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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 11 avril 2007
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*** N’en jetez plus !
Les Etats-Unis ne savent plus où donner de la tête…
*** Risque, liquidité et poudre de perlimpinpin
Marc Faber démontre que les investisseurs ont réponse à tout…
*** Transports, tribulations et tracas
Bill Bonner essaie d’arriver en Argentine. Ce n’est pas de tout repos…
*** Depuis l’au-delà
Le Mogambo Guru toujours aux prises avec ses démons…
—————————– (publ.)
ET SI VOUS VOUS PASSIEZ DU CAC 40 ?
L’indice national n’est en fait qu’une toute petite partie de la place parisienne — et de loin pas la plus rentable.
Et jusqu’à présent, on entendait rarement parler des actions les plus profitables… des valeurs qui peuvent pourtant augmenter vos gains de 74%… 53,8%… 35,14%… 43,17%… 60%… voire plus.
Désormais, vous pouvez en profiter vous aussi : un clic suffit…
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Bonjour,
*** N’EN JETEZ PLUS !
** Une journée aussi printanière que la météo, hier sur les principales places mondiales. Le CAC 40, en particulier, s’est cru en été, alignant une septième séance de hausse consécutive ("une performance qui n’avait pas été réalisée depuis la première semaine de janvier 2004", selon Investir.fr) ; cela le mène à son plus haut de l’année, avec une grimpette de 0,43% et 5 766,27 points.
La bonne humeur était également au rendez-vous à Londres et Francfort, avec +0,32% pour le FTSE britannique et +0,94% pour le DAX allemand.
Côté américain, on est restés plus sobres — quoique toujours dans le vert : le Dow Jones a grappillé une petite hausse de 0,04%, à 12 573,85 points, tandis que le Nasdaq s’adjugeait 0,34% à 2 477,61. Le S&P 500, dans son coin, grimpait sans grande conviction de 0,03%, à 1 448,40 points. Mais il faut dire qu’en l’absence de statistiques et en l’attente du compte-rendu de la Fed (au programme aujourd’hui), il n’y avait pas grand’chose à faire pour les lumpeninvestisseurs américains.
** Et puisqu’on parle des USA, je ne sais pas si c’est simplement le hasard du jour ou s’il faut en tirer de plus sombres conclusions, mais l’actualité ne semble guère favorable à l’empire que nous adorons détester. Les malheureux Etats-Unis d’Amérique sont attaqués de toutes parts, à commencer par la Coface, assureur français de crédits à l’export.
La société, citée ce matin dans La Tribune, a décidé de "mettre la note A1 des Etats-Unis sous surveillance négative en raison de plusieurs motifs d’inquiétude". Parmi les motifs en question : "les signes de ralentissement de l’économie américaine qui ‘se multiplient (croissance de 3,3% en 2006 et 2,4% prévue en 2007)’, les difficultés du marché immobilier résidentiel qui ‘sont susceptibles de se diffuser à l’ensemble de l’économie et d’affecter la consommation des ménages’, l’accès plus difficile au crédit pour les entreprises les plus fragiles qui ‘pourrait conduire à une augmentation des défauts de paiement et des défaillances’.
Coface considère que ‘même avec un scénario de ralentissement en douceur’, on peut prévoir ‘une augmentation des incidents de paiement de 5%’, prévient Sylvie Greisman, économiste en chef de Coface".
Du côté géopolitique, la Chine fait planer une "détérioration des relations commerciales" avec les USA si ces derniers ne calment pas leurs ardeurs protectionnistes… tandis que le journal britannique The Guardian nous apprenait ce matin qu’en Russie, Vladimir Poutine menaçait de déclencher "une nouvelle guerre froide" en réponse aux projets de construire un nouveau système de défense US en Europe de l’est. Et ne parlons pas de Téhéran, qui continue les provocations (et alimente la hausse des cours de l’or noir : à New York, le baril de WTI valait 61,89 $ hier à la clôture, soit une hausse de 38 cents sur la journée).
