Pourquoi Trump devrait-il assainir le marigot ?

Rédigé le 2 février 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Le Dow est repassé sous la barre des 20 000 points.

La dette publique s’élève à près de 20 000 milliards de dollars, selon les données officielles.

Les deux vont ensemble, et s’encouragent mutuellement. Le Dow a été multiplié par 20 depuis 1980. Et la dette publique également. La dette alimente le marché actions et le marigot.

Celle qui ne grimpe pas beaucoup, c’est la production réelle telle que mesurée par le PIB. Elle a été multipliée par 6,4 seulement sur la même période.

La dette et le cours des actifs ont grimpé trois fois plus vite que le PIB sur une période de 36 ans ! Le plus sûr, c’est de vendre les actions et les obligations (instruments de dette). Achetez du PIB. Comment ? On en parlera en temps voulu.

Les bestioles du marigot

Mais ne nous laissons pas distraire. Nous appliquons une nouvelle formule révolutionnaire, S = vr (g-g – g-p), qui nous révèlera si le président Trump restitue… ou non… sa grandeur à l’Amérique.

[La Satisfaction (S) est égale à la valeur réelle (vr) des accords gagnant-gagnant (g-g) moins les accords gagnant-perdant (g-p).]

Comme vous pouvez le constater, pour accomplir cette tâche, le président doit respecter son serment, celui « d’assainir le marigot ». Car les accords gagnant-perdant proviennent de là.

C’est dans le marigot qu’ont élu domicile les bestioles qui peuplent le Deep State : les principaux bénéficiaire des réglementations, des guerres, des mesures politiques, des dépenses publiques, de la bureaucratie, des déficits, de la dette… et, par-dessus tout, l’argent falsifié de la Fed.

Plus le marigot est vaste, profond et dense… moins il y a de richesse réelle et de satisfaction pour tous les autres.

Les bestioles du marigot – du Lower Manhattan ou de l’Upper Potomac – n’augmentent pas la richesse ; elles vivent aux dépens des autres.

Elles sont toujours du côté gagnant de ces accords gagnant-perdant. Si vous n’en faites pas partie, vous êtes de l’autre côté.

Et si le président Trump s’occupe vraiment de vous… il doit réduire ces accords gagnant-perdant.

Nous avons reçu de nombreux mails, à ce propos. Tous ne flattent pas notre égo surdimensionné. Mais nous les lisons avec intérêt et curiosité, avant de nous enfermer dans la salle de bain pour pleurer.

A présent, retournons à nos moutons…

Un monde calqué sur le Super Bowl

Les gens ne concluent pas volontiers des accords gagnant-perdant. C’est pourquoi ils ont besoin du gouvernement : afin de forcer les gens à se placer du mauvais côté du mauvais accord.

La plupart des gens savent instinctivement que si l’on est forcé à faire quelque chose, c’est forcément décevant. Mais ils pensent qu’ils vivent dans un monde calqué sur le Super Bowl, où l’un des camps gagne toujours et où l’autre doit perdre.

C’est plus ou moins ainsi que le monde a fonctionné, avant la civilisation, pendant des milliers d’années. La concurrence était un jeu à somme nulle : un groupe gagnait aux dépens de l’autre.

Mais depuis l’invention de la monnaie, des droits de propriété et de la règle du « traite les autres comme tu voudrais être traité », les accords capitalistes gagnant-gagnant ont enrichi le monde.

Les gens s’affairent. Ils produisent. Ils font du commerce. Tout le monde est plus riche.

Nous avons également vu que la seule façon d’identifier la valeur réelle, c’est d’observer ce que les gens veulent vraiment.

Certains choisissent l’or. D’autres choisissent les loisirs. D’autres encore choisissent les drogues illégales ou les déguisements d’Elvis. Les gens n’obtiennent pas forcément ce qu’ils veulent mais ils obtiennent ce qu’ils méritent.

La séduction versus le viol

Le gouvernement s’est développé à l’ère antérieure à la civilisation. Il ne fait pas de commerce. Il impose. Pas question de discuter, ou de dire « non merci ».

Le gouvernement n’est pas un séducteur, ni un beau parleur : c’est un violeur.

(Et là, nous levons le voile sur toutes les perversités psychologiques de la race humaine : les Patty Hearst qui tombent amoureuses de leurs kidnappeurs… les prisonniers des goulags soviétiques qui ont pleuré lorsque Staline est mort.)

Je ne dis pas que le gouvernement ne produit rien qui ait de la valeur. Enormément de gens bien travaillent dans l’administration. Beaucoup font du bon travail : les enseignants, les médecins, les policiers et les juges.

