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La Chronique Agora
Paris, France
Jeudi 19 avril 2007
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*** Corne d’abondance et coïncidence troublante
A choisir, vous mettriez quoi dans votre corne d’abondance ?
*** Statistiques, mensonges et inflation
Chris Mayer vous comment vous en protéger…
*** Pas un endroit pour les mauviettes
Des risques que l’on prend dans la vie… mais pas pour ses investissements…
*** Pâques au hublot (2)
La grogne de Jean Claude T. se précise : la classe politique en prend pour son grade
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Bonjour,
*** CORNE D’ABONDANCE ET COINCIDENCE TROUBLANTE
** A l’issue de la séance de mercredi, les éternels optimistes vont avoir beau jeu de nous expliquer que les marchés "ne veulent rien lâcher" : avec une consolidation de -0,38% après -0,07% la veille à Paris, il nous est effectivement difficile de contester que les bulls restent solidement campés sur leurs positions et repoussent avec une aisance déconcertante toutes les velléités de repli des indices boursiers.
A Wall Street, au moment où nous écrivions ces lignes, le Dow Jones venait de retracer son zénith du 20 février dernier, avec un souci de perfection frôlant l’absolu : 12 795,63 points ce 18 avril contre 12 795,85 points deux mois auparavant. Si le Dow en restait là, nous pourrions assister à la formation d’un M baissier (à confirmer sous les 12 000 points), qui demeurerait dans les annales. Cela apparaîtrait tellement évident, toutefois, que nous doutons par avance que le scénario graphique puisse être si simple.
Et pourtant, le W haussier (ou "double creux") sur 5 300 points à Paris ou 1 375 points sur le S&P 500 a fonctionné de façon optimale. Notons au passage que l’indice le plus représentatif de l’évolution des marchés US vient de déborder son zénith des 1 461 du 20 février ; il semble capté par l’attraction du plus haut historique des 1 550 points de la mi-mars 2000 — il ne s’en faut plus que de 5%… et au rythme actuel, c’est l’affaire d’une quinzaine de séances.
Si New York tutoie des sommets sur fond de spirale haussière ininterrompue depuis le 15 mars dernier, nous ne pouvons nous empêcher de souligner que le Dow Jones n’a repris que 7%. Cela apparaît presque dérisoire en comparaison des 14% (eh oui, très exactement le double de gains) engrangés par la bourse de Francfort dans l’intervalle.
** Ceci nous conforte dans notre sentiment que le carry trade euro/yen constitue bel et bien la clé de la hausse à perdre haleine des bourses phares de l’Eurozone. Les liquidités récupérées par l’arbitrage quasi-permanent qui s’exerce au détriment de la devise nippone sont converties très majoritairement en actions, tandis que les marchés obligataires sont largement délaissés.
Mais la remontée des taux longs (tout proches des 4,2% en début de semaine pour des Bunds ou des OAT de maturité 2017) ne pénalise nullement le CAC 40 ou d’autres indices du même acabit : la hausse des rendements dope en effet la monnaie unique, ce qui constitue l’alpha et l’oméga de la tendance haussière depuis 18 mois. Le yen a ainsi perdu 25% face à l’euro depuis octobre 2005, tandis que le CAC 40 s’est envolé de 34% (contre 26% pour le Dow Jones et 25% pour le S&P 500).
A peu de choses près, vous constatez que la symétrie est quasi parfaite. Nous pouvons ajouter qu’à 162/euro, le yen est venu tester très précisément la base de son canal baissier, inauguré sous 130,6 à la mi-juin 2005. Le plongeon de 8% des indices occidentaux fin février a correspondu à un trou d’air de 6% du yen, entre 159,6 et 150,9/euro.
Ceci nous incite à considérer que toutes les probabilités d’une correction — peut-être majeure — sont pratiquement réunies en cette mi-avril, d’autant que les oscillateurs et autres outils de mesure du degré de surachat des indices boursiers sont à leur maximum historique aussi bien à Wall Street, qu’à Londres, Paris ou Francfort.
** Nous sommes donc étonnés que peu de stratèges (nous ne prétendons pas à ce genre de titre distinctif, qui ne distingue plus grand’monde quand tout un chacun agit de même) ne s’alarment de cette conjonction de facteurs potentiellement explosifs, et valident avec une touchante unanimité le mythe du Goldilocks éternel, entretenu par la corne d’abondance du carry trade.
