Transformation imminente du Dow en citrouille

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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 03 novembre 2006
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*** Transformation imminente du Dow en citrouille
Les investisseurs feraient bien de rentrer avant minuit…

*** Panique à Cigar Lake
Le secteur de l’uranium prend l’eau…

*** L’heure de la défaite ?
Ca sent le roussi en Irak…

*** L’Inde est à la hausse (3)
Une pyramide des âges encourageante se profile…

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Bonjour,

*** TRANSFORMATION IMMINENTE DU DOW EN CITROUILLE

** Le 1er novembre, marqué par festivités d’Halloween en Amérique du Nord, a effectivement fourni aux investisseurs quelques raisons de grimacer puis de ressentir en fin de soirée quelques frissons parcourant leur échine. Le cours de la citrouille s’est inscrit en fort repli mercredi soir sur l’ensemble du territoire !

Ne croyez pas qu’il s’agisse là d’une regrettable confusion avec le Nasdaq (-1,4%) ou le pétrole (-5% en 48 heures)… Les retombées commerciales d’Halloween s’avèrent décevantes, selon les principaux distributeurs américains, et de considérables rabais ont été consentis sur les citrouilles afin de permettre aux gérants des rayons fruits et légumes de récupérer au plus vite des dizaines de mètres cubes d’espace de stockage dans les arrières-magasins.

S’agit-il là d’un inquiétant signe précurseur de ce à quoi pourraient ressembler les ventes de fin d’année ? C’est ce que Wal-Mart redoute ouvertement : selon les estimations officielles du n°1 mondial de la distribution, le chiffre d’affaire anticipé durant la période cruciale des fêtes (qui englobe Thanksgiving puis les traditionnels réveillons de Noël et du jour de l’An) devrait au mieux stagner — et ce à condition que le prix du fuel et des carburants ne se mette pas à remonter en flèche au lendemain des élections du 7 novembre.

** Nous avons le sentiment que les conditions météorologiques pourraient ne pas jouer un grand rôle dans l’évolution des cours du pétrole (toujours très proches d’un plancher de 58 $ sur les contrats à terme livraison décembre) à partir de mercredi prochain. Nous pressentons même l’arrivée d’un gros coup de chaleur sur les marchés de l’énergie, dont l’épicentre devrait se situer sur le NYMEX. En effet, ils viennent d’enregistrer l’une des plus fortes baisses historiques observées en l’espace de quatre mois, ce qui constitue également le plus long épisode de correction pour le baril de brut depuis 1998.

Pendant que le gaz et le pétrole — les matières premières les plus "visibles" et dont l’impact est le plus facilement mesurable sur le pouvoir d’achat des ménages — dégringolent (ce qui peut arriver, même en cette saison de re-stockage pré hivernale), les prix du blé, du maïs et du soja progressent vivement (+2%) sur les marchés à terme de Chicago ; ce phénomène serait imputable à la sécheresse qui a sévi cet été aux Etats-Unis.

Et le cuivre, qui reprend 1,5% en 48 heures, à 7 250 $ la tonne, pourrait battre de nouveaux records au cours des prochaines semaines, alors que la demande asiatique demeure particulièrement vigoureuse. Il nous paraît logique de supposer que les importations pétrolières (ou gazières) de la Chine, de l’Inde ou du Brésil ne doivent pas suivre une trajectoire diamétralement opposée depuis le milieu de l’été.

Voilà précisément ce qui renforce le soupçon d’une manipulation des cours du brut depuis la cassure du plancher technique des 65 $ — aucun rebond n’a pu se matérialiser à ce niveau à la mi-septembre… Une entreprise de démolition poursuivie avec un bel entrain lors du récent test des 59 $, c’est-à-dire du plancher testé au mois d’octobre 2005.

Ce tour d’horizon des matières premières ne serait pas complet sans un petit coup d’oeil sur l’or, qui brille de mille feux — dans l’indifférence générale — depuis un mois jour pour jour. Il est repassé de 560 $ le 3 octobre à 625 $ hier, tandis que le l’or noir prenait — une fois n’est pas coutume — la direction strictement inverse, presque vague pour vague.

** Beaucoup de commentateurs, cherchant à expliquer le rebond de 10% du métal précieux, invoquent la crainte de voir le dollar dévisser au cours des prochaines semaines. Il suffit cependant de jeter un oeil au graphique du billet vert pour s’apercevoir qu’il n’a globalement pas perdu un pouce de terrain depuis que l’once a repris la bagatelle de 65 $ sur son récent plancher du début de l’automne.