Si les pompiers récupèrent votre chat tout en haut d’un arbre, par exemple, vous êtes gagnant.

Mais attendez… Rien de ce que produit l’état n’est soumis à la concurrence des prix et de la qualité, ou à la nécessité de satisfaire un client. [NDLR : Comment sélectionner des valeurs performantes pour votre portefeuille, des entreprises réellement créatrices de valeur et donc de profits futurs pour leur actionnaires ? Suivez notre mode d’emploi étape par étape pour viser 15% de rendement sans risques inutiles sur votre PEA. Tout est ici.]

Donc, comment pouvez-vous savoir si l’on a consommé davantage de ressources que cela n’en valait la peine pour extirper l’animal de l’arbre ?

Et pourquoi vos voisins – dont les impôts financent les pompiers – devraient-ils payer pour que l’on extirpe votre chat miteux de votre maudit arbre ?

Quand l’Etat envahit votre Etat

Rien n’est jamais aussi clair et limpide qu’on le voudrait. Il existe toujours une certaine ambigüité… et de nombreux doutes.

A la Chronique, nous considérons qu’en réalité, personne ne sait vraiment quoi que ce soit. Nous y compris. Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, comme tout le monde. Mais au moins, notre nouvelle formule nous permet d’y voir un peu plus clair.

« La santé de l’état, c’est la guerre », a écrit Randolph Bourne, journaliste américain. Les bestioles du marigot adorent ça. Tous les autres sont perdants.

Mais si une armée étrangère envahit votre pays, vous acceptez le coût engagé pour vous défendre.

Vous allez perdre quelque chose… La question est de savoir « combien ? », et si vous êtes heureux que l’état prenne l’initiative de vous protéger.

Depuis la Guerre anglo-américaine de 1812, il n’y a eu qu’une seule invasion du continent américain. Alors, l’ennemi a incendié des villes entières et tué tous ceux qui se tenaient en travers de sa route.

Naturellement, les Américains ont fait ce qu’ils pouvaient pour se défendre. Mais cela n’a été qu’une longue succession de défaites.

Les données les plus récentes évaluent le nombre des perdants (le bilan des morts) à au moins un million, sans compter les pertes économiques, qui ont été catastrophiques.

Et l’envahisseur, bien sûr, c’était l’Etat américain en personne, qui a envahi la Virginie en 1861. Le Sud a été écrasé. Le marigot s’est développé.

Voilà qui nous amène, finalement, aux propositions de M. Trump : une « taxe aux frontières afin de forcer les Mexicains à financer le mur… l’augmentation du budget de la « défense »… et le financement de nouveaux programmes d’infrastructures par le déficit.

Gagnant-gagnant ? Ou gagnant-perdant ? Enrichir l’Amérique… ou l’appauvrir ? Assainir le marigot ou y ajouter de l’eau ?

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

2 commentaires pour “Pourquoi Trump devrait-il assainir le marigot ?”

  1. Le marigot aujourd’hui sont les multinationales, non plus les gouvernements qui leur sont corrompus.
    La cible de Trump ce sont les multinationales, il souhaite que les USA soient autonomes (ne plus dépendre d’exportations et donc des multinationales).
    Les Etats unis ont la capacité a être autonomes et a contrôler les pays de matières premières (afrique, moyen orient, Amérique latine), si ils y arrivent ils re-domineront le monde via un impérialisme inversé.
    La multinationales est devenu un boulet qui enrichit le pays concurrent et à terme s’autodétruit ( si la Chine devient encore plus puissante, Apple ne vendra plus rien a terme), une multinationale c’est e un robot sans cerveau obsédé par la conquête de marchés extérieurs quitte a tuer son propre pays et à scier la branche sur laquelle elle est assise, quelle intelligence ! on est carrément dans de l’I.A …

    La multinationale est désormais devenue une cible a abattre, pour cela qu’elles tentent toutes de se liguer contre Trump, le problème c’est que derrière Trump, il y a la majorité du peuple … Trump gagnera, il sait comment les abattre et y parviendra. Les émergents rebelles souffriront et capituleront, en particulier la Chine. La russie sera épargné (avec mesure) car Trump en a besoin.

  2. oui Tom , barons voleurs / cartel /pyramide de la richesse suite à deux revolutions:
    techno
    globalisation

    gagnant gagnant voila qui devrait faire plaisir à M Bonner: Cosse lectrice de agora? (lol)
    http://www.latribune.fr/vos-finances/immobilier/immobilier-cosse-lance-son-dispositif-fiscal-gagnant-gagnant-635472.html

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