Une journée au parfum d’inattendu

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La Chronique Agora
Paris, France
Mardi 14 novembre 2006
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*** Une journée au parfum d’inattendu
Les BFM Awards, c’était hier soir… et Philippe Béchade était bien entendu sur place

*** Pourquoi sommes-nous comme çà?
La Chronique Agora provoque la perplexité partout où elle passe…

*** Pourquoi 2006 ressemble beaucoup à 1968 (2)
Bush dow au mur ?

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COMMENT INVESTIR DANS LES PETITES VALEURS AUJOURD’HUI ?

Eh bien… nous n’avons pas de recette miracle, mais… que pensez-vous d’un système qui dépasse les 24% de croissance annuelle moyenne depuis 2003… en accumulant des gains de 74%, 53,8%, 43,17%, 60%… et bien d’autres encore !

Pour tout savoir…

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Bonjour,

*** UNE JOURNEE AU PARFUM D’INATTENDU

** Cette semaine avait débuté sous le signe de la plus insignifiante mornitude, avec des indices européens dont les performances s’étageaient entre -0,3% à Londres et -0,05% à Paris, Francfort ou Milan. Le Dow Jones, quant à lui, avait stagné vendredi, et le calendrier des chiffres macroéconomique était vierge jusqu’en fin de journée (à part la publication, vers 17h, de l’enquête trimestrielle réalisée par l’antenne régionale de la Fed de Philadelphie).

Parmi les valeurs composant l’Euro-Stoxx-50, il s’en trouvait à peine une poignée pour afficher des scores supérieurs à 1% en valeur absolue au moment du fixing d’ouverture. Un quart d’heure plus tard, rien n’avait changé et les opérateurs se dirigeaient de plus en plus nombreux vers la machine à café… et se voyaient déjà en train de refaire tranquillement le match après l’humiliante défaite infligée par les All Blacks néo-zélandais au Quinze de France.

** Sur le CAC 40, en tout cas, le début du match était des plus équilibré — mais le camp des haussiers a marqué un premier essai, un peu contre le cours du jeu, vers 9h30. Un essai apparemment lourd de conséquence, car les baissiers ont baissé les bras dès le tir du coup de pied de transformation. Ils se sont fait proprement laminer durant une demi-heure, encaissant un cinglant 40 à zéro — 40 étant le nombre de points engrangés par le CAC 40 durant ce court intervalle où le sort du marché parisien basculait irréversiblement.

Le score était de 47 à zéro à la mi-temps (l’heure du déjeuner), puisque le CAC 40 venait de rebondir de 5 448 à 5 495 points sans avoir jamais cédé un pouce de terrain.

L’addition s’alourdissait encore une heure après la reprise des cotations à Wall Street, Paris pulvérisant un record annuel à 5 502,5 points. Une fois encore, les indices américains entamaient la journée en toute petite forme, avec une ouverture indécise, tandis que l’équipe des haussiers prenait peu d’initiatives.

Jouant avec le vent dans le dos — un reliquat d’inertie haussière héritée de la séance de vendredi, il suffisait d’attendre que l’arbitre siffle une pénalité en leur faveur (Citigroup relève ses recommandations sur Intel et General Electric) pour prendre l’avantage à la marque sans avoir à forcer leur talent. Le Nasdaq s’est installé au-dessus des 2 400 points, tandis que le Dow Jones renouait avec ses niveaux de mardi dernier, vers 12 145 points.

Si l’indice phare de la place parisienne n’a pu maintenir le contact avec les 5 500 points (+0,8% au final à 5 490 points), il a bel et bien inscrit en milieu d’après-midi un nouveau plus haut depuis le 8 juin 2001 à 5 502,5 points.

Cette hausse s’est accompagnée de volumes plutôt étoffés pour un lundi : 4,1 milliards d’euros — mais c’est Alstom (+8,5% à 82,15 euros) qui a véritablement servi de locomotive. C’est de circonstance après l’accord de conclu avec son concurrent canadien Bombardier pour la livraison de motrices à la SNCF… La société a permis à l’indice phare de surperformer très nettement l’Eurotop 100 (+0,11%), alors que la moyenne des hausses observées sur le Vieux Continent restait voisine de +0,3%.

