Un boom en bonne voie

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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 29 janvier 2007
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*** Vague de froid
Les marchés dégringolent de quelques dizaines de degrés…

*** Un boom en bonne voie
Le secteur des services pétroliers a encore de beaux jours devant lui…

*** Ceux qui ont, recevront plus
Titrisation, private equity et soldats américains…

*** Un vent d’altermondialisme souffle-t-il sur Davos ? (1)
Philippe Béchade remet les pendules à l’heure !

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COMMENT INVESTIR AUJOURD’HUI ?

Eh bien… nous n’avons pas de recette miracle, mais…
… que pensez-vous d’un système qui dépasse les 22% de croissance annuelle moyenne depuis 2003… en accumulant des gains de 74%, 53,8%, 43,17%, 60%… et bien d’autres encore !

Pour tout savoir…

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Bonjour,

*** VAGUE DE FROID

** Vague de froid… sur les marchés aussi, fin de semaine dernière. La météo n’est pas la seule à avoir viré au mode "hivernal" ces derniers jours — et la séance de vendredi a apporté avec elle une grêle de clôtures négatives.

Honneur à notre indice national : le CAC 40 a terminé vendredi à 5 582,30 points, soit une baisse de 0,48% sur la journée, et un refus caractérisé de rester au-dessus des 5 600 points. Dans le reste de l’Europe, même chanson négative : -0,57% à Londres pour le FTSE, et -0,44% pour le DAX à Francfort.

De l’autre côté de l’Atlantique, on était tout de même plus en forme. Le Dow Jones, au final, a terminé sur une petite perte de 0,12%, à 12 487,02 points. Le Nasdaq, quant à lui, a même réussi à grappiller une petite hausse, clôturant sur un gain de 0,05% à 2 435,49 points. Enfin, le S&P 500 a achevé la semaine sur une petite glissade, perdant 0,12% à 1 422,20 points. Attention au verglas…

** Ce qui a motivé cette journée plus que mitigée, ce sont les chiffres des ventes de logements neufs aux Etats-Unis. On se croirait revenus quelques mois en arrière, cher lecteur — lorsque les investisseurs guettaient avec fièvre les moindres soubresauts de l’immobilier US et leur effet potentiel sur la politique obligataire de la Réserve fédérale.

Vendredi, le département du Commerce US a donc annoncé une hausse des ventes de logements neufs de 4,8% le moins dernier, à 1,12 millions d’unités — c’est la plus forte hausse depuis avril 2006, et c’est plus que ce qu’attendait le consensus… Ce chiffre risque donc de peser sur la décision de Ben Bernanke concernant une prochaine baisse (ou non) du taux directeur.

Evidemment, le dollar et l’obligataire ne sont pas restés insensibles à cette annonce. Le premier a terminé en hausse par rapport à l’euro : il faut désormais 1,2913 $ pour acheter une de nos jolies pièces bicolores frappées du chiffre 1.

Du côté des T-Bonds, on a noté une nette tension également. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans ressort ainsi à 4,89%, se tendant d’un point de base.

** Notons aussi que le métal jaune en a profité pour se relaxer un peu ; l’once d’or a terminé en baisse au second fixing de Londres, à 645,5 $.

Inutile de vous le rappeler, l’or sert en général de refuge et d’abri lorsque les investisseurs sentent que les choses vont se gâter. La bonne performance des commandes de biens durables aux Etats-Unis (+3,1% en décembre) aura peut-être convaincu que les lumpeninvestisseurs que — quoi qu’en disent les tristes figures comme votre correspondante et toute sa fine équipe — tout va bien dans le meilleur des mondes… et que par conséquent, nul besoin de se couvrir contre un quelconque risque…

** Enfin, en ce qui concerne le pétrole, la récente chute des températures a entraîné — bien entendu — une hausse du cours du brut : à New York, le baril de WTI valait 55,42 $ à la clôture vendredi.

