Une nation de génies…

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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Vendredi 19 mai 2006
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*** Pétrole en solde et effets précurseurs
Vous pensiez qu’une baisse du pétrole serait une bonne chose ? Détrompez-vous…

*** Turbulences en vue
Les marchés actions ne seront pas les seuls à être secoués, dans les mois qui viennent…

*** Une nation de génies…
… ou pourquoi le boom de l’immobilier est bon pour le Q.I….

*** Sail in May ? (3)
Suite et fin des aventures de notre Banquier Central, au coeur la régate des devises…

—————————– (publ.)

Des gains de 74%, 53,8%, 43,17%, 60%… et bien d’autres encore…
24,9% de gain moyen en 2004…
24% de performance moyenne en 2005…

QU’EST-CE QUI FAIT GRIMPER CES ACTIONS ?

Et surtout… comment faisons-nous pour les dénicher ?
Toutes les réponses sont ici…

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Bonjour,

*** PETROLE EN SOLDE ET EFFETS PRECURSEURS

** L’inertie baissière résultant de la sévère vague de ventes paniques de mercredi soir s’est manifestée dès les premiers échanges de la séance hier. Le CAC 40 n’a pas tardé à dévisser de 1,6% pour inscrire un plancher de 4 841,77 points à peine une demi-heure après l’ouverture.

Une nouvelle fois, les programmes de vente se sont emballés lors de l’enfoncement du seuil des 4 900 points : l’indice n’avait plus évolué à de tels niveaux depuis le 26 janvier dernier. Cette nouvelle débâcle ramène le gain cumulé depuis le début de l’année à 4%, contre 13% environ le mercredi 10 mai à la mi-journée… c’était il y a tout juste une semaine.

L’indice parisien a tenté de reprendre un peu d’altitude peu avant la réouverture des marchés américains, mais la hausse du Dow Jones s’avérait plus poussive que prévu (+0,2% au lendemain d’un plongeon de 2%) ; la remontée du CAC 40 s’est vite enrayée vers 4 960 points, c’est-à-dire au niveau du plancher de clôture du 8 mars dernier.

L’indice est ensuite retombé sous les 4 900 points en toute fin de séance, re-testant sa moyenne mobile à 150 séances (laquelle n’a plus été enfoncée depuis le mois de mai 2003), avant de se hisser in extremis au-dessus de 4 908. Là encore, il s’agit d’un phénomène caractéristique, traduisant la prédominance des stratégies défensives des day traders.

Le trou d’air de la première demi-heure a été mis à profit par quelques gros acheteurs contrariens pour se constituer quelques positions spéculatives et jouer un rebond de 2% ou 3% des poids lourds de la cote — il s’agit de privilégier la liquidité en cas de mauvaise surprise ultérieure. Dès que les gains ont avoisiné les 100 points (ce dont nous nous conterions également), les premiers allègements bénéficiaires ont commencé à s’opérer.

Pas question de repartir avec du papier dans un contexte d’incertitude concernant l’évolution de Wall Street — encore moins lorsque s’impose la conviction que la tendance court ou moyen terme des marchés est devenue clairement baissière.

Pas d’achats fondamentaux tant que les indices n’ont pas réussi à reprendre appui sur des paliers de soutien parfaitement bien identifiés, et qui sont plus faciles à défendre dès lors que les vendeurs se montrent plus hésitants à leur approche. A Paris, le prochain "gros" support technique se situe vers 4 750 points, base du canal ascendant long terme et palier graphique correspondant aux plus-bas de janvier 2006.

Vous pourriez objecter avec raison que le CAC 40 n’est pas la référence la plus pertinente pour cerner le degré de vulnérabilité actuel des valeurs françaises. En effet, le SBF 120 reculait de 0,44%, et le SBF 80 a poursuivi sa débâcle (-1,57%) dans le sillage des valeurs para-pétrolières.

** Nous avons d’ailleurs suivi avec une attention toute particulière la dégringolade de Technip. Le titre s’est en effet effondré de 10% à 40 euros, malgré un résultat net de 25,3 milliards d’euros, en hausse de 16,6% par rapport au premier trimestre 2005, et un carnet de commandes record de 11,6 milliards d’euros, en hausse lui de 61,8% par rapport à la période correspondante en 2005.

