Une euphorie insensée (2)

| |

=============================
La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 13 octobre 2006
=============================

*** Le somnambule-dozer emporte tout sur son passage !
La hausse est en marche, tout résistance — y compris technique — est inutile…

*** Nuisances et banqueroutes
Bill Bonner examine les défis que doit relever l’empire américain…

*** Une euphorie insensée (2)
Justice Litle nous donne des conseils pertinents pour comprendre ce qui se passe vraiment sur les marchés mondiaux…

—————————– (publ.)

Notre Banquier Central ne rate jamais une occasion de faire le malin…
… mais il faut dire qu’il a de quoi !

Il a en effet enregistré pas moins de 429,45% de gains cumulés sur les six premiers mois de l’année — alors même que le CAC 40 connaissait sa chute la plus sévère depuis le krach des technologiques !

Pour tout savoir sur ces conseils vraiment pas comme les autres, continuez votre lecture…

—————————

Bonjour,

*** LE SOMNAMBULE-DOZER EMPORTE TOUT SUR SON PASSAGE !

** Nous avions conclu notre chronique d’hier sur l’hypothèse qu’un marché sourd et aveugle aux mauvaises nouvelles — tel un somnambule en phase de sommeil profond — pouvait continuer de grimper… si le chant du coq ne venait pas le réveiller brusquement alors qu’il arpentait d’un pas assuré la toiture de sa maison.

Eh bien, le chant du coq a retenti à Wall Street vers 21h ce mercredi. Les indices américains ont plongé de 0,75% en quelques secondes alors qu’une épaisse fumée s’élevait soudain d’un des plus hauts immeubles d’habitation bordant l’East Side River, qui venait d’être percuté de plein fouet par un petit appareil monomoteur. Cela déclencha aussitôt un incendie visible des kilomètres à la ronde et une panique dans tout le quartier résidentiel du Manhattan… panique qui ne tarda pas à gagner le parquet du NYSE.

Une escadrille d’avions de tourisme bourrés d’explosifs, décollant de petits aérodromes mal surveillés des environs de New York, allait-elle s’abattre en divers points de la ville, cinq ans et un mois après les attentats du 11 septembre ?

Fausse alerte : il ne s’agissait que d’un tragique et inexplicable accident qui aura coûté la vie à l’une des vedettes de l’équipe de base-ball des Yankees de New York, le célèbre Cory Lidle, et au pilote instructeur qui l’accompagnait. Nul projet terroriste n’explique ce drame, et les premiers éléments recueillis par les enquêteurs du FBI écartaient pratiquement d’emblée cette hypothèse.

** Wall Street a repris rapidement des couleurs tandis que les pompiers parvenaient à maîtriser l’incendie en moins d’une heure. Les New-Yorkais venus nombreux assister aux opérations de sauvetage des habitants de l’immeuble — désormais inhabitable — se sont dispersés… de même que les rumeurs de nouveau complot d’émules du commando suicide du 9/11/2001.

Que serait-il advenu de la confiance retrouvée des Etats-Unis si Ben Laden, ou l’un des ses lieutenants, avait ourdi un nouveau plan diabolique à un mois des élections sénatoriales ?

Le soulagement qui a succédé dans la soirée de mercredi à ce qui avait l’allure d’une "piqûre de rappel" pourrait expliquer l’assurance avec laquelle Wall Street est reparti de l’avant hier, malgré la publication du chiffre de la balance commerciale. Ce dernier s’est révélé être le pire de l’histoire économique des Etats-Unis : le déficit américain s’est creusé à 69,9 milliards de dollars au mois d’août, alors que les analystes s’attendaient à une réduction à environ 66 milliards de dollars du fait de la nette diminution de la facture pétrolière en fin de mois.

Jamais les Etats-Unis n’avaient autant importé de produits en provenance de la Chine (26,7 milliards de dollars), alors que les exportations vers ce pays n’ont atteint que le montant ridicule de 4,5 milliards de dollars. Le déséquilibre pourrait encore se creuser en septembre, car les chaînes de magasins de jouets achèvent de passer (ou de réceptionner) leurs commandes en vue des fêtes de fin d’année.

Le déficit commercial cumulé s’établit à 553 milliards de dollars sur les huit premiers mois de 2006 ; il est d’ores et déjà certain que tous les records annuels historiques en la matière seront battus dès la fin du mois d’octobre.

