Un plan parfaitement insensé

| |

▪ Ce week-end, le secrétaire au Trésor US, Tim Geithner, a proposé aux ministres des finances du monde entier de limiter leurs excédents budgétaires à un pourcentage fixe du PIB.

Comment est-ce que ça fonctionnerait ? Pourquoi faire une chose pareille ?

A quoi est-ce que ça servirait ?

Oh, nous avions la ferme intention de répondre à ces questions. Et puis nous nous sommes dit : "pourquoi se donner tant de mal ?"

Tout ça n’est qu’un fantasme. Une hallucination. Et une escroquerie. Cela ne mérite pas une discussion sérieuse.

Geithner est le secrétaire au Trésor de la plus grande économie au monde. Il n’y a aucune preuve — absolument aucune — qu’il ait jamais réellement compris ce qui se passe. Ou s’il a compris, il ne s’est en tout cas jamais donné la peine de dire quoi que ce soit…

… au sujet de la crise du crédit… du désendettement… de la menace d’un excès de dette… et de tout ce qui s’est passé sur les trois dernières années.

Au lieu de ça, il n’a fait que réagir à cette crise à mesure qu’elle se développait — et toujours de la même manière : en tentant d’éviter tout grand changement ou perte pour les gens qui les méritent pourtant le plus. Bien entendu, les marchés signalaient clairement un besoin majeur de changement de direction. Les sociétés financières les plus grandes, et autrefois les plus profitables, des Etats-Unis étaient confrontées à la faillite… et des millions et des millions d’individus avaient de gros problèmes…

… mais Geithner ne comprenait rien à tout ça.

▪ Pourtant, c’est lui qui suggère désormais de nouvelles règles gigantesques que le monde entier devrait suivre. Des pays mettant une limite à leurs surplus ? C’est comme si un individu devait mettre une limite à la somme qu’il épargne.

A quoi est-ce que ça servirait ? Les épargnants seraient forcés de dépenser… ce qui est censé réduire la valeur de la devise qu’ils dépensent (en augmentant le côté "demande" de l’équation). Quelle devise dépenseront-ils ? Facile, celle qu’ils épargnent — des dollars !

Oh, ce Tim Geithner ! Quel petit malin. Limitez l’épargne et vous forcez les gens à dépenser des dollars… faisant baisser la valeur du billet vert, diminuant ainsi simultanément la valeur réelle de la dette extérieure américaine… et rendant les produits et services US plus attractifs aux yeux des acheteurs étrangers.

Eh bien, nous tirons notre chapeau à M. Geithner. Il a réussi à élaborer un plan impossible, qu’aucun pays étranger ne mettra sérieusement en place. En fait, c’est un plan insensé. Forcer les gens à dépenser de l’argent ? Vous plaisantez ? En fait, ça ne fait que montrer à quel point il ne comprend rien. Une vraie économie ne peut être commandée ou organisée avec des sabots aussi gros. Contrôles de prix, planification centrale, gestion gouvernementale des entreprises et des investissements — tout ça finit toujours par échouer.

Enfin… au moins, il essaie, n’est-ce pas ? On peut au moins lui reconnaître ça… à ce benêt.

Author Image for Bill Bonner

Bill Bonner

Bill Bonner est le fondateur et président d'Agora Inc., une maison d'édition publiant des lettres d'information confidentielles – probablement l'une des plus brillantes au monde. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (450.000 lecteurs... ), il intervient également dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning.

La passion de Bill Bonner pour la finance, les voyages et les grandes idées lui a permis d'engranger des succès incontestables pour son entreprise. Il a débuté en 1979, avec la publication des lettres d'information International Living et Hulbert's Financial Digest. Puis Agora Publishing a connu une croissance très importante, et s'est spécialisée dans la publication de lettres confidentielles sur la finance, la santé, le développement personnel et les voyages. Depuis le début des années 1990, Agora Publishing s'est encore développée. Le siège social est à Baltimore, mais aujourd'hui, Agora compte des bureaux à Paris, Londres, Waterford (Irlande), Melbourne, Johannesburg, Madrid et New-Delhi.

Agora compte aussi des maisons d'éditions se spécialisant dans la littérature classique et académique : Pickering & Chatto à Londres, et Les Belles Lettres à Paris.

Laissez un commentaire

En soumettant votre commentaire, vous acceptez de respecter nos politique de commentaire.