Les investisseurs ont sanctionné les pressions qui s’exercent sur les marges du fait de l’envolée du prix des composants métalliques. Cela grève fortement la rentabilité des contrats en cours d’exécution ; le président du groupe, Daniel Valot, souligne que la forte croissance du chiffre d’affaires s’effectue sur fond de "surchauffe" sectorielle, les compagnies pétrolière mettant les bouchées doubles pour accroître leurs capacités de prospection off shore.

Le titre Technip, qui culminait fin avril vers 62 euros, n’en vaut plus à présent que 40… et affiche une perte de 20% depuis le 1er janvier — au lieu d’une plus-value de 25% dix séances auparavant. Les planchers de novembre 2005 (42 euros) ont été enfoncés, et c’est maintenant au tour du palier des 40 euros (juillet 2005) de se retrouver directement menacé.

Le cours de Technip coïncide désormais très précisément avec le support ascendant long terme, issu du double creux formé sur le seuil des 14,7 euros en octobre 2002 et mars 2003. Nous serions prêts à faire le pari que le titre va rebondir de façon imminente, mais nous ne prendrions pas le risque de conserver une position si l’embellie tournait court tandis que le support des 40 euros serait brutalement enfoncé.

Si nous consacrons quatre paragraphes à cette star déchue du secteur para-pétrolier… vous vous doutez bien que derrière toutes ces descriptions des heurs et malheurs de Technip se dissimule quelques enseignements que nous allons nous empresser de vous détailler.

Le premier d’entre eux concerne l’aspect précurseur de l’évolution de ce titre depuis un an par rapport à la tendance générale : il a entamé sa chute une semaine avant celle du SBF 120. Le second, quant à lui, concerne la décomposition des vagues de correction : effacement des gains annuels en moins d’une quinzaine de jours, tentative de rebond manquée puis rechute d’une ampleur équivalente à la phase corrective initiale. Le troisième enseignement, c’est que les opérateurs se montrent aussi impitoyables à la baisse qu’ils se montraient déterminés à la hausse, et que les spirales boursières ont pour vocation de se perpétuer jusqu’à la limite extrême de leurs excès.

Nous retenons également l’expression de "surchauffe" employée par le PDG de Technip, car la construction de plates-formes pétrolières n’est pas le seul secteur où l’inflation sévit de façon vertigineuse depuis l’invasion de l’Irak. Celui de la construction résidentielle est également en situation de burn out ; selon quelques chiffres collectés auprès des experts de l’immobilier aux Etats-Unis, l’éclatement de la bulle pourrait remonter au mois de novembre dernier, lorsque les taux de refinancement à 30 ans ont franchi le palier psychologique et technique des 6% (ils flirtaient hier avec les 6,4%).

** Au moment où nous rédigeons ces lignes, le baril de pétrole oscille entre 68 $ et 68,5 $ sur les marchés à terme de New York ou de Londres. L’or noir vient donc de reperdre 10% depuis le début du mois sans que les quantités de brut extraites par les pays de l’OPEP (ou non-OPEP) aient sensiblement varié.

La tension sur les cours s’inspirait fin avril de la crainte d’une escalade vers une option militaire dans le dossier du nucléaire iranien. Nous évoquions avant-hier la relative impuissance diplomatique dans laquelle se retrouvaient les Etats-Unis après le coup de semonce de Vladimir Poutine concernant les ambitions impérialistes (et les mauvaises manières) américaines depuis la chute du Mur de Berlin.

L’impasse dans laquelle se retrouvent George Bush et les faucons de la Maison-Blanche est telle que le sommet de Londres, destiné à resserrer les rangs entre alliés disposant du feu nucléaire, plus quelques grandes puissances adhérentes à l’OTAN et censé se tenir aujourd’hui même, a été purement et simplement annulé. Cela à cause de la teneur très particulière — et conflictuelle — des relations entre les Etats-Unis et la Russie, qui ne veut pas entendre parler de sanctions à l’encontre de Téhéran et s’agace ouvertement de l’activisme de la CIA dans les ex-républiques soviétiques.

Nous ne sommes pas certain que la chute des prix pétroliers soit une si bonne nouvelle pour les marchés : ce n’est peut être que l’un des nombreux symptômes d’une amorce de déclin de l’Empire américain !