Comme si cela ne suffisait pas, le Fonds monétaire international s’en mêle, et s’inquiète à son tour des risques posés par les fameux prêts subprime. Dans son rapport bi-annuel sur la stabilité financière mondiale, "Le Fonds met en exergue la détérioration du segment du crédit immobilier à risque (subprime) aux Etats-Unis", peut-on lire dans La Tribune. [...] Il observe que la détérioration de ce segment est plus rapide qu’on ne le pensait à ce stade du tassement du marché immobilier. Si les retombées de la crise du subprime se limitent à quelques prêteurs, le FMI prévient que d’autres marchés pourraient se trouver contaminés".
** Le FMI élargit ensuite le débat, passant aux LBO, produits dérivés et autres montages financiers acrobatiques mis en place par les hedge funds et autres "zinzins" (qui le sont de plus en plus…) : "Les entreprises acquises dans le cadre d’un LBO (leverage buy out), se sont fortement endettées, ce qui les a rendues potentiellement plus vulnérables aux chocs économiques extérieurs", estime t-il. "L’effondrement d’un ou de plusieurs montages de grande envergure pourrait mettre les banques face à leur exposition pendant la phase de syndication et déclencher une plus large appréciation des risques dans une catégorie de produits de crédits plus large".
C’est ensuite l’Institut international de la finance (IIF), représentant 375 banques privées, qui s’en mêle, mettant en garde contre "une anxiété due aux implications systémiques de la croissance rapide d’instruments financiers complexes. [...] Un grand nombre de ces instruments n’ont pas encore été totalement expérimentés en période de stress".
En d’autres termes… si un jour ça craque… attachez vos ceintures, parce que tout peut arriver !
** Pour ma part, je me contenterai de noter que l’or, qu’on ne peut ni manipuler, ni re-packager, ni LBO-er… a pris 65 cents au second fixing de Londres hier, atteignant 677,40 $ l’once.
Françoise Garteiser,
Paris
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Marc Faber vous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** RISQUE, LIQUIDITE ET POUDRE DE PERLIMPINPIN
** Depuis que je me suis lancé dans le merveilleux secteur de l’investissement, dans les années 70, jamais je n’ai vu les investisseurs si convaincus que tous les prix des actifs continueront à voir leur valeur augmenter — en se basant sur "l’excès de liquidité" et "l’émission de devises".
- Durant ma carrière, j’ai vécu quatre folies financières aux proportions épiques — je veux dire par là des bulles d’investissement qui, lorsqu’elles ont explosé, ont causé des dommages économiques sérieux à un secteur important de l’économie, à un pays entier ou à toute une région. La première de ces quatre folies : l’augmentation exponentielle, entre 1970 et 1980, des prix des métaux précieux, du pétrole, des valeurs minières et des valeurs liées à l’énergie.
- La deuxième "grande" folie concernait les valeurs et l’immobilier japonais à la fin des années 80. Son point culminant a été atteint lorsque les valeurs japonaises ont fini par représenter une plus grande capitalisation boursière que les marchés américain, britannique et allemand combinés. Puis, dans les années 90, nous avons vu plusieurs folies d’investissement sur les marchés émergents, qui se sont terminées avec la crise asiatique dévastatrice de 1997, puis la crise russe et enfin celle de LTCM en 1998. Durant la quatrième et dernière grande crise d’investissement en date, la spéculation toute entière s’est portée sur le secteur des TMT (télécoms/médias/technologie) à l’échelle mondiale… et nous savons tous comment ça a terminé.
