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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 25 juillet 2007
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*** Quand le virtuel commande au réel…
… l’illusion devient sans limite
*** Congratulations et pitié
Eric Fry se fait du souci pour ses lecteurs…
*** Soldes d’été (2)
Métaux précieux bradés… il y a de bonnes affaires à réaliser !
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Chaque jour, les traders professionnels prennent des milliers de décisions en se basant sur seulement quelques données bien spécifiques. Et cela leur permet d’accumuler de véritables fortunes — pour eux et pour leurs clients.
Imaginez ce que deviendraient votre portefeuille si vous pouviez appliquer la même expertise boursière et la même redoutable précision à chacune de vos décisions d’investissement !
C’est plus simple que vous le pensez, comme vous pourrez le constater ici même…
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Bonjour,
*** QUAND LE VIRTUEL COMMANDE AU REEL…
** La question qui introduisait notre Chronique de mardi (pourquoi tant de fausses sorties à la hausse puis à la baisse au-delà des 6 100 ou en deçà des 5 900 points ?) reste plus que jamais d’actualité : le CAC 40 clôturait hier en repli de -1,7%, à 5 907 points. Cependant, la cassure des 5 935 points apporte un premier élément de réponse si nous prenons en considération le diagnostic de l’analyse technique.
Le CAC 40 a connu ce mardi l’une des plus mauvaises séances depuis la mi-juin, avec un gros écart à la baisse (près de -2% à 90 minutes de la clôture), aggravé par un gonflement des volumes d’échanges (près d’un tiers). Par ailleurs, le ratio hausses/baisses était particulièrement défavorable, avec 38 titres sur 40 en repli, un scénario qui s’est répété pour la troisième fois en cinq séances consécutives.
Le seuil des 5 935 correspondait à la base d’une configuration en triangle, et sa cassure préfigure un test imminent du plancher des 5 850 points. Il suffirait d’une glissade de 1% supplémentaire pour que la sortie du corridor 5 880/6 130 (en formation depuis le 2 mai dernier) soit clairement validée une fois pour toutes.
Mais nous pouvons faire confiance à tous ceux qui s’acharnent depuis plus de 10 semaines à maintenir les indices à flot pour défendre âprement les supports évoqués ci-dessus. Nous n’excluons pas qu’un nouveau piège soit tendu à ceux qui pourraient se laisser tenter par une vente à découvert, si jamais ils se sont remis de la déconfiture du 12 juillet dernier.
L’enjeu est d’importance, car l’absence de tendance qui se manifeste depuis début mai pourrait déboucher sur un épisode correctif dévastateur en cas de rupture des 5 850 points. Les indices boursiers — et pas seulement le CAC 40 ou l’Euro-Stoxx 50 — s’apparentent à un ressort comprimé durant plus de deux mois et qui n’attend plus qu’une pichenette pour se détendre de toutes ses spires, dès que l’une de ses extrémités se trouvera brusquement libérée de son entrave graphique (support ou résistance).
Faute de parvenir à préserver les 5 880/5 885 points (moyenne mobile à 100 jours), le CAC 40 pourrait bien chuter cette fois jusque sur 5 520 points (gap du 21 mars 2007), avec des points d’appui techniques situés vers 5 700 puis 5 650 points : l’accélération haussière du 2 avril avait vu l’indice fuser de 5 648 vers 5 680 points sans qu’aucune transaction ne se déroule dans cet intervalle de cours.
Maintenant que nous avons examiné le "comment", il reste à déterminer le "quand", puisque la question du "pourquoi" a été maintes fois débattue et décrite au fil de nos Chroniques ces derniers jours (ce fut également l’occasion d’énumérer les multiples facteurs ponctuels s’opposant à la correction que nous anticipons).
** Précisons toutefois que l’accès de faiblesse initial de Wall Street en ce 24 juillet fut provoqué par une série de trimestriels jugés décevants. Il y a notamment ceux d’American Express, du chimiste Dupont de Nemours (qui plongeait de 5,5%), sans oublier Texas Instruments, Expedia, KLA-Tencor puis Millicom Cellular (-11%).
Nous ouvrons une petite parenthèse au sujet du fabricant de matériaux de construction américain USG (cloisons en plâtre, charpentes, panneaux isolants) qui a dévoilé l’effondrement de ses profits, divisés par trois au cours du seul deuxième trimestre 2007 du fait de la chute brutale des commandes émanant de constructeurs individuels.