Ce n’est pas nouveau pour vous qui nous lisez… mais cela commence à devenir évident pour tous les autres également.

Philippe Béchade,
Paris

PS : Après ses succès des derniers jours, Philippe Béchade met en place de nouvelles stratégies qui vous permettront de mieux résister aux soubresauts des marchés — et pour découvrir ses dernières recommandations, il vous suffit de composer le 0899 707 009*.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Des plus-values de 350%… 273,28%… 234,19%… 281,12%… 401,22%… 521,52%… 771,17%…

et 36,34% de gains par an en moyenne depuis 14 ans !

Découvrez un outil indispensable à vos investissements…

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Dan Denning, en direct de Wall Street

*** TURBULENCES EN VUE

** Les actions et obligations du monde entier ont chuté ces derniers jours, suite aux nouvelles de l’inflation provenant de l’économie américaine. Ne tournons pas autour du pot : les craintes sur l’inflation vont-elles étouffer le rebond des actions de matières premières — alors même que les prix des ressources naturelles sous-jacentes grimpent en flèche ?

- Ajoutons à cela une autre question : l’inflation des matières premières va-t-elle écraser les rendements des marchés émergents, favorisant à nouveau les actifs américains ?

- Les chiffres de vendredi ont montré qu’aucune valeur — fut-elle dans le secteur des matières premières — n’est protégée contre le monstre de l’inflation. Le moment de tout vendre n’est pas encore venu, cependant. Les marchés ont profité d’une belle hausse. Pour sa part, le Dow n’a pas pu atteindre un nouveau sommet, et cet échec, ajouté aux craintes concernant les méthodes de la Réserve fédérale pour lutter contre l’inflation, ont mis les investisseurs d’humeur vendeuse.

- Pourtant, les conditions haussières sous-jacentes dans le secteur de l’énergie et des ressources naturelles ne se sont pas soudain évaporées. L’or est toujours au-delà des 680 $ l’once. L’indice FTSE londonien, riche en valeurs pétrolières et minières, a mis un frein à sa baisse cette semaine.

- Ce que se demandent à présent les bourses mondiales, c’est si les prix élevés des matières premières — qui atteignent des records — vont commencer à peser sur la production et la croissance économique globales. Les choses s’accélèrent-elles si rapidement que les producteurs et les consommateurs vont devoir réduire leurs dépenses ? C’est en tout cas ce que les marchés essaient de prévoir et de prendre en compte en ce moment.

** Ma principale inquiétude, c’est que les actions de matières premières surchauffent, en particulier les métaux précieux et les valeurs énergétiques. Certes, les risques politiques n’ont pas diminué, et pourraient même faire grimper encore les prix de l’énergie. Et oui, le déclin contrôlé du dollar pourrait rapidement se transformer en débâcle. Mais il est également possible de voir un ralentissement de court terme dans la hausse des matières premières — alors que cette dernière pourrait voir l’or frôler les 1 000 $ et le pétrole les 100 $ avant de s’essouffler.

- En ce moment, il y a beaucoup d’argent cherchant à se positionner sur les matières premières et les valeurs correspondantes. Je n’appellerais pas cela une bulle — mais les mentions constantes d’objectifs de cours pour l’or et le pétrole commencent à "s’auto-réaliser". Ce n’est peut-être pas très visible, parce que les facteurs de hausse fondamentaux pour les métaux précieux et l’énergie sont encore là. Le dollar s’appuie sur des montagnes de dettes, les gouvernements du monde entier continuent d’imprimer de l’argent pour soutenir les prix des actifs, et la demande de pétrole augmente plus vite que l’offre. Ces tendances n’ont pas changé.

- Mais lorsque tout le monde est du côté haussier des transactions sur l’or et le pétrole, lesdites transactions touchent à leur fin. Notez bien l’utilisation du terme "transaction". La TENDANCE, elle, est encore du côté de l’or et du pétrole. Mais l’argent intelligent spéculatif, en ce moment, examine les options put "hors les cours" sur des actions aurifères comme Newmont. En d’autres termes, il cherche à vendre.