L’envolée de +0,8% qui s’est matérialisée ce lundi découle en grande partie d’une rafale d’ordres d’achats stop. Ces derniers ont été déclenchés automatiquement par des programmes de trading informatisés qui se sont emballés vers 9h30, grâce à l’impact du bond initial d’Alstom, évoqué plus haut.

** Son PDG, Patrick Kron, semblait bien placé hier soir pour remporter la catégorie reine des BFM Awards — c’est-à-dire la palme du "plus grand patron de l’année", avec en sous-titre "en récompense pour ses performances et sa stratégie". Cependant, le désendettement quasi-complet du groupe puis le doublement de valeur du titre depuis la précédente édition de la mi-novembre 2005 (entre 41 et 82 euros) n’a pas semblé un accomplissement suffisant pour mériter le titre suprême cette année.  

Le jury BFM étant composé d’un panel d’auditeurs de la radio organisatrice de l’évènement, les organisateurs ne sauraient être soupçonnés d’avoir voulu produire un palmarès politiquement correct.  

De fait,  le "grand patron" du millésime 2006 est une… patronne. Il convient de préciser que les BFM Awards comprenaient six catégories — dont "jeune manager", "audace", "révélation de l’année", "saga familiale", "plus forte hausse annuelle"…) et chacune d’entre elle donnait lieu à six nominations.  

Sur 36 candidats en lice, un seul était une candidate. C’est donc Anne Lauvergeon, présidente du groupe Areva depuis 2001, qui s’avère être l’heureuse élue : elle s’est vu remettre le trophée des mains du ministre du Budget, Jean-François Coppé. Ce dernier gardait d’ailleurs un souvenir "très précis" des négociations tendues avec la lauréate du jour lorsque le gouvernement avait tenté, mais en vain, de la convaincre de voler au secours d’Alstom (l’autre nominé), alors en perdition de 2003 à 2004.  

L’impétrante reçu une salve d’applaudissement relativement nourrie à l’issue de la traditionnelle séance des congratulations réciproques… mais elle fera exploser l’applaudimètre peu avant de redescendre de la scène du théâtre Marigny (où Isabelle Adjani se produit les autres soirs de la semaine). Reprenant le micro pour une intervention impromptue — mais mûrement préméditée — elle a remercié son mari, présent dans la salle, de son soutien et de son rôle dans le maintien de l’équilibre de la sphère familiale.  

J’ai eu le plaisir de pouvoir échanger quelques mots "hors caméra" avec Anne Lauvergeon quelques minutes après la remise de son trophée ; je la félicitai pour cette petite touche d’humanité finale qui avait manifestement surpris puis enthousiasmé le public — suscitant le premier et seul authentique tonnerre d’applaudissements de la soirée.  

Un public composés d’une écrasante majorité de VIP de sexe masculin (le "tout-SBF 120" était massé dans la salle), blasés par les habituelles dédicaces au profit du ministre de tutelle, du vice-président du groupe, de la Chambre de commerce et d’industrie, de la poignée de gérants des fonds de retraite des entreprises les plus riches des Etats-Unis "qui nous font toujours confiance"… à condition que nous leur obéissions au doigt et à l’oeil, des 157 283 salariés naturellement surmotivés répartis dans 74 pays, sans oublier l’organisateur de l’évènement, le ou les sponsors. Antoine Zacharias, ex-président de Vinci, aurait pu ajouter son restaurateur et son banquier favori, puis son hagiographe attitré (Alain Minc), à la longue liste des personnages qui ont beaucoup contribué à son succès personnel.  

Anne Lauvergeon m’a assuré qu’il ne s’agissait pas d’un coup marketing, et qu’elle accordait une attention toute particulière au respect de l’équilibre de la sphère familiale — laquelle ne correspond plus que de façon lointaine avec le modèle dominant à la fin des 30 Glorieuses. Familles recomposées, horaires flexibles, disparités de salaires et de responsabilités dans l’entreprise… autant de difficultés à gérer — et de combats à mener — pour les femmes.  

Parmi les périls pesant sur l’efficacité et la concentration d’un salarié, la déstructuration de la cellule familiale constitue certainement l’un des éléments les plus dévastateurs. La famille est la grande oubliée des fonctions "exécutives" — un domaine où les 35 heures demeurent une réalité ne constituant qu’une lointaine abstraction (hommes/femmes confondus).  

