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La Chronique Agora
Paris, France
Mardi 28 novembre 2006
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*** Le marche prend un gros coup de Barron’s derrière la tête
Enfin les vraies raisons de la baisse boursière de ces derniers jours…
*** Titanic et dollar
Quitte à sombrer, autant profiter du voyage…
*** Leçons de maternelle (2)
De l’énigme qui provoque l’hilarité
—————————– (publ.)
DANGER IMMEDIAT POUR VOTRE PORTEFEUILLE !
Cinq secteurs à surveiller comme le lait sur le feu…
… et l’investissement que vous devriez faire sans plus attendre !
Découvrez les principales tendances qui nous attendent dans les mois qui viennent — et comment y réagir…
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Bonjour,
*** LE MARCHE PREND UN GROS COUP DE BARRON’S DERRIERE LA TETE
** Nous apprécions beaucoup la manière qu’ont employée les marchés pour cueillir à froid puis doucher les opérateurs hier. Les indices boursiers ont perdu 1,5% en moyenne sur le Vieux Continent, la correction atteint -1,3% sur le Dow Jones et -2,2% sur le Nasdaq.
Le plus surprenant, c’est que le S&P 500 chute de 1,4% et le Russel 2000 (baromètre des valeurs américaines petites et moyennes) de 2,55%. D’ordinaires, ces deux indices larges se montrent plus résistants, lors des phases de correction impulsives, que leurs homologues plus étroits (composés de 30 puis 100 titres phares des secteurs industriels ou technologiques).
Il faut souvent compter une ou deux séances supplémentaires pour observer une contamination baissière des valeurs qui boxent dans des catégories capitalistiques inférieures ; c’est ce genre de scénario qui avait prévalu à la mi-mai mais les small caps avaient ensuite été plus sévèrement laminées dans le cadre de dégagements de second tour. Lorsque le vent tourne, les gérants ont en effet coutume de liquider en priorité les valeurs à large marché. Cela leur permet de réduire l’exposition au "risque actions" dans l’urgence et avec des conditions de contrepartie optimale — surtout après un pont de quatre jours tel que celui de Thanksgiving, le plus long week-end boursier de l’année.
** Un week-end qui s’avère chaque année le plus coûteux – et de loin — pour les ménages américains. Ces derniers se ruent en masse dans les centres commerciaux et les enseignes spécialisées (respectivement 50% puis 32% des effectifs) ou sur les sites internet marchands (18% des achats se font en ligne, sans grand changement par rapport à l’automne 2005). Ils ont de nouveau dépensé sans compter à l’occasion du black Friday puisque les volumes de ventes ont augmenté de 6%.
Mais puisque les marchés piquent du nez, il faut bien avancer un semblant d’explication. Celle qui circulait en boucle lors des différents "points bourse" sur les chaînes économiques lundi, c’est que pour doper les ventes, des chaînes d’hypermarchés discount telles que Wal-Mart, Dollar-Tree Stores ou J.C. Penney auraient consenti de gros rabais.
Des rabais qui ont si bien fonctionné que Wal-Mart estime qu’ayant fait le plein ce week-end, les consommateurs ne devraient globalement pas dépenser un dollar de plus qu’en 2005 à l’issue de ce mois de novembre. Cependant, les discounters n’ont pas de raisons de désespérer : selon un tout récent sondage, les Américains préfèreraient dans 50% des cas sacrifier leurs vacances plutôt que rogner sur les dépenses festives des Thanksgiving et de Noël.
** Pour en revenir aux lendemains de fêtes en forme de gueule de bois des marchés financiers, tous les analystes fustigent la soudaine perte de vigueur du dollar depuis mercredi dernier — laquelle fait ressurgir le spectre d’un dérapage inflationniste aux USA et d’une année 2007 commercialement difficile pour les entreprises exportatrices du Vieux Continent.
Toutes les raisons qui pourraient justifier que le dollar s’en aille par le fond, et pas seulement de -3% en une semaine, vous les connaissez par cœur et de longue date. En ce qui concerne les actions, cela fait des semaines que nous sommes confrontés à une merveilleuse alchimie haussière qui permet littéralement aux indices boursiers de marcher sur l’eau et à Wall Street de voler de record en record.
