Tous aux abris !

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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 13 avril 2007
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*** Un carry trade peut en cacher un autre
Il n’y a pas que le dollar, dans la vie des marchés monétaires…

*** Pourquoi j’épouserais une bohémienne
Bill Bonner est pour prendre des risques, dans la vie…

*** Tous aux abris !
Pour Jean Chabru, le temps est à la prudence et à la stratégie…

—————————– (publ.)

Découvrez la Bourse comme vous ne l’avez encore jamais vue…
… grâce à des conseils qui auraient pu vous permettre de cumuler 330,68% de gains en 2006 !

Pour savoir comment, c’est par ici…

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Bonjour,

*** UN CARRY TRADE PEUT EN CACHER UN AUTRE

** Nous avons contemplé, à moitié incrédule, la formation d’une seconde tendance en ligne de sept séances de hausse consécutives en trois semaines ; nous n’avons pas manqué d’établir un lien avec le redémarrage en trombe des arbitrages au détriment du yen — un processus qui inonde à nouveau les marchés de liquidités en quête du meilleur couple rendement/risque.

Puisqu’il a été écrit et répété à longueur de chroniques économiques (à l’exception des nôtres) et interviews télévisées que le problème du subprime restait cantonné à un segment bien particulier de l’industrie du crédit sans danger de contamination avéré, les investisseurs n’ont eu aucune peine à se convaincre qu’il fallait reprendre le cours de l’histoire au moment où elle avait semblé mal tourner (le 27 février dernier).

** Les Chinois ont été les premiers à donner le bon exemple en propulsant la bourse de Shanghai au-delà des records de la fin février dès la troisième semaine du mois de mars. Ils ont enchaîné dans la foulée une vingtaine de records historiques consécutifs, de telle sorte que l’indice SSE gravite 17% au-dessus de ses sommets du 22 janvier et 26 février dernier.

Les investisseurs domestiques ne voient poindre aucun nuage à l’horizon, ni sur le plan économique, ni sur le plan politique, ignorant les menaces de mesures protectionnistes brandies par la Maison-Blanche et le département du Commerce US. La visite officielle de leur Premier ministre Wen Jiabao au Japon a pour but de consacrer la détente des relations diplomatiques sino-nipponnes et renforcer le partenariat industriel et commercial entre les deux géants asiatiques.

Les deux pays peuvent difficilement continuer de se tourner le dos pour cause de rancoeurs remontant au début du siècle dernier (invasion de la Mandchourie au début des années 30) puis à la Seconde guerre mondiale. Le Japon tarde cependant à solder le traumatisme psychologique lié aux exactions commises par son armée de 1940 à 1945 ; Tokyo a présenté des excuses officielles à la Corée du Sud — annexée en 1910 — et à Singapour — envahi en 1942 –, mais tarde à s’exécuter vis-à-vis de Pékin.

Mais à l’heure de la mondialisation, le véritable conquérant — pacifique cette fois — de la planète, c’est la Chine, dont les exportations de marchandises ont progressé de 27%, atteignant un total de 970 milliards de dollars.

L’Allemagne demeure certes le premier exportateur mondial de marchandises avec 1 110 milliards de dollars (+15% en 2006), légèrement devant les Etats-Unis (1 040 milliards de dollars)… mais le Japon n’absorbe qu’une petite partie de ce total, alors que la Chine s’impose comme son principal client.

Les exportations de marchandises nippones s’élèvent à 650 milliards de dollars, et elles n’ont progressé "que" de 9% en 2006, alors que le yen a dégringolé parallèlement de 12% face à l’euro et de 3% face au yuan. Un constat s’impose : les bénéfices de la dévaluation compétitive du yen s’arrêtent là ou s’impose la formidable puissance commerciale chinoise, toutes gammes de produits confondus — y compris dans le secteur des services (BTP et fret maritime notamment).

Quelques sacrifices d’amour propre — et quelques efforts de repentance concernant des pages guère reluisantes de l’histoire du Japon impérial — pourraient donner un coup de fouet aux exportations japonaises. Cela maintiendrait parallèlement, par le jeu des importations de réciprocité à bas coût, l’inflation à un niveau proche de zéro dans l’Archipel — comme l’anticipait ouvertement la Banque centrale nippone dans son commentaire économique dévoilé lundi, sur fond de statu quo monétaire.

