait que les dérivés de crédit n’existaient carrément pas à l’époque, sinon à l’état théorique ou expérimental.

Nul économiste n’a jamais pu décrire ou modéliser une correction du secteur immobilier — ni son impact sur la conjoncture américaine ou mondiale — telle que celle observée depuis 2006 puisqu’il n’y a aucun référent historique.

Plus alarmiste : Randall Kroszner (un membre de la Fed) estime que le risque systémique induit par le subprime est tel qu’il faudrait envisager de légiférer afin de créer un "environnement responsable" qui protège les emprunteurs mais préserve certaines marges de manoeuvre pour les prêteurs.

Tous les experts savent bien que l’instauration d’un cadre réglementaire trop rigide pourrait précipiter l’éclatement de "l’immo-bulle" et en décupler les effets indésirables via un "crédit-krach" en spirale, comparable à 1929.

Si jamais les marchés devaient entamer une correction, nous ne manquerions pas de vous indiquer des stratégies éprouvées pour défendre votre patrimoine. Le besoin s’en fait tellement ressentir, alors que les marchés tutoient partout des sommets après plus de 50 mois de hausse ininterrompue, que nous préparons une conférence sur ce thème (plus précisément : Comment dégager de la performance dans un marché en consolidation durable) et qui aura lieu lors d’une croisière en Méditerranée (rien que ça !). Ouvrez l’œil et surveillez votre boîte mail : vous en entendrez bientôt parler…

** La question des rémunérations des Cadres a également constitué l’un des principaux sujets de réflexion lors du débat auquel j’ai participé sur BFM mardi midi : nous étions tous d’accord (bien que provenant d’horizons professionnels et de pays différents) sur le plateau pour dire que légiférer sur les rémunérations des dirigeants n’était non seulement pas souhaitable mais également irréalisable en pratique puisqu’il faudrait une harmonisation planétaire des réglementations en la matière. Or les pays anglo-saxons y sont, comme vous le savez, farouchement opposés.

En revanche, il n’est pas interdit d’envisager la mise en place d’une forme de "charte" — qui serait assez proche du concept "d’usages acceptables" — et de l’adoption de critères d’évaluation adossés à des mesures de performances, non seulement financières et boursières, mais également éthiques.

J’ai suggéré que soit prise en compte — comme cela se pratique aux Etats-Unis — l’évolution de l’image de l’entreprise auprès des étudiants (il existe un classement de l’attractivité des firmes listées sur le S&P-500) puis que soit réalisée une enquête sur le style du management auprès des salariés, des syndicats, des fournisseurs et des clients.

Ceci afin de déterminer si la gestion est anxiogène ou stimulante, si le turnover des effectifs est important (ce qui n’est jamais bon signe), si la promotion interne l’emporte sur le recrutement de "mercenaires" (et de salariés précaires), si les conflits et litiges sont nombreux (et leur baisse serait un signe positif, cela au moins étant facile à contrôler).

Ce ne sont que quelques pistes de réflexion et nous sommes ouverts à toute suggestion que vous pourriez nous proposer : nous ne manquerons pas de publier les meilleures contributions et d’y répondre. A vos mails : contacteznous@publications-agora.fr !

Philippe Béchade,
Paris

   PS : Les marchés sont régis par les bruits de couloirs ces jours-ci. Quelle est la rumeur du jour qui fera basculer la tendance ? Comment en tirer profit ? Faut-il vous positionner ? Retrouvez toute l’analyse et les conseils concrets de Philippe Béchade au 0 899 781 961*.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** LE SEUL MOYEN DE VAINCRE LA TENTATION…

** Existe-t-il quelqu’un en Grande Bretagne ou aux Etats-Unis qui ne vive pas au-dessus de ses moyens ? Existe-t-il quelqu’un qui sache quels sont ses moyens ?