Mais vous vous doutez bien que nous n’envisageons pas un instant de balayer d’un revers de la main l’hypothèse selon laquelle la remontée de l’or serait liée à la crainte de voir le dollar se déprécier.

Il dispose pour cela de très bonnes raisons depuis quelques jours… et plus encore depuis ce jeudi 2 novembre : les statistiques américaines publiées dans l’après-midi n’ont constitué qu’un enchaînement de déceptions. Les mauvaises nouvelles macro-économiques se sont succédées à une cadence infernale entre 14h30 et 16h00.

La productivité a stagné outre-Atlantique au troisième trimestre (contre une hausse de 1,1% anticipée) ; nous en avons même oublié de quand datait la dernière contre-performance de cet ordre !

Les commandes à l’industrie rebondissent de 2,1% — mais l’embellie n’est qu’apparente, et elle s’avère inférieure de moitié aux prévisions : hors transports, et plus précisément hors secteur aéronautique, les commandes chutent de 2,4%.

Sur le front du chômage, à la veille de la publication des chiffres de l’emploi, nous assistons à une double désillusion : forte hausse (+18 000) du nombre de demandeurs d’indemnités en données hebdomadaires, tandis que les coûts salariaux grimpent de 3,8% au troisième trimestre en rythme annuel, ce qui se situe très au-delà de la "zone de confort" souhaitée par la Fed.

** Pour ne rien arranger, la Banque centrale européenne affiche toujours la même paranoïa au sujet des pressions inflationnistes sous-jacentes, lesquelles requièrent une "forte vigilance" de la part des autorités de Francfort. Ce type de formulation induit la promesse d’un nouveau tour de vis début décembre, et entretient le suspens sur la volonté de J.C. Trichet de porter le loyer de l’argent à 4% d’ici la fin du premier semestre 2007.

Le danger d’un défaut d’ancrage des prix découlerait d’une progression trop rapide de la masse monétaire, alors que la croissance européenne, toujours selon J.C. Trichet, demeure "supérieure" au potentiel induit par une politique monétaire qui se veut plus restrictive.

Visiblement, le message est mal passé auprès des investisseurs ; les indices boursiers ont chuté de 1% en moyenne sur le Vieux Continent. A Paris, le CAC 40 a terminé en repli de 1,13% à 5 310 points, affichant un ratio de neuf replis contre une seule hausse, dans des volumes relativement étoffés de 4,7 milliards d’euros.

L’indice phare vient d’enfoncer successivement son support oblique moyen terme des 5 350 points (préservé in extremis mercredi soir) puis le palier des 5 330 points, qui correspond au zénith du 10 mai dernier.

Le cumul des pertes subies cette semaine atteint -1,3% pour les valeurs françaises, alors qu’il n’est que de -0,5% pour l’Eurotop 100 et -0,8% pour le Nasdaq. Ce qui attire notre attention, c’est cette succession de cinq séances consécutives de replis infinitésimaux sur le Dow Jones, qui parvient malgré tout à préserver le seuil psychologique des 12 000 points.

Là encore, il ne fait guère de doute que ce score éminemment symbolique est défendu avec une détermination inflexible par les principales banques d’affaires de New York. Cela nous incite à anticiper une embellie sur les indices de la zone euro (alors que Londres n’a pas perdu un pouce de terrain hier), avant la rupture prochaine de supports majeurs. Nous les situons à 5 300 puis 5 260 points sur le CAC 40, et 3 020 points sur l’Eurotop 100, qui nous sert de référence depuis le zénith des 3 095 points du 26 octobre dernier.

Halloween est maintenant derrière nous, mais nous faisons le pari que le carrosse du Dow Jones ne va pas tarder à se transformer en citrouille.

Philippe Béchade,
Paris

PS : Les indices ont-ils basculé à la baisse pour de bon ? Que convient-il de faire pour votre portefeuille, au vu des circonstances actuelles ? Retrouvez tous les conseils de Philippe Béchade au 0899 707 009* pour faire face à la séance boursière dans les meilleures conditions possibles.
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Pourquoi attendre les profits ?

1 740,11% de gains cumulés au total sur le premier semestre 2006… Des gains de +50%… +69,77%… +67,86… +88,10% depuis début mai 2006… et des plus-values de 106,90%… 100%… 104%… 91,80%… 117,10% et même 679%… engrangées durant la première partie du 1er semestre 2006 !