** L’absence de pressions inflationnistes, c’est précisément le diagnostic qu’attendaient les cambistes pour précipiter le yen sous les 160 contre l’euro (c’est chose faite à 160,5), et les 120 contre le dollar (il s’en faut de 0,7% de repli supplémentaire).

La monnaie unique progresse à l’évidence beaucoup plus vite que le billet vert depuis que les indices boursiers ont entrepris, dès le 5 mars, de renouer avec leurs records annuels. Le carry trade yen/dollar s’efface au profit du carry trade yen/euro, mais le résultat reste le même puisque les liquidités bon marché déferlent à nouveau sur les marchés.

La BCE a continué ce jeudi d’axer son discours sur le "ferme ancrage" des anticipations inflationnistes et la réaffirmation que sa politique monétaire reste accommodante (et chacun sait qu’elle a vocation à ne pas le rester) dans un contexte de croissance record de la masse du crédit en circulation (à 10%, voire bientôt un peu plus en rythme annuel).

A une question d’un journaliste concernant l’anticipation par les marchés de deux tours de vis (soit un "repo" porté à 4,25%) d’ici la fin de l’année 2007, J.C. Trichet a répondu que l’hypothèse initiale d’une hausse de 25 points (en juin ?) était plausible… mais que la BCE se refusait à dévoiler ses projets à plus long terme. Son attitude va dépendre des prochaines statistiques, et les incertitudes sont telles qu’il est actuellement impossible de tabler sur une décélération des risques "d’inflation de second tour", alors que la croissance est partie cette année sur des bases très élevées (+0,5% au premier trimestre) et semble devoir demeurer particulièrement "robuste".

En tout état de cause, la courbe des taux (sur les Bunds et autres OAT émises par la Bundesbank ou la Banque de France) valide manifestement l’anticipation d’un loyer de l’argent porté à 4,25% en zone euro d’ici septembre 2007 : le carry trade yen/euro semble avoir encore de beaux jours devant lui…

** Cependant, l’Europe ne peut se permettre le moindre faux pas en matière de croissance : aussi curieux que cela puisse paraître, le seul soupçon que la BCE pourrait en avoir terminé avec son cycle de resserrement du loyer de l’argent pourrait gripper la belle mécanique qui vient de propulser le CAC 40 au contact des 5 800 points, et l’Euro-Stoxx vers les 4 300 points mardi.

Le paradoxe suprême, c’est que pour soutenir les indices boursiers, il leur faut désormais pouvoir compter non pas sur une détente des taux (enfin si, mais uniquement au Japon)… mais bien sur une attitude de fermeté de la Fed et de la BCE en cas de tensions inflationnistes. De ce point de vue, la remontée du pétrole au-delà de 62,5 $/baril, du cuivre ou de l’acier serait une bonne nouvelle.

Tout vaut mieux en effet qu’une remontée du yen. Nous ne savons pas jusqu’où cette logique absurde peut nous mener, mais nous sommes déjà bien au-delà de ce que nous aurions osé imaginer dans nos scénarios les plus fous : un carry trade peut en cacher un autre, alors au train où vont les choses, nous ne sommes moins que jamais à l’abri d’un déraillement !

Philippe Béchade,
Paris

PS : Après une période de "vacances pascales", Philippe Béchade est de retour au 0899 707 009* : retrouvez son analyse approfondie de la séance du jour, assortie de ses conseils et recommandations pour ajuster votre portefeuille aux conditions boursières du moment.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, en Argentine

*** POURQUOI J’EPOUSERAIS UNE BOHEMIENNE

** Nous avons eu des doutes lors de la dernière heure de route. Nous étions en transit depuis samedi… et on était lundi soir à 23 heures, toujours loin de notre destination. Nous nous rapprochions — nous avions pris le virage nous menant à l’estancia ; mais c’était il y a 15 minutes. Nous étions encore à monter et descendre des collines… prenant des virages en épingle… filant de long de la route poussiéreuse.

* "Pourquoi est-ce qu’on ne pourrait pas simplement prendre un bon hôtel, pour nos vacances", a demandé Elizabeth, ajoutant, "comme tout le monde ?"

* "Pourquoi ?" avons-nous répété, simplement pour nous laisser le temps de trouver une bonne réponse. "Pourquoi ?" avons-nous dit une nouvelle fois. Puis, comme il n’y avait pas moyen d’y échapper : "parce que c’est bien plus intéressant", avons-nous répondu.

