Pourquoi Trump perdra sa guerre commerciale

Rédigé le 8 mars 2018 par | actu géopolitique, Guerre Commerciale, Liberalisme Imprimer

Donald Trump ne reviendra pas sur ses positions concernant la guerre commerciale qu’il vient de lancer ; malheureusement pour lui (et pour les Etats-Unis), le modèle qu’il défend ne fonctionne pas dans le monde réel.

Donald Trump a annoncé qu’il ne reviendra pas sur ses positions, ce qui semble approprié.

Nous en sommes ravi. Nous avons l’habitude de politiciens qui gémissent et se tordent les mains… envisagent un côté… mais pensent que d’un autre côté… tergiversent… reculent.

Quel changement de voir un chef d’Etat qui n’a pas peur de s’en tenir à ce qu’il dit… aussi absurdes et idiot que ce soit.

Le compère Gary Cohn a annoncé sa démission suite aux propos de Trump ; c’est tout à son honneur. Les conservateurs, les adeptes du libre-échange et les républicains « à l’ancienne » lui emboîtent le pas.

Harley Davidson en mauvaise posture

En attendant, l’entreprise Harley Davidson est venue expliquer au président pourquoi une guerre commerciale est une proposition perdante.

Bloomberg :

« Le fabricant de motos avertit que des taxes douanières sur l’aluminium et l’acier pourraient augmenter les coûts. Les menaces de représailles des dirigeants européens – qui ont spécifiquement visé la marque américaine légendaire – risquent également de nuire aux ventes à l’étranger ».

En d’autres termes, les taxes douanières de Trump feront du mal aux secteurs nationaux mêmes qu’il s’est engagé à aider.

Harley – comme toutes les entreprises honnêtes – est soumise aux règles de la concurrence dans un monde gagnant-gagnant… et doit donc satisfaire ses clients jour après jour.

Personne n’a besoin d’une Harley. Que les prix augmentent… ou qu’il se passe simplement quelque chose qui irrite les clients de la firme américaine, et ils arrêtent d’acheter. Les ventes de Harley chutent déjà de par le monde.

Ni des héros, ni des anges

Les chefs d’entreprise ne sont ni des héros ni des anges. Comme le reste d’entre nous, ils sont influençables.

Si on leur en donne l’occasion, ils préféreraient largement être « protégés » plutôt que subir une concurrence honnête.

Sauf que la protection fait partie des pires choses qu’on peut infliger à une entreprise ; autant dire à ses enfants de ne pas se casser la tête avec leurs devoirs.

Ken Iverson, célèbre dirigeant dans le secteur sidérurgique, explique les choses ainsi :

« Dès que les prix se sont mis à grimper et que les sidérurgistes ont ainsi été profitables, ils ont arrêté de se moderniser. C’est uniquement sous une intense pression concurrentielle – à la fois interne, avec les mini-fonderies, et externe, avec les Japonais et les Coréens – que les grandes entreprises sidérurgiques ont été forcées de se moderniser.

A moins d’être sous une pression concurrentielle intense, et que ça devienne une question de survie de l’entreprise, on retombe simplement dans ses anciennes habitudes. Il n’y a pas d’autre réponse. »

M. Trump, lui, pense détenir une autre solution. Il l’a écrit dans ses livres. Aucun de ses tweets ne manque de le mentionner. Il pense qu’on gagne seulement en faisant perdre quelqu’un d’autre.

Il a raison : c’est ainsi que fonctionne le gouvernement. Le poste de président est occupé par une seule personne à la fois. Un parti gagne ; l’autre perd. Une faction des initiés du Deep State prend le contrôle du gouvernement ; les autres doivent lâcher prise.

Le problème, c’est que la programmation gagnant-perdant à l’ancienne ne fonctionne pas pour les entreprises, le commerce, les échanges ou les relations personnelles.

Dans ces domaines – et dans la majeure partie de l’existence – on gagne en laissant l’autre gagner aussi.

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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Un commentaire pour “Pourquoi Trump perdra sa guerre commerciale”

  1. « …Le problème, c’est que la programmation gagnant-perdant à l’ancienne ne fonctionne pas pour les entreprises.. » dites vous.
    Vous pensez que D Trump, Chef d’Entreprise ayant tout de même pas mal réussi, ne connait pas les règles concurrentielles des entreprises ??
    Pour ma part, Chef d’Entreprise aussi, j’ai constaté que le gagnant-gagnant ne fonctionne pas dans le domaine concurrentiel _si vous perdez un marché, l’autre le gagne ; c’est plutôt un concept d’homme politique non ?

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