- Chaque fois qu’une folie d’investissement touche à sa fin, les investisseurs pensent qu’une sorte d’"excès de liquidités" fera éternellement grimper l’objet de la spéculation. Mais comme l’a si éloquemment expliqué Albert Edwards dans un récent rapport cinglant intitulé "Mensonges, bobards, sottises, inepties, pure bêtise, caravanes et liquidités" (cf. Dresdner Kleinwort Global Strategy Report, 16 janvier 2007), "la liquidité est la poudre de perlimpinpin du monde de l’investissement. Elle recouvre des choses totalement différentes pour des personnes différentes, mais est souvent citée comme étant un moteur essentiel des marchés stables".
- Avec une clairvoyance admirable, Edwards explique qu’en ce qui concerne les folies d’investissement, "lorsque les marchés rebondissent mais semblent chers, lorsque les nouvelles émissions se multiplient et lorsque l’analyse fondamentale semble souvent échouer à expliquer ce qui se passe, le commentateur boursier se réfugie derrière l’explication selon laquelle qu’il y a beaucoup de liquidité". Je conseille au lecteur de ne jamais oublier ces mots !
- L’environnement financier et boursier actuel est très étrange : la liquidité est censée provenir non pas d’une ou deux sources seulement, mais de partout ! Des surplus de l’OPEP, de la Fed et d’autres banques centrales, des excédents courants de l’Asie (excès d’épargne), du carry trade en yens et en francs suisses, de la taille importante des fonds monétaires et des dépôts bancaires, de la hausse du prix des actifs, de l’effet de levier, d’un raz-de-marée provenant des fonds de private equity et des taux d’intérêt artificiellement bas. Pas étonnant qu’avec de telles croyances, les marchés d’actifs soient tous en route pour la Lune !
** James Montier, de Dresdner Kleinwort, nous annonce que sa mesure de l’appétit pour le risque [sur les marchés US], le Fear & Greed Index ["indice de crainte et d'avidité", ndlr.], a atteint de nouveaux records. Le Fear & Greed Index de Montier est basé sur un calcul simple, ajusté au risque, et tenant compte des performances boursières mondiales par rapport aux obligations gouvernementales ; il donne des résultats similaires à ceux d’autres indicateurs de risque. L’historique des performances de cet indicateur contrarien n’est pas parfait, pas plus qu’un niveau élevé d’appétit pour le risque (exubérance irrationnelle) ne mène forcément à une catastrophe financière.
- Cependant, par le passé, lorsque cet indicateur montrait un niveau élevé, il s’est ensuivi des corrections au moins mineures (8%-10%), comme cela s’est produit en 1997 (par deux fois), puis en 2004 et 2006. Mais à trois reprises, les chiffres élevés de l’indicateur de Montier — en 1987, 1998 et 2000 — ont mené à des déclins plus sérieux de 22% en 1998, 40% en 1987 et 50% après le sommet de 2000. Comme le note Albert Edwards, "les investisseurs risquent un retour de bâton. Lorsque l’appétit pour le risque s’évapore, il en va de même pour la liquidité. Pouf !"
- Je pourrais ajouter que les marchés d’actifs, après avoir atteint leur sommet, connaissent souvent un certain déclin, avant de se stabiliser — ou même de grimper à nouveau, les investisseurs espérant une reprise. Mais ensuite, après plusieurs années, les marchés peuvent toujours s’effondrer complètement.
- Je pourrais me tromper en prévoyant [...] une correction sévère sur les marchés d’actifs ; la bulle universelle et générale pourrait continuer à se développer sans entraves, et sans correction significative des prix, pendant encore longtemps (cependant, selon moi, ce n’est pas un scénario très plausible). Mais dans ce cas, les métaux précieux ont toutes les chances de continuer à s’apprécier substantiellement par rapport au dollar américain.
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Natal au Brésil
*** TRANSPORTS, TRIBULATIONS ET TRACAS
** Eh bien… nous voilà au Brésil. Ces deux prochaines semaines, nous ne commenterons pas les marchés. Au lieu de cela, nous écrirons quand nous le pourrons, simplement pour vous raconter ce que nous faisons.