Françoise Garteiser,
Paris

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Notre correspondant américain nous donne les dernières nouvelles des matières premières

*** UN BOOM EN BONNE VOIE

** Schlumberger (SLB), le géant des services pétroliers, a annoncé des bénéfices qui ont littéralement explosé les prévisions des analystes. Les résultats opérationnels du quatrième trimestre montrent une augmentation de 13% sur la période… et de 77% par rapport à la même époque l’an dernier

- Grâce à une présence dominante dans l’exploration et le développement de projets gaziers et pétroliers dans le monde entier, la direction prévoit de continuer la croissance vigoureuse de ses ventes pendant encore plusieurs années, bien qu’à un rythme en décélération. L’entreprise engrangera des marges impressionnantes sur ses ventes, représentant la récompense graduelle d’années d’investissements lourds dans des technologies pétrolières de pointe, bien représentées par exemple par WesternGeco, sa division sismique 3D.

- Etant donné que SLB s’échange à environ 16 fois les estimations de 2007, les investisseurs restent sceptiques quant au volume et à l’évaluation des futures activités de Schlumberger, anticipant une érosion constante des investissements dans les projets de champs de pétrole de par le monde.

- Je pense qu’au fil du temps, le consensus reconnaîtra l’effet positif inhérent à cette activité, et fera grimper la valorisation de l’action en conséquence. Le conseil de Schlumberger a autorisé une augmentation de 40% de son dividende trimestriel. Augmenter un dividende trimestriel est l’un des messages les plus forts qu’une entreprise puisse émettre quant aux perspectives de long terme de son activité, surtout quand elle est au beau milieu d’une poussée de croissance.

- Alors pourquoi est-ce que je ne recommande pas d’investir dans SLM, pour l’instant ? Parce que la valeur ne s’échange pas encore assez bon marché par rapport à mon estimation de sa valeur intrinsèque. Pour un investisseur de long terme, le rendement repose en général bien plus sur le prix payé pour une action que sur l’exactitude des prévisions. Néanmoins, les investisseurs dans le secteur de l’énergie doivent prêter attention à cette entreprise. Tous les trimestres, la direction de Schlumberger fournit des aperçus de la santé du secteur des services pétroliers, et ces informations sont essentielles pour qui veut investir dans ce secteur.

** Le plus grand inconvénient de Schlumberger, c’est son exposition aux forages de gaz naturel d’Amérique du Nord. N’importe quelle action liée de près ou de loin à ce secteur a pris une volée de bois vert ces dernières semaines. Plus spécifiquement, on craint une détérioration plus grave encore dans l’activité de forage de gaz naturel au Canada.

- Mais je ne pense pas que ces craintes aillent en s’aggravant. En fait, je pense que le ralentissement des activités de forage réduira directement l’offre future, causant un nouveau pic des prix du gaz naturel et créant ainsi une base pour les futures activités de forage.

- Au cours de l’année 2007, on verra probablement se développer une pénurie de plates-formes de forage dans le Golfe du Mexique. Cela portera un coup majeur à la production gazière des Etats-Unis, dans la mesure où une bonne partie d’entre elle provient du Golfe. Pour compenser la situation de l’offre, de plus en plus de gaz sera consacré à réchauffer les sables pétrolifères en Alberta, loin des pipe-lines à destination des Etats-Unis. Enfin, la hausse de production d’éthanol basé sur le maïs, financée par l’Etat, augmentera encore la demande de gaz naturel dans le Midwest, où on en brûle durant le processus de distillation.

- Pour en revenir à Schlumberger, la direction a communiqué quelques points clé concernant les prochaines années de croissance dans l’offre mondiale de pétrole. Selon eux, la production en eaux profondes du Golfe du Mexique n’entrera pas dans sa phase de développement avant 2015. Ils ont également déclaré que le simple fait de maintenir les niveaux mondiaux actuels de production d’hydrocarbures, alors que les taux de déclin s’accélèrent, exigera des investissements énormes et prolongés de la part de tous les grands producteurs. Le monde réalise que l’ère du pétrole bon marché a pris fin, et Schlumberger se prépare à un long boom.

