Spaghettis économiques

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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 08 novembre 2006
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*** Législatives américaines à qui perd gagne
La campagne électorale américaine et son influence sur les marchés…

*** Il est temps de s’inquiéter
Byron King nous donne des nouvelles de la santé planétaire

*** Deux gros chiffres…
… et la fin du monde tel que nous l’avons connu

*** Spaghettis économiques (1)
Découvrez la TMSE : la Théorie Mogambo des Spaghettis Economiques

—————————– (publ.)

Cinq conseils pour votre portefeuille…
… et l’investissement que vous devriez faire sans plus attendre !

Pour découvrir les principales tendances qui nous attendent dans les mois qui viennent — comment y réagir, cliquez ici…

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Bonjour,

*** LEGISLATIVES AMERICAINES A QUI PERD GAGNE

** La campagne électorale américaine — mélange de coups bas (nombre record de spots TV calomnieux financés par des sympathisants républicains "non-officiels") et de promesses démagogiques (les démocrates voudraient augmenter les budgets consacrés à l’enseignement ou la couverture maladie, mais les caisses sont vides) — s’achevait hier.

Les états-majors politiques des deux bords se sont employés à convaincre les derniers "hésitants" jusqu’à la fermeture des bureaux de vote. Quel que soit le résultat du scrutin, il s’agira de la campagne électorale législative la plus coûteuse de l’histoire des Etats-Unis. Les républicains ont bénéficié une nouvelle fois de la manne financière la plus abondante, grâce au concours d’une catégorie de (très) généreux donateurs qui montent en puissance depuis 2004 : les hedge funds.

Les deux partis auront consacré plus de deux milliards de dollars à l’achat d’espace publicitaire dans les principaux networks nationaux (TV/radio). Nous ne connaissons pas le détail des budgets d’actions sur le terrain, lesquels pourraient s’avérer tout aussi considérables, avec le recours massif au parrainage d’évènements sportifs, aux road shows et à la communication directe par téléphone ou internet.

Les sondages donnaient des résultats beaucoup plus serrés que ce pourrait suggérer l’impopularité personnelle de G.W. Bush. Selon les dernières projections, les démocrates seraient en mesure de remporter la majorité au sein de la Chambre des Représentants, mais pas de faire basculer le Sénat.

** Si le scénario est bien celui que nous décrivons, il pourrait en résulter un blocage des réformes durant deux ans. Paradoxalement, les marchés américains apprécieraient une situation de potentielle neutralisation des initiatives budgétaires et fiscales.

Les investisseurs les plus fortunés ont bien compris qu’une large victoire démocrate pourrait déboucher sur une remise en cause de la réduction de l’imposition des dividendes et autres revenus boursiers. Cette réduction est jugée profondément injuste pour les classes moyennes, qui continuent de subir une hausse des prélèvements obligatoires, alors que le niveau de vie des working poors (travailleurs pauvres) ne s’est jamais dégradé aussi vite depuis le début du 21ème siècle.

Si le niveau de chômage flirte avec des planchers historiques (4,4% en octobre), c’est tout simplement parce que les exclus du système économique (chômeurs de longue durée, victimes de la désindustrialisation des Etats-Unis), n’ayant droit à aucun revenu minimum ni aucune couverture sociale, ne sont plus inscrits nulle part. Ils disparaissent par centaines de milliers chaque année des statistiques officielles : même à l’échelle des USA, cela demeure un phénomène inquiétant.

Nombre d’entre eux ont pu s’engager pour aller combattre en Irak, mais cela n’a sauvé de la marginalité qu’une infime proportion des "oubliés du système" depuis 2003. La participation aux opérations de sécurité extérieure s’avère infiniment plus onéreuse que la simple charité publique… laquelle est d’ailleurs majoritairement prise en charge par des organismes privés qui bénéficient d’une fiscalité attrayante lorsqu’ils consacrent une partie de leurs bénéfices à des actions caritatives.