La direction d’USG invoque les difficultés de déstockage de ses principaux clients (Lennar, Pulte Homes, Toll Brothers, K&B Homes). Ces derniers ne parviennent pas à écouler les logements déjà achevés — les annulations de commandes sont trop nombreuses –, malgré une intense campagne promotionnelle (équipements "cadeaux") et une politique de prix sacrifiés. Cette conjoncture défavorable est appelée à prolonger bien au-delà de la fin de l’année 2007.
** Mais revenons-en à la question la plus délicate, en matière d’inversion potentielle de la tendance, qui est le "quand". Nous pouvons aisément déduire des multiples rebonds des dernières semaines — et des toutes dernières séances — que le moment ne semble pas encore convenir aux stratèges des grandes banques d’affaires dont le principal souci est de gérer l’abondance des liquidités. Parmi ces dernières, certaines proviennent mécaniquement des arbitrages au détriment des produits dérivés de créances immobilières (le courtier Countrywide a vu ses profits chuter de 33% au deuxième trimestre tandis que la notation des ses émissions obligataires était passée au laminoir).
Nous constatons, une fois de plus, que face à la capitulation des indices européens inquiets des difficultés macro-économiques qui proviennent presque exclusivement des Etats-Unis (et la chute du dollar sous les 1,3850 figurait en tête des préoccupations ce mardi), la résistance s’organise à Wall Street. Le Dow Jones n’a pas tardé à réagir dès que le seuil des -100 points (soit -0,7%) a été effleuré par deux fois en cours de matinée.
Ce genre d’écart n’est définitivement toléré qu’à la hausse depuis mars dernier ; si certains opérateurs sont soupçonnés de jouer "petit bras", il ne faut pas longtemps avant qu’une rafale de rumeurs de LBO ou d’OPA vienne restaurer la confiance et susciter une nouvelle vague d’achats spéculatifs (et parfois de rachats paniques de vendeurs à découvert).
A moins que ne se manifeste un élément exogène d’une nature tout à fait inattendue, les spécialistes des marchés dérivés estiment que tous les problèmes conjoncturels connus (terrorisme, pénurie de matières premières, éclatement de la bulle immobilière US, baisse de régime de la croissance, hausse du yen…) sont gérables par le biais des instruments de couverture classiques ou exotiques.
Ce qu’une main laisse échapper, l’autre s’en empare, de telle sorte que la quantité d’argent disponible pour spéculer demeure toujours identique : les liquidités changent simplement de propriétaire et si les conditions sont jugées propices, elles changent également d’affectation.
Le virtuel dicte donc sa loi au réel… et rien d’important ne saurait survenir sur les marchés qui ne satisfasse le plus large consensus (parmi les investisseurs qui comptent). Si l’argent bouge, c’est qu’un nouveau gisement de profit a été identifié — une version améliorée de l’aphorisme "si ces mystères nous dépassent, feignons au moins d’en être les auteurs".
Il n’est donc pas envisageable que les excès de la bulle du crédit et de la création monétaire (autrement dit, tout ce qui découle d’une attitude irresponsable mais tellement plaisante — comme l’illusion de l’abondance en l’échange de rien) soient corrigés au détriment de ceux qui servent d’intermédiaire entre une banque centrale qui imprime toujours plus de billets de Monopoly et ceux qui ambitionnent d’en dépenser toujours d’avantage. Les fonds de private equity sont d’ailleurs devenus les plus actifs en la matière.
S’agissant des plus gourmands — et nous faisons de nouveau allusion aux brasseurs d’argent chers à Bill Bonner, puis à certains chefs d’entreprise — la seule doctrine est le "sans limite" : nous consacrerons une bonne parte de la Chronique de jeudi aux ripostes à ce syndrome que nous ont adressées de nombreux lecteurs.
Philippe Béchade,
Paris
PS : Qu’est-ce qui fait bouger les marchés aujourd’hui ? Philippe Béchade vous dit tout cet après-midi au 0899 781 961* : décryptage des rumeurs, analyse sans concession de l’actualité et des derniers événements boursiers, suivi des positions ouvertes… vous aurez tout ce qu’il faut pour comprendre les enjeux boursiers en cours et y adapter vos investissements.
