Trump doit-il « détacher la laisse » de Wall Street ?

Rédigé le 16 février 2017 par | Banques Centrales, Bill Bonner Imprimer

Les résultats des entreprises baissent depuis près de trois ans. Actuellement, ils ont baissé de 10% par rapport au niveau enregistré en fin d’été 2014.

Pourquoi les actions seraient-elles si chères ?

Ah oui… c’est parce que la Team Trump va stimuler Wall Street.

Mais les investisseurs doivent s’interroger, également.

Faire grimper le cours des actions – comme nous l’avons constaté au cours de ces huit dernières années – ce n’est pas pareil que relancer la croissance économique et le revenu des ménages.

Or chaque jour, la liste des probabilités jouant contre l’une et l’autre s’allonge un peu plus. Plus les luttes mesquines, querelles stupides et tempêtes de tweets s’intensifient, moins le gouvernement dispose de munitions pour se battre réellement avec le Congrès ou le Deep State.

Mais…

« L’action de Goldman a atteint un record sur des paris selon lesquels Trump détacherait la laisse de Wall Street  » annonce Bloomberg, en gros titre.

bloomberg Wall Street

Goldman Sachs est l’un des piliers de l’Establishment, son représentant, Steve Mnuchin, est à la tête du Département du Trésor. Alors un gain pour Goldman ne constitue pas forcément un gain pour nous.

« Détacher la laisse » sous-entend un accord gagnant-gagnant, comme si on laissait le secteur financier mener ses affaires. Mais il existe différentes façons de « détacher la laisse ».

Certaines créatures – comme les Dobermans – sont tenues en laisse pour une bonne raison. De la même façon, laisser se déchaîner une émeute ou une guerre, ce n’est peut-être pas une bonne idée, non plus.

Libérer Wall Street de ses règles bureaucratiques, cela va au moins dans la bonne direction. Mais ce n’est bon pour l’économie du quotidien que si Wall Street mène ses affaires honnêtement, et facilite les accords gagnant-gagnant en finançant avec de véritables capitaux des projets qui en valent la peine.
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L’injustice du capital frauduleux de Wall Street

Mais, bien entendu, c’est exactement ce que ne fait pas Wall Street. C’est un secteur du Deep State bénéficiant de la complicité de l’argent falsifié de la Fed.

Le « capital » (en réalité, de l’argent sorti de nulle part) qu’il contribue à allouer est frauduleux… fourni à l’élite par le cartel bancaire de la Fed à un taux préférentiel. Cela donne lieu à une multitude de transactions frauduleuses, de causes perdues et d’accords gagnant-perdant.

Les citoyens doivent emprunter de l’argent à des taux deux fois supérieurs à ceux de l’élite des entreprises, du secteur financier et du gouvernement. Pourquoi ? Le risque de ces derniers est plus faible.

Si Goldman ou GM rencontrent des difficultés financières – même avec des taux d’emprunt préférentiels – l’Etat les renfloue. Si un citoyen ordinaire est incapable de rembourser son crédit, il perd sa maison.

Cette injustice est au coeur du système économique actuel.

Elle est également à l’origine du mécontentement ressenti – mais pas totalement bien compris – par les masses et le gouvernement actuel.

Plus de capitaux mais moins de revenus pour les gens

Un ménage moyen gagne moins d’argent à l’heure actuelle qu’il y a un siècle. Or cette période aurait dû être la plus porteuse de toute l’Histoire de l’humanité.

Pourquoi les salaires américains baissent-ils ?

Après tout, le nombre de brevets déposés a explosé, de même que le rythme de l’innovation technologique et le nombre de personnes titulaires d’un diplôme d’études supérieures.

Parallèlement, au cours de ces 30 dernières années, l’État a injecté dans le système 37 000 Mds$ de crédits supplémentaires, ce qui dépasse de loin le ratio dette/PIB historique.

Les entreprises ont plus de trésorerie que jamais auparavant…

Alors, comment une économie disposant plus que jamais auparavant de technologies… de travailleurs qualifiés… et de « capitaux »…

… peut-elle faire baisser le revenu des ménages… enregistrer un taux de croissance inférieur de moitié à celui des années 1960 et 1970… et afficher la plus faible « relance » de l’histoire ?

Comment est-ce possible ?

On rejette la responsabilité, pêle-mêle, sur la mondialisation, le Mexique, la réglementation, la Chine, l’automatisation, les inégalités, la financiarisation. Mais vous connaissez la véritable réponse : le système monétaire est falsifié.

Ce système bénéficie à l’élite de Washington et de Wall Street mais pas au reste d’entre nous. Et si l’on « détache la laisse » de Wall Street sans revenir à l’argent honnête, cela signifie que l’on va permettre au monstre qu’est le Deep State de s’en prendre encore plus aux Américains moyens.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Trump doit-il « détacher la laisse » de Wall Street ?”

  1. La finance américaine pèse pour 20% du PIB sinon plus aux USA.Vous voudriez qu’un président responsable tire un trait du jours au lendemain sur un cinquième de l’économie?Trump n’est pas responsable de ce qu’il a trouvé.La seule solution pour sortir de ce piège est de baisser les impots et prélèvements obligatoires,je pense que Trump sera jugé la dessus,et pour le moment il est prometteur pour les petites et grandes entreprises.Obama n’a fait que continuer a empiler de la nouvelle dette et continuer le lent suicide,Obama est un magnifique représentant de la parasitocratie étatique

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