* Les gens ne s’en préoccupent qu’occasionnellement — comme un homme de quarante ans qui fouillerait dans son dressing pour tenter d’y retrouver un vieux smoking. Puis, en enfilant son pantalon, il se rendrait compte qu’il n’est plus du tout à sa taille… sa bedaine dépasse au dessus de la ceinture, et la couture de l’entrejambe est sur le point de lâcher.

* Bien entendu, vous ne pouvez pas reprocher aux gens de vivre au-dessus de leurs moyens. L’idée est aussi désuète que de faire des économies. De nouvelles offres de crédit font leur apparition chaque jour. Et quand vous pouvez acheter une maison sans apport, à un taux très attractif… vous pouvez alors vous offrir bien plus que vous ne le pensiez — du moins pendant un temps. Quand les crédits coulent sans souci, vos moyens deviennent alors moins concrets, plus théoriques que pratiques. Il n’y a alors quasiment plus de limites à ce que vous pouvez vous offrir.

* La plupart du temps, la majorité des gens s’en sort — tout comme, la plupart du temps, les gens évitent les problèmes sérieux avec la justice. Ils savent ce qui peut passer, ou pas. Mais parfois, les critères et les limites sont repoussés. Et c’est là que les problèmes commencent.

** Ce qui met ces gens dans une situation délicate, ce sera le sujet de la chronique d’aujourd’hui.

* Junk-bonds, achats à crédit, programmations d’ordres, assurances de portefeuille — tout peut être source de problèmes. Les gens s’enthousiasment… pensent qu’il s’agit là de réponses à toutes leurs prières… qu’ils vont être riches. Ils en tirent des avantages. Puis on tire avantage d’eux.

* Il en va de même pour l’innovation des prêts immobiliers. Aujourd’hui apparemment, vous pouvez désormais obtenir un crédit par Internet. Les prêteurs et les emprunteurs ne se rencontrent jamais. Bien évidemment, Wall Street en a fait une industrie — une autre innovation — en transformant ces prêts immobiliers en nouveaux produits délirants. Maintenant, les prêts immobiliers ET les titres qui en sont dérivés sont devenus source de problèmes.

** Tout le monde sait très bien qu’un homme qui gagne au loto est une menace pour lui-même, sa famille et tous ceux qui l’entourent. Il perd toute lucidité, parce qu’il sait qu’il peut se le permettre. Et pourtant, tout le monde rêve de gagner au loto. C’est la raison pour laquelle la chrétienté voit la tentation comme une menace contre laquelle il ne sert à rien de demander l’aide de Dieu ; nous savons qu’il est impossible d’y résister. Alors nous Lui demandons seulement de "ne pas nous soumettre à la tentation".

* Ici, à La Chronique Agora, nous avons eu notre lot de tentations et en avons savouré chaque minute. Mais ce que nous avons remarqué, c’est qu’une tentation repoussée à plus tard est une tentation reniée. Ce que nous trouvions irrésistible à 25 ans n’a qu’un attrait relatif à 50 ans. Heureusement, on évite un maximum de tentations à beaucoup de gens — du moins jusqu’à ce qu’ils soient assez vieux pour y résister. Plus tard, ce n’est plus aussi tentant.

* Mais pour beaucoup de gens ces dix dernières années… le crédit facile — particulièrement le crédit immobilier — s’est révélé être de l’herbe à chat. Non seulement ils ne pouvaient pas y résister, mais ils s’en sont délectés. Ils se sont roulés dedans. Ils ont bavé dessus.

* Aujourd’hui ils prient pour ne plus être soumis à la tentation.

* Selon un registre d’analyse de Bloomberg pour la National Conference of State Legislature, les législateurs de quelques trente états ont fait passer près de 85 lois pour protéger les emprunteurs des prêts immobiliers frauduleux, des saisies et des arnaques immobilières. Désormais, de l’Illinois au Maine, les prêteurs ont interdiction formelle de tenter les emprunteurs avec des prêts alléchants.