- Si vous trouvez que c’est de l’hérésie, réfléchissez à cela : depuis que l’or a franchi la barre des 500 $ l’once, il n’a rien fait d’autre qu’enregistrer de nouveaux records de plusieurs décennies par rapport au dollar. Par rapport à la livre sterling, il semble avoir atteint de nouveaux sommets historiques — en termes nominaux, au moins — plus élevés même que le pic de 1980. Je sais que l’or rattrape le temps perdu, avec sa dernière hausse. Mais même les haussiers de l’or ne devraient pas s’attendre à une suite sans correction ni interruption.

- Je ne serais pas surpris de voir l’or corriger à la baisse jusqu’à 550 $ l’once environ d’ici la fin de l’été. Cela se produirait dans le contexte de ventes majeures sur les marchés actions et obligations également.

- Comment est-ce possible, vous demandez-vous peut-être ? L’or ne grimperait-il pas, avec des craintes sur l’inflation ? Ne grimperait-il pas aussi à cause de craintes de déflation ?

- Si et quand la liquidité globale se resserrera pour de bon, ce sera mauvais pour toutes les classes d’actifs. L’or fera relativement mieux. Mais de son perchoir actuel, il n’est pas — relativement parlant — une véritable occasion d’achat. Préparez-vous à un creux. Et si vous n’avez pas encore acheté, ce sera le moment de vous rattraper.

- La réaction différée au resserrement monétaire de la Fed vient probablement seulement de commencer. Vos investissements devraient se concentrer sur des secteurs ayant "le vent en poupe", et des entreprises dont la marge de sécurité peut être estimée grâce à des suppositions fondamentales raisonnables. Lorsque les marchés traversent une période significative d’appréciation constante sans corrections périodiques saines, les probabilités de voir se produire un déclin significatif augmentent avec le temps. Je pense que les chances sont désormais en faveur d’une baisse sévère.
[NDLR : Des secteurs ayant le vent en poupe... des fondamentaux sains... pour des valeurs promises à un bel avenir quoi que fassent les marchés -- et que vous pouvez acquérir en ce moment à un cours défiant toute concurrence : sautez sur l'occasion !]

- Voilà deux ans environ que les bourses mondiales prennent de l’altitude sans histoires. Mais à présent, de nombreuses sources de données sont passées au rouge… et il est temps de se préparer à quelques turbulences.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Baltimore

*** UNE NATION DE GENIES…

** Rien n’améliore plus votre Q.I. qu’un boom de l’immobilier.

* Aux Etats-Unis, la bulle de l’immobilier a créé toute une nation de génies : des gens qui pensent être intelligents parce que le prix de leurs maisons a grimpé. Et les plus intelligents d’entre eux ne se sont pas contentés de regarder les prix grimper ; ils en ont tiré profit, en s’endettant pour faire jouer l’effet de levier sur des propriétés de plus en plus chères.

* A présent, les valeurs américaines commencent à vaciller. Le Dow a chuté de 214 points mercredi ; ce sont les valeurs immobilières qui le tirent vers le bas. Elles nous disent que la grande bulle a pris fin.

* "Un de mes voisins m’a demandé des conseils financiers", a déclaré un intervenant lors de la conférence d’investissement à laquelle nous avons assisté cette semaine. "Mais je ne veux pas lui donner de conseils — donc lorsqu’il me demande si l’immobilier grimpe encore, je souris et je lui dis ‘peut-être’. Je l’ai observé ces dernières années. Il a acheté un appartement avant qu’il ne soit construit. Il l’a revendu aussi vite, et en a acheté un autre. Ensuite, il en a acheté plusieurs. A ses yeux, le secret de la richesse était évident. Il suffit d’acheter un appartement luxueux avec vue sur la plage aux prix ‘pré-construction’, puis de le revendre à quelqu’un d’autre. Et lorsqu’il me posait la question, je répondais simplement : ‘eh bien, je ne sais pas combien de temps ce boom va continuer’. Il devait se demander ce qui n’allait pas chez moi : après tout, il gagnait une fortune — tandis que moi, je ne comprenais visiblement rien."

* "La dernière fois que je l’ai vu, cependant, il m’a dit que les appartements qu’il avait achetés ne se vendaient pas aussi bien qu’il l’espérait. J’aurais aimé pouvoir lui dire ‘je vous l’avais bien dit’ — mais je ne lui ai jamais rien dit."