- Les clients de Schlumberger incluent les Saoudiens et les Russes — Schlumberger a donc répondu à quelques questions concentrées sur les activités dans ces régions importantes. Il y a une dizaine de jours, le ministre du Pétrole saoudien Ali al-Naimi a répété que le Royaume pouvait étendre sa production pétrolière de près de 40% d’ici 2009. Que nous croyions à ces propos ou non, il faudra investir des dizaines de milliards de dollars dans toute la chaîne de production pétrolière.

- On dirait que le boom du forage a encore de belles années devant lui.

[NDLR : Nul n'en est plus persuadé que Sylvain Mathon, spécialiste des matières premières... et ses conseils pourraient vous aider à profiter de ce boom, qui s'annonce spectaculaire. Pour en profiter vous aussi, il suffit de continuer votre lecture.]

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** CEUX QUI ONT, RECEVRONT PLUS

** Ceux qui ont — recevront plus.

* La couverture du journal Barron’s la semaine dernière — intitulée "Riche/Pauvre" — illustre notre thème.

* Aux Etats-Unis, les 1% au sommet de l’échelle possèdent désormais 190 fois la richesse de l’Américain moyen. Ce ratio a grimpé — il était de 131/3 en 1983. La raison principale à cela, c’est que la "nouvelle inflation", ces vingt dernières années, est passée dans les actifs financiers, non dans les prix à la consommation. Grâce à l’argent facile, des investisseurs peuvent acheter des entreprises qu’ils ne comprennent pas vraiment, avec de l’argent qu’ils n’ont pas vraiment, et probablement pour plus cher qu’elles ne valent vraiment.

* Les autorités gouvernementales US, dans leur infinie sagesse, ne déclarent plus les chiffres du M3, la masse monétaire américaine. Adrian van Eyck, cependant, suppose qu’elle augmente à un rythme de 10% environ. Selon lui, rien qu’en 2007, 1 000 milliards de dollars d’"argent" supplémentaire seront injectés dans le système.

* C’est également la raison pour laquelle les gens contrôlant l’accès à l’argent — les gens gérant les sociétés financières — gagnent autant. Goldman Sachs, par exemple, n’a jamais été si profitable.

* C’est également la raison pour laquelle le jeu le plus populaire de ce grand casino, c’est le private equity, ou financement par capitaux propres.

* Nous avons un exemple personnel à fournir. Un de nos vieux amis nous a annoncé avoir vendu son entreprise, qu’il avait lancée depuis chez lui il y a 35 ans de ça, quasiment sans soutien financier — un véritable exemple de la réussite à l’américaine.

* A présent, notre ami a la soixantaine ; que peut-il faire ? Il aurait pu gérer sa société lui-même pendant encore 10 ans environ… il aurait pu la transmettre à sa famille. Au lieu de ça, il l’a vendue — pour 140 millions de dollars.

* A qui a-t-il vendu ? Quelqu’un se trouvant dans le même secteur ? Un autre entrepreneur ?

* Non. Il a vendu à un groupe d’investisseurs qui — pour autant que nous puissions en juger — n’ont guère d’expérience dans le secteur.

* Voilà, cher lecteur, comme le monde financier fonctionne à présent. Notre ami était riche, avant de vendre. Désormais, il est très riche… et son entreprise a été "titrisée". Désormais, c’est un actif financier, prêt à être tranché, découpé en petits morceaux, "re-packagé", chargé de dettes, transformé en effet de levier puis en produits dérivés, et échangé sur les marchés comme s’il s’agissait d’un Jackson Pollock mis aux enchères devant un public d’aveugles.

* Imaginons que l’entreprise a gagné 10 millions de dollars l’an dernier. Mais à présent — lorsqu’elle sera introduite en bourse — elle atteindra probablement une capitalisation boursière de plus de 200 millions de dollars. Les actions du Dow s’échangent à un PER moyen de 21 ; même à 200 millions, la valeur serait une bonne affaire. Le PDG et les principaux cadres auraient des stock options. Les venture capitalists… les banques d’investissement… les stratégistes et les analystes… auraient tous droit à une part du gâteau.

* Et où est-ce que le groupe d’investissement a obtenu l’argent pour acheter cette entreprise ? Ils l’ont probablement emprunté — si bien qu’on a gagné de l’argent là aussi… on en a re-gagné en refinancant le prêt… puis on en a gagné une fois encore lorsque cette dette refinancée a été mise dans des produits dérivés… contre lesquels des swaps ont été achetés et vendus.