* Cet aspect "plus intéressant", jusqu’à présent, se traduisait surtout en termes de difficultés. Après notre escale inattendue au Brésil, nous avons fini par arriver à Buenos Aires, juste à temps pour changer d’aéroport — puis nous avons eu du mal à quitter l’endroit.

* Notre avion a été retardé. Puis il a soudain disparu des panneaux d’affichage. Puis une annonce a ordonné de "demander à l’agent". Puis, finalement, tout à coup, on embarquait. Lorsque nous sommes arrivés à Salta, il était 18 heures… et il pleuvait. Nous devions conduire sur l’une des pires routes de la chrétienté, dans le noir… et sous la pluie.

* "Moi, je ferme les yeux", a annoncé Elizabeth.

* "Inutile : on ne voit rien, de toute façon".

* Nous avions espéré que la route se serait améliorée ces 12 derniers mois. Ce qui la rendait si dangereuse l’an dernier, selon les panneaux, était les équipes d’ouvriers qui travaillaient à l’améliorer. Il nous apparaissait à présent qu’ils auraient dû la laisser en l’état. Elle était encore défoncée à certains endroits… avec des virages si serrés qu’une épingle à cheveux y aurait attrapé un lumbago.

* Mais cinq heures plus tard, nous arrivions enfin.

* "Il faut être plutôt robuste pour faire partie de cette famille", avons-nous remarqué.

* "Oui, mais même nous, nous ne sommes pas assez robustes pour ça, je crois".

* Comme vous le savez, cher lecteur, notre famille semble avoir perdu le sens de son identité, et nous nous demandons où est notre foyer. Nous avons quitté le Maryland depuis plus d’une décennie. Lorsque nous y retournons, nous nous sentons un peu comme des étrangers… comme si nous n’appartenions plus à l’endroit. Mais dans ce cas, où sommes-nous chez nous ? Ici, peut-être — en tout cas, nous essayons.

* L’Argentine a toujours été le refuge d’âmes perdues… de criminels de guerre… et de voyous en cavale. Peut-être que ça marchera pour nous aussi.

* Il y a toujours une rivalité naturelle entre faire les choses de manière simple, familière et sûre… et se lancer dans quelque chose de nouveau. Cette rivalité existe partout : le mariage, la carrière, les investissements. Un homme épouse la fille de son voisin, et sait dans quoi il s’engage. Il parle la même langue. Il connaît la famille, la classe, la caste… tout. D’un autre côté, épouser une gitane qu’il a rencontrée la semaine dernière dans les rues d’une ville étrangère est tout à fait différent. Il ne sait pas dans quoi il s’engage. Quelque chose de mieux, peut-être. Ou peut-être pas. En tout cas, toute cette nouveauté le porte pendant quelque temps. Après ça, tout peut arriver.

* Certaines personnes préfèrent mettre leur argent dans les fonds d’investissement recommandés par leur banquier. Simple, familier, sûr. Plus ou moins. D’autres préfèrent prendre des risques, espérant obtenir mieux.

* Et nous voilà au bout de notre route… aux marges de la civilisation. Pourquoi sommes-nous là ? Nous prenons des risques… c’est comme si nous épousions une bohémienne… nous ne savons pas exactement dans quoi nous mettons les pieds, mais nous espérons tout de même que ça vaudra le détour.

** Jorge et Maria, le couple qui s’occupe du ranch, et le contremaître, Francisco, nous attendaient de pied ferme.

* "Ah oui… les avions ne sont jamais fiables, en Argentine. Nous avons donc pensé que vous pourriez être en retard", a expliqué Francisco.

* Nous avons été ravi de trouver la maison transformée. De nouvelles fenêtres avaient été installées dans les murs de granit massif. Du carrelage avait été posé pour couvrir le béton. Il y avait des salles de bain, des chambres… une salle à manger… tout cela aménagé dans le style des vieux ranches argentins, si bien que cela semblait n’avoir jamais bougé. Les portes et les fenêtres sont faites dans un bois local très sombre. Les murs sont passés à la chaux blanche, et au sol, on trouve des carreaux rouges de type "San Carlos", comme on en trouve dans toute la région.

* Le plus étonnant, cependant, c’était les lumières. Des lumières électriques donnant un éclat froid et un peu inquiétant.

* "Les ingénieurs sont venus de Buenos Aires il y a deux semaines de ça", nous annonça Jorge. "Ils ont mis le système électrique solaire en place. C’est incroyable. Nous ne pensions pas voir quelque chose d’aussi sophistiqué ici".

