Tout sauf la Bourse

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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Lundi 24 juillet 2006
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*** Tout sauf la bourse
Les résultats des entreprises laissent les investisseurs indifférents…

*** Pourquoi la hausse des taux d’intérêt est bonne pour l’or
Doug Casey prévoit de beaux jours pour le métal jaune

*** Dépenses de consommation
Où Bill Bonner dépense lui aussi plus qu’il ne l’aurait dû…

*** Or : les perspectives pour le second semestre 2006 (1)
La question n’est plus de savoir si l’or va monter, mais de savoir à quel rythme.

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320% de gains cumulés en 2005…

429,45% de gains cumulés au premier semestre 2006…
Des gains de 28%, 26,6%, 30,18%, 32,10%, ou encore 39,90%

Notre Banquier Central a gardé le cap alors que les marchés devenaient fous ; pour faire de même, continuez votre lecture…

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Bonjour,

*** TOUT SAUF LA BOURSE

** Il y a des jours où les intervenants, sur les marchés, semblent s’intéresser à tout sauf à la Bourse.

Prenez la semaine dernière, par exemple. Obnubilés par le conflit au Moyen-Orient, les choix linguistiques de Ben Bernanke, l’orientation de l’inflation et l’âge du capitaine, les lumpeninvestisseurs en ont apparemment oublié de se pencher sur ce qui constitue — ou devrait constituer — le cœur de l’activité boursière : les entreprises.

Eh oui, malgré quelques profit warnings, les résultats des entreprises s’annoncent plutôt positifs dans leur ensemble : 13,6% de progression en moyenne au deuxième trimestre 2006 (contre 12,4% attendus).

Le journal La Tribune nous en dit un peu plus sur ces chiffres : "66% des grandes entreprises ont publié des résultats supérieurs aux estimations des analystes, 20% ont égalé les attentes, alors que seulement 14% ont déçu. Dans la mesure où le rythme de croissance trimestriel reste supérieur à 10%, comme c’est probable, la période de mars à juin 2006 sera la douzième consécutive de croissance à deux chiffres aux États-Unis. Presque du jamais vu !"

Mais les marchés ne l’entendent pas de cette oreille — ou ne l’entendent pas du tout, d’ailleurs : ils ont terminé la semaine sur une baisse unanime vendredi. Le CAC 40 a ainsi perdu 0,96%, revenant à 4 818,55 points, tandis que le Footsie londonien et le Dax de Francfort chutaient respectivement de 0,89% et 1,71%. L’indice français est tout de même parvenu à sauver les meubles sur la semaine, terminant sur une hausse hebdomadaire de 0,79% grâce au rebond de mercredi dernier.

Même ambiance de l’autre côté de l’Atlantique : le Dow Jones a terminé vendredi à 10 868,38 points, soit une baisse de 0,55%. Le Nasdaq a chuté de 0,93%, à 2020,39 points — tandis que le S&P 500 se traînait à 1 240,29 points, ayant perdu 0,71%.

** Le dollar US n’était guère à la fête non plus — la faute à la Banque Populaire de Chine, qui a annoncé relever ses réserves obligatoires pour la deuxième fois en cinq ans. Cette mesure est censée freiner la croissance économique chinoise ; pour l’instant, elle n’a réussi qu’à affaiblir le billet vert, qui est ainsi passé vendredi à 1,2695 $ pour un euro. Du côté des taux, une tension s’est fait sentir : le rendement du bon du Trésor US à 10 ans s’est tendu de deux points de base, pour atteindre 5,04%.

L’or et le pétrole ont tous les deux terminé la semaine sur une hausse. Pour le premier, on a atteint les 634 $ l’once au second fixing de Londres vendredi. Quant à l’or noir, étant données les conditions géopolitiques du moment, j’imagine qu’on ne peut que se féliciter de le voir à 74,43 $ seulement pour un baril de WTI… pour l’instant.