Cette corne mythique déverserait son flot de liquidités à jet continu pour le plus grand profit des prochaines générations d’investisseurs, lesquels n’auront qu’à se donner la peine d’imiter leurs prédécesseurs.
S’ils avaient raison — et 20 années de bulles boursières, monétaires ou immobilière confèrent une certaine assurance à ceux qui tiennent pour certaine l’innocuité d’une création monétaire galopante, assise sur des dettes qu’aucun acteur du système n’est jamais tenu de rembourser — s’ils avaient raison, donc, la progression actuelle de l’once d’or, qui tutoie 700 $, n’aurait aucun sens.
Qui éprouverait le besoin de se garantir contre de la fausse monnaie ? Qui achèterait les stocks d’or vendus — ou au mieux prêtés presque en totalité — par les banques centrales occidentales depuis le milieu des années 90 ?
** Vous nous ne nous ferez pas écrire que l’augmentation globale de la richesse mondiale — qui jamais n’a été aussi inégalitaire — induit un comportement de thésaurisation, puisque l’usage le mieux ancré en ce début de siècle consiste à ne miser que sur ce qui s’évapore (la valeur du dollar et du yen), se délite (les conditions de travail), se carbonise (l’énergie fossile)… pourvu que ces investissements libèrent un retour sur investissement de 15% par an — de quoi doubler son capital en six ans… soit la durée moyenne d’un cycle boursier ?
L’or, lui, ne rapporte rien, ne se désagrège pas, ne s’oxyde pas. Cependant, sa façon de disparaître s’apparente à celle de bien d’autres matières premières stratégiques : il s’en extrait de moins en moins de par le monde (notamment en Afrique du Sud, dont la production fond comme une peau de chagrin) et les réserves prouvées se tarissent inexorablement dans tous les grands gisements historiques.
Cette réalité ne s’est pas encore imposée auprès du grand public, tout comme l’appétit manifesté pour le métal précieux par l’un des seuls peuples de la planète qui épargne tout autant qu’il succombe aux charmes de la bourse — et des profits faciles — depuis deux ans : les Chinois.
Mais la bulle qui se forme à Shanghai (qui alignait un 20ème record historique consécutif mercredi matin) ne devrait pas tarder à exploser. Le yuan n’étant toujours pas convertible, devinez vers quelle valeur refuge les investisseurs qui ne seront pas fait lessiver vont se tourner ! Et vous, préféreriez-vous que votre corne d’abondance déverse de l’euro et des dollars… ou de jolies pièces jaunes qui pèsent bien lourd au fond de vos poches ?
Philippe Béchade,
Paris
PS : Retrouvez Philippe Béchade au 0899 707 009 dès 15h45 tout à l’heure, avec les dernières nouvelles des marchés — mais aussi de nos dernières positions ouvertes, assorties de quelques conseils pour affronter tout ce que la journée boursière nous réserve !
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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Qui laisserait un billet de 200 euros sur le trottoir… simplement parce qu’il se trouve de l’autre côté de la rue ?
C’est pourtant ce que fait la majorité des investisseurs… et ils se privent ainsi de gains de l’ordre de 24,93%, 24,50%, 12,50%, 19,03%, 21,60%, pour une performance globale de 148,80% en huit mois !
Continuez votre lecture pour en savoir plus…
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Chris Meyer vous donnent les dernières nouvelles de Wall Street
*** STATISTIQUES, MENSONGES ET INFLATION
** "Si on demandait à un groupe de gens assis dans un bar quel est le taux d’inflation, leurs réponses seraient plus près de la réalité que ce que le gouvernement dit dans les chiffres officiels". Ainsi parlait l’économiste John Williams lors d’un rendez-vous avec Addison Wiggin et moi-même.
- Nous voulions rencontrer cet économiste parce que nous apprécions son travail. Les gens cherchant la vérité à tout prix comme Williams sont précieux, parce que les mensonges, eux, sont bon marché. Et parce que peut de gens sont assez motivés pour passer au crible des milliers de pages de rapports économiques indigestes afin de percer les secrets de l’alchimie comptable du gouvernement.