* Pour commencer, nous n’avions aucune intention de venir au Brésil. Comment sommes-nous arrivé là ?
* Ah, cher lecteur, quand on voyage, il faut être prêt à tout. Et il faut accepter ce qui vous arrive, sans trop ronchonner — sans quoi, vous serez bientôt un boulet pour tout le monde, vous y compris. Mieux vaut se détendre — et, comme un bateau ivre, laisser le courant vous emporter là où il le souhaite.
* Nous sommes en route pour l’Argentine, où nous voulons passer nos vacances d’après-Pâques. Notre fils y vit, pour commencer. Et nous commençons à nous intéresser à l’endroit. Nous pensons que les Etats-Unis se dirigent vers une crise financière d’une sorte ou d’une autre — et ce que les Argentins ne savent pas sur les crises financières ne vaut pas la peine d’être su… si bien que nous essayons de prendre exemple sur eux.
* Cependant, chaque fois que nous nous rendons en Argentine, nous nous blessons d’une manière ou d’une autre. Cette fois-ci, nous ne sommes pas encore arrivé que nous sommes déjà sur la liste des invalides.
* Le voyage a mal commencé — et, jusqu’à présent, se poursuit de la même manière. Notre appartement parisien est en travaux. Il est dans un piètre état, jonché de matériaux divers et couvert de poussière. Le désordre est tel que nous avons eu du mal à le quitter — c’était un peu comme d’essayer de faire du saut en hauteur dans de la vase : il n’y a rien de solide pour prendre appui.
* Mais les billets avaient été achetés, les plans arrêtés, et le voyage prévu. A peine étions-nous arrivés à Roissy-Charles de Gaulle que la première mauvaise nouvelle tombait : le vol était retardé. Il s’avère que le vol n’était pas le seul à être "retardé" — mais nous ne l’avons appris que plus tard, lorsque nous sommes arrivés à Madrid avec deux heures de retard.
* A Paris, on nous avait assuré que nous aurions notre correspondance avec Aerolineas Argentinas (AA) pour Buenos Aires. Comet Air appartient à la même compagnie aérienne et sert de ligne d’apport pour le hub AA à Madrid. Ils retarderaient certainement leur vol pour attendre un groupe de passagers en provenance de Paris.
* Eh bien non.
** L’avion a atterri à Madrid à minuit. C’est à ce moment-là que les passagers pour Buenos Aires ont découvert que le vol était déjà parti. Que faire, se demanda-t-on.
* "Allez au comptoir Aerolineas Argentina. Ils ont tout arrangé", déclara un agent.
* Un petit groupe de voyageurs fatigués se dirigea donc vers le comptoir AA. Hélas, personne ne les y attendait. Que faire, se demanda-t-on derechef. Un Français d’âge mûr semblait avoir pris la tête du groupe : "il faut retourner voir Comet Air".
* Au comptoir Comet Air, les agents nous avaient vu venir. C’est tout juste s’ils ne se sont pas cachés derrière leurs bureaux. Il ne s’agissait pas d’un groupe de vacanciers ordinaires ; ils avaient affaire à une meute.
* "Il n’y a personne au comptoir Aerolineas Argentinas, qu’est-ce qu’on doit faire ?" demanda le porte-parole de la meute en français. "On devait aller à Buenos Aires. Ce soir".
* "Le problème ne vient pas de nous", déclara l’émissaire de Comet Air, en espagnol. "Le problème vient d’Aerolineas Argentinas" — comme s’il n’avait jamais entendu parler de la compagnie.
* "Qu’est-ce qu’il a dit ?"
* Une autre personne a pris la parole en espagnol, et les choses n’ont pas tardé à dégénérer… et le volume à monter. "Qu’est-ce que ça veut dire, vous n’êtes pas responsables ? C’est à cause de vous qu’on a raté le vol !"
* "Les Argentins auraient dû attendre… ce n’est pas de notre faute".
