Une pointe d’amertume

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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Lundi 10 juillet 2006
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*** Une pointe d’amertume
Et pas seulement pour les supporters des Bleus…

*** Les actions pétrolières, à long terme et à court terme
Deux stratégies bien différentes pour les conditions actuelles…

*** Ben Bernanke et le roi Harolde
Des ennemis au nord, des ennemis au sud, et une seule armée pour les combattre…

*** Un torrent de ténèbres (3)
Cela va devoir changer — radicalement — à mesure que les dirigeants et la population réaliseront que le réchauffement planétaire est une réalité

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Bonjour,

*** UNE POINTE D’AMERTUME

** Et voilà… les drapeaux sont remisés (un peu vite peut-être… après tout, il va falloir les ressortir pour le 14 juillet)… les supporters — qui ont essuyé leur maquillage bleu-blanc-rouge à l’aide de leurs mouchoirs trempés de larmes — tentent de digérer la défaite… les commerçants des Champs-Elysées respirent devant leurs vitrines intactes…

Bref, la Coupe du Monde est terminée, on va pouvoir se remettre à fonctionner à peu près normalement — à moins, naturellement, que vous ne soyez un accro de la petite reine…

En tout cas, quelle qu’ait été sa prestation durant le tournoi, l’Allemagne a de quoi se consoler durant les mois qui viennent : le journal La Tribune nous apprenait ce matin que "la fédération [allemande] du commerce de détail HDE annonçait que l’objectif d’un chiffre d’affaires additionnel de 2 milliards d’euros serait atteint. L’économie allemande connaît, comme la France en 1998, une phase de reprise [...] La Coupe du monde devrait lui apporter un supplément de 0,3 point de PIB, croit Volker Treier, économiste à l’Assemblée des chambres de commerce allemandes (DIHK)".

Eh bien, ne reste plus désormais qu’à surveiller les chiffres du PIB italien, cher lecteur… et essayez de ne pas trop grincer des dents s’il grimpe !

Notez tout de même que la France n’a pas de quoi se plaindre, aujourd’hui, en tout cas : l’Insee a en effet annoncé ce matin que la production industrielle hexagonale se porte bien ! Elle a grimpé de pas moins de 2% au mois de mai — et sans l’énergie et l’agroalimentaire, on en est à +2,5%. Après la baisse de 0,9% qui avait marqué le mois de mai, voilà qui met du baume au cœur…

** Les marchés, quant à eux, ont passé vendredi une séance plutôt maussade, à l’image des chiffres de l’emploi américain (pour mémoire, 121 000 emplois ont été créés, contre 185 000 attendus). On parle plus que jamais de taux, d’inflation, de "vigilance" et de resserrement monétaire… et si l’on ajoute à cela que tout le monde attend les résultats trimestriels, qui commencent à tomber cette semaine — tout était réuni pour une performance générale assez tristounette.

Le CAC 40 a ainsi terminé la semaine à 4 953 points, soit une perte de 0,26% pour la séance de vendredi. A Londres, le Footsie a fait un quasi sur-place, n’abandonnant que 0,02% — tandis que le DAX chutait de 0,24%.

Du côté américain, les flèches pointaient elles aussi toutes à la baisse. Le Dow Jones a ainsi clôturé la séance sur une chute de 1,20%, qui l’a mené à 11 090,67 points. Le Nasdaq a rejoint les 2 130,06, une glissade de 1,16%, et le S&P n’a pas vraiment relevé le niveau en abandonnant 0,68%, à 1 265,48 points.

** Les chiffres de l’emploi américain ont également pesé sur le dollar et les taux. Le premier a terminé à son plus bas de quatre semaine par rapport à la monnaie unique : le billet vert valait 1,2816 par euro à la clôture vendredi. Les taux, quant à eux, se détendent — le rendement du bon du Trésor US à 10 ans s’est détendu de cinq points de base, à 5,13%.

