Une année particulière

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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 31 janvier 2007
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*** Spéculation sur les moutons écorchés
… et destruction de la fausse monnaie

*** Repasser la bande !
Bill Bonner aimerait revoir certaines parties du film

*** Une année particulière (1)
Le brillant bilan et les prévisions éclairées de Raphaël Garaud

—————————– (publ.)

Comment ça, vous ne connaissez pas encore notre Banquier Central ?

Une erreur à réparer rapidement… parce qu’il aurait pu vous permettre de cumuler 269,16% de gains en 2006 !

Pour savoir comment, c’est par ici…

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Bonjour,

*** SPECULATION SUR LES MOUTONS ECORCHES…

** La matinée du mardi 30 janvier fut aussi ennuyeuse et soporifique que le laissait présager la stagnation des indices américains lundi soir puis en début de séance hier. Le CAC 40 a oscillé quatre heures autour d’un pivot de 5 610 points — perdant au pire 0,25%, gagnant au mieux 0,05%. Il a ensuite soudain accéléré à la hausse à partir de 13h (de +0,5%), pour retracer quelques minutes plus tard les 5 650 points et s’y maintenir jusqu’au fixing de 17h30, Paris établissant au passage un nouveau record de clôture annuel à 5 645,6 points

L’absence de tendance à Wall Street — alors que débutait aux Etats-Unis la première réunion annuelle de politique monétaire de la Fed — n’incite nullement les investisseurs européens à s’interroger sur les fondements du mouvement ascendant qui permet d’effacer, en l’espace de quelques heures de cotations, l’intégralité des pertes subies jeudi et vendredi dernier.

Au final, l’Euro-Stoxx (+0,7%) a retracé le zénith annuel des 4 200 points, grâce à l’envol de 5% de Siemens, qui permettait à Francfort d’afficher 1% de hausse. Milan et Londres se sont laborieusement maintenus à l’équilibre dans des volumes comparables à ceux de lundi.

Dès lors qu’aucune mauvaise nouvelle (déception causée par un profit warning ou une statistique macro-économique médiocre) n’alimente les conversations dans les salles de marché, le mouvement naturel des indices boursiers reprend le dessus… et c’est la hausse qui s’impose, sans qu’il soit nécessaire d’avancer de plus amples justifications.

** Les liquidités restent abondantes, contre toute attente, alors que les recettes en pétrodollars des pays producteurs de l’OPEP ont fondu de 15% à 20% en moyenne depuis août dernier. Nous identifions de prime abord trois causes mécaniques principales : la première salve de résultats trimestriels publiée par les entreprises du S&P 500 ou de l’Eurotop 100 contient la promesse du versement de copieux dividendes qui seront majoritairement réinvestis dans les marchés d’actions (répétition du scénario observé l’automne dernier).

En second lieu, les efforts mis en oeuvre par la Fed et la BCE pour éponger une masse monétaire en croissance exponentielle (+12 ou 13% aux Etats-Unis, +9,7% dans l’Euroland — Bill Bonner nous en parle lui aussi, ci-dessous) sont voués à l’échec puisque la Banque centrale du Japon continue d’abreuver le système financier mondial en liquidités quasi gratuites — phénomène que trahit l’effondrement historique du yen sous les 158 face à l’euro puis sous les 122 face au dollar.

Le troisième argument constitue un corollaire des deux précédents : puisque la Chine, l’Inde ou la Russie continuent de servir de locomotives à la croissance mondiale (et à celle du Japon), il n’y a pas de raisons pour que les actions cessent d’offrir — ce qu’elles font depuis quatre ans — le meilleur retour sur investissement… même à 21 fois les bénéfices, en moyenne, sur les 300 plus grosses capitalisations américaines.