* La dynamique d’une foule est amusante. Nous observions les événements, en gardant une distance prudente. L’un menace de faire un procès. Un autre supplie, mentionnant des affaires familiales. Une personne parle prix, tandis qu’une autre parle qualité. Certains sont si furieux qu’ils commencent à chercher une corde. Mais la rixe semblait ne mener nulle part. Elizabeth s’est donc tournée vers un autre agent.
* "Que devrions-nous faire si nous voulons juste aller là où nous sommes censés aller ?" a-t-elle demandé.
* "Oh… allez au point de vente Comet", nous a-t-on répondu dans un anglais hésitant. "Allez voir le gros homme là-bas, et demandez-lui"…
* Nous avons quitté la meute. Au comptoir de vente, le gros homme avait toutes les réponses.
* "Allez à l’hôtel Auditorium. Un bus viendra vous prendre à la porte 207 pour vous y conduire. Il y a un autre vol à 15h15 demain. On vous y emmènera. Nous couvrirons tous les frais".
* Il n’a pas dit un mot de trop. C’est comme s’il avait répété son discours, prêt pour des clients en colère. Mais le plus intéressant, c’était sa manière de parler, sans une trace de crainte ou de doute. Il semblait sûr de lui et légèrement ennuyé par tout ce processus.
* Nous avons cru le gros homme sur parole. Il avait raison sur tout. Nous avons passé la nuit dans l’hôtel le plus grand et le moins charmant d’Europe. Il possède également les fenêtre les plus lourdes du monde : l’une d’entre elles nous est tombée sur les doigts alors que nous tentions d’aérer les lieux ; à présent, nous avons du mal à pianoter sur notre ordinateur.
* Nous sommes retournés à l’aéroport le dimanche de Pâques, et nous nous sommes inscrits pour le voyage vers l’Amérique du Sud. Cependant, le gros homme avait négligé un détail : le vol nous amènerait à Buenos Aires… mais il s’arrêterait d’abord à Natal, au Brésil. L’un dans l’autre, le voyage depuis notre appartement jusqu’à notre destination finale — un ranch dans les Andes — prendra quasiment trois jours… si tout se passe bien à partir de maintenant.
* A suivre…
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*** La Chronique Agora présente ***
Hier, la mère du Mogambo Guru — ou plutôt son spectre — revenait le hanter avec une question brûlante : au Zimbabwe, où l’inflation fait rage, l’or a-t-il assez grimpé pour préserver le pouvoir d’achat ? Aujourd’hui, la suite de la réponse Mogambo…
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DEPUIS L’AU-DELA — 2ème PARTIE
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Par le Mogambo Guru (*)
George Kawonza, président de la Fédération des mineurs du Zimbabwe, a déclaré : "avec un taux d’inflation se situant à 1 729,9%, nous avons décidé que le prix de l’or devait être fixé à environ 180 000 dollars zimbabwéens ($ Zim) pour un gramme" ; cela met l’once à 5 598 625,86 $ Zim. Ceci dit, avec une inflation annuelle galopante d’environ 2 000%, il n’y a pas vraiment de prix exact pour quoique ce soit ; j’imagine cependant qu’une once d’or cotée à six millions de dollars zimbabwéens environ est assez près de la réalité
Donc, sachant qu’il y a moins de vingt ans le dollar zimbabwéen et le dollar américain avaient à peu près la même valeur — si bien que l’or était au même prix en dollars US et en dollars Zim –, je pourrais dire que "bon sang de bonsoir, mais oui, la valeur-or a conservé son pouvoir d’achat ! Et non seulement ça, mais toutes les autres choses de ce foutu pays se sont transformées en babioles sans valeur, ce qui rend le miracle de l’or encore plus spectaculaire! Hahaha ! Retourne dans ta tombe, Maman ! Hahahaha !"
