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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 06 décembre 2006
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*** Casino financier et roulettes truquées
Faites vos jeux, rien ne va plus au pays monétaire…
*** Un peu de nostalgie
Il y a encore des choses à dire sur l’or et le dollar…
*** Ecoutons les marchés
Et plus particulièrement les marchés des changes…
*** De grosses petites bulles (3)
Suite et fin de l’analyse pétillante de Bill Bonner sur les hedge funds
—————————– (publ.)
Assez d’attendre les profits ?
1 740,11% de gains cumulés au total sur le premier semestre 2006… Des gains de +50%… +69,77%… +67,86… +88,10% depuis début mai 2006… et des plus-values de 106,90%… 100%… 104%… 91,80%… 117,10% et même 679%… engrangées durant la première partie du 1er semestre 2006 !
Parfois, c’est encore le court terme le plus performant. Découvrez pourquoi…
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Bonjour,
*** CASINO FINANCIER ET ROULETTES TRUQUEES
** La hausse de l’euro face au dollar et au yen semble poser problème aux yeux des économistes de la vieille école. Cependant, nous ne partageons qu’à moitié leur préoccupation lorsqu’ils pointent du doigt la perte de compétitivité des entreprises européennes face à la concurrence asiatique ou américaine.
Nous ne vous apprenons rien en vous rappelant que 75% des échanges commerciaux sont intracommunautaires. Les pays qui refusent d’adopter l’euro (comme l’Angleterre, la Suisse ou la Norvège) calquent en fait leur politique monétaire sur celle de la BCE — et se montrent parfois plus intransigeants que les membres de l’UEM sur le respect de certaines normes budgétaires qui font encore débat au sein de l’Euroland 14 ans après la ratification du Traité de Maastricht.
Il convient également de relativiser l’impact d’un dollar faible sur le poumon de l’activité économique en Europe, puisque les services représentent 75% du PIB dans l’Euroland. La City de Londres ne s’est pas imposée comme le coeur financier du Vieux Continent parce que la livre sterling constitue le fer de lance d’une opération de dumping commercial, mais bien parce tout ce que la planète compte de multimillionnaires (et de multimilliardaires) peut y faire prospérer sa fortune personnelle en toute discrétion — et à l’abri des appétits du fisc britannique — tandis que l’ingénierie financière locale propose la gamme de produits de gestion la plus étendue.
Jusqu’au début du 21ème siècle, l’attractivité de la Suisse résidait dans le secret bancaire ; par ailleurs, la solidité de la devise helvétique a longtemps constitué un argument irrésistible aux yeux de ceux qui constataient, depuis le milieu des années 70, l’évaporation de la valeur du dollar, du franc français, de la peseta, de la lire italienne, du real brésilien ou du peso argentin (et ne parlons pas du rouble ou des monnaies des pays africains).
Le Luxembourg a détrôné la Suisse en matière de paradis fiscal. Si la pratique du secret bancaire s’y trouve théoriquement limitée par les réglementations communautaires, il s’avère très difficile d’y mener des investigations, dans la mesure ou les services de la prévôté (équivalents de la gendarmerie et des douanes) sont subordonnés au ministère des Finances du Grand-Duché — lequel tire l’essentiel de ses revenus d’institutions financières réputées pour leur discrétion et jalouses de leurs prérogatives.
Cela revient à demander au propriétaire d’un casino engrangeant des recettes un peu trop mirobolantes de charger son propre croupier d’enquêter sur le bon fonctionnement d’une roulette qu’ils auraient eux-mêmes équipée d’un frein.
De toute façon, les clients — qui portent rarement plainte contre l’établissement — ne viennent pas pour faire sauter la banque… mais pour le frisson que leur procure le jeu, ou le plaisir d’y brasser un argent qui ne saurait s’exhiber ailleurs que sur le tapis vert de discrets salons réservés aux poches profondes.
** Mais qu’il s’agisse de Londres, de Zurich ou de Luxembourg, tous les clients fortunés, ainsi que les plus grandes entreprises qui y détiennent des comptes, apprécient également l’efficacité et la large palette de produits de couverture des risques de change mis à leur disposition.
Ce sont des instruments efficaces sur du court terme, voire à un horizon de 18 mois. Cependant, ils sont inappropriés pour se prémunir d’une dégradation massive d’une devise comme le dollar s’il s’avérait qu’il doive rechuter sous les 1,3665/euro ou le seuil technique des 2,07 contre la livre sterling (soit 50% de hausse depuis son plancher des 1,382 $ du 9 juin 2001) : l’or représente le seul refuge efficace à long terme.