Le pétrole est en repli ; entre l’Iran, l’Irak, la Corée du Nord et les dernières statistiques du département américain de l’Energie (qui annonçait une baisse plus importante que prévu des réserves de brut), le marché ne sait plus où donner de la tête. Le baril de WTI New York est ainsi repassé sous la barre des 75 $, à 74,09 $ à la clôture vendredi, après avoir tout de même touché un plus haut historique à 75,78 $ en cours de séance….

Ne restait plus que l’or pour adoucir un peu cette amère séance — et on peut dire qu’il n’a pas failli pas à sa mission : en effet, il continue de bien se tenir, et a pris un peu plus de 5 $ au cours de la séance de vendredi, terminant à 631,50 $ l’once au second fixing de Londres.

Françoise Garteiser,
Paris

PS : N’oubliez pas que vous pouvez retrouver l’analyse de la séance en cours au 0899 707 009 — Philippe Béchade vous y donnera également tous ses conseils pour adapter votre stratégie aux circonstances boursières du moment… sans oublier sa recommandation du jour et le suivi de notre portefeuille !
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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QU’EST-CE QUI FAIT GRIMPER CES ACTIONS ?

Des gains de 74%, 53,8%, 43,17%, 60%
24,9% de gain moyen en 2004…
24% de performance moyenne en 2005…

Quelles valeurs continuent de bien faire malgré la baisse des marchés — et surtout, comment faisons-nous pour les dénicher ?

Toutes les réponses sont ici…

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Eric Fry nous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** LES ACTIONS PETROLIERES, A LONG TERME ET A COURT TERME

** "Les actions pétrolières semblent carrément bon marché", observions-nous le 21 juin dernier. Elles le sont moins actuellement. L’indice de gaz et de pétrole XOI a grimpé de 15% depuis que nous avons écrit ces lignes.

- En réaction à ce rebond vertigineux, les investisseurs de long terme en actions pétrolières devraient probablement se féliciter et s’installer pour une longue sieste. Mais les traders de court terme devraient peut-être envisager une stratégie différente.

- "Les prix du pétrole approchent peut-être d’un sommet de court terme", avertit Jay Shartsis, professionnel expérimenté dans le domaine des options chez R.F. Lafferty, à New York. "La hausse du prix du pétrole attire les traders du côté ‘long’ du marché du brut. Le ratio put/call à 21 jours pondéré par le dollar pour les futures sur le brut est à environ 30 cents échangés en puts pour chaque dollar placé dans des calls. Voilà qui fait beaucoup d’optimisme".

- En d’autres termes, même si le brut a touché un nouveau sommet historique la semaine dernière, les traders en futures montrent bien peu d’intérêt pour l’achat d’options put sur le brut. Un niveau si élevé de complaisance — et d’avidité — présage souvent d’une vague de ventes.

- Pour remettre en perspective les chiffres actuels, Shartsis note qu’en décembre dernier, les traders de brut échangeaient 1,75 $ de puts pour chaque dollar de calls — soit six fois plus que les niveaux actuels. (C’était à prévoir : un rebond sévère du brut a suivi les chiffres extrêmement pessimistes de décembre sur le marché des options).

- Mais les traders en futures ne sont pas les seuls à faire preuve d’un optimisme excessif. Les investisseurs en valeurs pétrolières font eux aussi montre de beaucoup d’avidité… et de bien peu de crainte.

- "Je constate un niveau élevé d’achats d’options call comme Apache, Transocean et Schlumberger", note Shartsis. "Les achats de calls sur Schlumberger sont à leur plus haut depuis deux ans environ, ce qui suggère que le moment est peut-être bien choisi de vendre l’action".

** Mais rappelez-vous, cher lecteur, que Shartsis est trader en options — et qu’il opère donc sur un horizon temps extrêmement court. Il mesure le succès — ou l’échec — de ses investissements en jours et en semaines, non en mois et en années. Les investisseurs de long terme devraient donc probablement ignorer les changements d’humeur à court terme si habilement identifiés par Shartsis.