- Les présentes notes représentent une mise à jour sur les derniers travaux de Williams — et ce qu’ils veulent dire en termes d’investissement.
- En bref, voilà comment les choses se passent : les autorités gouvernementales — qui sont des êtres humains ayant autant conscience de leurs intérêts que quiconque — veulent donner la meilleure image possible. Ils se sont rendu compte que cela avait tendance à leur rapporter plus de voix.
- Depuis des années et des années, donc, tous les gouvernements ont fait de petits ajustements sur les chiffres concernant des choses comme l’inflation. Ces petits ajustements, comme vous pouvez l’imaginer, sont toujours à sens unique. Ils rendent les choses plus favorables qu’elles ne le sont. Au cours du temps, ces petits ajustements s’accumulent — et on a alors de grandes différences entre ce qui se passe vraiment et ce que les chiffres officiels affirment.
- Williams a refait les calculs, sans ces petits arrangements. Le taux d’inflation officiel américain — tel que mesuré par l’Indice des Prix à la Consommation (IPC) — donne un résultat bien différent des chiffres actuels si on lui applique l’IPC pré-Clinton. Les données officielles disent en effet que l’inflation ne dépasse pas les 3%. Cependant, lorsqu’on calcule l’inflation en utilisant les mêmes méthodes que celles utilisées avant que Clinton ne prenne son poste, Williams obtient une inflation qui frôle les 6% !
- Ce dernier chiffre est plus proche de ce que vivent les Américains au quotidien — qui doivent payer leurs courses, leur carburant, leur assurance, leurs factures médicales et bien plus encore. Voilà pourquoi Williams déclare que la personne moyenne a un meilleur sens de l’inflation des prix que ce que peuvent faire croire les chiffres officiels.
- William nous a parlé du mal affectant bien des économistes modernes. "Environ 80% des économistes se trompent dans leurs prévisions annuelles", déclara-t-il. "Pour avoir raison plus souvent, il suffit donc d’aller contre ce que disent la plupart des économistes". En fait, la majeure partie d’entre eux semble prendre les chiffres officiels au sérieux — si bien qu’ils ont une vision très optimiste de l’économie US.
- Aucun économiste grand public de ma connaissance n’est convaincu que les Etats-Unis sont en récession. Pourtant, Williams n’hésite pas à prendre le contre-pied de l’opinion générale. "Nous sommes actuellement en plein milieu d’une récession inflationniste", nous a-t-il dit.
- Williams nous a énuméré les données confirmant une récession : les mises en chantier, les ventes au détail et la production industrielle sont toutes plus basses que prévu. Citons également un paysage industriel faible, une croissance annuelle paresseuse pour les commandes de biens durables, la hausse des inscriptions au chômage et une croissance de l’emploi anémique.
- Les statistiques de Williams montrent clairement que l’économie US est en recul, alors que les chiffres officiels du gouvernement montrent encore une croissance positive.
** Nous n’allons pas entrer dans tous les détails… mais qu’est-ce qu’une récession inflationniste signifie pour les investisseurs ? Pensez aux années 70 — non pas les pantalons pattes d’eph’ et le disco, mais la hausse des prix de l’essence, des biens de consommation courante et de l’or. Pensez à une hausse des taux d’intérêt.
- Une hausse de l’inflation, cela signifie que la monnaie concernée — le dollar, en l’occurrence — permet d’acheter moins. En tant qu’investisseur, vous devez donc garder une longueur d’avance sur ce chiffre de l’inflation, de manière à conserver votre pouvoir d’achat. Et en gardant cela en tête, certains investissements semblent bien plus intéressants que d’autres.
- Par exemple, une obligation dont le rendement est de 5% — à peu près ce que rapportent les T-bonds US à 10 ans — semble plutôt mal adaptée à un taux d’inflation de près de 6%, selon Williams. Dit plus simplement, le taux d’intérêt de l’obligation n’est pas à la hauteur de ce que l’inflation grignote. Les actifs "tangibles" tendent à mieux s’en sortir, dans de telles conditions. Au début des années 70, les matières premières ont grimpé alors même que l’économie s’enfonçait dans la récession. Les investisseurs de long terme devraient donc chercher à acquérir des actifs réels — qu’ils s’agisse de pétrole, de gaz, de terrains bon marché, de droits sur l’eau, de bateaux, de derricks et ainsi de suite.
