Un spectacle diablement intéressant

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La Chronique Agora
Paris, France
Jeudi 18 janvier 2007
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*** Il faudrait savoir dire pouce ou lever le pied
Philippe Béchade démontre que tout est affaire de mesure…

*** La nouvelle énergie…
… pourrait bien être vieille, en fait…

*** Un spectacle diablement intéressant
Et les choses vont devenir encore plus passionnantes…

*** La dupe du cœur (3)
Grands mensonges et petits bobards, les discours du spectacle par Bill Bonner

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En 2006, ils ont engrangé (entre autres) des gains de 108,5%… 56,6%… 124,88%… 35,14%… 97,8%… et même 679%

Aujourd’hui, ils vous dévoilent leurs meilleures recommandations pour 2007 !

Continuez votre lecture pour tout savoir sur ces opportunités à ne rater sous aucun prétexte

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Bonjour,

*** IL FAUDRAIT SAVOIR DIRE POUCE OU LEVER LE PIED

** La belle aventure a débuté le 17 juillet 2006. Un cap décisif a été franchi le 4 octobre dernier, et une longue série de "grandes premières" s’enchaîne depuis trois mois et demi. Pourtant, les héros ne montrent pas le moindre signe d’épuisement, alors qu’un nouveau sommet historique de 12 600 points vient d’être conquis à l’issue d’un assaut de cinq séances de hausse consécutives.

Vous l’avez certainement compris, nous évoquons le parcours sans faute du Dow Jones depuis cinq mois jour pour jour. De nombreux gérants de fonds indiciels jugent ce baromètre — plus que centenaire — complètement archaïque (son calcul est basé sur la variation algébrique du cours des 30 valeurs qui le composent, et non sur le pourcentage des écarts ou la pondération réelle), mais cela demeure une référence, comme l’est le gallon sur une planète qui compte le plein d’essence en litres ou le mile dans un contexte olympique qui mesure les distances en mètres et les hauteurs en centimètres.

En d’autres termes, le Dow Jones mesure avec autant d’efficacité la progression (ou le repli) du marché américain qu’un tube transparent gradué en pouces, d’un pied de diamètre et de 3,1416 yards de hauteur lorsqu’on le remplit d’un dixième de baril de pétrole brut.

Tout le monde constate aujourd’hui que le tube — quel que soit sa contenance — se remplit inexorablement depuis cinq mois, et que son niveau n’a jamais rebaissé de plus de 2% (nous avons fait le calcul). Ce spectacle suffit à réjouir les foules et rend vain tout débat sur la façon de mesurer le plus précisément la viscosité du liquide.

Il est tout aussi évident que le cours du pétrole évolue de façon parfaitement symétrique par rapport à la courbe du Dow Jones depuis la mi-juillet, quoique avec un indice de volatilité très éloigné. Mais là encore, il suffirait de modifier le quadrillage du graphique de l’or noir en convertissant l’espacement de pouces en pieds pour obtenir un dessin constituant un reflet pratiquement exact de celui du Dow Jones.

Nous ne savons s’il faut en tirer une conclusion aussi sommaire que la manifestation d’un phénomène de vases communicants… mais nous serions prêts à parier que non : le baril de pétrole vient d’enregistrer en trois semaines une chute de 20%, ce qui constitue le mouvement de correction le plus brutal depuis plusieurs décennies.

L’or noir, qui devrait être en route pour les 100 $ depuis début avril dernier (date de la parution d’une série études du FMI ou de Goldman Sachs qui avaient eu fort retentissement médiatique), vient de tutoyer ce mercredi 17 janvier le seuil psychologique des 50 $, à 50,3 $ — mais il s’agit du contrat à terme livraison février coté sur le NYMEX, et non du cours spot de Rotterdam, qui se négocie effectivement autour de 50 $ le baril.

La correction atteint donc -38% en moins de six mois, alors que la consommation aura progressé de 1,5% dans l’intervalle, n’enregistrant une stabilisation qu’au début de l’hiver pour cause de températures exceptionnellement douces dans l’hémisphère Nord.

** Toute tentative d’expliquer l’effondrement des cours par une variation substantielle de la demande de pétrole physique ou l’inversion du ratio "épuisement des réserves connues/découverte de nouveaux stocks" est totalement à côté de la plaque — tandis que le concept de "moindre dangerosité du monde" depuis le milieu de l’été 2006 est carrément inepte.