- De plus, les investisseurs de long terme devraient probablement continuer de garder en tête ce que nous soulignions le 21 juin :

- "Les grandes actions pétrolières semblent carrément bon marché — tant par rapport aux prix du brut et de l’essence qu’au reste du marché boursier. L’indice S&P Supercomposite Integrated Oil and Gas s’échange à huit fois les bénéfices annuels seulement — soit moins de la moitié du PER du S&P 500".

- "Huit fois les bénéfices, voilà qui semblerait bien plus raisonnable si le prix du pétrole brut était de 39 $ le baril, plutôt que 69 $. Mais ce n’est pas le cas. Les prix de l’énergie sont restés proches de leurs sommets historiques — c’est la raison pour laquelle les bénéfices des principales entreprises pétrolières ont augmenté de plus de 50% par an. Malgré cela, les actions pétrolières attirent à peu près autant d’intérêt qu’une baguette datant de la veille. Les investisseurs de long terme devraient probablement sauter sur l’occasion pour s’y intéresser… en achetant une action pétrolière ou deux".

- Grâce au récent rebond, l’indice S&P Supercomposite Integrated Oil and Gas s’échange désormais à environ 10 fois les bénéfices estimés. Mais le rally a également stimulé le prix du brut, le faisant passer de 69 $ à 75 $ le baril. Si le prix du pétrole devait rester à ces niveaux, les bénéfices de la plupart des sociétés pétrolières dépasseraient donc de loin les estimations actuelles.

- En bref, faites du trading sur les actions pétrolières que vous avez en portefeuille si vous le souhaitez… mais n’ayez pas trop hâte de vous en débarrasser complètement.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** BEN BERNANKE ET LE ROI HAROLDE

** "La croissance des ventes au détail cale en juin", déclarait un gros titre la semaine dernière.

* La Fed de Ben Bernanke est dans le pétrin. Elle fait grimper les taux. Mais elle en a peur autant qu’elle en a besoin. Si elle augmente trop les taux, elle exterminera le boom de l’immobilier lui-même. Pas de boom de l’immobilier, pas de dépenses de consommation. Pas de dépenses de consommation, pas de croissance économique. Sans le boom, il y aura un krach.

* Le boom de l’immobilier est-il sur le point de s’effondrer ?

* L’Association américaine des agents immobiliers déclare que les prix de vente sont toujours 10% plus élevés que ceux de l’an dernier. Et les inventaires se tiennent. L’économie, déclare le météorologue, est toujours au beau fixe.

* Mais selon l’Institut américain de recherche en cycle économique, les prix de l’immobilier baissent.

* Et la girouette indique une tempête. L’or se remet sans à-coups. Le dollar cède discrètement du terrain.

* Nous répétons : l’économie américaine dépend des dépenses de consommation (70% du PIB). Les consommateurs ne gagnent pas plus d’argent. Le seul moyen qu’ils ont d’augmenter leurs dépenses est d’emprunter. Et ce qu’ils utilisent pour emprunter, ce sont leurs maisons. Tout déclin de l’immobilier coupera les jambes des consommateurs… et celles de l’économie.

* Jusqu’à 43% des nouveaux emplois ajoutés depuis 2001 provenaient du boom de l’immobilier. L’économie américaine, actuellement, c’est l’immobilier. Si le boom du logement devait baisser, ce serait double dose pour l’économie — les gens n’auront plus ni emplois ni crédit. Et ils auront le plus besoin de ce qu’ils possèdent le moins — de l’épargne.

* De plus, la Banque de Ben sait qu’il y a un délai entre les hausses de taux et le choc économique qui suit. Elle sait que si elle continue à augmenter les taux, elle finira par atteindre le quart de point qui brisera l’échine des consommateurs. Mais personne ne le saura avant quelques mois, ce qui signifie que notre cocher aura accumulé quelques hausses supplémentaires dans l’intervalle… avant de réaliser que les jambes de l’animal sont en train de céder.

* Pourquoi augmenter les taux dans ces conditions ? Ah, nous avons là l’élégance perverse des marchés financiers. Même si les hausses de taux pourraient écraser l’immobilier, ce dernier pourrait s’effondrer plus rapidement encore sans elles.