Puisque l’inflation — hors actifs financiers et immobiliers — reste sous contrôle, puisque obtenir de l’argent en quantité illimitée reste la chose la plus facile du monde dès lors qu’il s’agit de lancer une OPA ou d’orchestrer un rachat à crédit (LBO), la bourse demeure un terrain de chasse aux plus-values sans équivalent… sauf à s’intéresser de près au marché de l’art.

** Un passe-temps plus divertissant que les swaps de taux ou la titrisation des créances immobilières… mais qui suppose de disposer d’un minimum de quelques dizaines de millions de dollars pour espérer faire la culbute en quelques mois sur un Warhol ou un Willem de Kooning.

Pas moins d’une douzaine d’artistes contemporains ont vu leur cote pulvériser de nouveaux records en 2006. Il n’y a qu’à se donner la peine de se caler dans la roue de collectionneurs comme Saatchi & Saatchi, François Pinault, Steve Wynn ou Ron Lauder (recordman toute catégorie avec une enchère remportée à 140 millions de dollar, face à des "amateurs" désargentés qui n’ont pu aligner plus de 138 ou 139 millions de dollars !) pour empocher des plus values à six zéros en quelques mois.

Mais les meilleurs coups, en termes de "volatilité absolue", ont été réalisés en spéculant sur des oeuvres de sculpteurs et d’artistes peintres reconnus du temps des Tsars. Les oligarques russes ou ukrainiens se les arrachent à coup de millions de livres sterling lors d’enchères londoniennes organisées à leur intention par Christie’s, Sotheby’s ou Mac Dougall’s — et le même phénomène s’étend aux objets d’art chinois vendus à Hong Kong ou Taiwan.

Nous en profitons pour ouvrir une parenthèse concernant la bulle du marché de l’art : la hausse moyenne des prix en 2006 s’est élevée à 25,5%, flirtant avec les niveaux records de juin1990. Aux Etats-Unis, ils sont même supérieurs d’un tiers au pic spéculatif atteint peu avant le déclenchement de la première Guerre du Golfe.

Les enchères multimillionnaires se sont multipliées l’an dernier. Plus de 800 oeuvres ont été adjugées au-delà de la barre du million de dollars, pour un chiffre d’affaires de 2,7 milliards de dollars, soit un total quatre à cinq fois plus important que lors de la précédente bulle de 1989/1990. Deux toiles ont même dépassé l’enchère astronomique de 130 millions de dollars (soit 100 millions d’euros) : 140 millions de dollars en octobre dernier pour une toile de Jackson Pollock, et 135 millions de dollars à la mi-juin 2006 pour le portait d’Adèle Bloch-Bauer — soit 40 millions de mieux que le plus cher des Picasso (un portrait de Dora Maar "au chat") adjugé à "seulement" 95 millions de dollars chez Sotheby’s début mai 2006.

Le record historique (provisoire ?) de chiffre d’affaires et de recettes pour une grande maison d’enchères — il s’agissait de Christie’s New York — a été battu le 8 novembre 2006. On comptait ce jour-là plus d’un demi-milliard de dollars de transactions en l’espace de deux heures, et une pléthore d’enchères supérieures à dix millions de dollars… dont, entre autres, 88 millions pour un portrait de Klimt, 40 millions pour un Gauguin intitulé "L’homme à la hache" puis un paysage de Klimt, et 38 millions de dollars pour un Ernst Kirchner connu sous l’appellation "Scène de rue berlinoise".

** Pour décrire ce boom, nous cédons la parole à un éminent spécialiste : Adrian Darmon, critique d’art international depuis 30 ans, professeur d’histoire de l’art et analyste respecté du marché. "Le rôle des critiques d’art n’a dorénavant pratiquement aucun poids, alors que celui des mécènes et grands collectionneurs est devenu omnipotent", déclare-t-il. "… L’art est devenu le meilleur moyen de se valoriser — et de s’offrir un vernis de culture et de respectabilité — pour les nouveaux millionnaires de la planète, lesquels sont désormais 10 fois plus nombreux qu’il y 15 ans".