** Wall Street manifestait une sérénité apparente à quelques heures du verdict des urnes. Cependant, il n’est pas exclu que l’inexorable progression des indices américains depuis un mois participe au renforcement de la confiance et du sentiment de richesse de la frange la plus aisée de l’électorat américain, dont les préférences politiques conservatrices sont solidement établies.

Le Dow Jones inscrit — et cela ne peut résulter d’un pur hasard — un nouveau record historique absolu à 12 196 points. L’indice phare ajoute 0,75% aux 1% gagnés la veille ; les places européennes ont fait pratiquement jeu égal, puisque l’Euro-Stoxx s’adjugeait 0,7%, devançant de quelques centièmes la bourse de Madrid (l’Espagne s’impose comme championne de la croissance en 2006 avec +3,2%).

Le CAC 40, de son côté, alignait une troisième séance de hausse consécutive, effaçant en seulement 48 heures de cotations tout le terrain perdu depuis le 26 octobre dernier. Aucun rebond haussier de 2,4% n’avait plus été observé à Paris depuis le 11 août dernier.

** Aucune statistique macro-économique n’était inscrite au calendrier ce mardi, ni en Europe ni aux Etats-Unis. Pour déterminer si le vent d’euphorie boursière des dernières 48 heures trouvait une quelconque justification avec la publication de certains résultats trimestriels "sensibles", notre attention s’est focalisée sur ceux d’une entreprise dénommée Toll Brothers, dont l’activité nous semble constituer un étalon assez fiable de la conjoncture réelle — par opposition au portrait fantasmé qui est brossé par l’administration Bush ou la Fed.

Toll Brothers, c’est le leader américain de la construction résidentielle individuelle : pour le seul quatrième trimestre 2006, les revenus de construction sont en chute de 10%… Et il y a pire : le carnet de commandes à fin octobre ne s’élève plus qu’à 4,5 milliards de dollars (contre six milliards en octobre 2005), tandis que les prises de commandes du trimestre sont en chute libre à 0,7 milliards de dollars contre 1,6 milliards un an auparavant.

Le chiffre d’affaires, le carnet de commandes et les contrats signés ont respectivement reculé de 10%, 25% et 55% au cours du trimestre écoulé par rapport aux records atteints au quatrième trimestre de l’exercice fiscal 2005. Ce n’est pas tout : le groupe a été pénalisé par 585 annulations de contrats au quatrième trimestre, soit un "taux de chute" de promesses d’achat record de 7% — contre 4% au troisième trimestre 2006.

Jamais Toll Brothers n’avait connu une telle dégradation tendancielle depuis le début des années 90. La Fed oppose un tir de barrage nourri depuis ce week-end, en abreuvant les médias de prévisions rassurantes concernant le secteur immobilier au cours des prochains mois, et estimant que le "gros du ralentissement [est] accompli".

Qu’il nous soit permis de nous demander sur la base de quelle expérience comparable (au cours des 40 dernières années) les collaborateurs de Ben Bernanke se fondent pour proférer un tel pronostic. Remporter les élections du 7 novembre dans ces conditions, c’est peut-être s’exposer à une déroute électorale en novembre 2008… mais d’ici 48 heures, Wall Street aura tranché !

Philippe Béchade,
Paris

PS : Quel que soit le résultat des élections, vous pouvez compter sur Philippe Béchade pour vous donner une analyse approfondie des orientations de la séance en cours… ainsi que les conseils qui vous permettront d’ajuster votre portefeuille aux conditions du moment. Il suffit de composer le 0899 707 009* dès 15h45 cet après-midi.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)

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Byron King vous fait une cuisante analyse des liens entre réchauffement planétaire et Peak Oil…