Nous nous trouvons a priori confrontés à un exemple de correction cyclique spontanée d’un excès spéculatif ; le pic de volatilité baissière qui se matérialise depuis le 3 janvier pourrait bien marquer la phase ultime d’un phénomène de capitulation finale, prélude à un fort rebond technique des cours du brut.

Pas plus que la flambée des cours de 30%, entre 60 $ et 78 $ (de janvier à mai 2006), n’avait empêché les indices boursiers de prendre +15%, la rechute qui se radicalise depuis la mi-juillet (elle avoisine -40%) ne semble provoquer de consolidation des actions, au motif que la baisse des recettes en pétrodollars des pays producteurs risquait de priver les marchés des liquidités nécessaires à la poursuite de son mouvement perpétuel à la hausse.

** Rien ne paraît pouvoir affecter durablement le moral des investisseurs à Wall Street — ni de mauvaises statistiques d’inflation, ni des profit warnings tels que ceux lancés par Intel ou XM-Satellite mardi soir. Le Dow Jones avait bien trébuché mercredi à l’ouverture mais il a rapidement retrouvé son équilibre et repris son ascension d’un pas allègre, franchissant vers 17h30 le cap historique des 12 600 points.

Il n’en fallait pas plus pour rassurer les places européennes. Elles ont récupéré au cours de la dernière heure pratiquement la moitié du terrain perdu en milieu d’après-midi, après publication de l’indice américain des prix à la production (PPI) en hausse de 0,9% (contre 0,6% anticipé) tandis que le taux central hors énergie (ou core rate) affichait +0,2% au lieu de la stabilité espérée.

Le CAC 40, qui reculait de 0,95% à une heure de la clôture (inscrivant un plancher vers 5 538 points) s’est redressé bien au-dessus du seuil pivot des 5 550 points. Il a clôturé sur un repli de 0,5% à 5 561 points, ce qui sauvegarde la tendance haussière à court et moyen terme.

** Puisque les économistes passent leur temps à chercher des motifs d’accréditer la légende de Goldilocks, la production industrielle américaine a augmenté de 0,4% fin 2006, ce qui relativise le constat d’une forte baisse de l’indice Empire State au mois de janvier dans la région de New York.

La perspective d’un assouplissement monétaire par la Fed au premier trimestre 2007 semble s’éloigner, mais les cambistes ne jugent pas l’argument suffisant pour racheter du dollar… et l’euro entame une remontée en direction des 1,2950/euro.

Aucun nuage ne semble pouvoir s’insinuer dans un ciel économique aussi uniformément bleu… mais nous jetterons cependant un oeil du côté du Japon jeudi matin, au cas où la Banque centrale nippone surprendrait tout son monde en annonçant un relèvement de 25 points de son taux directeur, à 0,5%.

Nous osons à peine vous décrire le scénario monétaire et boursier qui pourrait en résulter. L’écrasante majorité des stratèges jouent le statu quo : si tel n’était pas le cas, il faudrait s’en remettre intégralement aux stratégies de couverture associées aux opérations de carry trade (vente à découvert de yens), et les masses de capitaux en jeu sont si considérables, la prime de risque si basse, que nous redoutons l’explosion de la limite physique — en termes de contrepartie — des marchés de taux et de change.

Philippe Béchade,
Paris

PS : Dès 15h45, retrouvez Philippe Béchade au 0899 707 009* pour un commentaire "à chaud" de la séance en cours, accompagnée d’un récapitulatif de nos positions ouvertes — sans oublier sa recommandation du jour.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Eric Fry nous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** LA NOUVELLE ENERGIE…

** Le monde se languit d’une nouvelle source d’énergie — et en particulier d’une source ne rejetant pas de polluants dans l’atmosphère.

- Le monde se languit d’une nouvelle source d’énergie ne reposant pas sous les sables de régimes hostiles ou sous les forêts tropicales de gouvernements capricieux.

- Et le monde se languit d’une nouvelle source d’énergie pouvant fournir une alternative de grande échelle à celle générée par les carburants fossiles.