* Pour commencer, les acheteurs et les emprunteurs pourraient se dépêcher d’agir maintenant, anticipant des conditions plus difficiles à venir. Durant quelques mois au moins, il semblera que le boom se poursuit. La deuxième étape est décrite dans un rapport Reuters datant de jeudi dernier :

* "Alors que les taux hypothécaires sont liés aux rendements des bons du Trésor US de long terme, des taux de court terme plus élevés poussent les investisseurs à recalibrer leurs attentes sur les taux à long terme. Les coûts de l’emprunt sur les prêts hypothécaires à 30 ans à taux fixe, sans les frais, atteignaient en moyenne 6,80%, en baisse de 0,06 de points de pourcentage par rapport à la semaine précédente, où ils étaient à leur plus haut depuis le 12 avril 2002, où ils atteignaient 6,92%".

** Ben Bernanke doit se sentir dans la peau du pauvre Roi Harolde, le dernier des monarques anglo-saxons de l’Angleterre. En 1066, notre homme s’est précipité pour repousser une invasion de Norvégiens au nord, puis a dû revenir en toute hâte au sud, où Guillaume, duc de Normandie, l’attendait à Hastings.

* Comme Harolde, Bernanke doit lutter contre l’inflation au nord, puis retourner son armée pour être prêt à la guerre contre la déflation lorsque l’économie coulera. Nous lui souhaitons bonne chance. Mais nous n’attendons pas plus de succès que pour Harolde. Il gagnera la première bataille et perdra la seconde, prédisons-nous.

* Un boom de l’immobilier ne peut durer éternellement. Mais sans lui, les propriétaires ne peuvent continuer à dépenser. Et sans dépenses de consommation… eh bien, vous voyez ce que je veux dire. Dans sa bataille contre l’inflation, Bernanke a des alliés puissants : les Chinois investissent des milliards afin de fabriquer des choses pour moins cher. Dans toute l’Asie, la main d’œuvre bon marché fait baisser les prix, et le remboursement de la dette retire de plus en plus d’argent dans la chasse aux biens de consommation.

* Environ 2 000 milliards de dollars en prêts hypothécaires seront ajustés au cours des 18 prochains mois, pour atteindre des paiements mensuels plus élevés. Et la semaine dernière, notre vieil ami Jim Rogers prédisait que le pétrole dépasserait les 100 $ le baril et y resterait. En bref, les consommateurs doivent dépenser plus simplement pour rester là où ils en sont. Sans augmentation des revenus à l’horizon, ils vont devoir réduire leurs dépenses. L’économie ralentira ; la déflation sera le nouvel ennemi de Ben Bernanke.

* Mais c’est là un combat que Bernanke devra mener tout seul. Ses troupes d’élite — le marché obligataire, le marché boursier, l’industrie financière, les prêteurs, l’industrie immobilière — vont tous s’effondrer ou le trahir. Même le gouvernement fédéral, qui ne sera plus en mesure d’emprunter à des taux bas bien pratiques, pourrait se révéler incapable de lui venir en aide.

* Oh, Ben… consultez un oracle… lisez les étoiles… lisez les journaux ! Abdiquez avant qu’il ne soit trop tard !

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LE PROCHAIN CHOC ENERGETIQUE MAJEUR
…et pourquoi il pourrait faire la fortune des investisseurs qui se positionnent dès maintenant

Il faut maintenir les lumières allumées… les machines en marche… les champs arrosés… et les réservoirs pleins : nos vies — et notre économie — en dépendent

Voilà pourquoi un torrent de liquidités afflue dans une poignée de sociétés destinées à renforcer et développer l’approvisionnement en énergie et en ressources naturelles de la planète.

Ces actions ont déjà connu une hausse considérable au cours de l’année passée — et elles peuvent vous rapporter plus encore aujourd’hui si vous vous positionnez à temps !