Et le billet vert a d’ailleurs bien failli enfoncer le seuil psychologique des 2,00 livres ce mardi vers 15h, puisqu’il a inscrit un plancher de 1,9815.
Nous ne savons pas si la chute du Dollar sous les 1,30/euros ouvre la voie à une dégringolade jusque vers 1,50, mais nous commençons à nous demander — après une bonne semaine d’errements pitoyables de part et d’autre du seuil des 1,33 — ce qui pourrait bien provoquer sa remontée au niveau de ses anciens supports de l’année 2006.
Nous ne lui demandons pas l’impossible, c’est à dire remonter vers 1,2750/euro — niveau qu’il avait brièvement atteint le 3 novembre dernier après la publication des chiffres de l’emploi pour le mois d’octobre et la bien singulière révision à la hausse des chiffres du mois de septembre (pour lesquels un doublement des effectifs serait plus proche de la réalité).
** Avec la publication de l’indice ISM des services, le dollar disposait d’une bonne occasion de se refaire une santé hier en fin d’après-midi. Les bourses européennes l’ont brillamment saisie, en clôturant en hausse de 1,15% en moyenne, soit +2% en 48 heures… mais le dollar est complètement passé au travers, et peine à ne pas enfoncer les 1,3340/euro.
Les gérants de portefeuilles se sont enthousiasmés pour le rapport d’activité publié par l’Institute for Supply Management (ISM). Son indice des directeurs d’achats non-manufacturiers pour les Etats-Unis est ressorti en hausse de 1,8 point, à 58,9 en novembre contre 57,1 en octobre — alors que les analystes anticipaient au mieux un score de 57. Il se rapproche ainsi du plus haut niveau observé depuis le mois de mai, soit un zénith de 60,1.
La prudente réserve des cambistes s’explique, selon toute vraisemblance, par l’impressionnant repli de 4,7% des commandes à l’industrie des Etats-Unis : il s’agit en fait de la plus importante baisse rendue publique par le département américain du Commerce depuis le mois de juin 2000 !
La révision du chiffre de la productivité américaine au troisième trimestre constituait également une déception. L’estimation initiale faisait état d’une stagnation, et les marchés anticipaient une réévaluation voisine de +0,5% : elle n’a en fait enregistré qu’une progression de 0,2%.
La situation semble assez confuse sur le front de l’inflation : si les coûts salariaux sont revus à +2,3% contre +3,8% au troisième trimestre, la composante "prix" rattachée à l’indice ISM fait un bond à +3,7% en rythme annuel.
** L’euro reste soutenu par des données conjoncturelles encourageantes : l’enquête mensuelle concernant l’activité non-manufacturière dans l’Eurozone (menée conjointement par NTC Economics et The Royal Bank of Scotland) a révélé une accélération de la croissance après quatre mois consécutifs de décrue. L’indice IDA des directeurs d’achats est ressorti à 57,6 au titre du mois de novembre, contre un plus bas en onze mois de 56,5 en octobre et 56,7 au mois de septembre.
Soutenu par un regain d’optimisme et la volonté d’occulter certains chiffres médiocres publiés dans l’après-midi outre-Atlantique, le CAC 40 enregistre une seconde séance de reprise consécutive — mais avec cette fois-ci des volumes plus convaincants, avec 6,1 milliards d’euros. Les 1,2% engrangés ce mardi portent son avance à 2% en 48 heures : la couleur du mois de décembre redevient "verte", comme cela a toujours été le cas depuis 15 ans — sauf douloureuses exceptions en 1994 et 2002.
L’Euro-Stoxx affichait +1,15% ; l’indice se hisse au-dessus du seuil psychologique des 4 000 points — et Madrid, qui continue de surperformer tous ses rivaux européens, engrangeait un gain de 1,35% : l’Ibex se retrouve de nouveau au-delà de la barre des 14 000 points.
Malgré tout, nous nous garderons bien de considérer les places européennes comme tirées d’affaire. Wall Street ne gagnait guère plus de 0,25% à la mi-séance mardi, et le CAC 40 est revenu un peu trop rapidement au contact de la résistance technique formée par la MM 50 (qui gravite vers 5 365 points), tandis que l’obstacle majeur des 5 400 points n’est pas loin.