Nous avons d’abord imaginé que les marchés, à la lumière des ultimes sondages publiés aux Etats-Unis début novembre, pariaient sur la paralysie des projets de réforme économique avec un Congrès partagé entre majorité républicaine au Sénat et majorité démocrate à la Chambre des Représentants. Il est apparu dans un premier temps que la nouvelle donne politique, quoiqu’inattendue, ne suscitait guère d’émotions chez les gérants de portefeuilles ou les cambistes.
Le dollar a connu une première — mais très brève — alerte à la baisse le 10 novembre dernier, lorsque les autorités monétaires chinoises ont réaffirmé qu’il était imprudent de rester trop fortement engagé sur le dollar et qu’un rééquilibrage des réserves de changes s’imposait. Cependant, les cambistes sont vite passés à autre chose, puisque l’heure était venue de faire le bilan des trimestriels publiés aux Etats-Unis : les trois quarts se sont avérés supérieurs ou égaux aux projections des analystes. Qui ressentirait l’urgence de "sortir" d’un pays où les entreprises se montrent aussi profitables ?
D’autre part, le violent recul du pétrole sous les 60 $, survenu à la mi-novembre, plaidait pour un sursaut de l’activité économique aux Etats-Unis dès le quatrième trimestre — après un médiocre +1,6% au troisième trimestre, sur fond de hausse de la productivité nulle.
Ces arguments ne semblent pourtant pas peser lourd face au grand écart des politiques monétaires anticipées de part et d’autre de l’Atlantique, et encore moins face au moindre besoin quantitatif de dollars pour les achats énergétiques depuis la mi-août.
L’argument technique potentiellement le plus dévastateur pour le billet vert, pourtant, c’est encore le risque de nouveau relèvement de taux début 2007 au Japon. Cela permettrait de faire cesser le dérèglement du jeu financier qui consiste, depuis la fin des années 90, à emprunter en yens à 0,25% pour placer l’argent aux Etats-Unis à 4,75% (en moyenne en 2006 sur les T-Bonds 2016).
** Mais si nous avons écrit en début de Chronique que nous "apprécions beaucoup" la façon dont la tendance boursière s’est retournée à la baisse, c’est parce qu’aucun des intervenants rencontrés au hasard de nos rencontres ou des débats programmés au Salon Actionaria n’émettait la moindre objection concernant les fondements économiques et techniques du mouvement haussier qui se perpétue de façon parfaitement linéaire sur les places occidentales depuis la mi-juillet.
Nous n’avons pas souvenir d’un Salon consacré aux placements boursiers où les différents acteurs (épargnants, gérants, chartistes, journalistes, chefs d’entreprises…) affichent un tel sentiment de confiance quant à la poursuite de la tendance haussière en vigueur depuis mars 2003 l’an prochain, avec des perspectives de gains rarement inférieures à 15%… et un consensus tournant autour de 18% à 20% — tout comme en 2006, si les indices boursiers avaient eu le bon goût d’en rester où ils en étaient vers le 16 novembre dernier, c’est-à-dire à la veille d’Actionaria.
Même les plus rigoureux parmi les analystes techniques n’ont rien vu venir ; ils ne sont d’ailleurs plus très nombreux à chercher à déterminer un timing et des points d’inflexion, considérant que tant que les cours progressent en hebdomadaire, la tendance demeure haussière, ce qui justifie de rester investi à 80%/90%.
Et comme les cours boursiers demeuraient, jusqu’à jeudi dernier, inscrits dans un très étroit corridor, légèrement ascendant depuis le 5 octobre, aucun signal précurseur d’une correction (nervosité inhabituelle des cours, hausse de la volatilité et des volumes) ne s’était matérialisé.
** De fait, le CAC 40 oscillait sans perdre le fil de la hausse entre 5 300 et 5 500 points depuis six semaines… jusqu’à ce qu’il ouvre un petit gap sous les 5 490 points le 17 novembre dernier (jour de l’ouverture d’Actionaria, que j’avais rebaptisé sur le coup Salon de l’extase boursière ou "zéro stress dans les étages").
Personne n’a rien vu venir, parce que — nous sommes les premiers à en convenir — il n’y avait rien à voir… sauf peut-être cette fameuse règle des 18% de hausse en cinq-six mois sur l’Eurotop 100 — une règle qui n’a jamais connu d’exception au cours des cinq vagues précédentes, lesquelles se sont succédées comme autant de "copier/coller" depuis septembre 2003.