La leçon est claire : les Zimbabwéens qui ont placé leurs économies dans l’or — au lieu de les investir dans le dollar Zim, ou dans des actifs qui peuvent aisément être saisis et dévalués par le gouvernement — s’en tirent très bien, exactement comme la théorie le prédit !
J’ai reçu un e-mail du Ranger Mogambo Junior (RMJ) Tom D., qui expliquait clairement les mystères vaudous des mesures hédonistes des statistiques de l’inflation. Il écrit en effet : "cher Mogambo, je crains que vous n’ayez toujours pas pigé cette histoire de substitution. Voyez-vous, à mesure que le prix de la nourriture augmente, les gens vont ‘substituer’ la famine (gratuite) à l’alimentation (coûteuse) ! Par conséquent, quand le prix de la nourriture augmente, l’indice des prix à la consommation diminue. J’espère que ces quelques éléments vous auront aidé".
Alors là, les gars, si ça m’a aidé ! Dans cette étrange et troublante réalité parallèle — que je qualifie souvent de "kafkaïenne, et plus encore" –, cela m’a VRAIMENT aidé à comprendre ce qui se passe avec la Réserve fédérale et le Congrès ! Maudits, nous sommes tous maudits !
Michael Nystrom est le rédacteur en chef de bullnotbull.com. Cela fait de lui mon ennemi naturel, parce que figurez-vous qu’au bout d’un moment, on en a marre (mais alors marre jusque-là) de ces rédacteurs en chef qui chiffonnent votre œuvre — votre œuvre, oui, sur laquelle vous avez sué sang et eau ! — et vous la jettent à la figure en l’accompagnant de commentaires du genre : "Enfer et damnation ! C’est quoi cette cochonnerie ? Vous appelez ça écrire ? C’est de la foutaise ! Vous êtes un nul ! Tout ce que vous faites est nul ! Bon sang, qu’est-ce qui ne va pas chez vous, Espèce de Crétin de Vermisseau Mogambo (ECVM) ? Fichez le camp de mon bureau ! Disparaissez, et que le diable vous emporte, écrivaillon puant et sans talent !"
Je ne peux guère contester le triste bien-fondé de leurs reproches ; en revanche, je peux comploter tout mon soûl en mettant sur pied d’abominables projets de vengeance. Ainsi, vous pouvez imaginer mon bonheur lorsque je suis tombé sur des essais écrits par ce même M. Nystrom! J’ai immédiatement pensé : "Aha ! Enfin, le vent tourne !" Mais alors que je jubilais d’avance à l’idée de pouvoir le tailler en pièces sans merci, j’ai été horrifié de constater qu’ils portaient un titre génial : "Trois bears, pas de Goldilocks" ! [Jeu de mot quasi-intraduisible jouant sur bear, qui signifie "ours", mais aussi "baissier" et Goldilocks, "Boucles d'Or", ndlr.]
Hahahaha ! Fabuleux ! J’adore ça !
La mauvaise nouvelle, c’est qu’à présent, au lieu d’être simplement enragé après lui à cause de ma méfiance innée et purement irrationnelle envers les rédacteurs en chef en général, je le hais désormais par pure jalousie pour avoir trouvé un titre aussi génial, exposant ainsi mon incompétence créative. "Trois bears, pas de Goldilocks" ! Hahaha !
Laissez-moi le temps de me calmer, et nous verrons demain si le contenu était à la hauteur du titre…
Meilleures salutations,
Le Mogambo Guru
Pour la Chronique Agora
(*) Richard Daughty est associé gérant et directeur d’exploitation pour Smith Consultant Group, qui sert les secteurs financier et médical. Il est également l’auteur de la lettre d’information économique Mogambo Guru, un exercice visant à accumuler les sarcasmes sur ceux qui le méritent largement. Le Mogambo Guru est souvent cité dans le journal Barron’s ou dans le Daily Reckoning, l’équivalent américain de la Chronique Agora.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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