Les trois surprises les plus remarquables de 2017 | La Chronique Agora


Les trois surprises les plus remarquables de 2017

Rédigé le 3 janvier 2018 par | Banques Centrales, Bill Bonner Imprimer

Apparition des taux négatifs, succès du bitcoin et élection de Donald Trump furent les trois surprises de 2017. Qu’en déduire pour 2018 ?

Notre travail, à La Chronique, consiste à relier les points, les données.

Nous allons commencer à relier les points de 2018 en regardant par-derrière notre épaule : nous examinons les points les plus lumineux que nous ayons reliés l’an dernier.

Trois choses remarquables se sont produites en 2017…

La première forme de monnaie entièrement nouvelle depuis 4 000 ans – le bitcoin et autres cryptomonnaies – a enflammé l’imagination des traders et du public.

Deuxièmement, les taux d’intérêt les plus bas jamais enregistrés ont fait leur apparition… faussant les prix et remettant en question nos opinions les plus profondes sur le temps et l’argent.

Troisièmement, Donald J. Trump a pris ses fonctions en tant que président des Etats-Unis, nous aidant à comprendre plus clairement à quoi sert un gouvernement.

Oui, 2017 a été une année qui restera dans les livres d’Histoire – une année décisive, instructive et tapageuse. Nous parlerons aujourd’hui et demain de ce qu’elle nous a appris. Puis nous nous retournerons pour affronter 2018.

Le temps n’a plus d’importance ni de prix

Alors qu’avons-nous appris l’an dernier ?

Pour résumer, le bitcoin nous a aidé à comprendre la monnaie. Donald Trump nous a aidé à comprendre la politique. Et les taux négatifs nous ont causé confusion et dépression.

Des trois choses remarquables qui se sont produites en 2017, les taux négatifs sont peut-être la plus extraordinaire.

Ils ne devraient pas exister. Un demi « tu l’auras » ne vaut pas mieux qu’un « tiens » aujourd’hui. L’avenir est incertain. Vous pourriez mourir. Tout peut arriver.

Les taux d’intérêt sont un moyen de mesurer et d’indemniser la prise de risque et la persévérance. Les taux négatifs, pour leur part, transforment le prêteur en idiot.

Rendements de l’obligataire à 2 ans des pays européens

Vous donnez un poulet à quelqu’un. Il le mange. Il déclare qu’il vous rendra deux ailes et un bréchet demain. Quel genre d’accord a-t-on là ?

Cela n’a aucun sens. Une personne raisonnable ne donnera la volaille que si elle s’attend à recevoir plus qu’un poulet à l’avenir – si le taux d’intérêt est positif, en d’autres termes, et non négatif.

Le prêteur voudra deux poulets le lendemain… et peut-être aussi la fille de l’emprunteur.

Des taux d’intérêt négatifs impliquent que le temps – où réside le risque – s’est arrêté, de sorte que tous les risques liés au futur – vous mourez, le poulet s’envole – disparaissent.

Est-ce bien ce que les taux négatifs nous disent ? L’univers a-t-il changé si complètement que le temps n’a plus d’importance ? Que l’avenir n’existe plus ? Que les anciennes vérités ne s’appliquent plus ?

Une nouvelle ère ?

Nous les humains, nous accédons à la connaissance par analogie avec d’autres choses que nous connaissons déjà – soit par expérience, soit de réputation.

Dans le monde de l’argent en particulier, on se rappelle le Krach de 1929… la Grande dépression… le marché haussier d’Eisenhower… la décision de Nixon qui a mené à l’argent bidon… le triomphe de Paul Volcker sur l’inflation…

C’est-à-dire que nous nous rappelons des intrigues. Nous nous rappelons les héros et les méchants. Nous nous rappelons même les vers célèbres :

Doute que les astres soient de flammes, Doute que le soleil tourne, Doute que la vérité soit la vérité…

Et si un vaisseau spatial atterrissait sur scène durant une représentation tout à fait banale d’Hamlet ? Comment évoluerait la pièce ?

La vérité ne serait pas la vérité si quelque chose d’entièrement inattendu… quelque chose d’imprévu… se produisait. Autrement dit, et si nous étions vraiment dans une « nouvelle ère » ? Et si les anciennes règles… les analogies… les souvenirs… et les graphiques boursiers n’avaient aucun sens… aucune utilité… aucune signification ?

Et si le monde actuel était si neuf que l’Histoire n’a rien à en dire ?

Est-ce là la signification de Donald Trump ? Du bitcoin ?

Que nous disent ces taux négatifs ? Le temps et l’argent réels sont-ils démodés… désormais sans intérêt ni pertinence ? Le haut est-il le bas, le bas est-il le haut ? Les rivières vont-elles couler vers le sommet des montagnes tandis que le soleil se couchera le matin ?

Probablement pas. Les taux négatifs doivent donc signaler autre chose…

… Et nous pensons savoir ce que c’est.

Ecoutez attentivement. Vous pouvez entendre un léger murmure, comme les derniers mots d’un mourant : « tout est un mensonge ».

Restez à l’écoute… nous explorerons la véritable signification de Donald Trump, du bitcoin, des taux négatifs… et le monde tel que nous le connaissons.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

2 commentaires pour “Les trois surprises les plus remarquables de 2017”

  1. M. Bonner: Je crois me souvenir que la Chine était le premier acheteur de Bons du trésor US. Elle assurait donc ainsi la stabilité de la Dette en dollars. Mais en est-il de même de nos jours ? Je pense que désormais la Chine s’est lancée dans un créditisme effréné. Continue-t-elle à acheter des Bons US et avec quelle monnaie ? (Yuans ?)
    D’autre part, elle semble très forte sur le Bitcoin …

  2. Bonjour
    imaginons un instant que l ancienne russie ait eu un marche financier et un marche boursier.
    nous serions constamment haussier car l appareil politique veillerait a ce qu’a aucun moment le systeme ne s effondre car cela remetterait le politique même du pays. dans ce cas la russie serait comme sous une bulle protege de tout vent contraire.
    et bien quelle est la difference entre ce systeme russe s il avait existe ou le systeme financier chinois actuel et le systeme occidental actuel. pour moi aucune difference …. le risque n est pas sous estime, les banques centrales garantisse qu il seront la pour charger de liquidite le systeme en cas de defaillance, dans l immediat aucun risque en vu tout fonctionne … jusqu a ce que cela tombe et soudainement le risque soit quantifie au moment du krack

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