Trump est-il un génie ?

Rédigé le 13 octobre 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Le vrai génie de Trump est celui du spectacle. Mais pour survivre sur scène, il a besoin de composer avec le Deep State.

Nous ne savons pas ce qu’il y a de plus drôle : observer « Le Donald »… ou observer la façon dont les médias essayent de le comprendre.

Sur ce point, les médias ont raison. Défier le secrétaire d’Etat Rex Tillerson dans un concours de QI risque d’être embarrassant pour Tillerson comme pour Trump.

Nous doutons que M. Trump soit un génie, mais nous doutons également qu’il soit un abruti.

Ou un idiot, ou un imbécile.

Mais comme disait Oncle Remus, « y’a ceux qui sont intelligents…. Et y’a ceux qui sont bons ».

Peut-être que M. Trump est les deux. Il est plus probable qu’il ne soit ni l’un ni l’autre.

La plupart des personnalités publiques sont, au moins en partie, des canailles. Il serait étonnant – surtout en Amérique – que M. Trump soit une exception.

Mais qui sait… Le personnage est bien plus amusant que n’importe quel autre président de l’Histoire. C’est un cirque à lui tout seul : imprésario, monstre et clown à la fois.

Il fait partie des plaisirs d’être Américain. Le spectacle ne s’arrête jamais.

… insultant par Twitter ses camarades républicains (comme récemment, le sénateur Bob Corker…) ; contredisant et humiliant ceux qu’il a nommés à son gouvernement ; menaçant de punir la National Football League (NFL) si ses athlètes n’adoptent pas l’attitude qu’il estime correcte.

Les commentateurs parmi les plus respectés des médias traditionnels estiment que chacun de ses mouvements est « une erreur »… qu’il se « tire une balle dans le pied »… qu’il « sape son programme ».

Ils ratent le coche. L’homme n’a que peu d’intérêt pour la législation sérieuse ou pour un véritable programme présidentiel.

Il n’a qu’une jauge de succès : la cote.

A cela, il est le meilleur. C’est un homme du showbiz après tout, le Phileas Taylor Barnum de l’ère de la téléréalité.

Comme nous le soupçonnions, le président imprime sa marque sur un nouveau parti politique. The Wall Street Journal étudie cette affaire :

« M. Trump et M. Bannon voudraient, pour le premier diriger et pour le second créer, un parti Républicain différent de celui qui existe déjà. Ce serait un parti façonné à l’image de Trump : nationaliste, sceptique quant aux accords d’immigration, de commerce, doutant des vertus de la diplomatie et des négociations internationales, avec des stratégies économiques favorisant les travailleurs des industries américaines traditionnelles. »

Jusqu’à présent, les mesures se sont révélées peu utiles aux industries traditionnelles… ou à une en dehors de celles que favorise le Deep State.

Il fallait s’y attendre. L’imbécile peut être sage, mais il ne peut pas menacer la classe dirigeante. L’idiot du village peut être élu maire mais ne vous attendez pas à ce que les gens cessent de s’en moquer.

L’image de marque de Trump doit être celle d’un combattant en lutte avec les pouvoirs en place, mais pour sa carrière (et peut-être même pour sa survie) il ne doit pas les défier.

Le résultat est que nous aurons plus de tout ce qui a précédé. Plus de burlesque. Plus de zombies. Plus de coquins. Plus de dettes. Plus d’argent douteux. Et plus de rires.

Et nous continuerons à en avoir davantage… jusqu’à ce que le vase déborde. Il faut être un devin pour savoir quand cela se produira. [NDLR : Dans cet entretien avec Bill Bonner, Jim Rickards dévoile le plan des élites et du Deep State pour s’accaparer l’argent des épargnants  — mais aussi les solutions pour vous protéger. Cliquez ici pour en savoir plus.]

Ainsi, détournons notre attention pour revenir à ce qui se passe ici et maintenant.

Les originarios contre-attaquent

Ici en Argentine, notre visite au ranch a commencé par un état des lieux de notre avocat local, qui administre le domaine quand nous n’y sommes pas.

« Oh, Bill… le mois dernier était un désastre. »

« Les originarios [les habitants revendiquant le droit des autochtones sur nos terres] ont gagné les élections locales. Heureusement c’était seulement la primaire. Ils ne gagneront pas aux élections générales. »

« Ce n’est pas tout, le gouvernement national a prolongé sur plusieurs années une loi permettant aux originarios auto-proclamés de rester sur vos terres sans payer de loyer. »

« Je ne sais pas où cela va nous mener… mais cette situation risque de durer encore longtemps. Un jour, vos petits-enfants se retrouveront probablement au milieu de cette bataille. »

« Enfin, au nouveau ranch, nous avons eu un incident. Mais tout s’est finalement bien terminé. Les gauchos brûlaient un peu de sous-bois et ils n’ont pas maîtrisé le feu. Vous savez comment le vent peut se lever soudainement ici. »

« Personne n’a été blessé et aucune maison n’a brûlé. Tout de même, le feu a pris sur 60 hectares. Nous devions nettoyer ce terrain de toute façon… c’était beaucoup moins cher que de la défricher avec un bulldozer. »

« Mais nous avons une triste nouvelle également… »

Dans les montagnes, il y a un jeune homme du nom de Juan, ainsi que sa femme, que nous voyons de temps à autres. Juan a tout l’air d’un brave type. Nous l’avons engagé pour surveiller les moutons dans la vallée supérieure.

Le mois dernier, le gouvernement a envoyé une infirmière dans ce coin-là. Elle rend visite aux habitants pour voir comment ils vont. Lorsqu’elle est allée voir Juan chez lui, elle s’est rendu compte que sa femme venait d’avoir un enfant.

Mais le bébé était mort.

Elle a ensuite remarqué une ecchymose sur la tête du bébé. Apparemment, la mère n’a pu donner aucune explication satisfaisante. L’infirmière a donc appelé la police. Ils sont venus, ont arrêté le couple et les ont mis en prison.

« Je les ai sortis de prison », a rapporté notre avocat. « Mais il y a des questions auxquelles il faudra bien qu’ils répondent… nous ne savons pas ce qui s’est réellement passé. »

[NDLR : Bill continue de nous envoyer des photos de son ranch à Gualfin en Argentine. Voici la dernière en date : celle de sa dernière acquisition, le ranch dans la vallée.]

le nouveau ranch de Bill Bonner

Le nouveau ranch de Bill aura besoin de rénovations

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

2 commentaires pour “Trump est-il un génie ?”

  1. Ce ranch argentin est un boulet !

    Sauf que l’on peut se débarrasser d’un boulet en coupant la chaîne, alors que du ranch…

  2. dommage qu’il n’y ait pas de photos des gauchos car ceux là sont plus racés que les nôtres

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