** De tels montants ont pourtant laissé de marbre les cambistes, hier. En fait, ils ont paradoxalement soulevé un véritable vent d’euphorie dès 14h30 sur les places européennes, lesquelles ne tardèrent pas à doubler leurs gains initiaux après un temps d’hésitation durant l’heure du déjeuner.

Le CAC 40, qui avait marqué un temps d’arrêt vers 5 330 points (zénith du 10 mai dernier) dès la première heure de cotations, pulvérisait son record annuel vers 14h45 pour se hisser avec une superbe assurance vers 5 360 points, soit un gain inattendu de 0,9%… et un niveau qui n’avait plus été testé depuis le 13 juin 2001.

Avec l’effacement de la résistance des 5 330 points, le CAC 40 réalise un triple exploit : effacement du record de la mi-mai, débordement du sommet du canal ascendant court terme (qui date du 11 septembre), franchissement du bord supérieur du biseau ascendant moyen terme inauguré mi-juin avec le rebond sur les 4 600 points.

Une sortie par le haut d’une configuration en biseau ne se produit qu’une fois sur quatre — et rarement lorsque les oscillateurs graphiques apparaissent aussi sur-achetés qu’ils le sont depuis le début du mois d’octobre.

Plus aucun obstacle ne semble se dresser sur la trajectoire ascendante du CAC 40, sinon en prenant des références très lointaines qui remontent à mai/juin 2001. Il s’agit de paliers de résistance horizontaux qui s’étagent entre 5 465 points et 5 700 points. La grande oblique unissant tous les sommets depuis mars 2003 — et qui délimite le haut du canal haussier en vigueur depuis mars 2003 — gravite actuellement vers 5 700 points !

Si la vague de hausse qui s’était matérialisée de la fin octobre 2005 jusqu’à la mi-mai 2006 se dupliquait (+23,6%), l’objectif serait également 5 700 points.

** Le CAC 40 n’est pas un cas isolé : les indices boursiers européens battent collectivement leurs records annuels depuis quelques jours, avec même un petit temps d’avance sur Paris, l’Euro-Stoxx 50 ayant effacé la barre des 3 900 points dès la fin du mois de septembre.

Il convient de souligner que cette entame de mois d’octobre est la plus positive de la décennie, puisque des indices paneuropéens tels que l’E-Stoxx alignent une série sans précédent — en cette période de l’année — de sept séances de hausse consécutive.

Pour achever de se convaincre de la solidité des assises — du strict point de vue technique — de cette phase de progression indicielle, il suffit de constater le net gonflement des volumes d’échanges : +20% en 24 heures, à 6,43 milliards d’euros pour le CAC 40, et +35% par rapport à la moyenne des quatre derniers mois écoulés, c’est-à-dire depuis le rebond sur les 4 600 points de la mi-juin.

** Un autre phénomène a retenu notre attention : depuis la mi-juillet, le marché parisien respecte une alternance "une semaine de hausse/une semaine de baisse" d’une parfaite régularité… comme si les opérateurs pratiquaient un exercice d’haltérophilie consistant à rajouter un ou deux kilos tous les deux "épaulé/jeté" (après un mouvement à demi exécuté avec une nouvelle charge pour permettre aux muscles de s’accoutumer au poids de la barre).

Nous évoquions hier un somnambule qui progressait sans appréhension sur le faîte des indices boursiers, inconscient des dangers qui le guettaient au moindre faux pas. Il nous faut lui reconnaître non seulement des qualités funambulesques mais également une force quasi surhumaine qui font de lui un "somnambule-dozer" qui emporte tous les obstacles sur son passage — ainsi que toutes les manifestations de scepticisme de l’équipe Agora et les admonestations furieuses, et ô combien justifiées, du Mogambo Guru.

Philippe Béchade,
Paris

PS : Retrouvez Philippe Béchade au 0899 707 009* — il vous livre son analyse détaillée de la séance en cours, mais aussi ses recommandations pour que votre portefeuille garde le cap quoi qu’il arrive sur les marchés.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

NDLR : Il n’est pas trop tard ! Le Forum de l’Investissement dure encore toute l’après-midi et toute la journée de demain… Si vous voulez nous rendre une petite visite pour rencontrer Philippe Béchade, Bill Bonner, Marc Dagher, Sébastien Duhamel, Hugues Leroy, Raphaël Garaud, Simone Wapler et les autres… il suffit de passer par là : www.foruminvest.com

—————————

Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** NUISANCES ET BANQUEROUTES

** Cette semaine, personne n’est entré dans le temple pour renverser les tables des marchands de Goldman, de la Fed ou des organismes de prêt. La terre ne s’est pas ouverte pour avaler les propriétaires américains. Pas plus que le Dow ne s’est effondré, entraînant les spéculateurs et les rêveurs avec lui.

