Pourquoi le gold augmente-t-il ?

Rédigé le 28 juin 2017 par | Bill Bonner, Or et Argent Imprimer

Les mouvements de l’or s’expliquent par l’usage de la monnaie falsifiée. Les taux négatifs sont la preuve du désordre monétaire qui règne.

L’or a chuté brutalement hier.

Le métal jaune a baissé d’environ 1%, à 1 236 $ l’once.

On impute cette baisse à un « gros doigt », une erreur de saisie sur le clavier, c’est-à-dire probablement une maladresse.

Il parait qu’un seul négociant aurait vendu 1,85 million d’onces d’or et 5 000 onces d’argent sur le COMEX… avant de tout racheter à nouveau.

Il semblerait que cela ait déclenché une quantité d’ordres stop – ces ordres que les investisseurs passent à leurs courtiers pour vendre automatiquement à un certain prix – à 1 250 $ l’once.

Mais une fois que ce « gros doigt » a quitté le clavier de l’ordinateur… l’or a recommencé à s’échanger plus ou moins comme à la normale, pour repasser au-dessus des 1 250 $ au moment où je rédige ces lignes.

Nous n’avons même pas évoqué l’or depuis des mois.

Il y avait tellement de cibles évidentes pour nos sarcasmes, notamment certaines personnalités officielles élues ou nommées. Mais l’or joue un rôle important dans l’histoire de la civilisation humaine. Il mérite mieux qu’une note de bas de page.

L’or a atteint un plus-bas proche de 1 050 $ l’once fin 2015. Au cours des 18 mois qui se sont écoulés depuis, il a grimpé de près de 25%… environ dans les mêmes proportions que le S&P 500.

Evolutions comparées de l'or en noir et de l'indice S&P500 en bleu depuis décembre 2015

Certaines actions ont donné lieu à un dividende. Pas l’or. D’un autre côté, les actions sont risquées. L’or, lui, l’est nettement moins, bien que cette différence soit difficile à quantifier.

Vous achetez des actions qui peuvent rapporter une « prime de risque » : une meilleure performance que les rendements des bons du Trésor supposés sans risque.

Après tout, les actions sont des parts d’une entreprise. Mais les entreprises peuvent faire faillite et leurs actions valoir zéro.

En théorie, les bons du Trésor sont plus sûrs que les actions. Des intérêts sont versés régulièrement. Et, en théorie au moins, une obligation souveraine américaine présente un risque de défaut négligeable.

L’or, dans ce sens, est également dénué de risques. Il ne peut faire faillite. Il ne peut qu’augmenter et baisser par rapport au papier-monnaie. Einstein aurait vivement précisé que ni l’or ni la monnaie ne baissent, qu’ils évoluent simplement l’un par rapport à l’autre.

Mais au cours de ces 18 derniers mois, ceux qui ont investi dans l’or s’en sont bien sortis, et sans les risques que présentent les actions ou les obligations.

Pourquoi une telle performance de l’or comparée à celle des actions ?

L’or est censé être une valeur refuge contre le chaos et l’incertitude. Mais s’il règne une quelconque incertitude sur les marchés, nous n’en décelons aucun signe.

Les actions ne cessent d’augmenter, conservant leur sérénité quel que soit le niveau de prix élevé qu’elles atteignent, indifférentes au degré d’absurdité et de calamité des mesures prises à Washington.

Dans le même temps, les obligations souveraines sont entrées dans un état second, où n’existent ni hausse, ni baisse, ni début, ni fin, ni futur, ni passé.

Malgré une hausse des rendements, 10 000 Mds$ de dette publique se négocient toujours à des rendements négatifs, ce qui veut dire que vous payez l’emprunteur à qui vous prêtez de l’argent.

A de nombreuses reprises… tard le soir… au pub, pendant la prière ou la méditation… nous nous sommes torturé l’esprit afin de comprendre ce que signifient les rendements négatifs.

« Pourquoi les intérêts existent-ils ? », nous interrogeons-nous. « Comment peuvent-ils être négatifs ? »

La réponse la plus répandue, c’est que les intérêts reflètent ce vieux dicton : « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ».

Vous pourriez utiliser votre argent dès maintenant, et acheter ce que vous voulez… ou simplement l’enterrer dans le sol (si vous le conserviez sous forme d’or). Alors, vous seriez sûr de pouvoir en profiter, soit aujourd’hui, soit plus tard.

Si vous le prêtez toutefois, le « tu l’auras » peut disparaître. Votre emprunteur peut se faire renverser par un autobus. Ou faire faillite. Ou, tout simplement, il se peut qu’il n’ait aucune envie de vous rembourser.

En fait, l’emprunteur verse des intérêts au prêteur afin de compenser l’incertitude à laquelle s‘expose le prêteur en laissant son argent disparaître hors de sa vue.

Et si vous avez prêté des dollars plutôt que de l’or, vous devez également vous demander la chose suivante : que vaudra le papier lorsque je le récupèrerai ?

Comme nous l’avons indiqué dans un exemple la semaine dernière, en 1980, une voiture moyenne coûtait 18 000 $. A présent, elle coûte 33 000 $. Il faut en percevoir, des intérêts, pour pouvoir s’acheter une nouvelle voiture !

Alors que pourrait signifier un taux d’intérêt négatif ? L’avenir est-il plus certain que le présent ? Le pouvoir d’achat du dollar augmente-t-il ? L’univers est-il totalement bouleversé ?

C’est le type de question qui oriente nos pensées vers le whisky.

L’argent falsifié provoque les mouvements de l’or

Juste avant que ce doux élixir n’exerce sa magie, nous aimerions relier une ou deux données entre elles…

Au cours de ces derniers jours, nous avons vu que les Américains étaient plus pauvres que ne le font croire les moyennes et les statistiques… et que les impôts n’ont pas grand-chose à y voir.

Aux Etats-Unis, la plupart des gens payent peu — voire pas du tout — d’impôt sur le revenu, ni d’impôt sur les plus-values.

C’est peut-être dû en partie à des choses que nous ne contrôlons pas du tout : les personnes âgées ont moins intérêt à créer de nouvelles entreprises… les combustibles fossiles ont peut-être atteint le seuil de déclin de leur utilité marginale.

Mais nous n’écarterons pas une cause plus évidente : l’Etat, avec ses compères et ses zombies, a englué la machine.

En bref, ils ont imposé trop d’accords gagnant-perdant à l’économie. Et le plus subtil et diabolique d’entre eux est ce dollar falsifié, post-1971, sans lequel bon nombre de ces accords n’auraient pu être possibles.

Sans argent falsifié prêté à des taux incroyablement bas (voire même inférieurs à zéro !), le monde n’aurait pu s’endetter de 260 000 Mds$.

Sans argent falsifié, les banques centrales ne pourraient acheter (financer) 1 700 Mds$ de dette supplémentaire à ce jour, en 2017. Où trouveraient-elles les fonds ?

Sans argent falsifié, la plupart des dépenses farfelues de l’Etat, les accords entre compères et les cadeaux aux zombies devraient cesser.

Et sans argent falsifié, la véritable monnaie – l’or – ne partirait ni à la hausse ni à la baisse… ni où que ce soit. [NDLR : Nous pensons que l’or partira à la hausse lorsqu’il apparaîtra que les mauvais crédits adossés à de l’argent falsifié ne seront pas remboursés. Pour profiter de cette hausse vous pouvez acheter de l’or et le conserver, mais vous pouvez aussi acquérir à vil prix des actions de petites minières avec de solides réserves exploitables. Comment les trouver ? Consultez notre carte ici.]

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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