Il poursuit : "le marché de l’art contemporain n’a plus rien de rationnel quand on voit des oeuvres d’artistes contemporains (parfois produites en série) être achetées pour des sommes folles, parfois à des prix qui dépassent largement ceux enregistrés pour des toiles d’un Rembrandt, d’un Titien, d’un Vélasquez ou d’autres maîtres légendaires qui semblent passés de mode".

Les goûts ont changé : "un mouton écorché ou découpé, ou encore un aquarium rempli de mégots de cigarettes par Damien Hirst, se négocie à plus de 500 000 dollars et tout le monde est en extase (…) On finirait par croire que le marché s’est transporté à Las Vegas avec tant de pièces (de qualité parfois douteuse) achetées à prix d’or et revendues au tarif du diamant un ou deux ans plus tard".

** Le critère majeur qui gouverne les choix de la plupart des nouveaux super-riches, c’est d’acheter quelque chose de "remarquable" ou de totalement hors norme. Cela va très au-delà du concept très anglo-saxon de the best thing money can buy ("la meilleure chose que de l’argent peut permettre d’acquérir").

Un principe qui s’applique à des objets tels que des montres à complications serties de diamants, des voitures de collection, des yachts de 50 mètres avec baignoires plaquées or, des actifs immobiliers tels que des hôtels particuliers dans le centre de Londres avec vue sur Buckingham Palace, des triplex de 1 000m2 avec terrasse, piscine et vue sur Central Park.

En résumé, il s’agit de l’accumulation de richesses extravagantes qui font la fortune de quelques intermédiaires hyper spécialisés mais ne créent que peu d’emplois et ne participent guère à l’élévation globale du niveau de vie du plus grand nombre.

Tout ceci est basé sur de l’argent fictif, créé à partir de la dette contractée par des agents économiques mus par le besoin irrépressible de consommer — ou de gaspiller, c’est selon — des ressources naturelles qui se tarissent inexorablement.

Mais qu’adviendrait-il de l’écosystème planétaire si soudain un miracle débouchait sur une redistribution équitable — au profit de ceux qui en ont matériellement le plus besoin — des milliers de milliards de dollars détenus par quelques dizaines de milliers d’individus tels que ceux présents à Davos la semaine passée ?

Le paradoxe ultime de la profusion de (fausses) liquidités qui circulent sur la planète, c’est qu’une plus juste répartition des profits générés par l’activité humaine pourrait produire plus de dégâts que de bienfaits, dans le cadre d’une adhésion massive au modèle de la société de consommation !

Il en résulte que faute d’alternative (il en existe, fort heureusement), il faut soit confier aux riches le soin de détruire eux même l’argent en excédent — ce qui nous inciterait plus que jamais à recommander l’achat d’or… soit le "neutraliser" dans des projets destinés à réduire les nuisances écologiques du progrès. Cela suppose d’adopter une vision altruiste de l’humanité qui entre en concurrence frontale avec l’individualisme qui gouverne le comportement de la majorité des clients des salles d’enchères londoniennes ou new-yorkaises!

Compte tenu de ce que nous pressentons par rapport au caractère insoutenable de la croissance mondiale et de la bulle de dette, nous ne pouvons nous empêcher de penser que le sens de l’histoire — qui avance toujours par son plus mauvais côté, comme l’exprimait si bien Nietzsche — débouchera sur la destruction de la "fausse monnaie" excédentaire comme conséquence inéluctable de l’absurdité des comportements individuels rationnels, plutôt que sur sa conversion en un projet utile à l’humanité !

Et puisque que l’inutilité gouverne notre monde, faites ce qui passe pour en être l’expression la plus achevée : achetez de l’or ! Cela ne pollue pas, et à défaut de vous enrichir rapidement comme l’achat d’un gadget "artistique" manufacturé par la Jeff Koons Inc…. au moins, cela ne vous appauvrira pas !