** Il doit y avoir des millions de spéculateurs immobiliers, concentrés sur les marchés les plus brûlants (côtes est et ouest des USA), se trouvant dans une situation similaire. Ils se sont endettés pour acheter. A présent, ils ont du mal à suivre la maintenance de leur bien, les impôts et les paiements des intérêts. Et leurs voisins se mordent la langue : "je vous l’avais bien dit", brûlent-ils de dire. Ne vous inquiétez pas, déclarent les experts. Le boom a peut-être dépassé son sommet, mais l’atterrissage devrait se faire en douceur.

* "Je n’en suis pas si sûr", a continué notre intervenant. "Les gens disent que le marché de l’immobilier ne peut pas s’effondrer. Parce que les maisons sont tangibles, et que les gens doivent y vivre. Ils comparent l’immobilier aux actions dot.com, par exemple. Les actions peuvent chuter de 90%, ou même disparaître. Cela n’arrive pas avec l’immobilier".

* "Effectivement, les choses ne se passent pas de la même manière. Mais un déclin limité des prix de l’immobilier peut avoir un impact bien plus considérable sur des gens comme mon voisin. Disons que les prix ne baissent que de 10%. Ce n’est pas beaucoup — et nous nous attendons à un déclin de cette ampleur au moins. Mais beaucoup de gens n’ont pas 10% de la valeur de leurs maisons. Ils ont acheté avec des prêts à taux zéro, voire 5%, sans jamais imaginer qu’ils devraient un jour rembourser ces prêts. Au lieu de cela, ils comptaient sur une augmentation des prix, soit pour refinancer soit pour vendre. S’ils sont forcés de rembourser un prêt dépassant la valeur de la maison, ils vont avoir de gros problèmes. Et nombre d’entre eux n’y arriveront pas."

* Que pouvez-vous faire pour vous protéger ? Si vous avez une maison que vous n’avez pas l’intention de garder, c’est peut-être votre dernière chance de vendre à un prix proche du sommet. Sinon, il ne vous reste plus qu’à mettre votre argent dans un secteur que l’effondrement du marché immobilier américain n’affectera pas. Les intervenants de la conférence n’étaient pas à court d’idées — l’immobilier japonais, les obligations islandaises, les entreprises de pétrole et de gaz, les pièces rares et autres objets de collection. Et l’or !

* "En réalité, l’or ne grimpe pas parce qu’il devient plus précieux", a déclaré John Doody, rédacteur de la lettre Gold Stock Analyst. "Il grimpe parce que le dollar perd de sa valeur. Et c’est une tendance qui n’est pas près de prendre fin."

* John nous a montré un graphique.

* "Regardez cela : l’or va plus vite que la musique. Il est complètement sorti de son canal. Il semble qu’on pourrait s’attendre à une correction jusqu’à 650 $ environ [et même 550 $, comme nous le confiait Dan Denning ci-dessus...]. Ce serait une bonne chose ; cela permettrait de consolider les gains et de planter le décor pour une autre hausse. Jusqu’où ira-t-il ? Je ne sais pas. Il pourrait atteindre les 1 000 $ sans problèmes. Mais s’il grimpe jusqu’à 3 000 $, beaucoup d’autres choses auront des problèmes."

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*** La Chronique Agora présente ***

Et vogue la galère… le Banquier Central, spectateur fasciné de la régate des devises, s’intéresse de plus près au sort du catamaran américain.

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Le Journal d’un Banquier Central
SAIL IN MAY ? — 3ème PARTIE
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Nous avons suivi toute la régate au côté du sémillant contre-amiral Lefennec, depuis un canot rapide lancé sur les vagues déchaînées. "Yen, euro, sterling, le mouvement est manifeste, criait Egisthe par-dessus les rugissements du moteur. En novembre dernier, j’anticipais un sommet d’appréciation intermédiaire du dollar face aux grandes devises au sein d’une structure de fond baissière pour le billet vert. Ce rebond passager s’est vérifié : la tendance d’ensemble reprend maintenant le dessus.
- Le dollar irait marquer de nouveaux plus-bas ? criai-je.
- Face à l’euro ou à la livre, je le pense — disons, en fin d’année. Seul le yen pourrait échapper à cette fatalité : au plan technique, la devise nippone se trouve elle aussi en reprise intermédiaire, et pourrait rapidement reprendre son orientation à la baisse…"