* Aucune voix n’a retenti depuis les cieux pour remettre de l’ordre dans tout ça. "Et voilà, regardez ce que vous avez fait", aurait-elle pu dire à l’administration Bush.

* Le feu et le soufre ne se sont pas abattus sur la capitale américaine, sur la Bourse ni même sur Hollywood, d’ailleurs.

* Non, les affaires ont marché comme si de rien n’était. Et les affaires comme si de rien n’était sont en générales confuses, incertaines, nuancées et ambiguës.

* Les économistes commencent à noter le ralentissement de l’immobilier US, déclare Bloomberg. Ils attendent désormais "un taux de croissance américain plus lent" pour l’année qui vient… et peut-être une baisse des taux, si les choses commencent à aller vraiment mal.

* Pas du tout, déclare le Investors Business Daily. La chute des prix de l’énergie et la hausse des cours boursiers diminuent les chances d’une baisse des taux.

* Qui sait, en réalité ? Personne. Ce ne sont que des suppositions. Mais nous aurions tendance à penser que Bloomberg finira par avoir plus raison que le Investors Business Daily. Le secteur immobilier soutient les dépenses de consommation et la croissance du PIB US depuis cinq ans. Lorsque l’immobilier baissera, il en ira de même pour pas mal d’autres choses. Les économistes le savent. Ils parient — tout comme Alan Greenspan et les agents immobiliers — que la correction du marché immobilier américain fera baisser les prix de plus que 2%. Nous avons observé les marchés, l’économie et nos concitoyens pendant assez longtemps pour savoir que tout est possible — mais un déclin de 2%, voilà qui nous semble prendre ses désirs pour des réalités.

** Nous abandonnons donc ce sujet et prêtons attention au vaste monde… et au large panorama de l’histoire.

* A quels défis sérieux sont confrontés les Etats-Unis, demandons-nous ?

* "Le terrorisme !", crient les lumpeninvestisseurs.

* Mais le terrorisme n’a jamais représenté une menace sérieuse pour le pouvoir impérial. Les terroristes sont une nuisance, pas une menace. Nous ne pouvons trouver une seule grande puissance — sans parler d’un empire — qui a été mis à bas par le terrorisme.

* Mais en ce moment, les Etats-Unis dépensent une fortune pour une nuisance. La facture totale pour les guerres et les occupations en Irak et en Afghanistan devrait dépasser les 1 000 milliards de dollars — même si aucun de ces deux pays n’a jamais vraiment menacé la puissance américaine. Toute cette affaire n’est rien de plus qu’une invitation à gaspiller de l’argent et des vies dans une campagne contre personne ne comptant vraiment. Une invitation que l’administration Bush a volontiers accepté !

* Nous posons donc la question une nouvelle fois : à quels défis sérieux est confronté l’empire américain ? Trois sont notables :

- L’empire fait faillite
- L’empire perd des parts de marché
- L’empire ne va pas tarder à se trouver à court de carburant.

* Le premier de ces trois points n’est pas un secret. Le gouvernement fédéral est sur la sellette pour des dépenses de 55 000 à 65 000 milliards de dollars — dépassant de loin ce qu’il peut raisonnablement attendre en termes de revenus.

* Il n’y a rien de particulièrement neuf concernant cette banqueroute. En général, les empires font faillite, puis ils s’effondrent ou sont détruits par des ennemis. La puissance militaire suit la puissance économique, au moins dans le monde moderne.

* Mais pourquoi des empires florissants font-ils faillite ? Pourquoi ne peuvent-ils engranger de profits dans le secteur impérial ? Eh bien, au début, évidemment, c’est le cas. C’est ainsi qu’ils deviennent de grands empires. Par la force des armes ou par celle du commerce — les deux, en général — ils se développent et s’étendent. Mais il doit y avoir un défaut dans le caractère humain. Une fois en route pour l’expansion, ils semblent incapables de savoir où s’arrêter. De plus en plus de conquêtes génèrent de plus en plus de batailles, de territoires à administrer et de dépenses militaires. Les Etats-Unis possèdent désormais plus de cent bases réparties sur la planète, et un budget militaire équivalent à celui de tous les autres pays au monde combinés.