Philippe Béchade,
Paris

PS : Retrouvez Philippe Béchade dès 15h45 au 0899 707 009* pour une analyse en profondeur de la séance en cours, assortie de conseils stratégiques — et de notre recommandation du jour !
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** REPASSEZ LA BANDE !

** Repassez la bande !

* Non, nous ne parlons pas de la guerre en Irak ; là-bas, nous savons comment ça se passe.

* Nous parlons du spectacle financier. Chaque nouveau rebondissement est un peu plus absurde que le précédent.

* Aux Etats-Unis, l’intrigue telle que nous nous en souvenons est la suivante : la bulle des technologiques explose, l’économie et le marché sombrent, le 11 septembre arrive, les autorités paniquent. L’administration Bush s’empare d’un surplus modeste et frauduleux, et le transforme en gigantesque déficit budgétaire. On baisse les impôts ; on augmente les dépenses. En 18 mois, si nos souvenirs sont bons, 1 500 milliards de dollars au total ont été ajoutés à l’économie.

* Désespérément inquiète à l’idée de voir arriver une crise déflationniste à la japonaise, la Fed a agi. Ce sont les Ides de Mars tous les jours, pour la Fed. On a tranché, on a coupé ; les taux d’intérêt ont été réduits à un chiffre nominal, 1% — soit 2% environ au-dessous du taux d’inflation des prix à la consommation.

* Trois ans plus tard, alors que les taux sont en train d’être "normalisés", la Fed continue de s’inquiéter… cette fois-ci au sujet d’un ralentissement de l’immobilier résidentiel US. Même si les taux sont en hausse, la Fed stimule les liquidités en laissant la masse monétaire se développer à un rythme de 10% — environ trois fois plus rapidement que la croissance du PIB. Et Adrian van Eck estime que 1 000 milliards de dollars supplémentaires viendront s’ajouter au M3 en 2007.

* Cette vague de liquidités, au passage, ne s’arrête pas à la frontière US. Au lieu de cela, elle inonde le monde entier. Les autres pays doivent empêcher leurs propres devises de grimper par rapport au dollar ; eux aussi s’aperçoivent qu’ils doivent ouvrir les robinets pour rester à égalité. En Europe, par exemple, le M3 grimpe désormais de 9,7% par an — à peu près autant qu’aux USA — son rythme le plus rapide en 17 ans.

* Où va tout ce nouvel argent ? Dans les prix à la consommation ? Non… pas encore.

* Les banques, les sociétés d’investissement et les grands spéculateurs contrôlent le flux de ce nouveau butin. Il n’atteint jamais l’homme ordinaire, sinon sous la forme d’un supplément de dette. Il ne semble donc pas faire grimper le prix des couches-culottes et du jus de fruit. Au lieu de cela, il fait léviter les prix des actifs financiers. Les œuvres d’art… les produits dérivés… les swaps… et tout le reste.

* A mesure que le prix de ces choses grimpe, les intermédiaires font jouer un effet de levier de plus en plus conséquent. Ils les échangent, les refinancent, les remanient, les revendent, les restructurent, les couvrent. L’économie toute entière s’est transformée en derviche — chaque instrument financier tournant, pirouettant, virevoltant, éjectant des frais, des commissions et des spreads pour les opérateurs rusés qui les manipulent.

* C’est presque trop pour que nous réussissions à suivre.

** Le chef de la Banque centrale européenne nous en dit plus…

* "Il y a désormais une telle créativité, avec des instruments financiers nouveaux et très sophistiqués… que nous ne savons pas entièrement où se situent les risques", a déclaré Jean-Claude Trichet. "Nous essayons de comprendre ce qui se passe — mais c’est un très très grand défi".