- Les entreprises dont la croissance dépasse celle de l’inflation devrait elles aussi récompenser les investisseurs, tant que vous ne les payez pas trop cher. Parmi les entreprises capables de nager à contre-courant et d’avoir un cash flow dynamique dans un contexte économique paresseux, on compte certaines sociétés dans le secteur des matières premières et des infrastructures… sans oublier quelques entreprises étrangères sur lesquelles il faut garder un œil.
- En bref : achetez des actifs tangibles bon marché, dont le cash flow se développe.
- Et ne faites pas confiance aux statistiques gouvernementales. En aucun cas.
[NDLR : Pour ce dernier point, c'est à vous de voir, cher lecteur... mais pour les "actifs tangibles" qui vous permettront de résister aux difficultés économiques et boursières qui menacent... un peu d'aide sera sans doute la bienvenue. Il suffit de continuer votre lecture...]
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** PAS UN ENDROIT POUR LES MAUVIETTES
** "Ce n’est pas un endroit pour les mauviettes", commenta Elizabeth. Nous revenions d’une randonnée à cheval de six heures, sur les pistes les plus difficiles que nous ayons vues jusqu’à présent. Les chevaux avaient glissé et dérapé sur des surplombs rocheux se tenant des centaines de mètres au-dessus d’étroites gorges montagneuses. L’altitude était telle — plus de 3 300 mètres — que nous avions du mal à respirer.
* L’idée était d’explorer un peu notre ranch. Mais nous finissons par nous explorer nous-même. Que faisons-nous ici ? Nous ne savons rien de l’élevage du bétail. Nous parlons à peine espagnol. Nous ignorons tout des us et coutumes de la région… Nous sommes dans un autre hémisphère, un autre continent — et à cinq fuseaux horaires de l’endroit où nous vivons d’ordinaire.
* Que se passe-t-il ?
* Nous investissons en toute sécurité… mais nous mettons notre vie en jeu. C’est tout ce que nous pouvons en déduire.
* Tout ce que nous voulons de notre argent, c’est qu’il reste en place. Nous ne demandons rien de plus.
* Un investissement est-il sensé ? On peut estimer sa valeur en pesant le rendement et les risques. A mesure que le rendement augmente, en général, il en va de même pour les risques. On cherche donc un équilibre. Si le rendement est respectable et les risques raisonnables, vous pouvez vous lancer. Appliquez la même formule à votre vie, cependant, et vous vous retrouvez pris de court.
* La vie est différente. On peut faire l’analyse risque/rendement… faire un choix raisonnable… et, une fois la fin arrivée, être déçu. Il est alors trop tard. On ne peut pas récupérer ses pertes. Mieux vaut prendre quelques risques.
** Lorsque nous avons enfin atteint la "Forteresse", nous avons dû mettre pied à terre. Les chevaux nous avaient déjà mené bien plus loin que nous l’aurions cru possible. Mais pour le reste du chemin, c’était sans espoir. Nous avons dû escalader.
* Edward, jeune et leste, bondit par-dessus un mur de pierre et continua à grimper. Le reste d’entre nous trouvait l’oxygène plus rare et le chemin plus difficile. Nous avons également découvert que nous pouvions ramasser des morceaux de poterie ancienne quasiment à chaque pas. Il y avait des fragments partout… couleur de tuile, pour la plupart, avec des lignes noires et rouges peintes en zigzag. On trouvait également quelques morceaux gris… et des éclats très épais de pots noirs. Nous avons grimpé un dernier rocher, puis nous nous sommes arrêté pour faire le tri dans nos morceaux de céramique et reprendre notre souffle. Nous sommes finalement arrivés au sommet, gravissant les énormes rochers qui le couronnaient. L’endroit était une forteresse naturelle de grosses pierres sur une colline escarpée, auxquelles la tribu des Indiens Hualfines avait rajouté des remparts de pierre, se ménageant de petites plates-formes sur lesquelles vivre et tirer sur leurs ennemis.
* "Edward, éloigne-toi du bord. Tu me rends nerveuse", déclara Elizabeth.
