La Turquie, le vrai vainqueur de la guerre en Irak

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▪ Il semble que le grand vainqueur de la guerre américaine en Irak sera finalement la Turquie. C’est ironique parce que la Turquie s’était opposée à cette guerre. Néanmoins, un article paru il y a quelques jours dans le Financial Times me donne raison — je viens de rentrer d’un séjour dans ce pays :

"Un nouveau candidat est apparu comme le véritable vainqueur de la guerre d’Irak. 10 ans après que la Turquie a déclenché la fureur Washington en bloquant le déploiement des troupes américaines à travers son territoire pour l’invasion de 2003, ses hommes d’affaires se révèlent être les plus forts dans la bataille pour le marché irakien".

Lorsque j’étais sur place, je m’étais déjà rendu compte que la Turquie tirait profit de la reprise en Irak. Il est difficile de contester les chiffres — que nous verrons plus loin. Notre thème d’investissement sur la Turquie s’approfondit. En outre, j’ai trouvé une nouvelle idée pour investir dans la région, je vais vous en parler plus loin.

D’abord, les chiffres : au cours des 10 dernières années, les exportations turques vers l’Irak ont augmenté de 25% par an pour atteindre 10,8 milliards de dollars en 2012. L’Irak représente aujourd’hui le deuxième marché pour les exportations turques après l’Allemagne. Alors que l’Irak exploite ses riches réserves de pétrole et que son économie se développe, sa demande de marchandises turques augmente elle-aussi. En outre, la reconstruction de l’Irak représente un marché de 3,5 milliards de dollars pour les entrepreneurs turcs. Les deux plus gros projets en Irak sont des projets énergétiques et c’est une entreprise turque, Calik Energy, qui les a emportés.

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La plupart des entreprises turques proviennent des régions du nord de l’Irak, contrôlées par les Kurdes. La croissance est rapide. Le Financial Times a écrit un article à propos d’un conglomérat détenu par une famille à Gaziantep, au sud de la Turquie. Les ventes ont augmenté de 50% à 60% au cours des deux dernières années. L’entreprise affirme qu’elle possède les deux tiers du marché des couches en Irak. Elle est également leader dans les olives. Le FT cite aussi plusieurs hommes d’affaires turcs qui se réjouissent de leurs activités en Irak.

Lire cet article m’a rappelé une conversation que j’ai récemment eue avec Tim Steinle, gestionnaire de portefeuille chez U.S. Global Investors. Et c’est là où nous en venons à mon idée.

▪ Le pétrole irakien va-t-il devenir turc ?
Tim gère l’Eastern European Fund (EUROX), qui possède presque 20% de ses actifs dans des entreprises turques. Selon lui, la Turquie va bénéficier de l’ouverture des champs pétroliers du nord de l’Irak.

"Aussi peu vraisemblable que cela paraisse, cela va forcément arriver", m’a-t-il expliqué. "Les sceptiques n’ont jamais cru que le pétrole de la Mer Caspienne, sans accès aux océans, pourrait parvenir jusqu’aux marchés mondiaux. Pourtant, un pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan permet cela aujourd’hui. Le gouvernement régional du Kurdistan a encouragé un plan pour construire un pipeline de deux millions de barils par jour passant par la Turquie".

Tim possède Genel Energy dans son fonds, une entreprise dont le siège se trouve en Turquie et qui opère dans le Kurdistan irakien. (Elle est cotée à la Bourse de Londres, ticker GENL. Je ne l’ai pas encore étudiée mais elle est intéressante.) Clairement, cette entreprise serait gagnante dans le cas d’un boom du pétrole et du gaz du Kurdistan irakien. "Actuellement, Genel vend 40 000 barils par jour en Irak à 70 $", observe Tim, "mais sa capacité de production s’élève à 80 000 barils par jour et devrait doubler cette année avec une base de réserve de plus de 380 millions de barils".

L’une des raisons pour lesquelles j’apprécie la Turquie porte sur sa situation géographique. La Turquie est bien placée pour devenir une plaque tournante pour l’énergie. Elle est au croisement entre les terres riches en pétrole — et en gaz — du Moyen-Orient/des ex-Etats soviétiques et les centres de demande en Europe. Elle contrôle déjà l’un des goulets d’étranglement parmi les plus passants au monde, par lequel transitent trois millions de barils par jour.

A ce sujet, Tim m’a inspiré une autre idée géniale. "Même si la Turquie importe la plupart de ses besoins en pétrole, le pays est un exportateur net de produits raffinés et ce grâce à sa capacité de raffinage très avancée. L’une des principales entreprises d’EUROX est le raffineur turc Tupras". Le rendement de son titre est de 8% et cette entreprise serait une autre grande gagnante en cas d’augmentation du passage par la Turquie du pétrole et de gaz.

Certes, il peut être difficile voire impossible pour vous de vous constituer un tel portefeuille. C’est pourquoi le fonds de Tim sur la région est un bon investissement. Tim est un homme talentueux. Il parle plusieurs langues, dont le russe et le turc, et a été gestionnaire de risques chez le géant du raffinage Valero.

L’Eastern European Fund (EUROX) a bien performé au cours des 10 dernières années. Si vous aviez investi 10 000 $ avec EUROX, vous auriez gagné 47 068 $ à la fin de l’année dernière… alors que vous n’auriez eu que 34 165 $ en investissant dans le S&P 500.
[NDLR : Pour investir sur le pétrole -- et les matières premières dans leur ensemble -- en toute connaissance de cause, suivez les conseils d'un spécialiste ! Tout est là...]

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Chris Mayer

Rédacteur en Chef de Capital & Crisis et Crisis Point Trader
Chris Mayer s'occupe de la lettre d'information Capital & Crisis, ainsi que du système de trading Crisis Point Trader. Ses analyses pertinentes et précises des problématiques financières ont été reprises souvent dans de nombreuses publications, et notamment dans le très réputé Grant's Interest Rate Observer.

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