Les chartistes avaient parfaitement identifié un point de rupture sous 5 400 points, retracé en début de séance ce lundi 27/11. Ils ont bien tenté — sans forcer un sort devenu potentiellement contraire — de défendre le palier des 5 330 points (ex-zénith du 10 mai dernier), mais ils y ont vite renoncé alors que Wall Street dévissait littéralement avec 90% des valeurs du S&P 500 évoluant dans le rouge après 90 minutes de cotations.
La Bourse de Paris, en recul de 1,5% à 5 308 points, cumule un repli de 2,75% en quatre séances de baisses consécutives : typiquement le scénario que 90% des acteurs des marchés rejetaient une semaine auparavant.
Nous leur aurions donné à lire avec trois journées d’avance la manchette des journaux économiques des jeudi et vendredi 23 et 24 novembre, ils auraient probablement été 95% à penser que de nouveaux records seraient battus dès ce lundi dans la perspective des habillages de bilans de fin d’année… ou d’une nouvelle poussée irrésistible du syndrome de l’insouciance généralisée.
** Et de quoi les opérateurs auraient-ils dû se soucier ce week-end, alors qu’aucune statistique n’était attendue aux Etats-Unis ce lundi ? D’un article de Barron’s, qui prédit un atterrissage brutal de cours de Google (qui franchissait mercredi dernier le cap des 500 $). Barron’s souligne que le titre est surévalué, avec un PER instantané de 37 fois les bénéfices. Mais en quoi ces 37 fois seraient-elles plus inquiétantes que les 36 fois du mois d’octobre, les 33 fois de juin dernier ou les 30 fois du 1er janvier 2006 ?
La seule réponse que nous ayons trouvée, c’est qu’à deux fois le multiple médian des valeurs américaines, Google était jugé cher en début d’année… Cependant, depuis que le titre se paye proportionnellement 20% plus cher 11 mois plus tard, personne n’ose plus prétendre qu’une correction serait plus que jamais nécessaire.
La caractéristique la plus troublante des marchés que nous vous décrivons depuis la mi-octobre, c’est précisément que rien de ce qui apparaît nécessaire ne se soit produit.
Partant de ce principe, la correction pourrait s’avérer beaucoup plus violente que ce qu’un simple rééquilibrage exigerait… A moins qu’elle soit déjà terminée au moment où nous écrivons ces lignes ! Dans ce cas, le CAC 40 va reprendre appui dès ce 28 novembre sur les 5 300, le Nasdaq rebondira sur 2 400 points… et ceux qui ne croient pas au Père Noël devront peut-être réviser leur jugement d’ici le 22 décembre prochain !
Philippe Béchade,
Paris
PS : En attendant l’hypothétique venue du Père Noël boursier… pourquoi ne pas garnir votre hotte de quelques plus-values bien choisies ? Retrouvez tous les conseils et recommandations de Philippe Béchade au 0899 707 009* pour faire des profits quoi que les prochaines journées nous réservent.
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** TITANIC ET DOLLAR
** "Attention au dollar", prévenions-nous hier matin. Hier soir, il était à 1,3134 pour un euro. En termes d’or, le nombre de dollars nécessaire pour acheter une once a grimpé à 638,75 à Londres…
* Il y a quelques jours de cela, nous nous demandions si nous allions revoir l’or sous les 600 $ avant notre mort. Nous nous posons toujours la question, mais les probabilités que cela ne se produise pas augmentent. Les devises grimpent et baissent. Mais au cours du temps, la monnaie papier chute plus souvent qu’elle n’augmente. Et toutes les monnaies papier inventées jusqu’à ce jour ont fini par terminer comme la plupart des papiers — à la poubelle.
* Alors que sa devise se détériore, l’économie américaine montre de plus en plus de signes de faiblesse. La courbe des rendements est encore inversée, ce qui signifie que le Trésor US peut emprunter sur dix ans ou plus et payer des intérêts plus bas que ceux qu’il verse à ses déposants de très court terme. C’est inhabituel ; pourquoi est-ce qu’on voudrait prêter à long terme pour moins cher qu’à court terme ? Les risques augmentent avec le temps. Il suffit de regarder ce qui s’est passé pour le dollar. Au cours des cent dernières années, il a perdu environ 95% de son pouvoir d’achat. Ces 20 dernières années, il a été divisé par deux.
