Merci, M. Trump

Rédigé le 5 janvier 2018 par | Bill Bonner, Deep State, Desinformation Imprimer

Donald Trump permet de comprendre ce qu’est la politique : une activité poisseuse et honteuse de manipulation des masses s’appuyant sur les méthodes de la téléréalité.

Nous devons à Donald Trump un cordial et sincère « merci ».

Non seulement il nous a fait économiser beaucoup d’argent (voir ci-dessous)… mais il nous a aidé à mieux comprendre comment fonctionne vraiment un gouvernement.

Ce que « Le Donald » a mieux compris que les politiciens professionnels, c’est que la politique n’est, à la base, qu’un spectacle. C’est une partie sordide du show business… toute de prestidigitation et de trucages… de performance… plus proche du catch professionnel que des subtilités de la série The Crown.

Séries télé, vantardises et gesticulations politiques

Les medias n’ont toujours pas compris. Dans un article paru cette semaine, les journalistes ont dénombré 1 950 « affirmations fausses ou trompeuses » faites par le président des Etats-Unis l’an dernier. Nous avons été surpris. Nous pensions que c’était plus.

Mais pourquoi pas ? Trump a réalisé qu’il faisait le show. Personne ne s’attend à ce qu’un comique dise la vérité. Personne ne vérifie les paroles des chansons de Beyonce pour voir si elles contiennent des erreurs factuelles. Et personne ne s’attend à trouver la vérité en regardant Buffy contre les vampires.

Un autre article nous dit que Trump est « moqué sur les réseaux sociaux pour sa vantardise » concernant son bouton atomique.

Evidemment, ce n’est pas ce qu’aurait fait le président Eisenhower. Mais ce n’est plus la république d’Eisenhower. Et on ne parle pas des électeurs d’Eisenhower.

Ils ont perdu foi dans le système, ses illusions solennelles et sa dignité contrefaite.

Ils sont ravis de voir quelqu’un qui parle dans un langage qu’ils comprennent – le langage d’Howard Stern et des Kardashian.

Trump, qui a été célèbre toute sa vie, a senti que le rôle du président n’a pas grand chose à voir avec la géopolitique, la maîtrise du budget fédéral ou la connaissance de l’Histoire.

C’est du show biz… comme une émission de téléréalité ou un match de catch, avec des petites phrases assassines, des gesticulations… et de faux combats.

En d’autres termes, c’était tout à fait dans ses cordes.

Savoir-faire en matière de manipulation des masses

Trump a aussi compris que le véritable travail du gouvernement – c’est-à-dire donner des ordres aux gens et les dépouiller – est effectué par le Deep State, les compères, les élites et les ronds-de-cuir de Washington.

Il savait qu’il ne pouvait pas les battre.

Tout ce qu’il pouvait faire, c’était conclure le plus beau deal de sa vie – lui permettant de prétendre être le Champion des « petites gens » de l’Amérique profonde…

… sans pour autant déranger les initiés dans leur petit confort.

Un an plus tard, au niveau national, les arnaques continuent. A l’étranger, les guerres bidon se poursuivent. Et le tout est financé par un système de monnaie factice.

Une autre chose que Trump a comprise : les fans… pardon, les électeurs… en avaient assez.

Il a deviné à juste titre qu’ils se rassembleraient derrière un candidat qui semblait parler vrai… qui promettait d’arrêter les guerres perdues d’avance et qui les protégerait de la concurrence grâce à des murs et des barrières commerciales.

Les professionnels – trop circonspects et trop timides pour s’abaisser à ce genre de démagogie – ne les faisaient plus vibrer.

Ils voulaient quelqu’un qui leur dise « les choses comme elles sont »… ils voulaient un menteur qui n’avait pas peur de dire la vérité : que le système était truqué en leur défaveur… et que les truqueurs emplissaient le Capitole… les bureaucraties… l’industrie financière… les medias… et aussi les grandes entreprises.

