Deep State : Les tiques s’arrêteront-elles à temps ?

Rédigé le 19 avril 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Donald Trump revient peu à peu sur ses promesses de campagne. Selon nos calculs, six d’entre elles — dont l’abrogation d’Obamacare et une politique étrangère réduite — ont déjà été enterrées.

Quatre autres ont été renversées mercredi dernier. Selon le site Seeking Alpha :

« En une seule journée, le président Trump a semblé changer de position sur pas moins de quatre engagements clé ayant mené à sa victoire électorale.

Trump a dit au Wall Street Journal [mercredi dernier] que la Chine ne manipulait plus sa devise, qu’il respectait Janet Yellen et la nommerait peut-être pour un nouveau mandat à la tête de la Fed, qu’il soutiendrait l’EXIM Bank après avoir dit auparavant qu’il la ferait fermer (une bonne nouvelle pour des entreprises comme GE et Boeing) et que l’OTAN n’était plus obsolète puisqu’elle lutte contre le terrorisme ».

Dans le même entretien, Trump a déclaré qu’il pensait que le dollar « devenait trop fort », ce qui a engendré un plongeon du billet vert et une hausse de l’or. [NDLR : Comment démultiplier tout le potentiel du métal jaune ? En passant par une forme d’investissement aurifère très particulière : cliquez ici pour en savoir plus.]

Quand quelques-uns conspirent contre beaucoup

D’une certaine manière, ce sont de bonnes nouvelles. « Le Donald » fait à peu près ce que quiconque dans sa position aurait fait. Il fait ce que veulent les initiés.

Maintenant que la Team Trump et le Deep State se sont mis d’accord, les affaires peuvent reprendre.

Plus besoin de se concentrer sur l’actualité politique au jour le jour ; le programme est le même que ces 30 dernières années.

Tous les gouvernements sont une conspiration menée par quelques-uns contre les plus nombreux. Appelez ça le communisme, le socialisme ou le libéralisme… le « droit divin » ou la « dictature du prolétariat » — ça n’a pas vraiment d’importance.

Le programme est le même : les initiés utilisent le gouvernement pour s’emparer du pouvoir, du statut et de l’argent grâce à la masse de ceux qui sont « hors-système ».

Ce qui compte, du point de vue de la personne moyenne, ce n’est pas le nom de l’opération mais son ampleur.

Moins il y en a, mieux on se porte. Le gouvernement qui gouverne le mieux, comme le dit Jefferson, est celui qui gouverne le moins.

Ceux qui fabriquent et ceux qui prennent

La principale différence entre les initiés et les hors-système, c’est leur manière de faire des affaires.

Les gens ordinaires passent des accords gagnant-gagnant… tentant de gagner leur vie du mieux qu’ils le peuvent.

Les initiés, eux, se basent sur des accords gagnant-perdant… des contrats privilégiés… des taxes… des guerres… des confiscations d’actifs… de la répression financière… des taux d’intérêt artificiels… et des restrictions et réglementations qui favorisent leurs secteurs.

Et tout cela s’appuie, en fin de compte, sur la puissance des autorités — qui peuvent vous démolir si vous résistez à leur programme.

Lorsque nous parlons d’accords gagnant-gagnant et d’accords gagnant-perdant, nous ne parlons pas du résultat. On ne peut jamais savoir comment un accord se terminera parce qu’on ne peut pas connaître l’avenir. Nous parlons de l’accord tel qu’il est conçu au départ.

Lorsque deux personnes dans l’économie réelle passent un accord — que ce soit aussi compliqué qu’un contrat de commercialisation ou aussi simple qu’acheter un litre de lait — chaque participant doit croire qu’il s’en trouvera mieux. Sinon, il ne passerait pas l’accord.

Gagnant-gagnant.

Mais quand les autorités imposent un nouvel impôt… larguent une bombe… ou écrivent une loi, elles imposent un mauvais accord aux gens.

Le fabricant de la bombe fait peut-être un profit, mais les personnes sur lesquelles la bombe est larguée n’ont pas d’autre choix que de l’accepter. Gagnant-perdant.

La construction de la bombe nécessite du temps et des ressources — détruisant de la richesse qui pourrait être utilisée pour d’autres choses. Lorsqu’elle explose, elle détruit encore plus de richesse.

Généralement, une personne moyenne civilisée fabrique. Il ou elle doit donner pour recevoir. Son employeur, son client — il faut les satisfaire, sans quoi on ne reçoit rien.

L’initié, lui, prend. Il se peut qu’il trime de l’aube au crépuscule lui aussi… mais la partie est truquée.

Comme un agent de la sécurité à l’aéroport ou un inspecteur du fisc, il obtient son argent qu’il fasse une chose utile ou non. Pas besoin de répondre à un cahier des charges, de fournir un vrai service ou de satisfaire un client exigeant.

Des tiques sur un chien

De sorte que la mesure du bonheur (ou de la richesse… même si l’on parle d’une richesse autre que financière) dans une société peut être exprimée simplement ainsi :

S (satisfaction) = RV (valeur réelle) de g-g – g-p

… Ce qui ne fait que planter le décor pour une observation.

Trump avait raison : pour rendre sa grandeur à l’Amérique — ou tout autre pays –, il faut « purger le marigot » de tous les accords gagnant-perdant imposés par les initiés.

Maintenant que nous voyons que M. Trump travaille avec les initiés plutôt que contre eux — il injecte de l’eau, plutôt que d’en retirer — nous pouvons deviner ce qui va se passer ensuite.

Parce que les initiés ne savent jamais quand s’arrêter.

Les autorités contrôlent le système. Et les initiés contrôlent les autorités.

Comme des tiques sur un chien.

Collectivement, ils savent peut-être que s’ils continuent à sucer le sang du pauvre cabot, l’animal rendra l’âme et ils devront se trouver un nouveau domicile.

Individuellement, cependant, aucun d’entre eux n’a de raison d’arrêter de téter.

Ils prennent, prennent, prennent… jusqu’à ce que quelque chose cède.

Historiquement, la seule chose qui puisse faire lâcher les initiés, c’est une catastrophe.

Guerre, conquête, faillite, révolution ou épidémie. Faites votre choix.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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