Parfois, c’est encore le court terme le plus performant. Découvrez pourquoi…

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Nos spécialistes vous donnent les dernières nouvelles de Wall Street

*** PANIQUE A CIGAR LAKE

** L’industrie de l’uranium est sous le choc. Le 23 octobre dernier, Cameco, plus grand producteur de yellowcake au monde, a annoncé que sa mine de Cigar Lake prenait l’eau. Les premières tentatives pour isoler le secteur affecté ont échoué, et les installations souterraines sont désormais complètement inondées.

- C’est un événement crucial. Cigar Lake, c’est le plus grand gisement d’uranium au monde, abritant 232 millions de livres d’U3O8. La production de la mine était censée débuter début 2008 ; au maximum de son potentiel, la mine devait fournir 17% de l’offre d’uranium dans le monde.

- Bref, l’un des rares projets pouvant faire une différence significative sur le marché de l’uranium… jusqu’à récemment.

- L’avenir de Cigar Lake est désormais moins assuré. Même si les dirigeants de Cameco font comme si de rien n’était — affirmant que l’entreprise "s’engage à développer des plans pour remettre ce projet sur pied " — nous avons parlé à plusieurs professionnels de l’uranium dans la Saskatchewan, selon qui la mine pourrait bien être entièrement perdue. A tout le moins, l’inondation retardera les débuts des opérations d’un an au minimum, ce qui garantit une offre encore plus serrée qu’on le prévoyait pour ces prochaines années.

- Si l’on considère que le marché avait peu de marge de manœuvre même en tenant compte des réserves fraîches de Cigar Lake, on frôle la crise. Une hausse significative du prix spot dans les semaines qui viennent est une possibilité.

- Au risque d’exagérer, la perte de Cigar pourrait déclencher une ruée spectaculaire sur les valeurs de l’uranium. Même si les cours des sociétés d’exploration d’uranium ont connu des hausses stellaires ces trois dernières années (dépassant les 1 000% dans certains cas), une hausse de 5 $ ou 10 $ sur le prix comptant de l’uranium dans les mois qui viennent pourrait générer des achats en proportions plus grandes encore. Une frénésie similaire à celle qui s’est produite sur les actions technologiques à la fin des années 90 couve.

- Les investisseurs qui ne l’ont pas encore fait devraient profiter de cette opportunité pour se positionner sur des valeurs de qualité dans le secteur. La folie sur l’uranium devrait profiter à toutes les actions (au moins au début) — mais les gains vraiment spectaculaires proviendront des entreprises ayant des dirigeants doués et des projets capables d’engendrer des découvertes durant la ruée haussière.

** Prenez UEX Corp., par exemple. En juin 2005, alors que les valeurs de l’uranium dans leur ensemble profitaient de gains excellents, l’entreprise annonçait une découverte exceptionnelle d’U3O8 dans sa propriété de Shea Creek. La valeur a grimpé de 80% en une journée. Moins de trois mois plus tard, elle était en hausse de 180%.

- A l’époque, l’uranium était à 30 $ par livre. Le prix dépassant désormais les 60 $ — et des millions d’investisseurs se précipitant pour obtenir leur part du gâteau — toute entreprise annonçant une découverte pourrait rapporter des gains énormes aux investisseurs, quasiment du jour au lendemain. Et si les récents événements de Cigar Lake font passer le marché en surchauffe, les gains pourraient être stupéfiants.

- Quelles entreprises ont ce qu’il faut pour se montrer profitables ? JNR Resources a récemment annoncé d’appétissants échantillons de surface pour leur projet de Way Lake, situé dans le bassin de l’Athabasca, dans le Saskatchewan. Les forages devraient commencer sous peu. Même si la valeur a déjà grimpé de 85%, elle en vaut encore la peine. Tous les ingrédients sont réunis pour une folie de l’uranium : dans ces conditions, un gain de 85% semblera minuscule.

- Bien entendu, JNR n’est pas la seule. Un exploitant "micro-cap" a également retenu notre attention : sa propriété la plus intéressante se situe dans le bassin de l’Athabasca, riche en uranium, prise en sandwich entre des terrains appartenant aux majors de l’uranium Cameco et Cogema. Une autre entreprise explore une nouvelle région prometteuse, au Québec. Un grand producteur a récemment jalonné des terrains entourant le projet de cette société — ce qui signifie que les meilleurs experts ès uranium du monde pensent que les conditions géologiques son favorables. Cette valeur a doublé en six semaines, et ce n’est sans doute qu’un début.

