Une affaire de famille

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La Chronique Agora
Paris, France
Mardi 5 septembre 2006
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*** Notes de la Tamise
Vos correspondants sont difficiles à joindre…

*** Ce qui ne se passe pas
A la Chronique, nous regardons aussi les non-événements…

*** Une affaire de famille (3)
Après un bref aperçu sur sa jeunesse… et ses ambitions familiales… Bill Bonner nous parle aujourd’hui de ses débuts dans le monde de l’édition.

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Bonjour,

*** NOTES DE LA TAMISE

** Il fait un temps quasi-estival à Londres, et vos correspondants hésitent : une pinte de Guinness ou un Gin Tonic, pour se rafraîchir les idées entre deux sessions sur l’or, l’immobilier et le dollar ?

Nous sommes en pleine conférence, réunissant les rédacteurs des différentes versions internationales de la Chronique : vous nous pardonnerez donc, cher lecteur, si les notes du jour sont en version abrégée.

Mais après tout, les marchés américains sont fermés, le CAC 40 a grimpé de 0,38% (passant ainsi au-dessus des 5 200 points, à 5 203,24) et l’or est parfaitement stable. Rien de bien notable à signaler, en d’autres termes ; nous vous laissons donc directement en compagnie de Bill, en attendant de vous retrouver demain avec – promis-juré – une Chronique plus complète.

Françoise Garteiser,
Londres

—————————– (publ.)

1 740,11% de gains cumulés au total sur le premier semestre 2006…
Une performance moyenne de 23,84%
Des gains de +50%… +69,77%… +67,86… +88,10%… depuis début mai 2006…
Sans compter les plus-values de 106,90%… 100%… 104%… 91,80%… 117,10% et même 679%… engrangées durant la première partie du 1er semestre 2006 !

Et vous, où en est votre portefeuille ?

Continuez votre lecture pour en savoir plus…

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** CE QUI NE SE PASSE PAS

** A la Chronique Agora, nous essayons de suivre ce qui se passe, mais aussi ce qui ne se passe pas. Et il se passe tellement rien, ces derniers temps, que nous nous demandons si nous ne sommes pas en train de manquer quelque chose. En lisant les nouvelles, on dirait qu’on pourrait rapidement en arriver à n’importe quelle conclusion. L’économie pourrait sembler épouvantable, ou en excellente santé, ou médiocre. Certes, l’immobilier américain a des difficultés, mais le Dow est en hausse et le chômage frôle un plancher de 5 ans ; le pétrole est revenu sous les 70 $, le dollar se tient bien et l’or semble prisonnier du canal des 630 $.

* Les lumpen-ménages devraient approcher la fin de leur fièvre dépensière. Ils devraient se retrouver à court d’argent et de temps. Mais ce n’est pas en lisant les journaux que l’on s’en rendrait compte. C’est comme si les investisseurs n’avaient rien remarqué – ou qu’ils avaient remarqué, mais s’étaient contentés de bailler. Sont-ils aveugles, nous sommes-nous demandé, ou bien est-ce nous qui le sommes ? Ces dernières années, le consommateur américain a retiré de l’argent de sa maison simplement pour garder la tête hors de l’eau. Des poignées de dollars – et même des charrettes entières de billets verts. Rien qu’au cours des deux dernières années, 1 352 milliards de dollars ont été extraits – une somme représentant 10% du PIB US annuel. A présent, maintenant que les prix de l’immobilier se stabilisent, cette rivière de liquidités est en train de s’assécher. Y a-t-il une source d’argent facile qui pourrait sauver notre consommateur ? Si quelqu’un a la réponse, il ne travaille pas dans nos bureaux.

* Le consommateur américain s’est mis dans le pétrin – il y a cependant été aidé par des taux d’intérêt phénoménalement bas. Maintenant que la courbe de rendements inversée revient à la normale, et qu’il est désormais moins cher d’emprunter à trois mois qu’à dix, les choses deviennent un peu plus difficiles. Les prix de l’immobilier US n’augmentent plus comme avant, tandis que les maisons non vendues vont en s’accumulant. En fait, les stocks de maisons existantes sont 40% plus élevés qu’il y a un an de cela.

* Coincé au milieu de tout ça, notre consommateur regarde dans son miroir… et y voit un pigeon.

** Et nous, que manquons-nous de voir ? Nous clignons des yeux. Nous regardons autour de nous. Nous nous grattons la tête. Puis nous regardons sous les cousins et derrière les fauteuils. Comment une économie de consommation peut-elle continuer à consommer quand les consommateurs n’ont plus d’argent ? Y’aurait-il une source de revenus que nous n’ayons pas vue ?

* "Maintenant que les marchés boursiers ne grimpent plus en flèche – et que le marché immobilier entame son propre ralentissement", écrit Gary Schilling, "aucune autre source, qu’il s’agisse d’héritages ou de fonds de pension, ne pourra venir combler le fossé entre des dépenses de consommation robustes et une faible croissance des revenus. Il se pourrait que la réduction des dépenses et un renouveau de l’épargne, que je vois venir depuis longtemps, commencent enfin. Et les effets sur le comportement des consommateurs, en particulier l’emprunt et les dépenses discrétionnaires, sera vaste et profond".

* Schilling pense que les prix de l’immobilier chuteront de 20% au moins, ce qui provoquera "une récession majeure".

* Comme toujours, nous n’avons pas la prétention de savoir ce qui va se passer – et nous n’allons pas nous donner trop de mal pour essayer de le deviner. Nous soupçonnons que le mal arrivera bien assez tôt.

—————————– (publ.)