- Peut-être que la "nouvelle" source d’énergie dont se languit la planète est peut-être vieille, en fait : l’énergie nucléaire.

** Même si l’énergie éolienne, solaire, géothermique et quantité d’autres concepts énergétiques "marginaux" continuent de prendre de la vitesse — et des parts de marchés — ces sources ne peuvent pas encore fournir un ravitaillement de grande échelle. Seul le nucléaire peut remplir ce rôle… du moins pour l’instant.

- Bien évidemment, le nucléaire a ses propres problèmes — comme les accidents de centrales et le stockage à long terme de l’uranium exploité. Mais pour bon nombre de pays au développement rapide, ces inconvénients semblent préférables au fait de rejeter des toxines dans l’environnement immédiat et du dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

- Voilà pourquoi l’énergie nucléaire profite d’une sorte de renaissance.

- Après les horreurs de Three Mile Island en 1979, sans oublier, bien entendu, Tchernobyl en 1986, la demande d’uranium a chuté… et il en est allé de même pour son prix. A la fin des années 90, le cours de l’uranium était descendu à 7 $ la livre environ. Aujourd’hui, il se vend 72 $ la livre, en grande partie grâce à la croissance de la nouvelle demande provenant de pays comme la Chine et l’Inde. Mais même si les prix de l’uranium ont été multipliés par près de dix, les analystes de Casey Research sont convaincus que l’uranium et les valeurs du secteur recèlent d’excellentes opportunités pour les investisseurs.

- En Australie où je me trouve en ce moment, le sol sous mes pieds contient beaucoup d’uranium — environ un tiers des réserves connues de la planète.

- Et si les tendances énergétiques actuelles se poursuivent, ce même sol va prendre beaucoup de valeur… tout comme les entreprises qui en extraient l’uranium.

[NDLR : Pour ne pas rater toutes les occasions qui apparaîtront dans le secteur de l'uranium, retrouvez tous les jours Isabelle Mouilleseaux et l'équipe de l'Edito Matières Premières -- n'hésitez pas, c'est GRATUIT : il suffit de vous inscrire...]

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** UN SPECTACLE DIABLEMENT INTERESSANT

** Avez-vous les yeux ouverts, cher lecteur ? Eh bien, regardez attentivement, parce que le spectacle est diablement intéressant.

* Malheureusement, nous n’en sommes probablement qu’à mi-chemin. Et malheureusement, nous nous trouvons très sûrement dans une tragédie. Lorsque la grosse dame chantera enfin, on verra beaucoup de gens avec des larmes dans les yeux.

* Mais nous avançons un peu trop vite…

* Tous les grands spectacles publics transforment le citoyen lambda en timbré, en jobard et en larbin. On l’envoie combattre et mourir dans des guerres n’ayant pas vraiment d’importance pour lui. Il se fait avoir par les illusions de la politique, participe à un lynchage, ou regarde la télévision et se demande ce que Paris Hilton mange au petit-déjeuner. Ou bien il est ruiné par un krach boursier, par l’inflation ou par la dépression.

* Ce n’est pas très grave si les riches spéculateurs sont ruinés. En général, ils jouent avec de l’argent qu’ils peuvent se permettre de perdre. Mais dans ce dernier tour, l’homme ordinaire a mis tout ce qu’il avait sur la table. Sans s’en rendre compte, il a spéculé avec la maison de famille.

* Il y avait bien plus que ça, bien entendu. Ce à quoi nous assistons est en fait un transfert de richesse massif ; le plus grand transfert de tous les temps. Voyez-vous, une seule chose a attiré l’Américain moyen sur le marché hypothécaire : la perspective de recevoir quelque chose en l’échange de rien. Sans qu’il ait à lever le petit doigt, le prix de sa maison grimpait. Il a regardé — et a pensé voir de l’argent gratuit. Il pouvait "retirer" cette richesse supplémentaire tout en maintenant intacte la valeur d’origine de sa maison. Il sentait qu’il s’enrichissait ; alors pourquoi ne pas dépenser un peu plus ?

* Le problème, c’est qu’il ne s’enrichissait pas du tout. C’est bien là l’aspect le plus curieux d’un boom nourri par l’augmentation du prix des actifs. Ils ne rendent pas les gens, d’une manière générale, plus riches. Ils rendent CERTAINES PERSONNES plus riches.