*** IL EST TEMPS DE S’INQUIETER

** J’ai assisté à la conférence ASPO-USA (Association américaine de l’étude du phénomène du Peak Oil, ndlr.) la semaine dernière. Elle a commencé par trois présentations sur le sujet du réchauffement planétaire (RP). Pourquoi ? Parce que le réchauffement planétaire, c’est ce qu’on obtient quand on brûle une grande quantité de carburants fossiles basés sur le carbone, qui chargent l’atmosphère en CO2. Le réchauffement, c’est l’autre aspect du Peak Oil. C’est-à-dire qu’en épuisant rapidement les réserves d’énergies fossiles de la Terre, l’humanité se livre également à une dangereuse expérience avec son atmosphère. Dangereuse ? Absolument. Et si vous n’êtes pas inquiet, vous devriez l’être.

- Le Pr Cameron Wake, professeur à Dartmouth, nous a parlé de l’accumulation actuelle de CO2 dans l’atmosphère. Les recherches de Wake comprennent des chiffres couvrant plus d’un siècle de mesures chimiques extrêmement précises sur le CO2 atmosphérique, une période couvrant la vaste majorité de l’ère industrielle. Comme on peut s’y attendre, les niveaux de CO2 ont largement augmenté au cours du siècle dernier, le charbon, le pétrole et le gaz naturel ayant été brûlés en d’immenses quantités. Les récents chiffres du CO2 — qui comprennent l’industrialisation ultra-rapide de la Chine et de l’Inde — donnent des graphiques qui s’accélèrent à la hausse.

- Wake a également fait référence aux mesures effectuées en Antarctique dans des strates de glace remontant à 420 000 ans, analysées par des scientifiques russes, européens et américains. Leur conclusion, c’est que les niveaux de CO2 ont radicalement augmenté au cours du siècle dernier, atteignant des niveaux qu’on n’avait atteints, en comparaison, qu’au cours des périodes interglaciaires les plus chaudes du dernier demi-million d’années. Cela a contribué à un schéma régulier de réchauffement en surface — sur terre et sur mer. Il y a eu des altérations climatiques mesurables dans le monde entier — dont une augmentation notable de la fonte des glaces au Groenland et en Antarctique. Donc, cher lecteur, "les changements climatiques" ne sont pas une théorie du complot. Ils sont scientifiquement démontrables.

- Les recherches de Wake sur le climat de Nouvelle-Angleterre et du Canada ont démontré un lien entre l’augmentation du CO2 et celle de la température, et une augmentation de la fréquence des événements météorologiques "extrêmes", comme des sécheresses suivies de périodes plus intenses de pluies ou de neige. Cela a des implications inquiétantes pour l’agriculture, les forêts, les inondations, la gestion de crise et la sécurité publique en général.

** Dan Schrag, professeur de géologie à Harvard, a pris la relève de Wake. Schrag, géochimiste de formation, a noté que les niveaux de CO2 augmentent rapidement à cause d’actions humaines, pour atteindre des niveaux que la Terre n’a plus vus depuis près de 30 millions d’années. A l’époque, il n’y avait pas de calottes polaires, et des fougères et des crocodiles prospéraient là où on ne trouve plus que de la glace aujourd’hui. Le niveau de la mer était approximativement six mètres plus élevé qu’aujourd’hui — toute cette eau étant désormais gelée dans la banquise, sans compter le "rétrécissement thermique" des océans du monde provoqué par les températures actuelles, relativement plus fraîches.

- L’immense problème, avec tout ça, est que l’espèce humaine altère fondamentalement la nature de l’atmosphère terrestre depuis un siècle environ, changeant un système naturel qui a évolué durant des centaines de milliers — voire des millions — d’années.