* Lorsque George W. Bush s’est mis à l’œuvre à la Maison-Blanche, on pouvait encore apporter 270 dollars papier au revendeur d’or du coin, et les échanger contre une once de métal jaune. A présent, il faut en apporter le double. Et combien fallait-il payer pour faire le plein de votre voiture aux USA en 2000 ? Nous ne nous en rappelons pas précisément, mais c’était probablement moins de la moitié de ce que cela coûte aujourd’hui. Et l’immobilier américain… eh bien, là aussi, actuellement, les dollars achètent à peine la moitié de la maison qu’ils auraient pu acheter en 2000.
* Pourtant, les prêteurs continuent de prêter à 5%, 6% d’intérêt, sachant qu’ils obtiendront en retour des dollars ayant moins de valeur. Plus le terme du prêt est loin, plus il y a de chances de voir les dollars qui leur seront rendus être sensiblement moins précieux que ceux qu’ils ont prêtés.
* Tout ça est remarquable. Avec un taux d’intérêt nominal de 5%, un prêteur américain ne gagne que 3% environ après l’inflation "ordinaire" du coût de la vie. En plus, selon sa situation, il paie environ 2% d’impôts sur le revenu, ce qui lui laisse un rendement réel après impôts de 1% par an. Et cependant, chaque année, le dollar pourrait facilement perdre 1% de sa valeur par rapport à d’autres devises — ou par rapport à l’or — sans même que cela apparaisse dans la rubrique "chiens écrasés" des journaux financiers.
** En plus de l’inversion de la courbe des rendements, l’indice des indicateurs avancés a lui aussi pris le chemin de la baisse. Et il ne se passe pas de jour sans nouvelles preuves de problèmes du côté du secteur immobilier.
* "Les acheteurs immobiliers rechignent", titrait Netscape News hier matin. "Il y a un an de cela, ils trépignaient d’impatience pour signer de nouveaux contrats. Aujourd’hui, ils trépignent pour en sortir".
* A moins qu’il s’agisse d’une sorte d’illusion de masse, tout le monde sait que l’immobilier US est faible. Les valeurs du secteur de la construction sont en baisse sévère. Les stocks sont à des niveaux record. Les prix sont atones ; les vendeurs offrent toutes sortes de primes pour essayer d’écouler leur marchandise.
* Certains secteurs autrefois brûlants — comme Las Vegas — sont devenus glaciaux ; des quartiers entiers seraient devenus "des villes-fantômes", avec des signes A Vendre devant des maisons vides tout le long de la rue.
* A ce jour, cependant, peu de gens pensent que ce ralentissement causera de gros dommages. Les ménages américains eux-mêmes ne montrent aucun signe de panique. Le secteur américain de la vente au détail annonce que les lumpenconsommateurs continuent à dépenser. Sur le week-end de Thanksgiving, les ventes ont grimpé de 19% par rapport à l’année précédente. Les ventes du "vendredi noir" à elles seules — qui marquent le début de la période des achats de fin d’années — ont grimpé de 6%, toujours par rapport à l’année précédente. Seul Wal-Mart est allé à l’encontre de la tendance, avec un minuscule déclin des ventes, à magasin identique, par rapport à l’année 2005. Les ménages sont peut-être à bord du Titanic, mais ils vont profiter du voyage !
* Et encore autre chose de remarquable : depuis 2002, un nouvel emploi sur quatre aux Etats-Unis a été créé dans le secteur de l’immobilier. Que vont faire tous ces gens maintenant qu’il y a moins de clous à planter et de béton à couler ?
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Un principe d’investissement si simplissime…
… que vous l’avez probablement OUBLIE !
Pourtant, il vous aurait permis de doubler votre mise en six mois…
Pour savoir comment, continuez votre lecture…
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*** La Chronique Agora présente ***
L’inversion de la courbe des rendements est "une énigme", déclarait hier Alan Greenspan — par la bouche du Mogambo Guru. Ce dernier continue sa démonstration de ventriloquie aujourd’hui…
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LECONS DE MATERNELLE — 2ème PARTIE
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Par le Mogambo Guru (*)
Alan Greenspan continue son discours sur les rendements, les courbes et les énigmes : "me voilà désormais réduit à déclarer — ce qui est assez comique — que je n’ai aucune idée de la raison pour laquelle la courbe des rendements est inversée, et pourquoi les courbes des rendements ne sont plus aussi significatives aujourd’hui. C’est probablement parce que les banques centrales, grâce à leurs propres devises fiduciaires, systèmes de réserve fractionnelles et autres fraudes déclarées, peuvent faire tout ce qu’elles veulent, y compris dire des choses absurdes et ridicules tout en gardant leur sérieux — par exemple qu’une inversion de la courbe des rendements est ‘une énigme’, alors que c’est de toute évidence bien plus que ça, et qu’en plus, c’est moche, moche, moche ! C’est même encore plus moche que l’envisage Cet Idiot de Mogambo (CIM). Et moi, Alan Greenspan, je ris avec cruauté et attends avec impatience le sublime plaisir d’entendre vos cris d’insupportable douleur et vos gémissements d’angoisse tandis que l’inflation vous dévore vivants, puisque je suis Belzébuth Réincarné (BR) !"