* Oui. Une interdiction de tentation. Quelle joie de ne pas être jeune aujourd’hui.

* Imaginez qu’ils interdisent… enfin, laissons votre imagination faire le reste, cher lecteur. Nous avons un avion à prendre.

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LE TRADING ENFIN A LA PORTEE DE TOUS !
C’est tout simple : il suffit de suivre le guide !

Ceux qui l’ont fait en 2006 s’en sont tirés avec pas moins de 173,83% de gains cumulés sur l’année… en toute simplicité.

Pour faire comme eux, continuez votre lecture…

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*** La Chronique Agora présente ***

1 300 milliards de dollars imprimés l’an dernier, contre 54 milliards de dollars de nouvel or extrait, à 675 $ l’once, tels étaient les termes de l’équation présentée au Mogambo Guru hier. Aujourd’hui, il s’éloigne des Etats-Unis pour aborder ce calcul en termes mondiaux…

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UNE SUPER-AFFAIRE PLANETAIRE — 2ème PARTIE
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Intrigué, je me rassois pour en savoir plus sur la quantité de monnaie créée dans le monde par rapport à la quantité d’or. Mais Jason Hommel déclare uniquement que "ça fait beaucoup de travail, et je ne sais pas si je peux tout déléguer".

A peine ai-je entendu les mots "travail" et "déléguer" que je me dépêche de sortir de là. Mais, une fois encore, à peine ai-je fait quelques mètres vers la porte que M. Hommel me fait savoir qu’il ne faisait que jouer avec mes nerfs, en déclarant qu’il avait une fois encore fait le travail pour nous : "mon estimation, qui se base sur des recherches soigneuses, montre que le dollar US ne représente qu’un quart de l’augmentation mondiale totale de papier monnaie. Multiplions donc ce chiffre par le facteur 4".

Je suis de nouveau perdu — et surtout, je m’aperçois que j’ai complètement oublié de quoi parlait ce monsieur. A nouveau, je suis sauvé lorsqu’il m’explique tout en détails "1 300 $ x 4/54 = 96 !" Ainsi, le monde crée de la nouvelle devise près de 100 fois plus rapidement que la valeur mondiale du nouvel or". Cent fois plus de monnaie que d’or !

Oh ! Enfin, une ampoule — de basse intensité — s’allume au-dessus de mon crâne ! La quantité d’or par unité de devise chute rapidement à des niveaux record, dans le monde entier, indiquant que l’or est une TTTTBA (Très Très Très Très Bonne Affaire) actuellement — et qu’il le devient plus encore tous les jours, pour tout le monde sur la planète !

A présent, vous savez pourquoi je suis toujours à glapir que l’or va grimper en flèche, puisque le dollar n’est qu’une des désastreuses expériences que le monde fait avec les monnaies fiduciaires — ce qui signifie que le billet vert va atteindre le pouvoir d’achat zéro, ou (en latin d’origine), minus cacahouètae. Et ça se produit partout sur la planète, puisque nous utilisons tous des monnaies fiduciaires !

Le fait que le prix de l’or ne grimpe pas en ce moment même me fait Hurler de Joie (HDJ) : "Youpi ! Une occasion d’acheter de l’or, et à des prix de plus en plus bas !"

Mais l’or est si étranger à la plupart des gens que même lorsque vous leur criez à la figure qu’ils sont stupides, ils ne se décident quand même pas à en acheter ! Trop bizarre !

Jusqu’à notre prochaine rencontre,

Le Mogambo Guru
Pour la Chronique Agora

(*) Richard Daughty est associé gérant et directeur d’exploitation pour Smith Consultant Group, qui sert les secteurs financier et médical. Il est également l’auteur de la lettre d’information économique Mogambo Guru, un exercice visant à accumuler les sarcasmes sur ceux qui le méritent largement. Le Mogambo Guru est souvent cité dans le journal Barron’s ou dans le Daily Reckoning, l’équivalent américain de la Chronique Agora.

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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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