Avec « Le Donald », l’argent falsifié afflue

Rédigé le 14 septembre 2017 par | Bill Bonner, Deep State, Dette Imprimer

L’économie américaine peut compter sur toujours plus de crédit bidon. Mais un jour les marchés s’effondreront et comme au Japon, les pertes seront là pour longtemps.

« Le Donald » s’écria : « ouvrez les vannes ! »

Et les vannes furent ouvertes.

Moins de 48 heures après l’approbation par le Congrès de sa suspension du plafond de la dette, plus de 300 Mds$ s’étaient déjà déversés.

Vendredi 8 septembre, la dette publique américaine a été augmentée de cette somme : 317 Mds$ exactement.

Et « Le Donald » s’est écrié :

« C’est bien ».

C’est vrai, c’est bien : mais seulement si vous faites partie des zombies, ou des compères, ou des escrocs du Deep State.

Pour le reste d’entre nous, mieux vaut sortir les cuissardes et les bouées. Cette inondation va tous nous affecter.

« Les déficits n’ont pas d’importance », disait Dick Cheney.

Depuis l’ère Reagan, les républicains aussi bien que les démocrates ont toujours été prêts à emprunter de l’argent. Mais jamais au grand jamais l’ont-ils fait aussi vite que vendredi dernier.

L’Etat avait besoin d’argent… et vite.

Alors les vannes ont été ouvertes. Désormais, elles sont grandes ouvertes… sans que l’on puisse les fermer de façon plausible.

Le président et le Congrès US sont prêts à emprunter comme si le lendemain n’existait pas.

Une marée de dettes arrive, déferlant par-dessus les sacs de sable empilés par les anciens conservateurs, débordant dans nos institutions financières et nos banques, et terminant sa course dans les eaux fétides du Marigot.

Les déficits importent REELLEMENT

S’il n’y avait pas de lendemain, M. Cheney aurait raison.

Pourquoi ne pas consommer aujourd’hui « le blé de semence » de demain ?

Il n’y aurait aucune raison de ne pas prendre un autre verre… ou de garer sa voiture sur un emplacement pour handicapé et de dire à votre patron ce que vous pensez réellement de lui.

Mais voilà, il y a un problème : il y a un lendemain. Or c’est le lendemain qu’une beuverie se transforme en gueule de bois… qu’un mauvais mariage se transforme en divorce… et que votre patron vous vire.

C’est le lendemain que les déficits ont réellement de l’importance.

Hier, notre thématique était le monde politique de demain… « Le Donald » créant son propre mouvement : le trumpisme.

Aujourd’hui, nous observons le monde financier de demain.

Nous ne savons pas exactement ce qui va se passer… ni quand. Mais nous savons que le monde tourne encore. Toute expansion qui n’est pas soutenue par une épargne réelle et une réelle augmentation de la production est bidon. C’est le lendemain qu’on le découvre.

La prospérité d’aujourd’hui, telle qu’elle est, a été bâtie sur de l’argent falsifié, une fausse épargne et de faux signaux émanant de la Fed.

L’Etat a injecté 37 000 Mds$ de « crédit supplémentaire » dans le système, ces 30 dernières années : cela dépasse de loin le traditionnel ratio dette/PIB.

A présent, l’économie – notamment la moitié qui est pilotée par le Deep State – compte sur toujours plus d’argent falsifié et de crédits bidon.

C’est la seule chose autour de laquelle républicains, démocrates et trumpistes s’accordent : rien ne doit faire barrage aux flots d’argent falsifié.

Les vannes ayant été ouvertes, la dette va augmenter. De combien ?

Personne ne le sait.

Richard Duncan, expert du crédit et dirigeant de Macro Watch, pense qu’elle pourrait augmenter de 19 000 Mds$ supplémentaires avant que les Etats-Unis ne soient aussi profondément endettés que le Japon.

Peut-être.

La seule certitude que nous ayons c’est que si rien ne l’arrête, vous pouvez vous attendre à la voir augmenter : jusqu’à ce que l’économie se noie dedans.

Elle est là, la véritable signification du trumpisme et de la Grande Trahison du Plafond de la Dette.

Le flot de crédit va se poursuivre. Davantage de dépenses. Davantage de dettes. Davantage de bêtises. Davantage de balivernes. Davantage d’arnaques et de voyous. On ne pourra pas revenir en arrière.

En résumé, c’est ce que nous voyons arriver depuis 15 ans…

Les empires ne font pas marche arrière. Les institutions qui devaient les restreindre – une constitution, une déclaration des droits, les électeurs, un plafond de la dette – sont abolies, dédaignées, ou remodelées pour que la mascarade puisse se poursuivre jusqu’à son dernier acte.

A présent, le Congrès déblatère de façon stérile. Les politiciens manigancent et s’entendent. Les apparatchiks du Deep State ont de plus en plus de pouvoir. Les initiés des entreprises trafiquent les chiffres et truquent la partie.

Et plus il y a d’accords gagnant-perdant, moins il y a d’accords gagnant-gagnant. [NDLR : connaissez-vous ce nouveau moyen de nouer des accords gagnant-gagnant en finançant de la croissance d’entreprises rentables ? Découvrez ici comment vous pourriez devenir millionnaire sans passer par les marchés financiers.]

Mais à moment donné, les dieux cessent de rigoler… et le lendemain surgit.

Les marchés s’effondrent. Et tout l’argent de l’Etat… et tous les hommes de l’Etat… ne parviennent pas à les redresser. Les initiés sont capables de contrôler beaucoup de choses… mais pas tout.

Le marché actions japonais a plongé il y a 27 ans. Les investisseurs accusent toujours une perte de 80% – plus de 25 ans plus tard – malgré le flot de crédit qui a fait bondir la dette publique du Japon de 60% du PIB en 1990 à 250% à l’heure actuelle.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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