* M. Trichet parlait à l’illustre groupe rassemblé à Davos, en Suisse. Le Financial Times décrit le débat dans lequel il a joué un rôle :

* "De nombreuses banques d’investissement — et certains législateurs et économistes — ont affirmé, lors du rassemblement qui s’est tenu la semaine dernière à Davos, que la croissance de plus de 350 000 milliards de dollars du secteur des produits dérivés a été bénéfique, dans la mesure où elle a permis de réduire la volatilité des marchés cette dernière décennie, et a rendu le système plus résistant aux chocs en répartissant le risque de crédit".

* "Cependant, d’autres officiels craignent que ces instruments augmentent l’effet de levier et la prise de risque à un niveau dangereux dans tout le système, et maintiennent le coût de l’emprunt à des niveaux artificiellement bas — augmentant ainsi les chances de futures crises financières".

* A la Chronique Agora, nous avons notre propre avis ; plus une innovation financière se révèle réussie, plus les investisseurs trouveront de moyens de la rendre fatale. Un livre de Norman Angell, publié au début du 20ème siècle, affirmait de façon convaincante que les innovations politiques et financières de l’époque rendaient la guerre impensable. Les gens cessèrent d’y penser. Ils arrêtèrent de s’inquiéter. Ils arrêtèrent de prendre des précautions. Jamais les gens n’avaient été plus optimistes et plus complaisants qu’ils l’étaient — juste avant que la Première guerre mondiale ne commence, en août 1914.

* A ce moment-là, toutes les innovations qui ravissaient tant Angell — l’industrialisation, les améliorations technologiques, la nationalisation — sont devenues les inventions mêmes qui ont fait de la Première guerre mondiale la plus sanglante et la plus chère de toute l’histoire.

* Et à présent, toute une série de nouveautés sont censées rendre les krachs boursiers et les dépressions obsolètes. Peut-être est-ce vrai. Mais nous ne parierons pas là-dessus.

* La bulle de crédit se développe à un rythme extraordinaire depuis si longtemps que les gens commencent à la tenir pour acquise. Mais l’immobilier résidentiel américain fait une pause, et semble même baisser un peu. Les actions US se prélassent — et stagnent depuis le début de l’année. Le pétrole semble stable, aux alentours de 55 $. L’or passe le temps à 640 $. Les rendements obligataires grimpent depuis deux mois. Où va tout l’argent ? Ou bien se pourrait-il que cette grande bulle de liquidités commence enfin à perdre de l’air ?

* Et si ce n’est pas encore le cas… quand le fera-t-elle ? Nous aimerions bien le savoir. M. Trichet affirme que les investisseurs devraient se préparer à une "réévaluation" des actifs financiers. Nous doutons qu’il en sache plus que nous… mais nous ne doutons pas qu’il ait raison.

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DESTINATION PROFITS !
Découvrez la "carte routière" financière qui a permis d’engranger 173,83% de plus-values cumulées en 2006…

Aujourd’hui, c’est à votre tour de suivre le guide… pour des profits tout aussi spectaculaires !

Continuez votre lecture pour tout savoir…

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*** La Chronique Agora présente ***

Le début de l’année est un moment capital pour toute stratégie d’investissement qui se respecte. Raphaël Garaud s’est penché sur sa boule de cristal boursière, et nous donne un aperçu de ce qui pourrait nous attendre dans les mois à venir — et comment réagir quoi qu’il arrive sur les marchés.

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UNE ANNEE PARTICULIERE — 1ère PARTIE
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Par Raphaël Garaud (*)

Voici un moment important dans l’année — que dis-je : capital ! C’est le temps du bilan, de l’introspection… et des prospections et stratégies pour l’année à venir ! Vous imaginez la consommation effrénée de boules de cristal (on doit friser la rupture de stock !) et du fameux marc de café sans lequel aucune prévision fiable ne saurait être faite.

Rassurez-vous cher lecteur, je vais quitter ce ton badin pour aborder des choses plus sérieuses, qui ne relèvent ni de la magie ni des sciences occultes. Je ne vais pas vous abreuver non plus de chiffres, de statistiques diverses, de mots savants, mais vous parler tout simplement du résultat de mes cogitations pour l’année 2007.