- Cela constitue une expérience irréversible avec l’atmosphère terrestre, à l’échelle planétaire. "Oui", déclare Schrag, "la science n’a pas de certitudes concernant bon nombre de choses en train de se produire. Mais la majeure partie de ce que nous savons sur ces changements rapides est dangereuse". Si le niveau des océans grimpait de quelques dizaines de centimètres — ce qui pourrait se produire dans seulement 20 ans, si les banquises du Groenland fondaient — cela rendrait d’immenses portions de terrains côtiers inhabitables à cause des marées. Schrag pense que les glaces du Groenland finiront par fondre, et ce sera sans doute plutôt tôt que tard. A moins que vous ne soyez déjà relativement âgé, cela se produira probablement de votre vivant. Bien entendu, les choses pourraient être pires encore, selon la manière dont interagissent un grand nombre de systèmes naturels dynamiques reliés les uns aux autres.

- Schrag a noté que le RP et les changements climatiques représentaient plus qu’un problème écologique. C’est aussi un sujet critique en matière d’économie et de sécurité. C’est d’une telle importance que cela en dépasse les clivages politiques ; selon Schrag, le RP deviendra (ou devrait certainement devenir) un sujet majeur pour les campagnes présidentielles à venir.

- Y a-t-il une solution au problème du réchauffement planétaire ? Certainement pas à court terme, et probablement pas à moyen terme. L’économie et la politique ont pris trop de vitesse pour que l’humanité arrête — sans parler de renverser — les tendances à utiliser de plus en plus d’énergies fossiles.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** DEUX GROS CHIFFRES…

** 30 millions de dollars, et 80 millions de dollars.

* Deux gros chiffres… et la fin du monde tel que nous l’avons connu.

* Le premier chiffre, c’est le rythme auquel croissent les réserves chinoises de devises étrangères – en majeure partie des dollars – toutes les heures.

* Le deuxième chiffre, c’est le rythme auquel le capital américain – tel que mesuré par le compte courant – s’épuise, également par heure.

* La semaine dernière, le bassin de réserves de la Chine a dépassé le seuil des 1 000 milliards de dollars, ce qui en fait le plus grand lac d’argent au monde.

* Les Etats-Unis aussi ont de grands lacs. Mais ils sont d’une espèce différente – de vastes puits de dette qui s’approfondissent tous les jours. La guerre en Irak, à elle seule, coûte huit millions de dollars par heure.

* Un autre point de comparaison : le troisième trimestre a montré que le PIB de la Chine dépassait encore les +10% par an. Le même trimestre, aux Etats-Unis, a révélé une économie qui ralentit – ne se développant que de 1,6% par an.

* De plus, d’après les experts, la Chine pourrait bien se retrouver avec 2 000 milliards de dollars dans ses réserves avant de leur trouver une utilisation.

* Pauvre Chine. Tout cet argent, juste là. Qu’en faire ?

** L’argent est une malédiction, bien entendu. Il suffit de regarder Paris Hilton. Lorsqu’il s’en accumule de trop gros tas en un seul endroit, les choses ne tardent pas à sentir, comme du fumier. La Chine va devoir sortir les bulldozers et étaler un peu tout cet argent. Peut-être pourrait-elle acheter une maison à Donald Trump, ou un Picasso à Steve Wynn ? Non, ça, ce sera plus tard dans le cycle – lorsque les Chinois seront riches et dégénérés. Pour l’instant, la Chine continuera simplement d’acheter les choses dont elle a besoin pour continuer son expansion – des entreprises minières, des champs de pétrole, des produits agricoles… ou peut-être même des fermes, tout simplement.

* Voyons voir… hmmmm… une acre de terre agricole dans le Kansas se vend entre 550 $ et 1 265 $. Disons 1 000 $, pour pouvoir faire les calculs de tête. Avec 1 000 milliards de dollars en poche, on pourrait acheter une jolie surface au cœur du pays – soit un milliard d’acres, en gros, non ? Le Kansas n’a que 52,36 millions d’acres. Les Chinois pourraient donc acheter l’état entier, il leur resterait encore 9 476,4 milliards de dollars – de quoi acheter toutes les terres agricoles du Nebraska, de l’Iowa, du Dakota du Nord, du Dakota du Sud, du Missouri, de l’Arkansas, de la Louisiane, du Colorado, du Nouveau Mexique, du Montana, du Wyoming, de l’Oklahoma et probablement du Texas aussi.