*(1,35 euros l’appel + 0,34 euro/minute)
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Eric Fry vous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** CONGRATULATIONS ET PITIE
** A tous les lecteurs de la Chronique qui engrangent des plus-values dans l’environnement boursier actuel : congratulations, félicitations et bravo.
- … Mais nous nous faisons également du souci pour vous. Nous nous inquiétons du fait que les marchés pourraient vous traiter moins généreusement lors de la seconde moitié de l’année que durant la première.
- Aucun investisseur — et surtout pas votre correspondant californien si angoissé — ne peut savoir par avance quand "assez, c’est assez", ou, plus important, quand "trop c’est trop". Assez ironiquement, dans ce domaine, l’expérience est votre meilleure alliée. Le souvenir de plus-values durement gagnées se transformant en moins-values difficiles à avaler n’est pas facile à oublier. Des souvenirs si douloureux favorisent parfois l’excès de prudence — comme la peur de voler, en quelque sorte.
- Par conséquent, lorsque des marchés boursiers stratosphériques prennent encore de l’altitude… et surtout lorsque le carburant de la justification fondamentale commence à manquer… nous nous inquiétons. Le Dow Jones est en apesanteur, malgré le fait que toutes les choses liées aux prêts hypothécaires s’effondrent.
- En effet, les cours des valeurs subprime adossées aux prêts hypothécaires chutent à pic.
- Mais cela ne se limite pas au secteur subprime : la plupart des autres valeurs adossées aux prêts hypothécaires dégringolent — ce qui produit des millions de dollars de pertes… et pourrait déclencher une débâcle de plusieurs milliards de dollars sur le marché des dérivés du crédit. Si ces milliards de dollars disparaissent effectivement, ils risquent de manquer à quelqu’un.
- Les optimistes de Wall Street doutent que le désastre qui se déroule au ralenti sur le marché des dérivés des prêts hypothécaires provoque des difficultés sérieuses pour le reste des marchés. Nous ne sommes pas si insouciant, surtout si l’on tient compte du fait que les taux d’intérêt continuent de grimper et que les prix de l’immobilier continuent à baisser.
- La semaine dernière, on trouvait une pépite dans les journaux américains :
- "Les prix de l’immobilier chutent de 36% en Californie du sud".
- Le total bien morose des ventes pour la partie la plus ensoleillée de la Californie atteint ainsi un plancher de 14 ans. "C’est le chiffre de ventes le plus bas pour le mois de juin depuis 1993", rapporte DataQuick Information Services. Parallèlement, la confiance des constructeurs américains a chuté à un plus bas de 16 ans. Ces observations alarmantes ne garantissent pas une aggravation des conditions sur le marché des valeurs adossées aux prêts hypothécaires, déjà bien mal en point, mais elles n’inspirent pas non plus grand espoir de voir la situation s’améliorer.
** La seule surprise que ce marché puisse créer, ce serait précisément l’absence de surprise. La semaine dernière encore, alors que les investisseurs s’apprêtaient à sabrer le Dom Pérignon pour fêter un nouveau record du Dow Jones, le site internet du Wall Street Journal révélait que les actifs du hedge fund en difficulté Bear Stearns valent "quasiment rien". Le fonds, qui pouvait se vanter de posséder, au 31 mars dernier, 638 millions de dollars de produits exotiques sur le marché des dérivés de crédit hypothécaire, a vu sa chance tourner rapidement en juin.
- "Cher client", annonçait la lettre aux partenaires du fonds, vos investissements "n’ont plus que très peu de valeur". Le pire investisseur au monde ne pourrait pas perdre jusqu’au dernier centime d’un fonds de 600 millions de dollars en 30 jours. Seul un professionnel y parviendrait. Aucun amateur ne pourrait emprunter assez d’argent pour faire évaporer une telle somme de capital si rapidement.
- Nous avons pitié des victimes. D’un autre côté, tout investisseur plaçant de l’argent dans un hedge fund faisant jouer l’effet de levier mérite de recevoir une surprise déplaisante.
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*** Bill Bonner est quelque part entre Londres et Vancouver… et nous sommes sans nouvelles de lui pour aujourd’hui. Nous espérons toutefois le retrouver d’ici demain, avec des nouvelles boursières toutes fraîches !
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Les problèmes qui guettent tout investisseur individuel…
… et comment vous en protéger !
Découvrez les dangers qui menacent votre patrimoine dans les mois à avenir — et LE placement qui vous permettra de vous en protéger.