* Tout cela fait tourner notre pauvre tête. Sur cette seule entreprise… cette unique source de revenus… toute une industrie de brasseurs d’argent peut se mettre au travail.

** Ah… le salaire de la vanité…

* "Qui diable nous tire dessus ?" veut savoir un sergent américain. Cité dans l’International Herald Tribune, le sergent Biletski est sous pression. Lui et ses hommes essayaient de mener une opération à Bagdad. Ils tentaient de supprimer des "insurgés", mais ils ne savaient pas qui étaient les insurgés… où ils se trouvaient… ni ce qu’ils faisaient. Les Sunnites leur tiraient dessus. Ou les Chiites. Ou l’armée irakienne. Ou juste des gens lassés de voir leur porte enfoncée par des étrangers. Tout ce que savaient les soldats américains, c’est que les gens semblaient leur tirer dessus de toutes les directions… et que leurs alliés irakiens avaient disparu.

* "Cet endroit est un échec", suggère Biletski.

* S’il n’y avait pas de tués et de blessés, toute cette affaire serait une farce. Les Etats-Unis ont envahi le pays par pure vanité ; il leur suffirait de renverser le vilain Saddam pour que les blanches colombes atterrissent un peu partout au Moyen-Orient. Et à présent, le pauvre sergent Biletski, envoyé dans un endroit affreux pour y faire un travail affreux, découvre la vérité.

* Et même les partisans de la guerre essaient de se laver les mains de toute l’affaire…

* "Moi, en ce qui me concerne, j’ai perdu toutes mes illusions quant aux rêves de transformer la société irakienne en commençant par le sommet", déclare David Brooks dans le New York Times. Les faucons aveugles déclarent qu’ils passent désormais à de nouvelles illusions.

* Voilà comment ça marche. Les mouches du coche ne mènent pas leurs propres guerres. C’est aux autres de s’y coller. Et que les autres paient les impôts, aussi. Ensuite, lorsque toute l’aventure se termine inévitablement mal, les mouches passent à autre chose.

* Les soldats… les contribuables… les électeurs — quelqu’un doit porter les valises.

* Sergent Biletski, à vous de vous débrouiller tout seul, maintenant.

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Le plus court chemin vers les plus-values
Cette forme d’investissement permet d’accumuler rapidement et simplement les plus-values.

Elle a déjà permis d’engranger 155% de gains cumulés en à peine deux mois…
qu’attendez-vous pour en profiter ?

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*** La Chronique Agora présente ***

Comme promis vendredi, la suite des méditations de Philippe Béchade sur le développement planétaire. Au menu aujourd’hui : inégalités et climat.

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UN VENT D’ALTERMONDIALISME SOUFFLE-T-IL SUR DAVOS ? — 1ère PARTIE
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Par Philippe Béchade (*)

Le BIT dénombre 195,2 millions d’individus répondant au statut de chômeur, soit un taux global de 6,3%. Cependant, rien qu’en France, ce sont près de deux millions de sans-emploi ou de "mal employés" qui disparaissent par la magie du retraitement des statistiques de l’Unedic ; un vif débat droite/gauche se profile à l’Assemblée Nationale au cours des jours prochains !

Le gouvernement est soupçonné par l’opposition d’avoir fait pression ces derniers jours sur l’INSEE afin qu’elle retarde, pour des raisons "techniques", la publication des statistiques relatives aux créations d’emplois : les montants annoncés seraient très éloignés de ceux annoncés par Thierry Breton et Jean-Louis Borloo.

Certes, les services à la personne ont connu un développement exponentiel… mais de nombreux postes continuent de disparaître dans le tertiaire et dans l’industrie, victimes d’une véritable hémorragie en direction des pays offrant une main d’oeuvre à bas coût.