** Pendant ce temps, les Français sont prodigues : +1,6% pour les dépenses de consommation le mois dernier ! C’est en grande partie le secteur des biens d’équipement du logement qui tire ce chiffre à la hausse — merci à la Coupe du Monde de football, qu’on ne saurait concevoir de regarder sur autre chose qu’une télévision surdimensionnée…

Sur l’année, la hausse de la consommation atteint 5,6%, son meilleur score depuis 2000 (année où la France a remporté la Coupe d’Europe… il faudrait se pencher plus attentivement sur la ballon rond/conjoncture économique…). Ces bons chiffres constituent bien entendu un élément de soutien à la croissance — les économistes anticipent déjà +0,6% minimum pour le PIB français au second trimestre.

Evidemment, cher lecteur, nous n’avons pas pu nous empêcher de jeter un coup d’œil au revers de la médaille… un revers qui ressemble d’assez près à celui de la médaille américaine. Eh oui, si on veut dépenser, il faut bien avoir de l’argent quelque part, ou, à défaut, l’emprunter. Les Français ne s’en privent pas : leur pouvoir d’achat progresse moins vite que leurs dépenses ? Qu’à cela ne tienne, ils ont de l’épargne… et des taux bas pour emprunter.

Ils ont donc financé leur téléviseur 16/9ème à écran plat en cassant leur tirelire — à tel point que l’épargne des Français ne se montait plus qu’à 14,8% à la fin du premier trimestre 2006… tandis que leur taux d’endettement se montait à 66% ! Comme le dit La Tribune, "On est certes loin des niveaux atteints par les Américains (130%) ou les Espagnols (90%), mais pour les Français il s’agit d’un pic historique".

Après la Coupe de Monde, les soldes se sont chargés de prendre le relais en ce début de troisième trimestre. Mais après ? L’épargne n’est pas illimitée, et les taux ne resteront pas éternellement bas… Qu’est-ce qui continuera à alimenter les dépenses des ménages français qui ont donc de plus en plus de dettes et de moins en moins d’économies sous leurs matelas ? Par conséquent, qu’est-ce qui alimentera la croissance hexagonale — et, partant, le marché de l’emploi ?

Françoise Garteiser
Paris

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Doug Casey nous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** POURQUOI LA HAUSSE DES TAUX D’INTERET EST BONNE POUR L’OR

** Dans le monde entier, les taux d’intérêt grimpent à cause de l’inflation, et les risques de défaut de paiement augmentent. Les prêteurs veulent une compensation pour le risque de ne pas être remboursés. Lorsque la devise semble perdre du pouvoir d’achat, les prêteurs veulent rattraper la perte en collectant plus d’intérêts — que les emprunteurs sont prêts à payer, anticipant une dépréciation supplémentaire de la devise.

- Dans le cas de la dette gouvernementale, le risque de défaut de paiement est minimal puisque, si besoin est, le gouvernement débiteur peut toujours imprimer ce qu’il doit. La hausse des taux d’intérêt sur la dette gouvernementale reflète donc clairement la hausse des pressions inflationnistes. Et cela constitue sans aucun doute un facteur positif pour l’or.

Pour lire la suite…

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Ouzilly

*** DEPENSES DE CONSOMMATION

** Si les Américains ont deux 4×4 dans leurs garages, note le journal USAToday, ils devront dépenser 1 500 $ supplémentaires tous les ans pour faire le plein. En juin, la consommation d’essence aux Etats-Unis a grimpé à 9,5 millions de barils par jour. Jusqu’à présent, les Américains ne réduisent pas leur utilisation de carburant. L’armée américaine — le plus grand utilisateur de produits pétroliers au monde — en brûle elle aussi plus que jamais. Le pétrole est encore près des 75 $ le baril, malgré ce que l’on décrit comme un recul majeur pour les matières premières.