Si le dollar ne menace guère les grands équilibres commerciaux — dans la mesure où il se maintiendrait entre 1,30 et 1,3665 d’ici la fin de l’année –, il permet aux gérants américains de matérialiser une plus-value supplémentaire de pratiquement 5% en un mois sur les valeurs libellées en euro. Ajoutez-y les 12% gagnés depuis le début de l’année tous indices confondus, et vous obtenez des conditions de ventes tout aussi avantageuses que celles qui prévalaient le 26 novembre dernier lorsque le CAC 40 culminait à plus de 5 500 points.
Et comme il n’est pas possible d’exclure une correction de l’euro d’ici 48 heures, après l’officialisation d’un nouveau — et bien inutile — tour de vis monétaire de la BCE à 3,5%, la tentation de s’alléger alors que le CAC 40 tutoie les 5 400 points pourrait être forte.
Philippe Béchade,
Paris
PS : Le dollar baisse et les marchés semblent se reprendre : comment réagir ? Philippe Béchade vous donne son avis sur la question — et ses recommandations — au 0899 707 009*.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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Nos spécialistes vous donnent les dernières nouvelles de Wall Street
*** UN PEU DE NOSTALGIE
** Il n’y a pas si longtemps, le dollar US était la première monnaie au monde. C’était la devise des champions — la devise d’Alan Greenspan, des marchés haussiers de Wall Street, des génies technologiques de la Silicon Valley, des campagnes militaires "Choc et Stupeur".
- Il n’y a pas si longtemps, tout le monde voulait avoir ces morceaux de papier vert symbolisant l’hégémonie américaine… et personne ne voulait d’or. Tandis que les banques centrales occidentales s’empressaient de se débarrasser de leurs réserves d’or, les seules personnes qui semblaient en vouloir étaient les mariées indiennes, les dentistes mexicains… et quelques journalistes financiers trop éduqués.
- On était en 1999… et c’est aussi cette année-là que la Chronique Agora a fait son apparition pour la première fois, sous la forme du Daily Reckoning américain, en tant que porte-parole tout juste audible d’un point de vue contrarien et d’une sagesse doutant d’elle-même. Il s’agissait d’une publication inconnue — circulant sur un média incertain, l’internet — offrant un message impopulaire : le dollar mérite de chuter, l’or mérite de grimper.
** Bien peu de lecteurs s’intéressaient à ce message en 1999, comme le rappelait récemment notre collègue Dan Denning :
- "On en rit aujourd’hui… mais à l’époque, c’était vraiment sinistre… Personne ne voulait acheter d’or, ou lire nos publications… sinon 10 000 lecteurs. J’imagine que ces lecteurs devaient se sentir acculés… coincés… au pied du mur… employez le mot que vous voulez. Les preuves qu’ils se trompaient s’accumulaient en première page des médias ; il ne leur restait plus que leur bon sens".
- "Puis le Daily Reckoning a commencé à paraître, comme une lumière dans la nuit… une étoile des Bergers… ou ‘un flambeau de bon sens’, comme l’a dit un de mes amis australiens. Et jour après jour, c’est devenu un petit cri de ralliement pour certaines choses — et contre certaines autres".
- "Je dirais que le reste appartient à l’histoire… Mais ce n’est pas tout à fait vrai. Bill Bonner a en quelque sorte établi son campement… dégainé son fusil de sniper éditorial… et a attendu les renforts… qui n’ont pas tardé à arriver".
- Addison Wiggin et Dan Denning faisaient partie des premiers "renforts". Votre correspondant californien est ensuite arrivé début 2001 pour grossir l’escadron américain de sceptiques du dollar… et d’apologistes de l’or. A partir de la fin 2002, ce sont Lorraine Amiel, puis Raphaël Garaud et enfin Philippe Béchade qui ont rejoint les rangs du côté français. Au cours des années qui suivirent, les rédacteurs de la Chronique Agora de par le monde ont écrit des millions de mots, rédigés des milliers d’essais et tenu des centaines d’interviews sur l’effondrement probable du dollar et la résurgence de l’or.
- Nous n’avons peut-être pas dit tout ce qu’il y avait à dire sur l’affaiblissement du dollar et le raffermissement du prix de l’or, cher lecteur… mais nous en avons probablement dit plus que certains lecteurs voulaient en entendre. Pourtant, nous ne sommes pas près de lâcher le sujet. En fait, nous n’en sommes qu’à l’échauffement.