* Pendant ce temps, les institutions vieillissent et se flétrissent comme de vieux arbres. Peu à peu, elles sont envahies par les parasites, les pique-assiettes et les escrocs. En matière de défense, les institutions militaires passent de la protection de la nation à l’extension de l’empire — puis à leur propre extension. Les fournisseurs deviennent gras et riches. Les politiques et les profits dictent quelles armes seront mises en service, non les nécessités militaires. Même les guerres sont choisies pour d’autres raisons que leurs bénéfices militaires. Les politiciens ont besoin d’ennemis. Le complexe militaro-industriel, comme l’appelait Eisenhower, a besoin d’une raison d’être. Les gens eux-mêmes ont besoin d’être effrayés et brutalisés pour coopérer avec le programme impérial.

* Dans la mère-patrie américaine, la foule des électeurs braille, réclamant plus de protection, plus d’avantages, plus de privilèges et plus de distractions. Peu à peu, les anciennes vertus d’indépendance et d’épargne partent en fumée. Tout le monde en vient à s’appuyer sur l’état impérial — pour des subventions, mais aussi pour une gratification émotionnelle. Les gens applaudissent et l’encouragent comme une équipe sportive. L’empire a-t-il écrasé la résistance à Bagdad ? Hourra ! A-t-il subi une défaite à Kaboul ? Eh bien, on pleurera dans les chaumières de Des Moines.

* George W. Bush est censé être un président "conservateur". Mais il a en fait augmenté les programmes de dépenses sociales plus que tout autre président dans l’histoire. Comme tout le reste, l’ancien programme "conservateur" a été corrompu par des pions néo-conservateurs servant les intérêts de l’empire et leurs propres intérêts — non ceux de l’Ancienne République.

* A présent, il n’y a plus de grande opposition organisée aux dépenses gouvernementales. Résultat, les Etats-Unis font faillite.

* Mais voilà qui suffira pour aujourd’hui. La semaine prochaine, nous nous attaquerons aux autres défis attendant les USA : les parts de marché et le carburant…

—————————– (publ.)

Investir pour le long terme, c’est bien… mais dans certaines circonstances, c’est encore le court terme le plus performant — jugez plutôt :
1 740,11% de gains cumulés au total sur le premier semestre 2006…
Des gains de +50%… +69,77%… +67,86… +88,10% depuis début mai 2006… et des plus-values de 106,90%… 100%… 104%… 91,80%… 117,10% et même 679%… engrangées durant la première partie du 1er semestre 2006 !

Continuez votre lecture pour en savoir plus…

—————————

*** La Chronique Agora présente ***

L’économie est une chose complexe, et il est difficile de comprendre ce qui se passe vraiment sur les marchés mondiaux — si en plus les commentateurs faussent le jeu… que peuvent faire les investisseurs ? Justice Litle remet un peu d’ordre dans tout ça…

============
UNE EUPHORIE INSENSEE — 2ème PARTIE
============

Par Justice Litle (*)

La réalité a été déformée par Wall Street d’une manière post-moderne, en quelque sorte, pour justifier la notion que n’importe quoi peut arriver. Parce qu’il est difficile de découvrir la vérité, les commentateurs décrètent vérité tout ce qui les arrange ; Derrida serait fier d’eux. Des statistiques torturées sont utilisées pour étayer des déclarations absurdes. La logique est régulièrement avilie. Un monde dans lequel le consommateur endetté peut emprunter jusqu’à l’infini ? Un monde dans lequel la cause et les effets se désolidarisent, où les conséquences de nos actions cessent d’exister ? Bien entendu, pourquoi pas — si les chiffres peuvent le justifier ici et maintenant. Demain, on inventera autre chose, tout simplement.

Comme l’a noté Jesse Livermore, l’allié le plus grand et le plus fidèle du spéculateur, ce sont les conditions sous-jacentes. En ce qui me concerne, je suis confiant parce que nous avons les conditions sous-jacentes de notre côté. Elles sont comme le rocher de Gibraltar, pour nous. Contrairement aux marionnettes des médias, nous défendons la même poignée d’arguments depuis un certain temps — des arguments qui s’appliquent encore, et qui continueront de s’appliquer pendant de nombreuses années.

