Avis de tempête sur les marchés actions

Rédigé le 26 mars 2018 par | Bill Bonner, Krach boursier imminent, Krach boursier imminent 2018 Imprimer

Tout le monde sait que le marché actions est surévalué et que les taxes douanières sont néfastes mais personne ne sait quand le retournement se produira.

Nous nous sommes levé avant l’aube hier matin. Nous devions amener quelques grappes de notre raisin au ranch voisin, Tacuil.

Là-bas, Raul – le vinificateur –, doit nous dire si la teneur en sucre était assez élevée pour vendanger.

Bill fait tester le taux de sucre...

Don Bill et Don Jéjé examinent la teneur en sucre

Le raisin de Bill est prêt !

Verdict : Le niveau de sucre dans le raisin est idéal. Que les vendanges commencent !

Guerre commerciale

Pendant ce temps…

Bloomberg :

« Les actions connaissent leur plus grosse chute en six semaines suite aux tensions autour d’une guerre commerciale

L’indice S&P 500 a perdu 2,5% – sa plus grosse chute en une séance de ces six dernières semaines, tandis que le Dow Jones Industrial Average perdait plus de 700 points. Les investisseurs se sont débarrassés des actions pour se précipiter vers la sécurité des bons du Trésor, pour lesquels les rendements ont reculé à 2,8%, et vers le yen, qui a connu son plus fort rebond de ces trois dernières semaines.

‘Les taxes douanières signifient une guerre commerciale et cette nouvelle pousse les investisseurs vers la sortie’, explique Chris Rupkey, économiste financier en chef à la MUFG Union Bank. ‘Ce sont des nuages de tempête, là-dehors, c’est ce que disent les marchés, et c’est pour cette raison que les investisseurs se précipitent vers la sortie’. »

Les investisseurs, les économistes, les chauffeurs de taxi et même les membres du Congrès savent que les taxes douanières sont mauvaises pour les affaires. Elles font grimper les taux, réduisent la demande et étouffent l’investissement et l’innovation.

Elles sont aussi un moyen bien connu de récompenser les compères et leurs industries.

Selon un commentateur : « ce que les réductions d’impôts donnent, les protections commerciales le reprennent. »

Les Américains achètent des produits à la Chine. Désormais, ils les paieront plus cher – l’équivalent d’une augmentation d’impôts de 50 milliards de dollars.

Mais attendez. La baisse d’impôts n’était pas vraiment une baisse d’impôts… c’était seulement une bombe à retardement fiscale. Les dépenses gouvernementales ont augmenté. La dette a augmenté.

Lorsque la bombe explosera, quelqu’un, quelque part, à un moment ou à un autre, devra en payer le coût… c’une manière ou d’une autre.

Les taxes douanières de 50 milliards de dollars, en revanche, sont bel et bien réelles… et c’est pour maintenant.

Les taxes sur l’acier et l’aluminium ont pris effet vendredi, pour leur part. Elles ciblent les producteurs étrangers.

Mais nous apprenons qu’aux Etats-Unis même, les producteurs locaux exploitent l’attaque de Trump sur leurs concurrents pour augmenter leurs propres prix.

The Wall Street Journal nous en dit plus :

« Lundi, le Metalworking Group, à Cincinnati, a reçu un avis d’augmentation de 35% sur les aciers plats au carbone laminés à froid fabriqués aux Etats-Unis. Mike Schmitt, le propriétaire, a envoyé un SOS sur Twitter : ‘c’est un choc. Nous n’avions pas besoin d’être punis par notre propre gouvernement. @realDonaldTrump @senrobportman @RepBradWenstrup. Et on parle bien d’acier américain qui n’est pas soumis aux taxes douanières’. »

La plus grande bulle de tous les temps

Tout le monde sait que les taxes douanières ne sont pas une bonne nouvelle. Tout le monde sait aussi que les déficits budgétaires ne rapportent que des ennuis.

L’un de nos chers lecteurs nous a donné sa propre estimation de la quantité de dette des Etats-Unis d’ici 2028. Au lieu de notre estimation de 40 000 milliards de dollars, il calcule que le total pourrait en fait être plus proche des 54 000 milliards de dollars :

« Si l’on calcule le taux d’intérêt annuel composé qui aurait porté le déficit de 250 milliards de dollars en 1971 aux 21 000 milliards de dollars actuels, 47 ans plus tard, [on obtient] un chiffre de 9,9%. Si l’on applique ce même taux composé durant 10 années supplémentaires, on obtient une dette fédérale de 54 000 milliards de dollars. »

Tout le monde sait encore que nous connaissons désormais le deuxième plus long boom boursier de l’histoire… et la deuxième plus longue expansion économique.

Tout le monde sait, enfin, que toutes les expansions se terminent et que les marchés haussiers se transforment toujours en marchés baissiers.

Ce que tout le monde ne sait pas, en revanche, c’est quand le renversement se produira… et qui pointer du doigt lorsque ce sera le cas.

La Fed, avec son programme de resserrement quantitatif ? La « Bombe Blonde » à la Maison Blanche, avec ses taxes douanières et ses déficits ? Ou peut-être toute autre chose que nous n’imaginons même pas ?

Selon Joe Lavorgna, économiste en chef sur la zone Amériques pour la banque d’investissement Natixis :

« En tout, la valeur nette totale de 98 750 milliards de dollars est désormais 6,79 fois plus élevée que les 14 550 milliards de dollars de revenu disponible pour les ménages au quatrième trimestre… soit une hausse par rapport aux 6,71 fois du troisième trimestre.

Les précédents sommets ont eu lieu au premier trimestre 2006, avec 6,51, et au premier trimestre 2000, avec 6,12. De tels niveaux projettent des signaux de mauvais augure sur l’économie US ».

En d’autres termes, ce marché connait la plus grande bulle de tous les temps. Comme une montgolfière, il flotte dans les airs… tout droit vers un orage.

Tout le monde sait que la foudre frappera tôt ou tard. Tout le monde attend de découvrir quand. [NDLR : Tout le monde attend… mais vous pouvez agir – et prendre les mesures de précaution qui s’imposent pour sortir gagnant de la crise. Cliquez ici pour tout savoir.]

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

2 commentaires pour “Avis de tempête sur les marchés actions”

  1. Donc quand Donald Trump baisse l’impôt sur le revenu et les bénéfices c’est mal car ca endette le pays à cour terme, mais quand il augmente d’autres impots (les taxes sur les importations) c’est également mal, car c’est mauvais pour l’économie…

    Pourtant l’impôt sur le revenu est également une taxe protectionniste : il incite les individus à produire eux même et pour eux même ce qu’ils auraient pu confier à quelqu’un de plus compétent, ou à une entreprise produits à plus grande échelle selon des procès plus efficaces. L’impact est donc exactement le même que celui des droits de douane.

  2. @sebastien
    Une baisse d’impôts sans baisse des dépenses est une fumisterie car le différentiel sera compensée par de la dette publique qui est un impôt en devenir.
    Les taxes d’importations c’est un bricolage électoraliste visant à punir le consommateur ou l’entreprise qui achètent des biens produits à bas prix. Une taxe d’importation n’enrichi personne puisque le particulier ou l’entreprise est perdante.

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