- Les pronostics pour le dollar ne sont pas meilleurs aujourd’hui qu’ils l’étaient en 1999. Le potentiel de l’or n’a pas empiré. Cependant, le dollar demeure la devise de réserve mondiale, tandis que l’or reste un actif marginal, "non central". En d’autres termes, la lutte épique entre le dollar et l’or ne fait que commencer.
[NDLR : Et cette lutte pourrait produire des gains non négligeables pour les investisseurs avertis. Pour en profiter au maximum, suivez le guide... ]
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** ECOUTONS LES MARCHES
** Aujourd’hui, nous écoutons les marchés.
* Depuis octobre, le malheureux billet vert a chuté de 4% par rapport à l’euro et au yen. A présent, à 1,33 $ pour un euro, la devise US est à son plus bas en deux ans. Pour un Américain, Paris est devenu plus cher. Mais pour un Parisien, la Floride est devenue meilleur marché.
* Que nous dit le marché des changes ? Rien, peut-être. De temps en temps, les marchés croassent sans raison apparente. Mais parfois, ils chuchotent quelque chose d’important.
* Nous écoutons attentivement. Nous prêtons l’oreille. Nous penchons la tête. Qu’entendons-nous ?
* "Attention à la chute du dollar", déclare le magazine Fortune.
* Fortune n’avait pas besoin de nous le dire. Ce qui nous stupéfie, avec le dollar, ce n’est pas qu’il perde sa valeur, mais qu’il en ait encore. Le déficit commercial américain frôle les 1 000 milliards de dollars. Jamais aucun pays ne s’était trouvé dans le rouge pendant aussi longtemps. Pour chaque dollar de production, le pays perd environ huit cents. Pour chaque 100 $ de films, bulldozers et têtes de bétail vendus par les Etats-Unis, le pays en dépense 108 $ pour des télés grand écran, de l’huile et des sushi d’importation. Une vraie entreprise aurait fait faillite il y a bien longtemps.
* Mais les Etats-Unis ne sont pas une entreprise. Il s’agit de la plus grande économie au monde, ayant la plus grande quantité d’armes nucléaires de la planète. Ils garantissent également la mondialisation du 21ème siècle, et fournissent le moyen d’échange le plus commun — le dollar US mentionné ci-dessus. L’économie américaine et sa devise sont au cœur même du nouveau cycle impérial qui domine les marchés mondiaux depuis le début des années 90.
* "Oui, mais le dollar est le maillon faible", murmurent les marchés des changes. "Les étrangers n’ont pas besoin de le conserver dans leurs coffres. Et ils n’ont pas à l’accepter à 1,33 $ par euro ou 650 $ pour une once d’or".
* Ah, voilà bien le problème, n’est-ce pas ? Les Etats-Unis peuvent installer des gouvernements fantoches dans des trous perdus au Tiers-Monde ; ils peuvent déchaîner n’importe quelle force militaire conventionnelle sur la planète entière — mais ils ne peuvent forcer les investisseurs à prendre le dollar au pair.
** Pour l’instant, personne ne semble particulièrement inquiet de la baisse du dollar. Au lieu de cela, Ben Bernanke se concentre sur les menaces d’inflation, et sous-entend qu’il va augmenter les taux. Bien entendu, cela aiderait à soutenir le dollar. Henry Paulson continue de parler de la "politique de dollar fort" instituée par Robert Rubin, à qui il a emboîté le pas à Goldman Sachs, et qu’il suit désormais au département du Trésor US.
* "Peu de risques pour les USA alors que le dollar s’affaiblit", déclarait un titre du International Herald Tribune ce week-end. La plupart des experts politiques américains considèrent le déclin du dollar comme une bonne chose, nous explique le journal. Cela rend les vacances en Floride moins chères pour les Européens, ce qui augmente les revenus du tourisme. Et cela rend encore meilleur marché les produits General Motors et Ford ; de bonnes nouvelles pour les usines de Detroit.
* Même Nancy Pelosi, future porte-parole de la chambre basse du Congrès US, n’a rien de mauvais à dire de la chute du dollar. En fait, elle pense que le dollar devrait chuter — en particulier par rapport au yuan chinois. Le yuan, d’après elle, est artificiellement élevé, ce qui maintient artificiellement les importations chinoises bon marché, et met ainsi artificiellement les travailleurs américains au chômage.
* Nous faisons une petite pause pour réfléchir. Nous nous posons des questions. A quelle espèce, à quel royaume, à quel embranchement appartiennent ces gens ? Nancy Pelosi marche sur deux jambes tout comme nous — elle doit donc être vertébrée. Elle inspire et expire. On dit d’elle que c’est un mammifère à sang chaud. Mais alors… qu’est-ce qui ne va pas chez elle ?