Bon, d’accord, je l’admets, je me suis laissé emporter sur la fin, et j’ai inventé toute la dernière partie et le reste aussi, mais je pense que vous voyez l’idée. Une énigme ! Ha !
Larry Edelson, de Money & Markets, ne se soucie apparemment pas de moi ni de mes idées, et, avec une concision à couper le souffle, déclare : "[en une semaine], le prix du T-bond de référence à 30 ans a chuté de deux points". La conclusion, dit-il, est que nous pouvons "nous attendre à un désastre sur le marché obligataire des bons du Trésor US".
Troy Schwensen, de la lettre d’information The Global Speculator, a examiné le prix de l’or en dollars australiens par rapport à l’inflation et aux taux d’intérêt au cours des 24 années entre 1982 et 2006. "Nous pouvons constater que durant cette période, où des taux d’intérêt élevés ont finalement apaisé l’inflation ‘centrale’, le prix réel de l’or a chuté sous sa valeur théorique, les gens reprenant confiance dans le système financier, et les taux d’intérêt ont fini par décliner. Cela a ensuite nourri des gains sans précédent dans les actifs financiers".
C’est la suite qui attire notre attention, lorsqu’il déclare : "nous pouvons voir maintenant, en 2006, qu’une déconnexion massive existe à nouveau entre les prix réels et les prix théoriques", et que la différence, cette fois-ci, c’est que "le Réel ne représente que 33% du Théorique".
Donc, en essayant de comprendre ce qui se passe, on dirait qu’à un moment ou à un autre, le prix élevé de l’or a chuté, pour rejoindre sa valeur théorique, avant de continuer à filer à la baisse. Et c’est là que nous en sommes aujourd’hui. Le prix réel est désormais 300% inférieur à la valeur théorique !
Mes Capteurs d’Opportunités d’Investissement Mogambo (COIM), ultra-sensibles, sont en mode alerte, et une voix intérieure me dit : "hmmm ! Ce truc de retour à la moyenne m’intrigue, pour une raison ou pour une autre ! Mais pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?"
Etant un mec plutôt idiot, j’ai complètement raté la conclusion évidente qui veut que l’or revienne à la moyenne en grimpant jusqu’à ce que son cours atteigne sa valeur théorique. Heureusement, une classe de maternelle était en classe verte dans le Quartier Général Galactique Mogambo (QGGM), et Larry, l’un de ces mioches qui se prennent pour de petits malins, m’a vu transpirer sur cette énigme, et m’a dit : "Hé ! Stupide Idiot Mogambo (SIM) ! Ca veut dire que l’or grimpera de 300% puis poursuivra sa hausse, crétin !"
Mon immense gratitude devant cette information si précieuse est aussitôt contrebalancée par mon irritation suprême d’avoir été ainsi interpellé si impoliment par un minus de cinq ans que j’aurais facilement pu battre si je l’avais voulu (alors fais gaffe, petit). Maîtrisant ma rage, j’ai fini par le laisser partir en essayant de lui accrocher un signe "bottez-moi le train" dans le dos, mais il m’a vu et est parti en courant.
Nous verrons la suite dès demain…
Le Mogambo Guru
Pour la Chronique Agora
(*) Richard Daughty est associé gérant et directeur d’exploitation pour Smith Consultant Group, qui sert les secteurs financier et médical. Il est également l’auteur de la lettre d’information économique Mogambo Guru, un exercice visant à accumuler les sarcasmes sur ceux qui le méritent largement. Le Mogambo Guru est souvent cité dans le journal Barron’s ou dans le Daily Reckoning, l’équivalent américain de la Chronique Agora.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2006
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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