* Edward n’a pas obéi tout de suite. Il préféra donner une nouvelle frayeur à sa mère en sautant d’un rocher à l’autre.
* Jorge a la cinquantaine — mais il ne montrait aucun signe de fatigue. Nous lui avons demandé quelques explications sur l’endroit :
* "Les conquistadors espagnols sont arrivés dans la région au 16ème siècle. Mais ils ne sont pas parvenus jusqu’ici avant des siècles. A ce moment-là, les Hualfines et les autres tribus montagnardes étaient devenus difficiles à contrôler. Ils mettaient à sac les haciendas de la vallée. Les Espagnols ont essayé de les mater, mais ces gens ont résisté pendant une centaine d’années. Ils se terraient dans ces collines, d’où il était presque impossible de les débusquer. Les Espagnols ont alors envoyé plus de soldats, et ont repoussé les Hualfines jusqu’à cette colline. Vous pouvez voir que la Forteresse est complètement sûre. Les Espagnols ne pouvaient absolument pas la prendre. Ils ont donc simplement attendu. Les Indiens avaient fait des réserves de farine de maïs et d’eau — voilà pourquoi on trouve tant d’éclats de poteries, par ici. Mais leurs réserves se sont sans doute épuisées rapidement. Les Hualfines ont donc dû se rendre. Ils ont été emmenés, et mis au travail dans les haciendas. La plupart d’entre eux sont morts, bien entendu".
* "Certains ont survécu… et certains sont restés dans ces collines. L’un d’entre eux était encore vivant quand j’étais jeune. Je me souviens de lui. Il s’habillait comme un Indien et vivait dans une caverne. Nous ne savions pas exactement si c’était un vrai Indien… ou s’il était juste fou. Parce qu’il avait des parents qui vivaient tout à fait normalement. Juanita, vous savez, qui travaille à la cuisine ? Elle vient de sa famille".
* "Donc je ne sais pas exactement comment ça s’est produit, mais, d’une manière ou d’une autre, la civilisation lui est passée à côté. C’était la dernière personne pouvant parler la langue indienne locale. Il chassait les lapins et les oiseaux à l’arc. Puis, lorsqu’il a eu 60 ou 70 ans, il est tombé malade. Les gens du coin l’ont emmené à l’hôpital. Il y est mort. Je pense qu’il aurait vécu bien plus longtemps s’ils ne l’avaient pas emmené à l’hôpital. Ils ont dit qu’une fois là-bas, il avait arrêté de se nourrir — puis était mort. Tout ça était trop étrange pour lui, je suppose".
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La baisse des marchés est-elle le seul danger menaçant votre patrimoine ?
Pour en savoir plus — et découvrir comment réagir aux principales tendances qui nous attendent dans les mois qui viennent, continuez votre lecture…
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*** La Chronique Agora présente ***
Jean-Claude T. grogne contre l’exception française et déteste le carry trade… cela augure mal pour les taux directeurs, comme le découvre notre Banquier Central aujourd’hui.
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Le Journal d’un Banquier Central
PAQUES AU HUBLOT — 2ème PARTIE
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Par le Banquier Central (*)
Exception française
Un rictus involontaire crispa soudain les traits de Jean-Claude T. :
"’Qu’on arrête de kidnapper l’euro !’ siffla-t-il. Voilà ce qu’ils ont osé dire !
- Ils ne pensaient pas à mal, protesta Egisthe, sans conviction.
- Il a raison… murmurai-je, plus faiblement encore. Tu sais comment ils sont, les candidats français… Ils n’arrivent pas vraiment à créer de la croissance, alors, maintenant qu’il y a une banque indépendante, ils se disent : Tiens ! Si on empêchait la Banque indépendante d’être indépendante ?… C’est humain, quoi.
- C’est français, gronda Jean-Claude.
- … Comme avec les statistiques, ajouta Egisthe. Ils n’arrivent pas vraiment à créer de l’emploi, alors ils se disent : Tiens ! Si on changeait plutôt les statistiques ? … Le système D, quoi : le truc tout simple, auquel les autres n’avaient pas pensé… Très cartésien, au fond. Ça peut se comprendre… On n’est pas de bois…
- Le mal français, c’est le jacobinisme, gronda Jean-Claude.