* Toutes les devises du magnifique système monétaire international basé sur la confiance sont gérées ; elles sont donc manipulées par leurs gestionnaires. Par conséquent, elles sont artificielles, parce que la Nature n’aurait jamais pu créer toute seule un morceau de papier comme le dollar US et faire en sorte qu’il vaille très précisément 650 $ pour une once d’or. Tant le dollar que le yuan ont été créé artificiellement, et sont désormais artificiellement valorisés par des manipulations de toutes sortes : taux de prêt des banques centrales, interventions sur les marchés des changes, restrictions de capitaux, barrières commerciales, etc. Valorisée aujourd’hui à 640 $ environ, une once d’or pourrait en valoir 670 demain ; qui sait ?
* Toutes ces inventions artificielles — associées aux mouvements naturels des marchés eux-mêmes, nourris par les illusions, les méprises et la profonde ignorance des investisseurs — sont les facteurs déterminant le prix actuel des devises. Qu’un économiste affirme que l’une d’entre elles est "trop haute" ou "trop basse" — voilà le genre de supposition qui fait rire les marchés. Mais lorsqu’une future porte-parole du Congrès US fait une telle déclaration, ce sont les dieux eux-mêmes qui doivent se rouler par terre en se tenant les côtes.
* Nous écoutons attentivement pour obtenir l’opinion des marchés des changes. Que pensent-ils de cette femme ? "C’est une crétine", murmurent-ils.
* Le point de vue de Mme Pelosi ne concerne pas le prix "correct" de la devise — si une telle chose existait. Ce n’est qu’un vain souhait ; elle pense que le monde se porterait mieux si le yuan n’état pas si bon marché. Pourquoi ? Parce qu’alors, les produits américains seraient moins chers à acheter pour les Chinois… et les produits chinois seraient plus chers à acheter pour les Américains. Cela aurait pour effet de réduire le déséquilibre économique entre les USA et la Chine. Mais en quoi les gens s’en trouveraient-ils mieux ? Chaque augmentation du yuan entraînerait une augmentation des prix chez Wal-Mart. Les prix bas le seraient un peu moins le lendemain. Qui paie ces prix ? Eh bien, ceux-là même qui votent pour Nancy Pelosi.
* A nouveau, nous nous tournons vers les marchés monétaires pour le verdict :
* "Ne vous inquiétez pas, le yuan va grimper par rapport au dollar… mais les Américains n’apprécieront guère".
* Le marché des changes nous dit que le dollar baisse. Bernanke et Paulson nous disent que le dollar n’a rien à craindre. Pendant ce temps, le marché obligataire nous dit de ne faire attention ni à Pelosi, ni à Bernanke, ni au marché des changes. Les rendements obligataires dans leur ensemble chutent. Si l’inflation ou la baisse du dollar était une véritable menace — les investisseurs obligataires ne le voient pas.
* "Oubliez la chute du dollar", déclare les acheteurs obligataires. "Ce qui chute, c’est l’économie américaine".
* Le marché obligataire a peut-être raison. La croissance du PIB US a décliné, passant de 2,6% au second trimestre à 2,2% au troisième. La semaine dernière, on a appris la première baisse de l’industrie manufacturière américaine en trois ans. L’immobilier US est fatigué, et se fatigue plus encore, apparemment. Et à présent — grâce à la baisse du dollar — le pétrole grimpe à nouveau, avec +7% sur les deux dernières semaines. A la pompe, le carburant augmente. Et la courbe des rendements est toujours inversée — ce qui constitue traditionnellement un bon indicateur avancé de récession.
* Dans ces circonstances, il semble peu probable que la Fed puisse soutenir le dollar grâce à des taux d’intérêt plus élevés. Donc si le dollar continue de chuter… attention dessous !
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Il y a quelques mois de cela, la donne financière a radicalement changé… et les conséquences commencent seulement à se faire sentir.
Cinq en particulier représentent un danger immédiat pour votre portefeuille… tandis qu’une autre pourrait vous rapporter des profits à trois, voire quatre chiffres.