Une des grosses ficelles tricolores à usage cosmétique consiste à éliminer des statistiques du chômage les personnes suivant un cycle de formation — qui peut ne durer que 48 heures, pourvu que ce soit entre le 28 et le 31 du mois… mais qui n’ont aucune chance de retrouver un emploi dans leur filière d’origine ou dans celles qui leur sont proposées. Le statut de pré-retraité, d’autre part, se prête particulièrement bien à l’effacement de lourds contingents d’actifs potentiels, aux compétences ne nécessitant aucune remise à niveau !

Alors imaginez la fiabilité des statistiques du chômage dans des pays où les gouvernants peuvent manipuler sans vergogne les chiffres officiels au gré d’objectifs tels que des élections législatives, ou une candidature à un statut d’adhérent privilégié à l’OMC — il faut en effet respecter certaines normes de développement et autres critères qualitatifs du BIT puis s’engager à promouvoir, autant que faire se peut, l’application des Droits de l’Homme.

Un fort taux de chômage planétaire et une concurrence féroce entre travailleurs bénéficiant — ou non — d’un embryon de couverture sociale garantit l’acceptation d’un système basé sur des bas salaires, une chasse perpétuelle aux gains de productivité, des restructurations, des compressions d’effectifs, des "campagnes de motivation" internes, des outils d’évaluation individuels inquisitoriaux recourrant à des critères quantitatifs apparentés à ceux en vigueur dans l’élevage agricole permettant d’éliminer au fil de l’eau les 20% les moins performants à un instant T.

L’effet de levier du système capitaliste permet de transformer une croissance de 3% en un retour sur investissement de 15% — et une hausse des profits de 15% en hausse de 30% du cours de bourse… lequel pourra allègrement doubler en cas de rumeur d’OPA ou de LBO.

Les 2 500 participants au Forum de Davos (qui vient de souffler ses 36 bougies) n’ont jamais cessé jusqu’à présent d’affirmer leur foi dans un progrès économique continu lié à la croissance et à la technologie, convaincus d’oeuvrer pour le bien commun. Mais ne serait-ce pas plutôt le bien d’une élite de l’élite louant des suites à 1 000 francs suisses la nuit durant toute la semaine que dure la manifestation ?

Ils plébiscitent cette "pensée unique" qu’Alain Minc a résumée d’une formule définitive : ce n’est pas la pensée qui est unique, mais la réalité.

Prenons-le au mot : la réalité, c’est un climat en cours de réchauffement rapide, ce sont des pluies acides et des réserves d’eau potable devenues inconsommables (pollution des nappes d’eau souterraines), ce sont des régions entières ravagées par des incendies incontrôlables (Australie, Californie, Malaisie, Portugal, Indonésie, Espagne).

Ce sont aussi des tempêtes de sable — combinées avec les émissions de gaz toxiques industriels — qui perturbent l’activité de centaines de millions de personnes en Chine : les affections pulmonaires tuent par dizaines de milliers. Certains experts consultés par les autorités de Pékin s’attendent d’ici 10 ans à l’afflux vers les grandes villes de 150 millions d’"exilés écologiques", qui viendront s’ajouter à autant de paysans abandonnant les campagnes pour cause de rationalisation de la production, puis aux 150 millions de chômeurs structurels constatés aujourd’hui.

Imaginez une masse d’individus, supérieure à la totalité de la population de l’Europe et de la Russie réunies, se retrouvant sans emploi en Chine à l’horizon 2015/2020… alors que 300 millions de Chinois aisés (en plus du milliard de laissés pour compte) consommeront autant d’énergie fossile et pollueront autant que les 300 millions d’Américains en 2006 !

La suite dès demain…

Meilleures salutations,

Philippe Béchade
Pour la Chronique Agora

(*) Philippe Béchade rédige depuis 10 ans des chroniques macro-économiques quotidiennes ainsi que de nombreux essais financiers. Intervenant quotidien sur BFM depuis mai 1995 et il est aussi la "voix" de l’actualité boursière internationale sur RFI depuis juin 2002. Analyste technique et arbitragiste de formation, il fut en France l’un des tous premiers "traders" mais également formateur de spécialistes des marchés à terme.

Vous pouvez également retrouver Philippe Béchade quotidiennement au 0899 707 009* : il vous y livre une analyse complète de la séance en cours, ainsi que ses meilleures recommandations du jour.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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