* Oh, cher lecteur — nous avons pris une bonne longueur d’avance sur le phénomène du Peak Oil. Ici, au milieu de nulle par, nous avons installé un système électrique n’utilisant pas une goutte de carburant fossile.

* Les lumières sont des diodes LED — une forme de lumière de basse intensité, ce qui lui donne cet éclat si étrange. Le courant est fourni par un assortiment de panneaux solaires qui chargent une série d’énormes batteries placées dans ce qui était autrefois un vieil atelier d’adobe à côté de la maison. Le système n’a pas assez de puissance pour un fer à repasser ou un lave-vaisselle — pour cela, il faudrait un générateur –, mais il alimente les lampes, les ordinateurs, de petits appareils ménagers, et les pompes.

* Pour autant que nous puissions en juger, le système électrique fonctionne bien. Mais nous utilisons également le soleil pour sa chaleur. Devant la rangée de panneaux solaires, on trouve deux rangs de chauffe-eau solaires. Il s’agit de tubes de verres contenant d’autres tubes sombres, installés verticalement à un angle d’environ 45 degrés face au nord. Nous sommes dans l’hémisphère sud, si bien que le soleil voyage dans le ciel du nord.

* Jorge nous a donné quelques explications.

"L’eau vient des montagnes. Elle s’accumule dans la citerne au sommet de la colline. Ensuite, cette petite pompe, alimentée par les panneaux solaires, fait grimper l’eau jusque dans le château d’eau au dessus des collecteurs solaires. A partir de là, elle circule jusqu’aux chauffe-eau solaires. Un tuyau… celui-là, couvert d’isolant… l’amène vers ce groupe de chauffage… puis dans ce réservoir. Une autre petite pompe fait circuler l’eau depuis les chauffe-eau solaires jusque dans le réservoir toute la journée, de sorte que la température dans le réservoir grimpe. Comme ça, on a tout un réservoir d’eau chaude pour la nuit".

* "Cette autre série de chauffe-eau, c’est pour le système de chauffage de la maison. Ce tuyau amène l’eau du réservoir et la fait circuler dans ces réchauffeurs. L’eau part ensuite vers la maison, où elle circule dans des tuyaux encastrés dans le béton, sous le carrelage. Elle circule toute la journée et chauffe le béton. Ensuite, la nuit, le sol chauffe la maison".

* "Comme je disais, c’est quelque chose qu’on n’aurait jamais pensé voir ici. C’est si compliqué et moderne"…

* En fait, c’est bien plus compliqué que nous l’anticipions. Il y a des valves, des tuyaux et des câbles partout dans la maison. Si ça ne marchait pas, nous ne pourrions pas y faire grand’chose. En théorie, ça marchera, parce que les composants sont assez simples. En théorie, ce système — même s’il nous a coûté 75 000 $ — sera amorti au fil du temps. Et en théorie, c’est un merveilleux moyen de profiter des avantages de la civilisation moderne loin de tout réseau électrique.

* En pratique, ça a un défaut majeur : l’eau chaude est froide comme la glace.

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DES PROFITS A REPETITION TOUT AU LONG DE 2007 ?
Simple : il suffit de suivre le guide !

Ceux qui l’ont fait en 2006 s’en sont tirés avec pas moins de 173,83% de gains cumulés sur l’année… en toute simplicité.

Pour faire comme eux, continuez votre lecture…

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*** La Chronique Agora présente ***

Selon Jean Chabru, spécialiste des petites valeurs, la météo boursière pourrait être agitée dans les semaines qui viennent. Comment adapter votre portefeuille à ces turbulences ? Quelques conseils ci-dessous…

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TOUS AUX ABRIS !
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Par Jean Chabru (*)

Sans vouloir jouer les Cassandre, la perspective d’une nouvelle correction sur les marchés m’apparaît plus que probable. La première, qui s’est déroulée en mars, a été violente dans son ampleur mais n’a pas été suffisamment longue pour corriger la forte progression des indices depuis six mois. En regardant mon baromètre boursier, je me suis aperçu que la pression atmosphérique des marchés avait poursuivi sa baisse entre mars et avril en tombant à un seuil historiquement bas de 3,23%. Ce chiffre ne doit pas vous dire grand’chose, mais il est le fruit d’un calcul assez compliqué qui me permet de connaître la prime de risque du marché à partir d’un échantillon de 250 valeurs que je suis comme le lait sur le feu.