Je n’ai malheureusement pas eu le temps de lui demander son sentiment sur l’influence de la double culture "public/privé" dans la mise en place d’une politique de gestion des ressources humaines équilibrée chez Areva, laquelle tient un plus grand compte des impératifs personnels des salariés.  

J’aurais beaucoup aimé savoir, à la lumière de ses nombreuses rencontres et discussions avec des patrons de culture 100% libérale, si elle jugeait son modèle de politique d’entreprise transposable aux principales multinationales qui animent le CAC 40.  

Je me suis également posé la question suivante : à quoi ressembleraient les marchés si les masses de capitaux spéculatifs qui font la tendance au quotidien étaient confiés à des femmes ? J’en connais bien quelques unes qui gèrent des fonds destinés à une clientèle d’investisseurs particuliers… mais aucune qui gère un hedge fund adossé à des dérivés de dérivés — c’est-à-dire des produits financiers potentiellement hyper volatils et définitivement déconnectés du monde réel… tout du moins de celui que nous essayons de vous décrire au quotidien.

Philippe Béchade,
Paris

PS : Retrouvez Philippe Béchade dès 16h45 au 0899 707 009* pour une analyse complète de la séance en cours — et découvrez sa recommandations du jour, ainsi que le suivi de notre portefeuille.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Nos reporters New-Yorkais en observation participante sur un terrain fertile en opinions.

*** POURQUOI SOMMES-NOUS COMME CA ?

** Vos correspondants américains se sont rendus à New York la semaine dernière pour quelques réunions concernant le documentaire que nous tournons, basé sur le livre préféré des masses, L’empire des dettes.

- Alors que nous nous trouvions dans un bar de Manhattan (oui, nous étions en plein travail. Rien de tel qu’un verre ou deux pour faire tourner la machine créative…), une femme plus âgée a entamé la conversation — laquelle a inévitablement abordé la raison de notre présence à New York. Tandis que nous lui expliquions notre projet, notre interlocutrice a réagi comme la majeure partie des gens devant nos idées : elle a d’abord été intriguée, puis troublée… et enfin, vaguement dégoûtée.

- "Pourquoi êtes-vous comme ça ?" nous demanda-t-elle alors que nous poursuivions nos explications. "Je veux dire, j’ai des amis qui sont endettés, je sais que des gens font faillite et risquent de perdre leurs maisons, mais pourquoi écrire, jour après jour, sur un sujet aussi absolument déprimant ?"

- "Vraiment", dit-elle, en secouant la tête avec stupéfaction, "pourquoi êtes-vous comme ça ?"

** Nous avons ri, parce que beaucoup de gens pensent exactement la même chose. Nous devons répondre à cette interrogation quasiment tous les jours — de la part de notre famille, de nos amis et même de nos collègues.

- Mais ces derniers temps, nous avons réfléchi un peu plus profondément à la question, et nous voulons souligner que nous ne sommes pas "comme ça" parce que nous voulons être les "oiseaux de mauvais augure" qu’on nous accuse si souvent d’être — mais parce que nous sommes fascinés par les sujets sur lesquels nous écrivons.

- Lorsque nous écrivons la Chronique Agora six jours par semaine, nous le faisons pour que vous, cher lecteur, ayez un autre choix de lecture que l’océan de bavardages présenté par la presse grand public. Comme nous l’avons écrit dans L’empire des dettes, "regarder les nouvelles, c’est un peu comme assister à un mauvais opéra. On peut déduire de tous ces hurlements que quelque chose de très important doit être en train de se passer, mais on ne sait pas ce que c’est. Ce qui manque, c’est l’intrigue".

- Voilà qui résume bien les choses. La Chronique Agora a pour mission de vous expliquer l’intrigue, ou les circonstances entourant diverses situations économiques. Et nous réalisons que nous parlons de sujets sérieux, mais nous espérons le faire d’une manière telle que tout le monde — même ceux qui ne s’y connaissent guère en matière de dette, de déficits, de taux d’intérêt et de chiffres de l’emploi, etc. — puisse comprendre et même trouver certains des événements amusants.

- Et si rien de tout cela ne vous fait rire — il y a toujours Bill et son ranch argentin pour vous distraire.

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Bill Bonner est entre deux aéroports… et n’a donc pas pu nous envoyer de ses nouvelles pour aujourd’hui. Nous le retrouverons toutefois fidèle au poste dès demain matin.

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Pourquoi attendre les profits ?