* "Eh bien, n’est-ce pas génial ?" pourraient dire les économistes américains. "Les étrangers savent que les Etats-Unis ont l’économie la plus dynamique et la plus réussie du monde entier. Oui, nous dépensons plus que nous gagnons. Mais l’argent finit par nous revenir. Cela ne fait que montrer à quel point notre économie est géniale. Les étrangers en veulent des morceaux".

* Et jour après jour, au rythme de 80 millions de dollars quotidiens, les étrangers accumulent les morceaux. La Chine, si elle le voulait, pourrait échanger ses bouts de papier américains contre un terrain faisant la moitié du pays. Elle pourrait acheter des actions… ou des bons du Trésor US. La capitalisation totale des 30 entreprises composant le Dow ne représente que 3 000 milliards de dollars environ. La Chine pourrait donc acheter un tiers du Dow, ou une participation majoritaire dans chacune d’entre elles.

* Et ça, ce serait formidable ! Les Américains finiront par pouvoir travailler dans des usines appartenant aux Chinois… et vendre leurs organes internes aux docteurs chinois. Quelle excellente économie !

* Mais là, nous aimerions faire une pause… reprendre notre respiration… et exprimer notre admiration pour ces magnifiques balivernes. Il ne fait pas de doute que les Américains possèdent un modèle de capitalisme démocratique que le monde entier leur envie. Il fonctionne parfaitement – en théorie. Mais en pratique, il a atteint un stade, dans son cycle, où seuls les riches semblent gagner de l’argent, tandis que les pauvres et la classe moyenne en perdent. Alors que les Américains se rendent aux urnes, la masse monétaire grimpe en flèche, Saddam a été condamné à mort et le Dow a rebondi de plus de 100 points. Malgré cela, "les problèmes de trésorerie de la classe moyenne provoquent des angoisse électorales", lit-on dans un journal de Houston.

* Agissant selon leurs envies, mais non selon leurs intérêts, les lumpenménages américains se sont chargés de dettes. Ils essayaient tous de suivre leur voisin – lequel essayait de les suivre, eux ! De plus, ils étaient certains que le capitalisme démocratique et les politiciens républicains ne leur feraient pas défaut.

* Pendant ce temps, la Chine est encore un pays communiste dont les dirigeants et le peuple se souviennent d’une époque bien différente – où la Bande des Quatre régnait, où les gens mouraient de faim, et où on essayait de fabriquer de l’acier dans des fourneaux de jardin. A l’époque, le pays semblait prêt à mettre en place toutes les idées loufoques élaborées par les chefs du parti. Même aujourd’hui, c’est une économique gérée en partie selon la planification centrale, par des gens dont les idées ont été formées par le Petit Livre Rouge de Mao et ses folles idées. En théorie, ça devrait être couru d’avance. Au lieu de cela, tant les chiffres que les témoins oculaires nous disent que le pays est en plein boom.

* Que faut-il en conclure ?

* Nous n’en savons rien. Mais à la Chronique Agora, nous n’avons ni dirigeants pour nous harceler, ni disciples pour nous pousser. Nous ne marchons pas sous la bannière du capitalisme américain, ni sous celle du communisme international. Nous ne saluons ni les capitaines de Wall Street ni les mandarins de Shanghai. Et nous faisons chaque pas sans savoir où il nous mènera, ni s’il se révélera être le dernier que nous faisons.

—————————– (publ.)

Comment le marché actuel peut faire de vous un investisseur heureux…
… tout en faisant passer votre portefeuille à la vitesse supérieure !