Consterné par les manœuvres en tous genres qui faussent les marchés ?
Exaspéré par l’absence totale de transparence dans la gestion de vos actifs ?
Effaré par le manque d’indépendance de certains conseillers financiers ?

Eh bien… voici votre antidote personnel à l’industrie financière !

Un antidote qui aurait pu vous rapporter des gains cumulés de 165% en 2005…

Pour en savoir plus…

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*** La Chronique Agora présente ***

Après un bref aperçu sur sa jeunesse… et ses ambitions familiales… Bill Bonner nous parle aujourd’hui de ses débuts dans le monde de l’édition.

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UNE AFFAIRE DE FAMILLE, 3ème PARTIE
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Par Bill Bonner

Après nous être frotté à la construction, nous sommes revenu à l’écrit. Et là, dans le monde de l’édition, nous avons pu avancer. Dans les années 70, le secteur des lettres d’information était jeune et ouvert aux innovations. Nous y sommes entré de manière bizarre et maladroite. Heureusement, l’industrie était indulgente, à l’époque. Vous pouviez faire beaucoup d’erreurs et rester en activité.

Ce que nous avons découvert, c’est qu’il s’agissait d’un secteur où les erreurs payaient. Et puisque nous avions une vaste propension à faire des erreurs, nous avons trouvé que c’était un environnement chaleureux et accueillant pour nos talents — un peu comme les marécages de Floride pour un rat des marais. Le secret était de faire des erreurs rapides et bon marché. Puisqu’on ne savait jamais à priori ce que pouvaient vouloir les clients, il fallait expérimenter pour le trouver. Cette méthode coûtait du temps et de l’argent, mais il fallait s’y tenir — en espérant trouver par hasard quelque chose que les gens soient prêts à payer avant que l’imprimeur du coin ne vous traîne en justice (la poste ne faisant jamais crédit).

Expérimenter, apprendre, former, trouver de bons partenaires et accumuler de l’expérience a pris des années. Nous avions largement dépassé la quarantaine avant d’avoir vraiment de l’argent. Ce fut la première fois de notre vie que nous avons vécu dans une maison avec l’air conditionné. Mais à l’époque, les vents avaient tourné… et ils soufflaient en poupe. Lorsque nous avons atteint 50 ans, notre entreprise était florissante, et nous avons entamé une toute nouvelle phase de notre vie. Nous avons emménagé à Paris, et les enfants sont entrés dans des écoles privées. Nous avons acheté une maison de campagne. Les choses commencèrent à avoir l’air favorable.

Nous reconnaissons notre nouveau style de vie pour ce qu’il est, bien entendu : simplement une manière de vivre différente, pas nécessairement meilleure ou pire que les autres. Depuis six décennies ou presque que dure notre vie, nous n’en avons passé qu’une à vivre ainsi ; nous ne pouvons dire que nous sommes plus heureux maintenant, dans la décennie grasse, que nous l’avons été durant les cinq maigres.

Nous ne sommes pas vraiment riche, mais nous en sommes certainement venus à nous permettre un style de vie aisé. Est-il heureux ? Oui, mais pas particulièrement. Parce que, comme nous le dit notre ami Félix Dennis dans son nouveau livre, "les riches ne sont pas heureux. Je n’ai encore jamais rencontré une seule personne riche qui soit heureuse — et j’ai rencontré beaucoup de gens riches. Suis-je heureux ? Non — ou du moins seulement à l’occasion"…

C’est seulement quand on a de l’argent qu’on peut vraiment apprécier tout le plaisir que l’on avait quand on était pauvre. Et c’est seulement lorsqu’on a été très pauvre qu’on savoure vraiment le plaisir de poser ses pieds sur une chaise Louis XVI.

Mais la dernière décennie est la seule dont les enfants se souviennent vraiment. Avant cela, ils étaient trop jeunes. Jules était dans une école publique, par exemple, quand il était petit garçon. Mais ses années lycée se sont déroulées soit dans des écoles françaises privées, soit à l’Ecole Américaine de Paris, qui accueille de riches étudiants en provenance du monde entier. Ses amis ne sont pas des Américains moyens… ni les rustauds avec qui nous avons grandi. Non, ce sont les fils et filles de l’élite européenne… qui possèdent souvent des résidences secondaires dans des pays étrangers. Certains de ces amis ont de l’argent de poche quasiment sans limites. Tout est plutôt confortable pour ces jeunes. Ce qui leur donne une vue limitée du monde réel.

"Tu te rappelles de Brynley", nous a dit Elizabeth l’autre jour. "Son fils, qui a 26 ans, voulait qu’il lui paie sa facture de téléphone portable. Brynley a refusé. Le garçon lui a dit : ‘Papa, reprend pied avec la réalité’. Brynley et moi avons bien ri. Ces enfants sont si privilégiés qu’ils n’ont pas la moindre idée de ce qu’est la réalité".

Votre correspondant a le bénéfice de 40 ans de pauvreté. Pas ses enfants. Mais leur monde est réel aussi — au moins pour eux. Ils doivent y vivre. Et pour les y aider, nous leur dirons comment notre entreprise s’est développée, et comment elle fonctionne. C’est un peu comme un fonds de capital-risque, se spécialisant dans une branche bien spécifique de l’édition. C’est aussi un peu comme une association d’étudiants.

Nous expliquerons tout cela plus en détails… dès demain.

Meilleures salutations,

Bill Bonner
Pour la Chronique Agora

(*) Bill Bonner est le fondateur et président d’Agora Publishing, maison-mère des Publications Agora aux Etats-Unis. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (450 000 lecteurs), il intervient dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning. Il est également l’auteur des livres "L’inéluctable faillite de l’économie américaine" et L’Empire des Dettes".

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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