D’un point de vue statistique, j’ai constaté une forte corrélation entre le niveau de prime de risque que j’obtiens et l’évolution prévisible des marchés à court terme. Je calcule mensuellement cette prime de risque, et il s’avère qu’elle est tombée à un niveau historiquement plus bas qu’en mai 2006, ce qui signifie que nous sommes clairement entrés dans un système dépressionnaire de forte intensité et que la météo ne va pas être bonne sur les marchés dans les quelques semaines à venir.

Propos contradictoires de la Fed
La question qui se pose est de savoir si nous allons entrer (ou sommes déjà ?) dans un cycle global baissier. Pour l’instant, il est très difficile de juger objectivement de l’état de santé de l’économie tant les signaux contradictoires s’accumulent. C’est l’une des grandes inconnues, et il n’y a qu’à écouter les propos discordants tenus par les dirigeants de la Fed pour se rendre compte que personne ne sait réellement où va la première économie du monde et dans quelle mesure une crise financière pourrait la toucher. Ce tableau est tempéré actuellement par le fait que, paradoxalement, l’Europe se porte plutôt bien.

Une économie en demi-teinte
La croissance industrielle dans la zone euro a légèrement ralenti le mois dernier tout en conservant un rythme robuste, indiquent les dernières enquêtes PMI, qui témoignent aussi d’un renforcement des pressions inflationnistes.

L’indice RBS/NTC d’activité manufacturière est tombé à 55,4 en mars contre 55,6 en février, son rythme le plus faible en 13 mois, mais reste bien supérieur au seuil de 50 qui sépare la contraction de l’expansion d’activité. Les économistes avaient tablé en moyenne sur un indice en légère hausse à 55,7. En parallèle, la croissance de l’emploi reste solide, près de ses plus hauts niveaux en six ans à 52,9, même si le tassement des indices de la production et des nouvelles commandes, à 57,4 et 56,4 respectivement, suggère que la période d’expansion la plus forte est peut-être terminée. Toutefois, l’indice des nouvelles commandes, baromètre de l’activité future, est retombé à un plus bas de 14 mois et les commandes à l’exportation ont reculé à leur niveau de janvier, à 55,3.

Selon les économistes, la composante des nouvelles commandes reste à moins de quatre points d’un pic cyclique et assure que la récente appréciation de l’euro ne nuit pas à la compétitivité des exportateurs. On le voit, nous ne sommes pas loin du pic, mais est-il derrière ou devant nous ?

Priorité aux valeurs défensives
Il faut également souligner qu’après quatre ans de hausse quasiment ininterrompue sur l’ensemble des places financières, la probabilité d’avoir une année de repli s’accroît. C’est pour parer à toute éventualité de ce genre que mes choix de valeurs vont plutôt s’orienter vers des valeurs défensives comme Orpea. Si la valorisation de ce titre est loin d’être donnée, il me semble que son positionnement et la qualité de son modèle économique et de ses perspectives sont suffisants pour épargner la valeur en cas de correction brutale du marché. Mieux, je pense que ce sera vers ce type de valeurs que les investisseurs affichant une aversion au risque plus forte se tourneront naturellement. Aujourd’hui, notre portefeuille est bien équilibré entre valeurs spéculatives et défensives. Dans une perspective de moyen terme, cette répartition de nos liquidités me semble satisfaisante pour être protégé en période de crise, mais aussi enregistrer des plus-values conséquentes en cas d’accélération des indices.

Vous l’aurez compris, je deviens extrêmement prudent sur l’évolution à terme des marchés financiers et je préfère, comme d’habitude désormais, prévenir plutôt que guérir. Il reste que ceux d’entre vous qui me sont fidèles pour la sixième année consécutive savent que nous surperformons les indices et que nos investissements dans une optique de moyen terme s’avèrent toujours gagnants si les fondamentaux de l’entreprise ne sont pas remis en causes.

Meilleures salutations,

Jean Chabru
Pour la Chronique Agora

(*) Depuis plusieurs années, Jean Chabru est à la tête de Small Caps Profits, une lettre d’information consacrée uniquement aux petites valeurs. S’appuyant sur l’une des plus grandes bases de données françaises sur les petites valeurs, Jean Chabru déniche les pépites cachées des marchés pour le plus grand profit de ses lecteurs. Pour plus de détails sur ses conseils, continuez votre lecture…

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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