C’est plus simple qu’il n’y paraît… il suffit de suivre les bons indicateurs : continuez votre lecture pour tout savoir

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*** La Chronique Agora présente ***

Comme la majeure partie des systèmes économiques, tout semble aller bien jusqu’à ce que, sans prévenir, une association de forces invisibles ébranle jusqu’aux fondations de notre joli petit univers…

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SPAGHETTIS ECONOMIQUES – 1ère PARTIE
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Par le Mogambo Guru (*)

J’ai le plaisir de vous annoncer ma fabuleuse nouvelle Théorie Mogambo, que j’appelle la Théorie Mogambo des Spaghettis Economiques (TMSE).

La meilleure manière de vous l’expliquer, c’est encore d’imaginer que vous êtes à table, en train de dîner avec nos beaux-parents. Vous avez mis votre nouveau costume, et vous mangez des spaghettis. Etant donné que vous êtes une petite personne soigneuse, vous avez mis un bavoir pour protéger vos vêtements, vous mettez votre serviette sur vos genoux exactement comme il faut, et vous essayez de manger prudemment et lentement, au lieu de vous vautrer dans votre nourriture et de la bâfrer à mains nues comme vous le faites chez vous, en émettant d’horribles sons de mâchouillement porcin, pendant que le reste de votre famille crie "aaaah, c’est dégoûtant, Papa !". Bref, vous avez pris toutes les précautions possibles pour vous protéger.

Et, comme pour la plupart des systèmes économiques, la situation est généralement bien en main, bouchée après bouchée, et tout va bien, même lorsque mon beau-père me demande quelles sont mes "intentions" et mes "plans" concernant sa fille, puisque nous semblons survivre en lui empruntant de l’argent — suite à quoi je m’étouffe presque en avalant de travers une boulette de viande, tandis que je pense, avec colère : "tu veux la vérité, mon vieux ? Mais tu ne peux pas la supporter, la vérité !"

Et c’est là que "ça" se passe ! Sans prévenir, une combinaison dévoyée de forces invisibles, une coïncidence remarquable de vecteurs imprévisibles se produit — et une toute petite mini-goutte de sauce rouge est soudainement — et mystérieusement — propulsée en hauteur, toujours plus haut, suivant une trajectoire parfaitement parabolique dépassant de loin les moyennes statistiques de "dispersion d’éclaboussures de gouttelettes", et décrivant un arc, atterrit (plic !) sur la manche de ma — je veux dire votre — chemise… un unique petit point rouge de sauce marinara au milieu d’un océan de blancheur nette et amidonnée.

C’est donc là le fameux "événement rare", chaotique et destructeur, des probabilités — c’est le fait hasardeux, improbable, et terriblement désordonné qui cause la tache sur la chemise, la faillite de Long Term Capital Management et de tous les autres systèmes basés sur les probabilités excluant la certitude statistique garantie d’un événement catastrophique d’une sorte ou d’une autre, surtout ceux comptant tant de variables infinies.

La seule chose sûre à 100%, en économie, c’est la probabilité de voir un système économique basé sur la création excessive de devise fiduciaire et/ou des niveaux insensés de crédit imploser — comme ils ont toujours explosé tout au long de l’histoire chaque fois qu’ils ont été mis en place par un gouvernement si crétin, ou si ignorant, ou si cinglé, ou si corrompu qu’il a tenté sa chance, malgré la certitude absolue et prouvée qu’essayer, c’est la garantie d’échouer — et de causer, comme toujours dans ces circonstances, des souffrances, de la ruine et des misères inimaginables.

La suite dès demain…

Meilleures salutations,

Le Mogambo Guru
Pour la Chronique Agora

(*) Richard Daughty est associé gérant et directeur d’exploitation pour Smith Consultant Group, qui sert les secteurs financier et médical. Il est également l’auteur de la lettre d’information économique Mogambo Guru, un exercice visant à accumuler les sarcasmes sur ceux qui le méritent largement. Le Mogambo Guru est souvent cité dans le journal Barron’s ou dans le Daily Reckoning, l’équivalent américain de la Chronique Agora.

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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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