- Acheter des juniors minières est toujours risqué, surtout quand on essaie de se positionner dans un secteur aussi brûlant que l’uranium en ce moment. Mais il y a également un potentiel énorme. Les investisseurs en matières premières ne peuvent pas se permettre de faire des suppositions. Il faut faire des recherches. Il faut prendre le temps de comprendre la différence entre une minière qui ne fait que brasser du vent… et une autre possédant des terrains excellents, avec les bons critères, dans un environnement géologique approprié. A mesure que l’importance de la crise de Cigar Lake se fera connaître, les valeurs de l’uranium continueront à grimper en flèche… du moins certaines d’entre elles.

[NDLR : Voilà longtemps que notre spécialistes des valeurs étrangères, Simone Wapler, s'intéresse à l'uranium -- avec plusieurs entreprises prometteuses déjà en portefeuille. Pour profiter de ses recommandations, continuez votre lecture...]

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** L’HEURE DE LA DEFAITE ?

** "Est-il temps d’admettre la défaite ?" dit le titre.

* La couverture du magazine The Week présente une photo intéressante. Elle représente les célèbres marines en train de lever le drapeau à Iwo Jima. Sauf que le drapeau est blanc.

* "Bagdad assiégée", déclarait mercredi la couverture du journal The Independent.

* L’article continue :

* "Des insurgés sunnites ont coupé les routes reliant la ville au reste de l’Irak. Le pays est divisé, et les milices se livrent des batailles sanglantes pour le contrôle des villes et des villages au nord et au sud de la capitale".

* "Tandis que les dirigeants politiques américains et britanniques se rejettent la responsabilité de la crise en Irak, le pays a franchi une nouvelle étape sur le chemin de la désintégration"…

* Le sujet fait aussi la couverture de The Economist cette semaine. Au-dessus de la photo d’un soldat irakien courant dans le désert, on trouve le titre "Fuir à toutes jambes ?"

* Même l’International Herald Tribune, un journal américain, a remarqué le problème : "l’Irak est au bord du chaos, selon l’armée US".

* Botter des derrières dans le monde entier n’est pas aussi simple que ça en a l’air. Heureusement, la mésaventure irakienne n’a jamais eu d’importance. Ce pauvre pays du désert n’a jamais représenté la moindre menace pour l’empire. Ce n’était qu’une distraction. Une distraction coûteuse.

* La véritable menace pour l’empire est financière. Grâce en partie au coût de la guerre en Irak — que l’on estime désormais à plus de 1 000 milliards de dollars — l’empire perd environ 70 millions de dollars par heure. C’est le déficit courant américain annuel divisé par le nombre d’heure que compte une année — dimanche et jours fériés inclus.

** Le plus étonnant, dans tout ça, c’est que la valeur du dollar ne reflète pas encore ces pertes. Miraculeusement, il continuer de défier la gravité de la situation.

* Depuis plusieurs années maintenant, à la Chronique Agora, nous nous attendons à une chute du dollar. Nous étions en bonne compagnie. Warren Buffett et Robert Rubin, eux aussi, pariaient contre le dollar. Buffett a perdu un milliard de dollars l’an dernier suite à son pari sur les devises étrangères. Rubin a perdu un million de dollars. Et nous, qu’avons-nous perdu ? Eh bien, nous n’en savons rien ; nous n’avons pas vraiment fait attention.

* A présent, les baissiers du dollar agitent le drapeau blanc. "Le marché peut demeurer irrationnel plus longtemps que vous ne pouvez demeurer solvable", disait Keynes. La plupart des spéculateurs ont décidé de cesser le feu ; ils préfèreraient être solvables plutôt que d’avoir raison.

* Mais les lois de la gravité s’appliquent encore. Et une économie perdant 800 milliards de dollars en déficits courants chaque année, ce n’est pas une économie présentant une devise fiable.

* L’euro a gagné du terrain, cette semaine. Et l’anti-dollar — l’or — a joliment grimpé, dépassant les 620 $ à Londres. La correction du métal jaune pourrait être terminée. On pourrait revoir l’or sous 600 $ demain matin… ou plus jamais de notre vie.

* Même à 600 $, l’offre mondiale totale d’or extrait ne représente que 3% des actifs libellés en dollars US. Dans les années 80, ce chiffre se montait à 29%.

* Nous ne savons pas si nous sommes à la fin du marché haussier du dollar. Ce que nous savons, par contre, c’est que nous ne sommes pas à son début.