1 740,11% de gains cumulés au total sur le premier semestre 2006…
Des gains de +50%… +69,77%… +67,86… +88,10% depuis début mai 2006… et des plus-values de 106,90%… 100%… 104%… 91,80%… 117,10% et même 679%… engrangées durant la première partie du 1er semestre 2006 !

Parfois, c’est encore le court terme le plus performant. Découvrez pourquoi…

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*** La Chronique Agora présente ***

Après un tour d’horizon de la situation politico-boursière hier, Susan Walker nous en dit plus sur les similitudes entre 2006 et 1968 sur les marchés américains.

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POURQUOI 2006 RESSEMBLE BEAUCOUP A 1968 – 2ème PARTIE
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Par Susan C. Walker (*)

Comme le Elliott Wave Financial Forecast l’a souligné dans son numéro de juin 2006 : "l’interaction actuelle des marchés, dans un environnement de phénomènes sociaux divergents — qui vont de sondages en baisse pour le président à des attaques contre les entreprises les plus prospères en passant par une guerre de plus en plus impopulaire — reproduit l’expérience sociale collective de 1968".

A l’époque, les marchés grimpaient depuis 1966, mais Lyndon B. Johnson était extrêmement impopulaire à cause de la guerre du Vietnam. Il avait augmenté le recrutement de soldats parce qu’il refusait d’utiliser les réservistes de la Garde nationale américaine pour augmenter les forces présentes sur le terrain. En tout, plus de 500 000 soldats américains se battaient au Vietnam (à comparer avec les 140 000 soldats des divers corps américains en Irak et en Afghanistan actuellement).

Tandis que le Dow grimpait de 35% environ — passant d’un plancher de 735 en 1966 à un sommet de près de 1 000 deux ans plus tard, en 1968 — la popularité de Johnson a chuté, passant de 50% environ à moins de 35%, avant de remonter à 45%. En comparaison, le Dow a grimpé de 66%, passant d’un plancher de 7 200 environ en 2002 au récent sommet historique de plus de 12 000 — et la popularité de Bush est passée de près de 70% à 37% environ. Dans les deux cas, même si le Dow s’est repris à la fin des années 60 et au milieu des années 2000, ces présidents sont devenus de plus en plus impopulaires, leurs citoyens se concentrant sur les guerres prolongées, les victimes au sein de l’armée et les dépenses excessives.

Résultat en 1968 : Nixon a battu Humphrey avec un vote populaire quasiment divisé en deux parts égales, avec 43,4% pour Nixon, 42,7% pour Humphrey et 13,5% pour George Wallace, du American Independent Party. Cela fait naître la question suivante : qui sera le candidat d’un troisième parti américain en 2008 ?

Examinant les marchés et l’humeur sociale motivant ces sondages, les analystes d’Elliott Wave International (elliottwave.com) déclarent que "la grande différence entre les statistiques concernant Bush / les cours de bourse et celles de Johnson à l’époque, c’est que cette fois, la différence s’est accumulée durant une période approximativement deux fois plus longue — quatre ans, au lieu de deux". Ils interprètent cette différence entre un Dow en pleine forme et des cotes de popularité en baisse comme étant le signe précurseur d’un renversement boursier. En fait, dans la mesure où l’accumulation Bush a été plus longue, ils pensent que ce retournement sera plus important qu’en 1968-1969, où le Dow avait chuté de 20% par rapport à son sommet.

Cette atmosphère polarisée suggère également que l’agitation sociale régnant aux Etats-Unis devrait aller croissant. Il y aura plus de gens dans les rues manifestant contre les réformes de l’immigration. Toujours plus de dirigeants d’entreprises pétrolières témoignant devant le Congrès. Plus d’enfants se faisant abattre dans les écoles. Plus de campagnes politiques haineuses remettent en question la morale du candidat du parti adverse. Plus de comportements négatifs et perturbateurs — dont nous n’avons pas idée pour l’instant.

Meilleures salutations,

Susan Walker
Pour la Chronique Agora

(*) Susan C. Walker est rédactrice pour Elliott Wave International, une société de prévisions boursières et d’analyse technique. Diplômée de l’université de Stanford, elle a travaillé au sein du magazine Inc.. Elle a également été journaliste, s’est occupée de relations avec les investisseurs et a écrit des discours pour la Réserve fédérale d’Atlanta.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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