Il avait raison sur tous les points. Le système est bel et bien truqué – comme nous le décrivons depuis 10 ans.

M. Trump ne comprend probablement pas de quelle manière il est truqué, mais il a la sagesse du forain : une connaissance instinctive de la psychologie des foules et un savoir-faire bien trempé en matière de manipulation des masses.

Champion de l’Amérique profonde mais président des élites

En se faisant passer pour un ami des « petites gens », M. Trump s’est révélé être le président parfait pour les élites… réduisant leurs impôts… augmentant les dépenses pour les gros bras du Pentagone et l’industrie de la défense… aidant à étouffer les véritables réformes et les limites aux prestations sociales galopantes… s’alliant avec Pelosi et Schumer pour empêcher que le plafond de la dette s’envole, avec aucune limite aux déficits…

Quel spectacle ! Et tout le monde a un rôle à jouer.

Même les medias ont le leur, se posant en gardiens de l’honneur de la république.

Ils font semblant d’épingler Trump pour avoir comploté avec les Russes pour défaire Hillary. Tous les jours, ils crient au scandale du « Russiagate », sachant parfaitement qu’il n’y a pas là matière à enquêter.

Les autorités américaines dépensent 75 Mds$ par an pour détecter les « ennemis » et la « trahison ». S’il y avait le feu dans ce domaine et qu’ils voulaient vraiment se débarrasser de la « bombe blonde », il y a bien longtemps que la fumée nous piquerait les yeux.

Mais jamais outrage feint n’a été si profitable. Les medias n’ont jamais si bien vécu. Les gens se connectent tous les jours simplement pour découvrir quelle chose idiote, farfelue, absurde ou pathétique le président va faire.

Les medias l’adorent.

Le Deep State l’adore ; Il sait que Trump protège le système et son escroquerie.

Les riches l’adorent ; Trump continue à envoyer de l’argent dans leur direction.

Les pauvres l’adorent aussi ; ils aiment sa manière de parler… et ils n’ont pas le cynisme nécessaire pour comprendre ce qui se passe vraiment.

Les initiés – du moins ceux qui comprennent le jeu – l’adorent.

Et les exclus l’adorent aussi – ils pensent qu’il est de leur côté !

Et nous l’adorons. Enfin, en tant que cher d’entreprise. Durant les fêtes, nous avons reçu un petit mot de notre directeur financier : selon ses calculs, les baisses d’impôts vont réduire notre note fiscale de 22%. [NDLR : A propos de fiscalité… connaissez-vous cet instrument qui permet de réduire la facture fiscale de votre patrimoine immobilier déjà existant ? Découvrez comment vous pourriez économiser 41 000 € en 48 heures. La fiscalité personnelle, comme celle des entreprises, se complique tous les jours. Notre Rapport Spécial vous explique comment gérer et transmettre votre patrimoine immobilier, quel est le meilleur régime fiscal, et que faire (ou ne pas faire) avec une société civile immobilière. Pour le recevoir, cliquez ici.]

Nous remercions donc « Le Donald » pour ce petit plus, mais aussi pour avoir fait de 2017 une année distrayante et instructive. Plus qu’aucun autre candidat avant lui, il nous a montré combien la politique est une activité poisseuse et honteuse.

Malgré tous ses défauts et lacunes criantes, M. Trump a quand même raison : le système est truqué.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Merci, M. Trump”

  1. M.Bonner: Si D. Trump n’avait rien fait d’autre que confirmer la nocivité des Parasites du Deep State, (Les « Poly-Tiques » il aurait déjà fait beaucoup. Mais à mon sens, il a fait bien mieux. Il a montré que les peuples se défient de nos pseudos démocraties, et pas seulement aux USA et qu’il serait temps de refonder totalement le système politique en même temps que le système monétaire car tous 2 trop liés et trop corrompus.
    Et selon certains articles récents, le « Donald », tout en donnant des gages aux Parasites serait en train de détricoter les bases de leur pouvoir.

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