L’arme de destruction massive du système de l’argent à crédit

Rédigé le 4 avril 2017 par | Bill Bonner, Dette Imprimer

Hier soir, nous sommes arrivés dans notre ranch familial, au nord de l’Argentine…

Ce matin, nous avons frotté nos paupières ensommeillées et regardé par la fenêtre.

Holà… C’est plus vert que nous ne le pensions. Nous étions dans une deuxième année de sècheresse redoutable.

Que s’est-il passé ?

Nous le découvrirons bien…

En attendant…

Les rapports gagnant-perdant dans la vie privée

L’un de mes amis m’a expliqué la chose suivante :

« Vous savez, votre description de ces accords gagnant-perdant s’applique aussi bien aux individus, dans leur vie privée, qu’à l’économie.

Certains pensent que la vie consiste à lutter avec les autres… et n’avancent qu’en tirant le meilleur parti d’autrui. Ils ne sont bien dans leur peau que lorsqu’ils vous mettent mal à l’aise.

Je crois qu’ils pensent que le bonheur est un jeu à somme nulle… qu’il est si limité dans le monde qu’on ne peut l’atteindre qu’en le dérobant à quelqu’un d’autre.

Ils pensent que nous évoluons dans un monde gagnant-perdant… et qu’il faut être coriace pour gagner. Alors ils tentent tout le temps de faire perdre quelqu’un d’autre.

Je l’ai même constaté chez des couples mariés. L’un des conjoints a l’impression d’être en concurrence avec l’autre, le critique… et s’en plaint, tente de le soumettre. J’imagine que c’est une façon de se valoriser.

Je connais un type qui a même fait pression sur sa petite amie pour qu’elle l’épouse. Il était sûr que c’était ce qu’il voulait. Lorsqu’elle a hésité… il lui a cassé les pieds et l’a harcelée jusqu’à ce qu’elle accepte.

Cela ne s’est pas très bien terminé. Ils ont divorcé au bout de quelques années. Il s’est avéré qu’elle n’avait jamais vraiment voulu l’épouser, dès le départ.

Certains ont un comportement politique. Ils avancent en manipulant les autres… en les dénigrant… en les poignardant dans le dos… en se livrant à des intrigues… en étant durs en affaires.

Ils ont besoin de dominer les conversations. Ils tentent de contrôler les autres pour qu’ils fassent ce qu’ils veulent. En affaires, ils pensent qu’il faut battre l’autre. Dans leur vie privée, ils essaient sans arrêt de prouver qu’ils sont plus intelligents, plus rapides et plus beaux.

Les psychologues ont probablement un qualificatif, pour ces gens.

Ils vont travailler à la l’Armée du Salut ou au gouvernement : n’importe où, du moment qu’ils peuvent avoir un peu de pouvoir sur les autres ».

Comment la contraction du crédit peut causer une dépression

Revenons au monde de l’économie…

Dans tout le secteur bancaire – des prêts commerciaux au crédit-bail, en passant par les prêts immobiliers – le crédit s’effondre.

Ambrose Evans-Pritchard écrit la chose suivante, dans le quotidien britannique The Telegraph :

« Les stratèges du crédit sont de plus en plus perturbés par une contraction soudaine et bizarre des prêts bancaires américains, et craignent cette année un ralentissement synchronisé aux Etats-Unis et en Chine qui pourrait prendre par surprise des marchés euphoriques…

Des données provenant de la Réserve fédérale américaine indiquent que le marché de 2 000 Mds$ des crédits commerciaux et industriels a enregistré un pic en décembre.

Ce secteur s’est brutalement affaibli, à mesure que les prêteurs resserraient le crédit, notamment en ce qui concerne l’immobilier non résidentiel. Au cours de ces trois derniers mois, il a chuté de 5,4% sur une base annuelle, soit à un rythme jamais enregistré depuis décembre 2008.« 

Si de nouveaux prêts ne sont pas accordés, l’offre d’argent à crédit va se contracter. Telle est l’arme apocalyptique enfouie dans notre système fondé sur l’argent à crédit : il est soumis à des chutes brutales et désastreuses de la masse monétaire.

Lorsque les prêts sont remboursés ou passés en perte, le volume de crédit en cours (l’argent) disparait. Cela réduit la masse monétaire… et déclenche des corrections, des récessions, ou des effondrements de marché. [NDLR : Les marchés signent record sur record mais peuvent aussi se retourner à tout moment. Nous vous proposons d’essayer gratuitement durant deux semaines les services de notre expert en trading. Recevez un e-mail chaque jour à midi, suivez les instructions… et vous pourriez enchaîner des opportunités de gains de +15% à +20% quatre fois par semaine. Tout est là.]

L’argent réel ne disparaît pas lors d’une contraction du crédit. Mais notre « argent à crédit » falsifié, oui. Cela rend tout le système vulnérable au cycle du crédit. Le crédit augmente, puis il diminue.

A mesure que l’argent à crédit disparaît, la récession se creuse… aggrave le resserrement du crédit… et fait encore plus disparaître l’argent.

Et voilà pourquoi une contraction du crédit est dangereuse, dans le monde d’aujourd’hui. Avec plus de 200 000 Mds$ de dettes en cours, la moindre contraction pourrait aboutir à une dépression mondiale.

Voilà pourquoi la Fed ne va pas prendre le risque faire grimper les taux, trop haut et trop vite.

Au contraire, elle va suivre l’inflation… puis fera immédiatement volte-face lorsque le cycle de crédit se retournera.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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