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*** La Chronique Agora présente ***
La Chronique Agora présente : Bill Bonner nous présentait hier soir la dernière arme secrète des gestionnaires de hedge funds : les CPDO (Constant Proportion Debt Obligation). Censée protéger les investisseurs des défauts de paiement, il se pourrait que cette arme soit à double tranchant…
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DE GROSSES PETITES BULLES – 3ème PARTIE
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Par Bill Bonner (*)
Les savants fous des grandes sociétés d’investissement inventent des produits dérivés complexes… leur donnent un petit coup de jus… et voilà que ces créatures monstrueuses s’éveillent à la vie. Avant qu’on ait pu réagir, les génies des hedge funds construisent d’immenses maisons à Greenwich, dans le Connecticut — et des milliards… non, des milliers de milliard de dollars partent en CPDO et autres, entre les mains d’acheteurs qui ne comprennent pas tout à fait les équations compliquées sur lesquelles s’appuie le contrat… et qui (mais ce n’est qu’une supposition) seront surpris lorsqu’ils finiront par s’en rendre compte.
Si vous savez manier les chiffres, vous pouvez protéger votre investissement, au moins partiellement. Mais cela implique d’ordinaire de prendre une position à l’opposé du poids énorme des capitaux d’investissement. Vous pouvez également trouver des moyens de gagner plus d’argent que vos pairs plus lents — à nouveau en faisant les choses un peu différemment. Mais ni la magie financière… ni les instruments complexes… ne peuvent protéger un marché tout entier. Le marché ne peut pas se protéger de lui-même. Plus il y a de gens montant à bord d’une plate-forme d’investissement — qu’il s’agisse de produits dérivés, de dot.com ou de dirigeables — plus cette dernière grince et craque, et plus il y a de dégâts lorsqu’elle finit par céder.
Les acheteurs du CME, le Chicago Mercantile Exchange, ne semblent pas s’en apercevoir. Google, la toute dernière valeur technologie en vogue fin 2006, s’échange à un PER de 36… alors que le CME est à 51. Le CME, c’est là qu’on échange les futures et les produits dérivés. La valeur est sortie il y a trois ans de cela à 39 $. Depuis, elle a été multipliée par 14, pour atteindre plus de 550 $. A New York, pendant ce temps, la moitié du volume quotidien du NYSE provient du trading des hedge funds. Le titre est aussi en pleine forme, coté à 10 fois les ventes, 119 fois les bénéfices flottants et 46 fois les bénéfices anticipés.
Si vous voulez faire des profits grâce aux fonds de couverture, le meilleur moyen d’y parvenir est de devenir gestionnaire de l’un d’entre eux. Et si vous voulez vraiment vous y plonger tout en gardant votre dignité, vous pouvez envisager d’investir dans une société de hedge funds. Au moins deux d’entre elles cotent sur le marché londonien.
Cependant, les fonds de couverture sont censés pouvoir produire des revenus supérieurs tant pour les investisseurs que pour les gestionnaires. Mais si c’était vraiment possible, pourquoi les gestionnaires voudraient-ils échanger leurs actions contre du liquide ? Que feront-ils avec cet argent ? Iront-ils l’investir dans le hedge fund de quelqu’un d’autre ? Cependant, alors que les rendements chutent… et que les clients commencent à poser des questions… de plus en plus de professionnels ès hedge funds voudront probablement sortir tant que les choses sont favorables. A mesure que les fonds deviennent moins profitables, en d’autres termes, ils seront vendus à des étrangers qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.
Puis, un jour ou l’autre — et peut-être bientôt — un sommet sera atteint dans le cycle du crédit. La mère de toutes les bulles finira par exploser, et les "grosses petites bulles" de l’industrie financière feront de même. Le Dow baissera — et le dollar aussi. Les junk bonds couleront à pic. Les constructeurs immobiliers de Greenwich réaliseront que leurs téléphones ne sonnent plus aussi souvent. Le NYX et le CME s’effondreront. Et 5 000 gestionnaires de hedge funds se retrouveront à la rue… à la recherche de la prochaine grande vague. Quand est-ce que tout cela se passera ? Comment ? Nous n’en savons rien. Mais nous supposons que lorsque l’histoire de ce cycle de bulle sera enfin terminée, les produits dérivés y laisseront leur marque… comme le Hindenburg dans l’histoire de Zeppelin… ou Trafalgar dans la vie de Napoléon Bonaparte.
Meilleures salutations,
Bill Bonner
Pour la Chronique Agora
(*) Bill Bonner est le fondateur et président d’Agora Publishing, maison-mère des Publications Agora aux Etats-Unis. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (290 000 lecteurs), il intervient dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning. Il est également l’auteur des livres L’inéluctable faillite de l’économie américaine et L’Empire des Dettes
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