Notre argument tient en deux grandes parties. Il y a les tendances de croissance mondiale de long terme d’un côté, haussières pour l’énergie et les matières premières — et de l’autre côté, la "fin de partie" décrite par l’école autrichienne, qui veut que les Etats-providence occidentaux, devenus véritablement obèses, finissent par ouvrir les vannes de la planche à billets.

Il y a deux déroulements possibles pour la baisse actuelle. Si nous évitons une crise mondiale — c’est-à-dire si le monde en voie de développement peut stimuler sa demande interne et cesser de dépendre des consommateurs américains — alors la demande d’énergie à la marge ne diminuera pas de manière significative. Elle augmentera, en fait, au même rythme que les nouvelles classes moyennes, si l’on suit ce scénario. Les technologies d’énergie fossile et les nouvelles technologies alternatives devront prendre de la vitesse pour répondre à la demande.

Par contre, si le consommateur américain entraîne le reste du monde dans sa chute, les économies occidentales finiront par s’effondrer sous leur écrasant fardeau de dettes. Si les choses tournent assez mal, la liquidation forcée sera nécessaire, comme l’avait prévu Ludwig von Mises il y a longtemps. Le monde finit par étouffer sous les actifs papier, et se réfugie dans les actifs "tangibles".

Il y a un certain nombre de pièces en mouvement, dans ce domaine, et elles sont toutes liées. Par exemple, si le prix du pétrole chute, le soutien en pétrodollars des bons du Trésor US tombera avec lui. Les taux d’intérêt à long terme ont été maintenus au plancher par les centaines de milliards recyclés dans les titres gouvernementaux américains, les pays exportateurs de pétrole inondés de liquidités cherchant à dépenser leur fortune. Si cela se termine, la "flèche du Parthe" pourrait être une hausse des taux d’intérêt… ce qui, à son tour, produit une "fin de partie" à l’autrichienne.

Il y a une autre relation critique : celle entre la dette de consommation et les profits des entreprises. Les sociétés américaines nagent dans le cash, mais c’est parce que les poches des consommateurs ont été vidées volontairement. Le Financial Times note une situation similaire en Chine ; ce n’est pas l’épargne des consommateurs, mais l’épargne des entreprises, qui constitue l’essentiel du trésor de guerre de la Chine. Les commentateurs ne se sont jamais donné la peine d’examiner ce curieux point : la plus grande accumulation de profits des entreprises et la plus grande fièvre d’emprunts de consommation de l’histoire se sont produites en même temps. C’est là un autre déséquilibre monstrueux, dont les conséquences finiront pas être désastreuses, mais dont on ne parle guère dans la presse.

Ce ne sont là que deux considérations parmi d’autres — et elles sont nombreuses. Voilà pourquoi nous développons les mêmes thèmes, creusant les mêmes idées de base, pendant longtemps. Les éléments les plus importants ne vont pas de-ci de-là d’une semaine à l’autre. Ils se révèlent lentement au fil du temps.

Mon conseil ? Ne servez pas de chair à canon. Plus que tout, cherchez à comprendre les choses. Etayez vos points de vue par des connaissances. Vendez jusqu’à mettre votre portefeuille en sommeil si nécessaire, retrouvez votre cap (et vos convictions), et reconstruisez vos positions d’une manière qui vous semble entièrement sensée. Mais ne faites pas trop attention aux commentateurs, aux arguments du jour… ou aux euphories insensées.

Meilleures salutations,

Justice Litle
Pour la Chronique Agora

(*) Justice Litle, rédacteur de la lettre Outstanding Investments, possède des connaissances uniques qui lui ont bien servi sur les marchés. Justice a étudié la littérature et la philosophie dans des endroits aussi divers qu’Oxford, en Angleterre, l’université Pulacki (Olomouc, République Tchèque) ou l’université Macquarie (Sydney, Australie). Alors qu’il se destinait à une carrière universitaire, sa vie a pris un tout autre chemin après qu’il ait découvert The Investment Biker, la chronique de Jim Rogers sur l’investissement macro-économique… et la moto.

==========================================
(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
——————————————————–
Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
==========================================

La Chronique Agora est une lettre électronique quotidienne gratuite distribuée par les services financiers des Publications Agora. Si vous désirez appliquer les conseils et évoqués dans cet e-mail, n’hésitez pas à vous abonner à l’une de nos lettres.

Pour plus d’informations :
http://www.publications-agora.fr

Author Image for admin

Laissez un commentaire

En soumettant votre commentaire, vous acceptez de respecter nos politique de commentaire.