Une contribution pour faire avancer la « Théorie des Trous Merdiques »

Rédigé le 17 janvier 2018 par | Bill Bonner, Deep State, Politique et vie quotidienne Imprimer

« Trous merdiques », « pays de merde », les shitholes de Donald Trump ont fait gloser. Mais qu’est-ce exactement qu’un tel endroit et où sont-ils localisés ?

Nous avons récemment fait tester notre ADN.

Sans surprise, il démontrait que nous sommes ce que nous pensions être : irlandais, anglais et écossais.

Mais nous sommes aussi quelque chose de plus.

En plus de la canaille irlandaise, de l’aristocratie anglaise et des joueurs de cornemuse écossais nichant dans notre arbre généalogique, il y a apparemment aussi quelques Maures.

« Nord-Africain », nous dit Ancestry.com.

« Mais d’où ça vient ? » avons-nous demandé à personne en particulier.

« D’un trou m**dique quelconque ! » nous a-t-on répondu

C’est ainsi, se développant comme une photographie dans un bac de produits chimiques, qu’est née notre modeste contribution à la Théorie des Trous M**diques.

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Lorsque nous avons entendu parler du commentaire du président Trump, nous avons été scandalisé. Nous pensions qu’il parlait de notre ville natale.

Un ami de la famille est venu nous rendre visite à Baltimore la semaine dernière :

« C’est incroyable. Il faut remonter les vitres de la voiture et verrouiller les portes. Et conduire aussi vite que possible. Rue après rue, des maisons barricadées et des magasins au rideau tiré. On dirait que personne ne vit ici. En fait, je ne vois pas comment on pourrait vivre ici. »

Nous avons bien entendu été soulagé lorsque nous avons réalisé que notre président faisait allusion à des trous m**diques à l’étranger – non aux Etats-Unis.

Mais c’est bien le problème avec les trous m**diques : ils sont partout.

Quand les trous m**diques se déplacent

Et ils ne restent pas en place. L’Irlande a été un trou m**dique pendant 400 ans environ, après que l’armée d’Oliver Cromwell a dévasté le pays.

L’Irlande était considérée comme un patelin si misérable, pauvre et arriéré – et les « sauvages Irlandais » si désagréables – que des efforts furent faits pour empêcher leur immigration aux Etats-Unis.

Aujourd’hui, l’Irlande n’est pas si mal. (Nous y retournons d’ailleurs à la fin du mois.)

La Chine était un trou m**dique lorsque nous y sommes allé pour la première fois, dans les années 1980. Rien ne semblait fonctionner. Les routes étaient abominables. Les gens nous dévisageaient comme s’ils mouraient de faim et que nous étions un chiot bien gras.

Mais lorsque nous y sommes revenu il y a quelques années, la Chine ne ressemblait plus du tout à un trou m**dique. Par bien des aspects, elle est plus avancée que les Etats-Unis – avec plus de gratte-ciel, de voitures de luxe et de trains à grande vitesse.

Il en va de même pour la Russie. Alors que c’était un endroit déprimant au début des années 1990, Moscou est désormais considérée comme l’une des villes les plus dynamiques et les plus cosmopolites au monde.

Une visite en Afrique du Sud

L’un des avantages, quand on vient de Baltimore, c’est qu’on sait reconnaître un trou m**dique quand on en voit un.

Durant notre premier séjour en Afrique du Sud, il y a de nombreuses années de cela, nous avons visité le plus grand ghetto du pays, Soweto, nous attendant à trouver un vrai trou m**dique.

C’était pendant l’apartheid. Soweto avait la réputation d’être une zone de non-droit. De jeunes gangsters noirs appelés tsotsis attaquaient les passants… et, souvent, les tuaient.

Nous avons nos propres tsotsis à Baltimore : des bandes de jeunes – filles comprises – s’en prennent aux gens sans raison apparente. Lors d’un récent incident, ils ont agressé une jeune femme à coups de batte de base-ball, la laissant inconsciente dans la rue.

Nous avons été surpris : Soweto était relativement plus propre et plus prospère que les ghettos de Baltimore.

Avec un peu d’aide du gouvernement, les gens de Soweto avaient visiblement pris en charge l’entretien de leurs maisons, leurs familles et leur quartier.

A Baltimore, ils attendent un programme fédéral.

La Théorie du Trou M**dique suggère qu’il existe des endroits affreux peuplés de gens affreux que nous ne voudrions avoir comme voisins pour rien au monde. Mais comme toute chose « de notoriété publique », elle manque de précision.

Une étude récente suggère par exemple que lorsque des immigrants africains s’installent dans une communauté afro-américaine, le taux de criminalité baisse.

Et à Londres, les immigrants africains tendent à gagner plus et à avoir plus de diplômes que la population anglaise « autochtone ».

Mais nous ne vivons pas dans « un pays », et nous ne connaissons pas « les gens » qui y vivent. Nous connaissons plutôt des familles et des individus particuliers, dans des communautés particulières.

Nous allons régulièrement au Nicaragua depuis près de 20 ans. Le deuxième pays le plus pauvre d’Amérique Latine après Haïti… dirigé par un gouvernement socialiste… on pourrait facilement le qualifier de « trou m**dique ».

La Théorie du Trou M**dique suggère que c’est un endroit affreux.

Mais d’après notre expérience, c’est tout l’inverse. Les gens sont parmi les plus gentils que nous ayons rencontrés. Et la qualité de vie sur la côte Pacifique du Nicaragua peut être parmi les plus élevées au monde. [NDLR : Vivre mieux dans des pays où le coût de la vie est inférieur et payer moins d’impôts, c’est tout à fait possible. Notre Rapport vous explique comment partir, quel pays choisir en fonction de la nature de vos revenus. Il compare différentes destinations selon des critères très précis et vous aide aussi à déminer tous les problèmes administratifs et fiscaux pour bien partir. Découvrez-le en cliquant ici.]

L’une des scènes les plus joyeuses que nous ayons jamais vues se déroulait au Nicaragua. Des enfants avaient attaché une corde à un arbre surplombant une rivière. Ils se balançaient et sautaient dans l’eau. Pas d’ordinateurs. Pas de grand écran. Pas de tarif d’entrée.

Aucun d’entre eux n’avait d’argent. Aucun d’entre eux n’avait de « confort moderne » (la plupart des maisons avaient des sols de terre battue ou, pour les gens plus riches, de béton).

Aucun d’entre eux ne ferait d’études, probablement… ou ne finirait dans une confortable sinécure, à travailler pour le Deep State.

Mais qui aurions-nous préféré avoir comme voisins ? Eux ou Steve Bannon ?

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

2 commentaires pour “Une contribution pour faire avancer la « Théorie des Trous Merdiques »”

  1. Baltimore doit avoir une municipalité socialiste,cad démocrate ou RINO.
    Si ce ne sont pas des pays de merde;pourquoi des millions de leurs habitants cherchent-ils à partir?

  2. Robert : en plein dans le mille 🙂

    https://en.wikipedia.org/wiki/Baltimore#Government

     » Baltimore has been a Democratic stronghold for over 150 years, with Democrats dominating every level of government. In virtually all elections, the Democratic primary is the real contest.[210] No Republican has won election to the city council since 1939, and no Republican has won the mayor’s race since 1963.  »

    Baltimore devrait être un avertissement pour tous ceux qui envisagent de voter pour les démocrates aux prochaines élections. Et ce n’est pas un cas isolé.

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