Un point tout d’abord sur la performance de mes conseils en 2006 : très honnêtement, nous pouvons en être satisfait, et j’espère que vous l’êtes ! Le cumul de nos gains s’élève à 1 057% et notre plus-value brute moyenne est de 26,6% (et de 30,5% si l’on tient compte des dividendes et des intérêts livrets). Cela signifie qu’en moyenne, nous avons soldé nos positions (ou PBP) sur un gain de 26,6% cette année ; je vous rappelle que le CAC 40 gagnait de son côté 17,5% !

Je tiens à souligner également que nous avons soldé 34 positions : toutes ont été gagnantes ! Grâce à une gestion rigoureuse des stops, nous avons donc su préserver nos gains et nos lignes : nous n’avons fait aucune perte cette année, malgré la configuration chaotique des marchés.

Le temps des prévisions
L’année 2006 s’est terminée calmement. Le CAC 40 flirtait à nouveau avec des sommets que l’on n’avait plus l’habitude de voir. Une certaine indécision régnait, que ce soit à Paris ou ailleurs, et chacun semblait attendre le signal du départ. Il est enfin arrivé et nous nous sommes gaillardement lancés à l’assaut des 5 600 points, que nous avons fini par franchir. Dès lors il n’a pas été rare de lire dans la presse grand public que le CAC 40 retrouverait dans l’année les 6 000 points, et même bien mieux. Qui refuserait une telle hypothèse, sauf à être un pessimiste invétéré ? Mais restons lucides.

Ce qui rend l’exercice prévisionnel difficile, c’est que nous ne connaissons pas les évènements qui peuvent se produire, ni leur incidence exacte sur les marchés et sur les investisseurs des différents pays. Nous ne pouvons que faire des suppositions, en fonction de ce que nous savons, ou croyons savoir, et de la façon dont nous appréhendons l’avenir.

Commençons par un état des lieux. Nous savons que : la croissance ralentit aux USA depuis quelques temps déjà ; l’immobilier faiblit nettement dans ce pays ; le chômage danse le tango ; le pétrole bat en retraite à cause d’un hiver particulièrement doux pour l’instant — donc fait l’objet d’une moindre demande –, l’inflation fait des frayeurs au président de la Fed, et par contrecoup à celui de la BCE qui ne quitte pas des yeux les taux… A ce stade, où va-t-on ?

De ma (longue !) expérience de l’économie et des marchés, j’ai donc envisagé plusieurs hypothèses, que voici.

Une hypothèse pessimiste
Un ralentissement de notre croissance, déjà peu vigoureuse, entraînerait fatalement un recul de l’activité et donc des résultats de nos entreprises, les plaçant ainsi en difficulté pour investir. D’où l’enchaînement : hausse du chômage, désaffection des actions et donc recul des marchés boursiers, retour de l’or sous les feux de la rampe.

Dans ce cas, il ne faut pas perdre de vue le point de sortie, et ne pas se poser de questions métaphysiques le moment venu… car à ne pas se désengager assez rapidement, il sera vite trop tard, la Bourse ayant connu ce phénomène à de nombreuses reprises au cours de sa vie agitée. Je pourrai donc résumer lapidairement cette situation à : courage… fuyons !

Nous verrons la suite — et les autres hypothèses — dès demain.

Meilleures salutations,

Raphaël Garaud
Pour la Chronique Agora

(*) Raphaël Garaud est rédacteur en chef de Vos Finances — La Lettre du Patrimoine. Ce service d’information financière offre à ses membres des moyens exclusifs et fiables de protéger et d’accroître leur patrimoine. Actions, fiscalité, immobilier, investissements alternatifs… Vos Finances — La Lettre du Patrimoine ne laisse rien au hasard lorsqu’il s’agit de faire fructifier votre capital ! Pour en savoir plus

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