Pour en savoir plus…

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*** La Chronique Agora présente ***

Après la pénurie de pétrole, c’est au tour du réchauffement planétaire de faire parler de lui. Byron King nous explique que des problèmes nous attendent à l’avenir, mais que cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y a pas de solutions viables — voire de moyen d’en faire profiter un peu votre portefeuille…

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UN TORRENT DE TENEBRES — 3ème PARTIE
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Par Byron King (*)

Jusqu’à récemment, une bonne partie des dirigeants politiques et intellectuels du monde développé ont pris de haut les défenseurs de la thèse du réchauffement planétaire, les traitant de marginaux isolés. Par exemple, durant de nombreuses années, un segment de la communauté scientifique respectable a pu dire que la hausse des niveaux de dioxyde de carbone ne représentait pas une menace majeure parce que les océans de la planète absorberaient la majeure partie de l’excès de molécules de CO2. Mais à ce sujet, le jury scientifique revient depuis peu sur ses déclarations… et les jurés n’ont pas l’air heureux. Encore un peu de temps, et le verdict scientifique accepté sera que le réchauffement planétaire est réel et que l’accumulation de dioxyde de charbon est la plus coupable des coupables.

Je pense donc que dans un futur pas si éloigné, les grands dirigeants de la planète prendront conscience de la gravité de ce que je vous ai expliqué la semaine dernière. Et qu’ai-je en tête lorsque je parle des "grands dirigeants" ? Tous sans exception, les grandes huiles, qu’ils soient américains, chinois, russes, européens — ou quoi que ce soit. Le gouvernement suédois est déjà sur le pied de guerre, s’étant activement engagé à éliminer la dépendance pétrolière de la Suède d’ici 20 ans. L’autre aspect de cette attitude "éliminons-la-dépendance-au-pétrole", c’est l’engagement explicite de la Suède à réduire le réchauffement planétaire.

Lorsque les gens prendront conscience du problème, les politiques collectives nationales destinées à réduire, atténuer et contrôler les émissions de carbone auront pour conséquence que certains secteurs de l’industrie mondiale deviendront les principaux secteurs de croissance. Pourquoi ? Parce que c’est ainsi. Ne pas contrôler les émissions de dioxyde de carbone reviendrait à accepter la disparition de vastes régions de terrains secs, et la destruction de pans entiers de l’humanité.

Donc si vous êtes un investisseur, comment pouvez-vous détecter la tendance ? Très simplement, dans les années qui viennent, nous verrons des mouvements distincts sur les marchés mondiaux de l’énergie. Il y aura moins d’opportunités d’investissement dans les énergies provenant de sources émettant du dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serre. Et on verra plus d’occasions d’investir dans la croissance des énergies générées par des sources n’émettant pas de gaz à effet de serre. Prenons un exemple spécifique — la production et l’installation d’éoliennes va exploser dans un futur proche.

Actuellement, la production mondiale d’électricité provenant d’éoliennes est divisée comme suit : 86% de la capacité mondiale de génération d’électricité est répartie entre l’Europe (72%) et les Etats-Unis (14%). Mais l’énergie éolienne ne génère toujours que 0,7% de l’électricité mondiale. Cela va devoir changer — radicalement — à mesure que les dirigeants et la population réaliseront que le réchauffement planétaire est une réalité.

Déjà, des pays aussi divers en sources d’énergies traditionnelles que l’Iran et le Costa Rica investissent dans l’énergie éolienne. Un pays comme la Jamaïque, qui profite d’alizés toute l’année, pourrait réduire son utilisation de pétrole importé de 80% ou plus en faisant des efforts agressifs pour installer une base éolienne destinée à la génération d’électricité. Un autre exemple, qui nous provient de chiffres tirés de l’édition 2006 de la Revue statistique de l’énergie mondiale BP : en Chine, l’énergie éolienne génère moins de 1% d’électricité, mais l’utilisation d’éoliennes a augmenté de plus de 28% par an depuis 1995.

La suite dès demain…

Meilleures salutations,

Byron King
Pour la Chronique Agora

(*) Byron King est diplômé de la faculté de Droit de Harvard et exerce actuellement en tant qu’avocat à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Il est également rédacteur au sein de la lettre d’information e-mail quotidienne Whiskey & Gunpowder

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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