Un surprenant coup de téléphone…

Rédigé le 2 novembre 2018 par | Deep State, Defaut américain, Dette Imprimer

Hausse des taux comme le veut Powell et hausse des déficits comme le veut Trump sont incompatibles. Le marché haussier est fini et 130 000 milliards de dollars d’excès de dette vont couler.

Le Dow semble reprendre du poil de la bête, ces derniers jours. Est-ce la fin de la correction ? Une feinte de M. le Marché ?

Durant un marché haussier, on achète les creux. Durant un marché baissier, on vend les rebonds. Où en sommes-nous en ce moment ?

Nous ne le savons pas encore, mais nous sommes d’avis que vous ne regretterez pas d’avoir vendu aujourd’hui.

Nous sommes sans abri en Irlande, en attendant la fin des travaux de rénovation de notre nouvelle maison. Entre temps, nous logeons dans un hôtel éloigné de tout, perché sur une falaise donnant sur la mer.

Chambre 26

Hier soir, conversation téléphonique avec une femme à l’accent américain onctueux :

« Montez dans ma chambre avec des coupes à champagne », a-t-elle suggéré.

« Euh… vous logez à l’hôtel ? »

« Oui, chambre 26… Montez ».

« Vous étiez dans le lobby cet après-midi, cheveux blonds ? »

« Oui, pourquoi ? »

« Eh bien, c’est que nous ne nous connaissons pas. Je suis un peu surpris… »

« Quoi ?… »

« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée… » Nous étions sur le point d’expliquer pourquoi nous ne faisons pas ce genre de choses.

« Attendez… je parle bien à la réception, là ? »

« Non. »

Le monde est plein de malentendus et de faux numéros.

Fou à lier ?

Pendant ce temps… dans la maison que nous rénovons…

« Et donc… vous faites ça par plaisir ? »

Un ouvrier irlandais était perplexe. Il se demandait pourquoi un septuagénaire américain… vêtu d’un jean et d’un sweat-shirt crasseux… mélangeait du ciment et grimpait aux échafaudages avec de lourdes pierres.

Il semblait réellement inquiet… et prêt à appeler les urgences psychiatriques.

« Oui… j’aime le travail physique », avons-nous expliqué. « Depuis toujours. La maçonnerie, en particulier. Je passe ma carrière devant un ordinateur, à étudier des choses qui sont des mensonges, des fraudes ou des malentendus. La maçonnerie, c’est réel. Et solide. Cela ne fait pas semblant d’être quelque chose que cela n’est pas.

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Mais monter les pierres sur les échafaudages est difficile ».

Il a dû penser que nous étions un peu bizarre… mais peut-être pas complètement fou à lier. Il a secoué la tête et est retourné à son travail tandis que nous revenions au nôtre.

Des données perturbantes

Quoi qu’il en soit, revenons-en à nos moutons — et aux points que nous avons commencé à relier mercredi ; une image perturbante commençait à apparaître.

Voilà ce que nous observons :

Les dépenses gouvernementales sont désormais impossibles à freiner. Donald J. Trump a probablement eu la dernière occasion d’en reprendre les rênes.

Nous soupçonnions que la promesse d' »assainir le Marigot » n’était qu’une feinte politique… mais nous avions gardé l’esprit ouvert.

Nous sommes désormais fixés : au lieu de réduire le budget, Trump l’a augmenté. Désormais, entre le Deep State — qui réclame plus d’argent pour la « défense » — et des électeurs vieillissants qui réclament leurs médicaments et leurs retraites, les déficits ne pourront qu’augmenter.

La Fed commet l’Erreur n°2 : elle resserre sa politique pour tenter de revenir à « la normale ». Mais il est bien trop tard pour cela. Les dégâts (de l’Erreur n°1) sont déjà faits.

Le monde est désormais en eaux profondes… avec une dette titanesque de 250 000 milliards de dollars ; une hausse des taux d’intérêt (c’est-à-dire une politique monétaire plus stricte) l’enverra par le fond.

Ces deux tendances — hausse des taux et hausse des déficits — sont incompatibles.

Le Donald a raison : la Fed ruine sa magnifique économie. A mesure que les taux grimpent, les autorités devront payer de plus en plus cher le financement de leurs déficits stupides à plusieurs milliers de milliards de dollars.

Les emprunts gouvernementaux étoufferont les emprunts privés… faisant grimper les taux plus encore et menant à une crise généralisée.

La hausse des taux commence d’ailleurs déjà à faire mal. CNBC :

« La hausse des taux immobiliers et les prix des maisons en surchauffe ont sévèrement affecté les ventes de logements en Californie du sud en septembre.

 Le nombre de maisons et appartements neufs et anciens vendus ce mois-ci a chuté de près de 18% par rapport à septembre 2017, selon CoreLogic. C’est le rythme le plus lent pour un mois de septembre depuis 2007, lors de la crise nationale de l’immobilier

 Les ventes chutent sur une base annuelle pour une bonne partie de l’année, mais il s’agit-là de la chute la plus importante sur un mois, par rapport à l’année précédente, en près de huit ans. Elle se monte aussi au double de la chute annuelle constatée en août.

 Sur une base mensuelle, les ventes ont chuté de 22% en septembre par rapport à août. Les ventes baissent généralement de 10% environ entre août et septembre ».

A des taux d’intérêt « normaux », dans de nombreux endroits des Etats-Unis, l’individu moyen ne peut pas se permettre d’acheter une maison moyenne.

A des taux d’intérêt normaux, les déficits des autorités américaines s’aggravent.

Et à des taux d’intérêt normaux, la dette mondiale est là comme un iceberg… à attendre que passe un navire.

Comme du ballast dans une coque qui fuit, l’excès de dette planétaire – que nous estimons à 130 000 milliards de dollars environ — coulera à pic.

Vendez les rebonds.

 

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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Un commentaire pour “Un surprenant coup de téléphone…”

  1. Quand publierez vous un commentaire du film produit par le Tax Justice Network: La Toile d’Araignée – Le second Empire Britannique, voir https://www.youtube.com/watch?v=np_ylvc8Zj8 ??

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