* Vous savez déjà qui sont ces personnes, n’est-ce pas, cher lecteur ? Nous en avons souvent parlé dans ces pages. Il s’agit des 1% les plus chanceux de la population ayant des actifs substantiels… et des quelques centaines de milliers d’individus travaillant dans le secteur financier. Les gestionnaires de fonds de couverture, les cadres des banques d’investissement, les gros propriétaires, les gens possédant des œuvres d’art et des antiquités — même les gens possédant des actions. La plupart des actions US ont moins de valeur, en termes réels, qu’il y a sept ou huit ans de ça. Mais elles ont bien plus de valeur qu’il y a 20 ans de ça.

** Pour la première fois de l’histoire, les riches deviennent réellement plus riches à un rythme rapide. Voilà comment ça fonctionne. Les banques centrales de la planète, menées par la Réserve fédérale US et accompagnées d’autres intermédiaires financiers, créent de nouvelles formes de "richesse" — dollars papier, dette titrisée, dérivés, etc. Les émissions d’obligations, par exemple, ont doublé sur les six dernières années. La création de produits dérivés a grimpé en flèche, pour dépasser les 300 000 milliards de dollars. Cette "richesse" semble ne jamais atteindre les porte-monnaie des masses. Au lieu de cela, elle reste dans les classes qui investissent — faisant grimper les prix des actifs financiers et des autres formes de richesses privilégiées par les riches. En d’autres termes, une nouvelle forme "d’inflation" a été lâchée sur le monde, une inflation que tout le monde semble adorer. Elle développe spectaculairement la richesse des riches.

* Selon une nouvelle étude de McKinsey & Co., la valeur de toutes les actions, obligations et autres a enflé pour atteindre 140 000 milliards de dollars. Ces actifs sont échangés au-delà des frontières internationales. Et ils croissent bien plus rapidement que l’économie réelle qui les soutient. Nous avons là une différence fondamentale… et un thème qui sous-tend toute cette farce. Une entreprise peut produire 10 $ de profits, augmentant au rythme de 5% par an, par exemple. Mais les prêts, actions, obligations et positions dérivées basés sur la production de cette entreprise augmentent deux fois plus rapidement.

* L’individu moyen travaille dans l’économie réelle. S’il a de la chance, il peut voir sa richesse croître en même temps que l’économie réelle. Mais les gens possédant des actifs financiers observent leur richesse se développer bien plus rapidement.

* Attendez — comment est-ce possible ? La véritable richesse de l’économie dépend de la production réelle de ses entreprises réelles. C’est là que sont produits les biens et les services. Le trading, la spéculation, les prêts, les rachats, les refinancements — ce ne sont que des activités périphériques n’ayant aucune influence directe sur la production réelle.

* Alors comment se fait-il qu’un segment de la société — et un très petit segment, en plus — devienne à tel point plus riche que ce que permet la croissance de la production réelle ?

* Ah, voilà bien le côté futé, tragique et désastreux de cette représentation. C’est comme si les banques centrales avaient imprimé d’énormes quantités de dollars supplémentaires — et qu’au lieu de les avoir distribués à l’économie dans son ensemble, elles ne les avaient donnés qu’aux riches. Ainsi, les riches obtiennent les bénéfices de l’inflation ; leur pouvoir d’achat augmente radicalement.

* Mais le reste de la population ne fait que subir l’inflation ; leur pouvoir d’achat décline. Ils n’ont pas plus de revenus, alors que le coût de la vie grimpe : les prix des soins médicaux, du logement, de l’énergie et de l’éducation ont sévèrement grimpé. Et pour aggraver la situation, ils doivent désormais rembourser l’argent qu’ils ont emprunté lorsqu’ils pensaient être en train de s’enrichir.

* Restez à l’écoute, cher lecteur. Ce spectacle ne peut que devenir plus intéressant encore…

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*** La Chronique Agora présente ***

Dans la vie, on n’a rien sans rien… contrairement à ce qu’aimeraient vous faire croire les spectacles publics. Bill Bonner termine son essai sur ce vaste sujet, ci-dessous.