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*** La Chronique Agora présente ***
Puru Saxena fait depuis hier l’état des lieux des matières premières — et nous parle aujourd’hui plus précisément de la différence entre métaux de base et métaux précieux.
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SOLDES D’ETE — 2ème PARTIE
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Par Puru Saxena (*)
Si vous avez investi dans les matières premières, vous serez ravi d’apprendre qu’en plus de l’énergie, les niveaux des réserves d’autres ressources comme les métaux de base ou les céréales sont également extrêmement bas. Et si ces stocks sont si limités, c’est à cause d’une hausse soudaine et inattendue provoquée par l’industrialisation et l’urbanisation rapide de la Chine, de l’Inde et de certaines parties de l’Amérique Latine. Un pourcentage croissant des trois milliards de personnes que comptent ces économies "émergentes" fait désormais peser une pression énorme sur les ressources planétaires en tant que consommateurs, et la lutte pour trouver de nouvelles matières premières est ouverte. Les activités d’exploration, qu’il s’agisse de métaux ou d’énergie, sont à des sommets de plusieurs années, et je soupçonne que plusieurs milliards de dollars seront dépensés dans les années qui viennent — les pays recherchant désespérément des ressources supplémentaires pour nourrir leur demande.
Il est intéressant de noter qu’après la correction brutale subie par les matières premières l’an dernier, l’énergie, l’alimentaire et les métaux de base se sont repris, alors que les métaux précieux restent moroses. De plus, si l’on compare les performances des diverses matières premières ces cinq dernières années, on s’aperçoit que les matières industrielles (métaux de base et énergie) s’en sortent bien mieux que les métaux précieux. Ce phénomène était prévisible dans la mesure où l’activité économique a été très vigoureuse, récemment, alors que l’or est un actif contre-cyclique. Il a dû être très frustrant, pour les investisseurs, de voir leurs détentions d’or baisser durant un an. Mais en dépit des mauvaises performances récentes, je continue de penser que l’or est lui aussi dans un marché haussier énorme, qui a encore beaucoup de chemin à parcourir.
Il faut comprendre que dans le cas des métaux de base (cuivre, plomb, zinc, nickel et étain), les changements dans la demande industrielle et l’offre physique provoquent une hausse ou une chute des prix. Cependant, en matière d’or, la demande d’investissement constitue à elle seule le facteur le plus important, qui peut constituer ou briser un marché haussier. Et la demande d’investissement aurifère est directement liée aux attentes inflationnistes du public. Si les masses s’inquiètent d’une future inflation, elles tendent à transformer leurs liquidités en or, comme réserve de valeur. Par contre, lorsque le grand public n’attend pas d’inflation, c’est l’inverse qui se produit.
La fonction des banques, c’est de prêter de la monnaie papier : il est donc absolument essentiel pour leur survie de maintenir au plus haut la confiance du public dans le système monétaire, et de contrôler strictement les attentes inflationnistes.
Toutes les banques centrales savent que si le public comprenait réellement le problème de l’inflation, le système monétaire serait mis à mal. Jusqu’à présent, les banques centrales ont parfaitement réussi leur gestion des attentes inflationnistes du public. Cependant, je suis d’avis que cela est sur le point de changer. Dès que le public réalisera que l’inflation est bien plus élevée que ce que laissent transparaître les chiffres officiels de l’IPC, nous pourrions assister à une véritable ruée vers l’or.
Ces derniers temps, les métaux précieux ont baissé — une évolution typique à cette époque de l’année. En fait, on pourrait même dire que les soldes d’été battent leur plein ! Rappelez-vous que les corrections, durant un marché haussier, sont des occasions plutôt que des problèmes.
Une fois la consolidation achevée cet été, je pense que les métaux précieux devraient grimper jusqu’à la fin de l’année.
Meilleures salutations,
Puru Saxena
Pour la Chronique Agora
(*) Puru Saxena est le rédacteur de Money Matters, une publication économique et financière. Conseiller d’investissement basé à Hong Kong, il participe régulièrement à des émissions sur CNBC, BBC World, Bloomberg TV & radio, NDTV, RTHK Radio 3, et écrit pour plusieurs journaux et publications financiers. [NDLR : Ne vous contentez pas d'assister au boom des matières premières -- faites-en profiter votre portefeuille ! Pour cela, il suffit de suivre les conseils de notre expert...]
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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