* La dépense semble provoquer des baisses dans d’autres domaines. USAToday rapporte également que les restaurants "modestes" souffrent eux aussi. Applebees, Outback Steakhouse, Red Lobster — pour ne citer que quelques exemples : c’est là que dînent les Américains moyens. Ce ne sont pas de vrais restaurants, dans le sens où on n’y trouve pas de vrai chef, pas de carte des vins, et rien qui puisse être confondu avec de la haute cuisine. Mais au moins, on s’y assoit… et on paie à la fin. Et si l’on en juge par les chiffres, soit les Américains moyens s’asseyent moins… soit ils paient ailleurs. Red Lobster déclare que ses ventes ont baissé de 5% en juin. Les experts du secteur disent n’avoir jamais rien vu de tel.

* USAToday mentionne le prix de l’essence, une concurrence accrue de la part des fast-foods et la hausse des paiements minimum sur les cartes de crédit pour justifier cette baisse. Nous aurions tendance à supposer que les chiffres de l’immobilier américain y sont aussi pour quelque chose. Les gens qui dînent chez Red Lobster ont souvent des maisons avec des versements réguliers ; sur les marchés les plus brûlants du pays, quatre prêts immobiliers sur cinq pris sur de nouvelles maisons ces deux dernières années avaient des taux variables. Ces taux varient désormais — à la hausse. Et il faut aussi payer "des taxes immobilières qui grimpent en flèche", déclarent les journaux.

* Pendant ce temps, l’humeur du marché immobilier américain a changé. "Les panneaux ‘à vendre’ se multiplient dans tous les Etats-Unis’, déclare le Wall Street Journal. Dans notre ferme, nous voyons comment les vaches se multiplient — et comment les poulets et les lapins font de même. Nous n’avons jamais vu deux panneaux "à vendre" en pleine action, mais il doit tout de même se passer des choses. Le nombre de maisons attendant d’être recueillies atteint un niveau record.

** La chaleur. C’est elle que l’on a rendue responsable de deux retards pour les trains de votre correspondant ces derniers jours. Le premier en revenant de Londres, le second pour se rendre en Normandie, où nous voulions jeter un coup d’œil à notre dernier désastre d’investissement.

* Oui, nous savions ce qui allait arriver… et c’est arrivé. La propriété que nous avons achetée en Normandie est allée de mal en pis. Inspecteurs, permis, autorisations, réglementations… Tous les niveaux de gouvernement ont leurs propres exigences.

* L’un d’entre eux veut un ascenseur pour les handicapés. L’autre veut un système d’évacuation de la fumée, en cas d’incendie. Un autre encore insiste pour qu’on n’utilise pas de ciment pour refaire les balustrades ; elles doivent être taillées dans la pierre, comme les originaux. Puis il y a les entrepreneurs. Nous importons nos plombiers de Pologne, nos menuisiers de République Tchèque et nos peintres de Grèce. Nous ne pouvons comprendre un mot de ce qu’ils disent. Et ils sont en guerre les uns contre les autres. Les Polonais déclarent que les Tchèques ont coupé leurs tuyaux. Les Grecs affirment que les Polonais ont endommagé leurs peintures. Les Tchèques disent que les Polonais et les Grecs leur ont volé leurs outils. Les dépenses se sont ajoutées les unes aux autres, jusqu’à dépasser — de loin — ce que nous avions pensé investir dans l’endroit. Et voilà que nous sommes allé inspecter l’endroit non comme Bonaparte à Austerlitz, mais comme Von Paulus à Stalingrad. Si seulement nous étions resté à la maison, marmonnons-nous.

** Mais le retour de Normandie a été un vrai plaisir ; la chaleur a grillé la terre, lui faisant dégager ses parfums les plus intimes. Nous conduisions toutes vitres ouvertes. L’odeur du foin fraîchement coupé, des champs de blé et d’avoine, de l’herbe et des tilleuls. Nous observions les bâtiments de ferme en pierres, les élégants châteaux, les rangées de marronniers le long de la route.

* La France n’est pas un bon endroit pour les affaires. Mais c’est un bel endroit où vivre.