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Comment le marché actuel peut faire de vous un investisseur heureux…

… tout en faisant passer votre portefeuille à la vitesse supérieure !

C’est plus simple qu’il n’y paraît… il suffit de suivre les bons indicateurs : continuez votre lecture pour tout savoir

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*** La Chronique Agora présente ***

L’Inde doit une bonne partie de son développement à sa structure démographique — et en particulier à la croissance de sa classe moyenne, nous expliquait hier Charles Sizemore. Aujourd’hui, il nous en dit plus sur ce phénomène…

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L’INDE EST A LA HAUSSE – 3ème PARTIE
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Par Charles Sizemore (*)

A mesure que la classe moyenne croît, les mères indiennes ont moins d’enfants — tout en dépensant bien plus d’argent pour ceux qu’elles ont, dans la mesure où elles achètent les produits de consommation de base dont les générations précédentes devaient simplement se passer. Pour comprendre en quoi cela est important pour l’économie, réfléchissez-y de la sorte : les marges bénéficiaires sont plus élevées pour des couches achetées en magasin que pour des langes faits maison. Ajoutez des vêtements pour enfants, des jouets et des leçons de piano à la liste d’éléments achetés à l’extérieur plutôt que produits à domicile… et il devient rapidement évident que le style de vie de la classe moyenne contribue bien plus à l’économie qu’un style de vie paysan traditionnel.

Le ralentissement du taux de natalité indien est une indication de la hausse de la classe moyenne, ainsi qu’un facteur contribuant à son développement. A mesure que le taux de natalité de l’Inde continuera à décliner, la pyramide des âges devrait commencer à ressembler de plus en plus à celle des Etats-Unis aux environs de 1964 (à la fin du baby-boom). Il faut s’attendre à un boom de l’Inde lorsque sa population, jeune et nombreuse, se lancera dans une vague de dépenses durant les 40 à 50 prochaines années, un peu comme les baby-boomers occidentaux de l’après-guerre.

Le poids de l’Inde dans l’économie mondiale continuera lui aussi à se développer pour une autre raison importante. Contrairement à la Chine (dont la population totale devrait atteindre son sommet vers 2030), l’Europe, la Russie et le Japon (dont les populations ont déjà entamé leur déclin), l’Inde continuera à croître jusqu’en 2065 approximativement.

Ceci dit, en dépit des arguments extraordinairement haussiers pour l’Inde ces prochaines décennies, il est important de se rappeler que l’Inde est encore un pays sous-développé, et qu’elle n’en est pas à la même étape que bon nombre d’autres pays dits "en voie de développement" comme la Corée du Sud ou Taiwan. Le revenu per capita est encore pitoyablement bas, au même niveau que celui de l’Irak ou de Cuba, et le gouvernement indien n’est de loin pas immunisé contre les accès de populisme anti-mondialisation.

Il est peu probable que l’Inde suive l’exemple du Venezuela, par exemple, mais on verra sans le moindre doute des accidents de parcours qui mettront les investisseurs à rude épreuve. Même les Etats-Unis, avec leur longue tradition de libre-échange, sont récemment tombés dans le piège, comme l’ont clairement prouvé les manœuvres politiques qui ont tué dans l’œuf l’accord des ports de Dubaï début 2006. Toute manœuvre politique en Inde ou chez l’un des ses principaux partenaires commerciaux visant à entraver le libre-échange pourrait causer des incidents forts désagréables — quoique très probablement temporaires. L’Inde a également un conflit non résolu avec le Pakistan, qui pourrait se transformer en guerre à tout instant.

Inutile de dire, donc, que l’Inde est volatile. La correction boursière mondiale qui s’est produite l’été dernier a fait baisser le cours des valeurs indiennes de pas moins de 30%. Pour cette raison, malgré notre enthousiasme concernant les perspectives de l’Inde, les actions indiennes doivent être envisagées avec une prudence extrême ; mieux vaut les acheter après de substantielles corrections.

Meilleures salutations,

Charles Sizemore
Pour la Chronique Agora

(*) Charles Sizemore est analyste chez HS Dent Investment Management, et contribue au HS Dent Forecast, la lettre d’information mensuelle d’Harry Dent. Avant de rejoindre l’équipe de recherche HS Dent, Charles travaillait sur les marchés financiers en tant que journaliste indépendant, tout en étudiant la finance et la comptabilité au sein de la London School of Economics.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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