Aux commandes, Lefennec virait ferme, à la poursuite du catamaran.
"Vous voyez, amiral, repris-je, cette force d’accélération baissière du greenback est peut-être ce qui a contrarié M. Bernanke… Laisser filer un peu sa devise, c’est bon pour l’export ; bon aussi pour secouer la concurrence nippone, répondre à la navigation autoritaire des Chinois…
- Il faut dire qu’avec leur galère Que cent plans d’épargne s’épanouissent, rugit Lefennec, ils restent à peu près les seuls qui puissent tenir tête à Surfing The Deficits : trois cents rameurs, un garde-chiourme et un type au tambour, le concept n’est pas neuf, mais — nom d’un cartahu ! — diablement efficace ! Passez-moi donc ma flasque, moussaillon.
- Tenez, amiral… Mais il importe de maîtriser sa vitesse. Je reconnais qu’en ces temps mondialisés, l’affluence de produits bon marché est un garde-fou contre l’inflation importée qui pourrait menacer une économie acheteuse comme celle des USA. Compte tenu de l’ampleur des déficits américains…
- … Jamais vu d’aussi gros patins ! approuva le contre-amiral.
- … Un dérapage brutal serait possible qui, en l’absence de toute politique de soutien au billet vert, pourrait précipiter une récession. Tout est question de doigté… Et je conçois la prudence de M. Bernanke."

Ressac
Plus tard, au coucher du soleil, nous savourions un scotch sur le port, entourés par les voiliers déjà rentrés. Nous refaisions la régate…
"L’autre phénomène remarquable, observa Egisthe, c’est la remontée de petites devises émergentes face au dollar : le zloty polonais, le baht thaï, le won coréen, tous rebondissent face au billet vert…
- Ne cherchez pas, dis-je. La normalisation mondiale des taux d’intérêt commence. La Fed achève son cycle de redressement, la BCE poursuit prudemment le sien et la BOJ songe de plus en plus à s’y mettre. Le resserrement du crédit va sonner le glas des opérations de carry trade qui ont fait le bonheur des spéculateurs depuis deux ans.
- De carry quoi ? rugit Lefennec. Je ne comprends rien à votre jargon d’économistes ! Egisthe, passe-moi donc le faubert, que j’essarde un peu les plats-bords de cette goélette.
- … Le quoi, amiral ?
- La vadrouille, là… Sur l’étambot.
- Le carry trade, poursuivis-je, consiste à emprunter une monnaie à bas prix (disons, des yens), pour prêter le capital dans une monnaie mieux rémunérée (disons, des dollars). Cela revient à vendre celle-là contre celle-ci, poussant à la hausse le cours de la plus forte monnaie. L’opération perd de son attrait quand le différentiel s’amenuise. C’est pourquoi, dans le cas du dollar/yen, les intervenants ont anticipé la remontée des taux d’intérêt nippons et la fin des hausses américaines. Ils ont débouclé massivement leurs positions longues dollar : d’où la réappréciation mécanique, et brutale, du yen. Cette normalisation des taux annonce aussi l’érosion des différentiels juteux sur lesquels de nombreux pays émergents (Pologne, Hongrie, Mexique…) avaient fondé une offre attractive pour les capitaux étrangers — parfois avec des taux d’intérêt à deux chiffres. L’heure est sans doute venue de sortir de tels marchés.
- La mer, conclut Lefennec, philosophe, c’est l’école de la vie : et qui ne la comprend pas ne comprend rien aux affaires ! Mais assez bavardé, mes gaillards ! Cette Suédoise est en ralingue, il va s’agir de l’éventer. Et rangez-moi cette turlutte, car on n’est pas à la pêche au maquereau."

Meilleures salutations,

Le Banquier Central
Pour la Chronique Agora

(*) Derrière le Journal d’un Banquier Central, on trouve toute une équipe d’experts de la finance, de l’économie, de l’analyse technique et de la bourse — qui mettent à votre service leur expérience boursière aussi affûtée que leur sens de l’humour pour vous proposer des recommandations claires, fiables… et surtout profitables !

Pour découvrir toutes les analyses et recommandations du Journal d’un Banquier Central, continuez votre lecture…

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