- Tout de suite les grands mots !
- Je le dis comme je le pense, scanda-t-il d’un ton farouche. Le politicien français naît jacobin : j’incline à penser que c’est génétique. Ce n’est pas possible autrement : il y a une rigidité préalable. Bien sûr, l’ENA les formate, mais les circonstances ne font pas tout… Non, non, la part de l’inné est immense ! … Donnez n’importe quoi d’indépendant à un politicien français, je ne sais pas, moi, un carré de gazon, un ours, le taux d’intérêt des peuples souverains… Pan ! Il vous fait une loi dessus ! Il veut dicter des objectifs de croissance ! Créer un gouvernement économique, avec plein de ministres qui se disputeront sur les amendements à appliquer aux lois qu’ils auront fait voter ! Il est comme ça, le politicien français… Et dire qu’au bout de huit ans, ils sont encore convaincus que c’est moi qui fixe le taux de change du dollar et du yen !"
Un héros inflexible
Dimitri et Youri, les sympathiques ingénieurs du comité scientifique, venaient d’entrer dans la salle. Irina, la blonde infirmière, salua leur arrivée d’un sourire éblouissant — mais Jean-Claude T***, en apparence insensible à cet échange, poursuivait ses imprécations. Comme il avait changé, depuis les temps heureux où nous émettions des contrats à terme sur le savon noir au Camp des Mouffettes ! On a raison de dire que le pouvoir use les hommes.
"Alors, c’est comme ça ? reprenait-il. On ne veut pas que je les remonte, ces taux directeurs ? … Ils verront comment je vais les assaisonner, moi !"
Egisthe l’Analyste et moi, nous échangeâmes un autre coup d’oeil. "Jean-Claude, hasardai-je… Tu ne vas pas remonter tes taux directeurs le 12 avril ?
- Si je veux !
- … Mais pas le 12 avril, quand même… ? Pas pour la seule raison que les candidats français…
- Certainement pas ! aboya-t-il. Et qui le prétendrait me connaîtrait bien mal. Mais je resterai fidèle à ma mission ! Je surveillerai sans relâche mes deux piliers — tout d’abord, celui des agrégats monétaires ; et ensuite, celui de cette vaste ‘batterie d’indicateurs’ mystérieux, dont nul ne sait la nature ni la fonction !
- C’est bien, ça, convins-je.
- … Mais que l’inflation pointe à nouveau son groin hideux, et il n’y aura plus de politicien qui tienne !"
A présent, Dimitri et Youri s’affairaient à fixer ses jambières. J’acquiesçai en silence. "Jamais je ne sacrifierai la prospérité de tout un continent sur l’autel de la démagogie protectionniste !" tonna l’Aigle de Francfort. "Il est encore fécond, le ventre des tensions inflationnistes ! Quand on voit la montée de la liquidité, les capacités de production, les hausses annoncées de salaires… La croissance continue des prix à la production… D’ailleurs, ajouta-t-il d’une voix changée, qui nous dit que les prix du pétrole ne vont pas encore monter ?"
Egisthe l’Analyste se racla la gorge : "En fait, dit-il, ils vont encore monter". Je le foudroyai du regard : mais l’amour de la vérité, chez Egisthe, est plus fort que tout.
"C’est même pour ça que nous autres, on donne dans le tourisme, ajouta suavement Youri, tout en vissant le casque sur le scaphandre de Jean-Claude T***. Au prix du propergol, comprenez-vous, plus moyen de payer nos missions.
- Vous voyez bien !" s’indigna encore Jean-Claude. Mais à mon grand soulagement, sa voix — étouffée par le casque de cosmonaute — n’était plus guère audible.
La mise à feu est prévue pour demain…
Meilleures salutations,
Le Banquier Central
Pour la Chronique Agora
(*) Derrière le Journal d’un Banquier Central, on trouve toute une équipe d’experts de la finance, de l’économie, de l’analyse technique et de la bourse — qui mettent à votre service leur expérience boursière aussi affûtée que leur sens de l’humour pour vous proposer des recommandations claires, fiables… et surtout profitables !
Pour découvrir le Journal d’un Banquier Central, continuez votre lecture…
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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