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LA DUPE DU COEUR — 3ème PARTIE
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Par Bill Bonner (*)

Lorsqu’on naît, on est plein de vie, disions-nous hier. Tout est devant vous — des années d’énergie et d’excitation. Puis les choses se gâtent.

Parce qu’on utilise toutes ces années… on les échange contre de l’expérience, de la sagesse, de l’argent. Petit à petit, jour après jour, année après année, votre vie s’use… jusqu’à ce que vous ne soyez plus qu’expérience… sagesse… et souvenirs… et qu’il ne vous reste plus de vie. C’est lorsque toute est derrière vous… et qu’il n’y a plus rien devant. Nous sommes, pour paraphraser Sophocle, une tribu qui marche vers la mort, après tout.

Ce n’est qu’une manière de décrire comment le monde fonctionne réellement. Il ne s’agit pas simplement d’activer des leviers et de faire des calculs. On peut tourner tous les boutons et pousser sur toutes les manettes qu’on veut ; on ne peut changer la nature de la vie elle-même. On ne peut toujours pas obtenir quelque chose en l’échange de rien. Au lieu de cela, vous devez abandonner quelques chose… vous devez investir du temps et de l’argent. Il n’y a pas d’autre moyen.

La seule exception est la grâce de Dieu. Dieu peut faire ce qu’il veut.

Mais ce que je décris est un monde gouverné par des règles morales, en plus d’équations physiques. L’eau bout à 100°C… et de même, quand on sème le vent on récolte la tempête. Le rendement d’un bon du Trésor US est peut-être de 4,74%… mais il y a des moments où il ne faut être "ni prêteur ni emprunteur". Vous pouvez peut-être arnaquer un client et vous en tirer, mais "fais à autrui ce que tu voudrais qu’on te fasse" est une meilleure politique. Et il est peut-être vrai que les actions vont grimper cette année, mais en général, vous préférerez "acheter bas, vendre haut", plutôt que d’acheter haut et d’espérer vendre plus haut.

"Tout est moral" a dit Emerson. Il voulait dire qu’il y a des règles, des principes, des leçons, que nous ignorons à nos risques et périls. Et l’une des principales règles (ou observations) est simplement que, au cours du temps, tout se corrompt… tout meurt. Tout passe, tout casse. Ca aussi, c’est simplement la manière dont les choses fonctionnent. "Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel", dit-on sur les marchés. Rien ne dure éternellement — et certainement pas une bulle sur les marchés financiers. Même le granit finit par être réduit en sable fin. Tout tombe en panne ; tout dégénère.

Nous travaillons à un nouveau livre, dans lequel nous essayons de montrer que le schéma des bulles, sur les marchés financiers, a des parallèles dans d’autres parties de la vie en collectivité, dans ce que nous appelons "des spectacles publics".

L’élément critique de ces spectacles publics, c’est que les gens oublient les règles morales. Ils commencent à penser qu’ils peuvent s’en tirer avec des choses répréhensibles… qu’ils peuvent obtenir quelque chose en l’échange de rien… ou qu’ils peuvent faire aux autres ce qu’ils ne voudraient pas qu’on leur fasse… sans devoir en prendre la responsabilité.

Les spectacles publics suivent des schémas prévisibles, avons-nous remarqué. Ils commencent par des mensonges… on commence en général par prétendre que c’est une Nouvelle Ere, et que les anciennes règles ne s’appliquent plus. Ensuite, on passe au stade de la farce… où le mensonge commence faire des siennes. Et finalement, tout se termine en désastre. On peut voir ce schéma se développer en Irak, par exemple, aujourd’hui. Ou durant la Seconde guerre mondiale… les mensonges d’Hitler — la supériorité raciale, le besoin de Lebensraum à l’est, etc. — ont rapidement été suivis de programmes absurdes et de retraites aux flambeaux… avant de se terminer à Stalingrad et à Berlin.

Les grands spectacles publics requièrent de grands mensonges. Les petits n’ont besoin que de minuscules bobards.

A suivre…

Meilleures salutations,

Bill Bonner
Pour la Chronique Agora

(*) Bill Bonner est le fondateur et président d’Agora Publishing, maison-mère des Publications Agora aux Etats-Unis. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (290 000 lecteurs), il intervient dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning. Il est également l’auteur des livres L’inéluctable faillite de l’économie américaine et L’Empire des Dettes

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