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*** La Chronique Agora présente ***

Après la récente baisse des marchés de matières premières, Simone Wapler, rédactrice au sein de Vos Finances – La Lettre du Patrimoine, examine ce qui attend notre métal jaune préférée pour le reste de l’année 2006…

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OR : LES PERSPECTIVES POUR LE SECOND SEMESTRE 2006– 1ère PARTIE
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Par Simone Wapler (*)

La question n’est plus de savoir si l’or va monter, mais de savoir à quel rythme. La récente correction des secteurs or et matières premières est imputable aux fonds de couverture et fonds spéculatifs, lit-on communément. Il paraît plus juste de renverser la proposition : la récente hausse de l’or et des matières premières a été causée par un afflux de liquidité des fonds de couverture et fonds spéculatifs ; un reflux était inévitable (et sain) après cette exubérance. Ayant pris 40% depuis le début de l’année, avec un cours dépassant 710 $, le métal jaune a reflué à 580 $ l’once, soit -20%. Il s’est ensuite ressaisi à 610 $ l’once.

L’or à long terme reste résolument haussier. Son parcours à plus court terme dépendra essentiellement de l’évolution du regard des investisseurs sur la situation actuelle.

Malgré les hausses des taux de la Fed, l’or a progressé. Ce fait est inversement analysé par les acteurs du marché, qui se divisent en deux camps. D’un côté les tenants depuis 2000 d’un marché haussier de l’or, ultra-sceptiques quant au sort de toute monnaie fiduciaire, qui voient, bien sûr, un augure favorable : "même avec des taux d’intérêt à la hausse, un actif qui ne rapporte rien intéresse. C’est bien la preuve qu’il existe une inflation rampante et que l’or reste le refuge monétaire".

A l’opposé, les tenants des actifs papiers qui voient un argument contre l’or : "vous voyez bien que le métal jaune n’a pas valeur de monnaie refuge, puisqu’il monte. Il monte parce que c’est une matière première. En tant qu’actif financier, il devrait au contraire baisser face à la hausse des taux d’intérêt un peu partout dans le monde".

Les fluctuations à court terme de l’or dépendront donc du nombre de revirements d’opinion et notamment du comportement opportuniste des fonds de couverture. Toute monnaie fiduciaire naît affectée d’une maladie génétique grave : l’inflation par le recours facile des politiques à la planche à billets. Les évolutions des taux d’intérêt et des indices des marchés vont servir le cours de l’or.

Or et écart de taux d’intérêt
Dans la période 2000 à 2003, la Fed a agressivement baissé les taux d’intérêt à court terme. L’objectif était de stimuler une économie faiblissante. L’écart entre taux d’intérêt à long terme et à court terme s’est alors creusé. Puis la Fed a doucement relevé ses taux pour ménager un atterrissage en douceur.

La situation actuelle, durant laquelle l’écart entre taux longs et taux courts s’est réduit, est très différente de celle des années 70. Durant cette période, les taux d’intérêt à court terme avaient été relevés pour faire face à l’inflation, et les taux d’intérêt à long terme avaient suivi car les marchés craignaient alors que la Fed n’en fasse pas assez.

Aujourd’hui, les marchés estiment que la Banque Centrale américaine (et ses consœurs) lutte efficacement contre l’inflation. Ils n’ont pas peur du long terme. Simultanément, il existe une forte demande d’argent à court terme pour financer de la spéculation. Mais il existe peu de demande d’emprunt à long terme pour augmenter des investissements durables.

Nous verrons la suite dès demain…

Meilleures salutations,

Simone Wapler
Pour la Chronique Agora

(*) Analyste, journaliste et ingénieur de formation, Simone Wapler a déjà contribué à des publications telles que Le Point, Enjeux les Echos, Chart’s… Spécialisée dans les valeurs technologiques et industrielles, et se penche sur l’or — mais aussi sur les marchés étrangers — tous les mois dans Vos Finances – La Lettre du Patrimoine.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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